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02 juin 2026

L’École spéciale de marine de Toulon sous le Premier Empire (1810-1814) 400 ans de la Marine

L’École spéciale de marine de Toulon sous le Premier Empire (1810-1814)

Firmin Didot

Une lettre de Toulon (78) adressée à l'imprimeur parisien Firmin Didot va nous amener à parler de la formation des officiers de Marine dans l'Empire après les déboires maritimes de la flotte impériale.








Firmin Didot prend, en 1789, la direction de la fonderie paternelle, à laquelle il apporte de très grandes améliorations. Il est chargé par l'Assemblée Nationale de la fabrication des assignats, dont il s'ingénie à rendre difficile la contrefaçon; en 1795, il imprime la table de logarithmes de Callet, grâce à un nouveau procédé de stéréotypie, puis il s'attaque au difficile problème de l'impression des cartes géographiques en plusieurs couleurs. 



lettre adressée à M. Firmin Didot imprimeur à Paris
et éditeur notamment de tables de logarithmes
chiffre taxe 11 sols
Rien d'étonnant alors que l'école de la Marine s'adresse à lui.

Le recto porte la marque linéaire 78 Toulon et est taxée à 11 décimes.

Cachet rouge 29 janvier 1813 -
Cachet Ecole spéciale de la Marine
Au verso la lettre porte le cachet rond rouge double cercle  avecla date du 29 janvier 1813 et le cachet  de l’École spéciale de marine de Toulon. Le cachet porte la lettre N dans un cercle au milieu de l'aigle impérial posé sur les pattes d'une ancre.


 Ce courrier est certainement une commande au libraire elle constitue un témoignage rare de l’effort entrepris par Napoléon Ier pour reconstruire la Marine impériale après les désastres d’Aboukir (1798), de Trafalgar (1805) et de l’île d’Aix (1809). 

Ces défaites privent la France d’une partie de ses navires, mais surtout d’un grand nombre d’officiers expérimentés. Conscient de cette faiblesse, l’Empereur signe le 27 septembre 1810 un décret créant deux Écoles spéciales de marine, l’une à Brest sur le Tourville, l’autre à Toulon sur le Duquesne




Leur mission est de former une nouvelle génération d’officiers capables de rivaliser avec la Royal Navy.

Installées à bord de vaisseaux-écoles, les élèves vivent toute l’année dans un cadre militaire organisés en brigades et en escouades, ils apprennent très tôt à commander, à rendre compte et à respecter la hiérarchie. L’objectif est de créer un véritable esprit de corps, alors que les officiers français proviennent d’horizons très différents et manquent souvent d’unité.

Le cursus associe enseignement théorique et formation pratique. Les élèves étudient les mathématiques, la géométrie, la trigonométrie, l’astronomie nautique et l’hydrographie. Ils apprennent à utiliser les instruments indispensables à la navigation : sextant, compas, chronomètre marin, horizons artificiels et lunettes astronomiques. Le dessin technique et la cartographie complètent leur formation scientifique.

L’instruction pratique est tout aussi importante. Les futurs officiers s’exercent à la manœuvre des voiles, au gréement, au matelotage, à l’artillerie navale et aux tactiques de combat en escadre. Ils effectuent des sorties d’instruction à bord de corvettes spécialement affectées à l’école afin de mettre en application les connaissances acquises.

Cependant, ces établissements naissent dans un contexte de guerre et de pénurie. Les vaisseaux-écoles eux-mêmes sont d’anciens bâtiments en fin de carrière recyclés pour l’instruction. Les instruments scientifiques, les livres et même l’huile nécessaire à l’éclairage des salles d’étude arrivent difficilement. Les professeurs et les commandants doivent souvent lutter contre les contraintes matérielles imposées par le blocus britannique et les besoins prioritaires de la flotte active.

L’encadrement est composé d’officiers expérimentés, souvent blessés au combat ou devenus inaptes au service en mer. Ces vétérans transmettent aux élèves leur expérience de la guerre navale et incarnent les sacrifices consentis pour la défense du pavillon français.

Malgré leurs moyens limités, les Écoles spéciales de marine constituent une étape importante dans l’histoire de l’enseignement naval français. Elles marquent la volonté de Napoléon de former des officiers à la fois savants, marins et militaires. 

Les officiers qui encadrent l’École spéciale de marine de Toulon appartiennent à une génération de marins dont la plupart ont déjà effectué l’essentiel de leur service actif. Par décret du 4 janvier 1811, l’école reçoit un état-major militaire conforme aux dispositions du décret du 27 septembre 1810. 

Le commandement est d’abord confié au capitaine Motard, assisté du capitaine de frégate Fourré. Les lieutenants de vaisseau sont MM. Vuisson, Venel, Albert et Pellé-Bridoire, tandis que les enseignes sont MM. Fréminville, Battendier, Montfort et Maud’huy.



Toutefois, un changement intervient avant l’ouverture de l’établissement : le capitaine de vaisseau Péridier est finalement nommé à la tête de l’École. Cette désignation éclaire la situation du corps enseignant. Dans une lettre adressée au ministre, le préfet maritime de Toulon souligne que Péridier, officier estimé pour ses talents, son zèle et son dévouement, ne peut plus prétendre à un service embarqué actif en raison des blessures reçues lors de la bataille de Lissa. Son affectation à l’école apparaît ainsi comme une récompense honorifique accordée à un officier valeureux dont l’expérience doit désormais profiter à la formation des futurs officiers de marine. 

Cette nomination illustre parfaitement l’esprit des Écoles spéciales de marine : transmettre aux élèves les connaissances et l’expérience acquises par des officiers vétérans que les blessures ou l’âge éloignent progressivement du service en mer.



Les difficultés matérielles de l’École illustrent parfaitement les contraintes de l’économie de guerre napoléonienne. Installée à bord du Duquesne, ancien vaisseau déjà dépassé pour le service actif, l’école manque de presque tout : bibliothèque, ouvrages scientifiques, sextants, chronomètres, lunettes astronomiques et autres instruments indispensables à l’enseignement de la navigation. Les études du soir sont perturbées par l’absence de lampes puis par les pénuries d’huile qui touchent l’arsenal de Toulon. 

Le commandement doit également lutter pour obtenir des vivres de qualité et des moyens d’instruction adaptés. Cette situation montre que les besoins immédiats de la flotte de guerre priment constamment sur ceux de la formation des futurs officiers. Dans ce contexte, toute demande adressée à l’administration revêt une importance particulière. 


Les vaisseaux-Ecoles de Brest et de Toulon

Afin de redonner du prestige à une marine durement éprouvée par les défaites et le blocus britannique, Napoléon choisit de placer les deux Écoles spéciales de marine sous les noms prestigieux de deux des plus grands amiraux du règne de Louis XIV : 


Anne Hilarion de Tourville
pour Brest et Abraham Duquesne pour Toulon. Ce choix symbolique entendait rappeler l'âge d'or de la marine française, même si la réalité matérielle était bien différente.

Le vaisseau-école de Brest, le Tourville, était un ancien navire espagnol de 74 canons, le San Genaro, cédé à la France en 1801. Rebaptisé successivement Ulysse puis Tourville en 1811, ce bâtiment lancé en 1765 était déjà âgé de près d'un demi-siècle lorsqu'il reçut sa mission pédagogique. Trop ancien pour reprendre la mer dans des opérations militaires, il servit néanmoins à la formation des futurs officiers jusqu'à la fin de l'Empire avant d'être transformé en ponton et démoli quelques années plus tard.

L'ex bateau russe Moskva devenu Duquesne,
devant la tour Royale 
Toulon.
peinture par André Moretti, 1812

À Toulon, le choix se porta sur un bâtiment tout aussi ancien mais dont l'histoire était plus singulière encore. Le futur Duquesne était à l'origine un vaisseau russe de 74 canons lancé en 1799 sous le nom de Moskva (Moscou). Capturé en Méditerranée, il entra au service de la marine française avec un autre bâtiment russe, le Saint-Pierre. Les experts chargés d'examiner ces prises dressèrent un constat sévère : leur conception était déjà dépassée et leur remise en état aurait nécessité des dépenses presque équivalentes à celles d'une construction neuve.


Inapte au service actif mais encore utilisable comme bâtiment stationnaire, le Moskva fut rebaptisé Duquesne en 1811 pour accueillir l'École spéciale de marine de Toulon. Les élèves y vivaient toute l'année, inscrits sur les rôles d'équipage et soumis à la discipline militaire comme de véritables marins. Toutefois, le navire n'était plus destiné à naviguer au combat ; il servait essentiellement de caserne flottante, de salle de cours et de lieu d'instruction.



La formation pratique nécessitait donc d'autres bâtiments. Le préfet maritime de Toulon, le contre-amiral Lhermitte, autorisa le commandant de l'école à disposer d'une corvette spécialement affectée aux exercices. Son choix se porta sur une modeste gabarre, l'Écurie, rebaptisée l'Émulation, armée de seulement six canons. C'est à bord de ce navire que les élèves apprenaient le matelotage, la manœuvre des voiles, les exercices d'artillerie et la conduite d'un bâtiment à la mer.

Le destin du Duquesne illustre parfaitement les difficultés de la Marine impériale. Né d'une prise de guerre, transformé en école faute de pouvoir servir dans les escadres, il symbolise cette marine qui, privée de moyens et enfermée dans ses ports par le blocus britannique, tente néanmoins de préparer l'avenir. C'est à son bord que furent formés les futurs officiers appelés à reconstruire la marine française après les guerres napoléoniennes. Après la chute de l'Empire, le bâtiment poursuivit quelque temps sa carrière comme ponton-école avant d'être utilisé comme ponton-bagne puis finalement démantelé vers 1830.

sources:

Condette, Jean-François, éditeur. Les Écoles dans la guerre. Presses universitaires du Septentrion, 2014, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.7175.

23 mai 2026

400 ans de la Marine Souvenirs réalisés par la section Ile de France Richelieu et la Marine 1626 2026 Richelieu Louis XIII

400 ans de la Marine  Souvenirs réalisés par la section Ile de France

La France dans le monde en 1626

Statue de Richelieu à Luçon © JM Bergougniou

Louis XIII règne. Richelieu monte en puissance. L’Europe est en ébullition avec la guerre de Trente Ans. Les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche encerclent littéralement la France. Au sud, l’Espagne domine les mers avec ses galions et l’or américain. Au nord, les Provinces-Unies et l’Angleterre deviennent des puissances maritimes redoutables.
La France possède deux façades maritimes stratégiques:
l’Atlantique et la Manche vers les routes commerciales du Nord et l’Amérique,
la Méditerranée face aux Espagnols et aux Barbaresques.
Mais le royaume reste avant tout terrestre. L’armée absorbe l’essentiel des moyens. La mer passe après.

Détail d'un vitrail de l'église de Brouage © JM Bergougniou


Les colonies françaises existent déjà, mais elles ressemblent encore à des graines dispersées:
Québec est fondée en 1608 par Champlain,
l’Acadie survit difficilement, quelques comptoirs apparaissent aux Antilles, le commerce avec Terre-Neuve pour la morue est vital, des pêcheurs bretons, normands et basques traversent l’Atlantique chaque année.
La France n’a pas encore d’empire colonial comparable à celui de l’Espagne ou du Portugal. Elle possède surtout des promesses.

Le roi dispose:

de quelques vaisseaux royaux,
de galères en Méditerranée,
de navires loués à des armateurs privés,
de bâtiments fournis par les ports ou les villes,
et surtout de corsaires et marchands mobilisés en cas de guerre.
La flotte royale est faible et dispersée. Certaines estimations évoquent moins de vingt véritables navires de guerre utilisables immédiatement.
Face à elle:
l’Espagne aligne des galions puissants,
les Provinces-Unies possèdent une marine marchande gigantesque,
l’Angleterre développe des navires d’artillerie modernes.
La France ressemble alors à un chantier en retard tandis que ses voisins lancent déjà des escadres océaniques.

Les ports du royaume

Brouage les remparts © JM Bergougniou

Chaque façade maritime vit presque dans son propre monde.
Sur l’Atlantique:
Brouage,
La Rochelle,
St-Malo et St-Servan © JM Bergougniou

Rochefort n’existe pas encore comme arsenal royal,
Nantes commerce surtout,
Saint-Malo arme pour la course,
Le Havre devient important.

En Méditerranée:
Marseille domine le commerce,
Toulon reste modeste mais stratégique,
les galères sont basées notamment à Marseille.
Brest n’est pas encore le géant naval qu’il deviendra sous Colbert et Louis XIV. En 1626, c’est davantage une rade remarquable qu’un grand arsenal moderne.
Construire un navire: une forêt transformée en forteresse flottante
Un vaisseau du XVIIe siècle est une cathédrale de bois.
Pour construire un grand bâtiment, il faut:
  • des milliers de chênes,
  • du pin pour les mâts,
  • du chanvre pour les cordages,
  • du goudron,
  • du fer,
des voiles en toile de lin ou de chanvre.
La marine dévore les ressources du royaume.
Un seul grand navire peut nécessiter:
plus de 2 000 chênes,
plusieurs kilomètres de cordages,
des dizaines de tonnes de fer.

Le cordage est un enjeu stratégique majeur. Sans cordes, pas de manœuvre. Sans manœuvre, un navire devient un château immobile livré au vent.

Statue de Richelieu Eglise de Brouage
© JM Bergougniou
Les voiles, elles aussi, demandent une immense industrie textile. Les ateliers de corderie et de voilerie sont les poumons invisibles de la puissance maritime.



En 1626, la marine française repose surtout sur les pêcheurs, marchands, corsaires et marins côtiers, tandis que les équipages professionnels restent peu nombreux et dispersés. La vie à bord est très dure, marquée par les maladies, la mauvaise nourriture et une discipline sévère. Les capitaines sont avant tout des hommes d’expérience plus que des officiers formés, dans une navigation encore incertaine et dépendante des éléments. Richelieu comprend alors qu’une grande puissance ne peut exister sans force navale solide. Il lance ainsi les bases d’une véritable marine royale avec arsenaux, vaisseaux, administration et organisation centralisé


Merci à Joël Moreau

21 mai 2026

400 ans de la Marine Dunkerque phare corsaire port Dynamo aviation maritime amiral Lhermitte 1626 2026

 Dunkerque et les 400 ans de la Marine

Le phare de St-Pol et l'amiral Lhermitte © JM Bergougniou





Dunkerque et la Marine française partagent surtout une histoire commune depuis le retour définitif de la ville à la France en 1662, lorsque Louis XIV rachète le port aux Anglais. 


Dunkerque sous Louis XIV © JM Bergougniou

Ancien repaire de corsaires, Dunkerque devient alors un port militaire stratégique du royaume, marqué par la figure populaire de Jean Bart. Pendant des siècles, la ville vit de la mer : guerre, commerce, pêche et construction navale. En 1940, l’opération Dynamo fait entrer Dunkerque dans l’histoire mondiale avec l’évacuation de plus de 330 000 soldats alliés. Aujourd’hui encore, la ville garde une forte identité maritime, profondément liée à l’histoire de la Marine nationale.

Dunkerque les fortifications  © JM Bergougniou

Depuis des siècles, la ville vit tournée vers la mer du Nord. Ici, les tempêtes, les marées et les navires font partie du paysage autant que les maisons de briques ou les cafés du port.


Dunkerque et les corsaires © JM Bergougniou


Quand Richelieu crée en 1626 une véritable Marine royale française, Dunkerque n’est pas encore française. La ville appartient alors aux Pays-Bas espagnols. Mais elle est déjà connue dans toute l’Europe grâce à ses corsaires. Ces marins, autorisés par leur gouvernement à attaquer les navires ennemis, deviennent redoutés des Hollandais et des Anglais. Les « corsaires de Dunkerque » savent parfaitement naviguer dans les eaux difficiles de la mer du Nord. Ils connaissent chaque banc de sable, chaque courant, chaque coup de vent.


Musée maritime figure de proue © JM Bergougniou

Dunkerque devient française une première fois en 1658. Cette année-là, Turenne, allié aux Anglais d’Oliver Cromwell, reprend la ville aux Espagnols après la bataille des Dunes. Mais les Anglais réclament leur part du marché : Dunkerque leur est remise. Pendant quelques années, le drapeau anglais flotte donc sur la ville.


Le retour définitif à la France a lieu en 1662. Le roi Louis XIV rachète Dunkerque au roi d’Angleterre Charles II pour cinq millions de livres. Beaucoup d’Anglais considèrent alors cette vente comme une erreur historique. Pour la France, c’est une chance immense : Dunkerque devient un grand port militaire et commercial.

Jean Bart © JM Bergougniou


Vauban renforce les fortifications et développe le port. Puis arrive celui qui reste la grande figure populaire de la ville : Jean Bart. Né à Dunkerque en 1650, fils de marin, il commence très jeune sur les bateaux. À cette époque, beaucoup de marins dunkerquois parlent flamand autant que français. Jean Bart n’est ni noble ni savant. Mais il connaît la mer mieux que personne. Pendant les guerres de Louis XIV, il mène des combats spectaculaires contre les Hollandais. En 1694, il reprend un convoi de blé capturé par l’ennemi, évitant une grave famine au royaume. Louis XIV le fait entrer dans la noblesse, mais Jean Bart reste dans la mémoire collective comme un homme du peuple devenu héros par son courage.

Cirage Jean Bart © JM Bergougniou


Pendant tout le XVIIIe siècle, Dunkerque reste un port stratégique. On y construit des navires, on arme des corsaires, on surveille les côtes anglaises. La ville vit de la mer sous toutes ses formes : commerce, pêche, guerre et construction navale.


Au XIXe siècle, le port change de visage avec la révolution industrielle. Les bassins s’agrandissent, les usines apparaissent, les quais se remplissent de charbon, d’acier et de marchandises venues du monde entier. 


Dunkerque et la grande pêche © JM Bergougniou


Beaucoup de familles vivent alors de la pêche à Islande ou à Terre-Neuve. Les campagnes de pêche durent des mois. Les conditions sont dures, parfois terribles, mais elles forgent toute une culture maritime populaire.







le phare de Saint-Pol  © JM Bergougniou

Durant la Première Guerre mondiale, Dunkerque sert de grand port de ravitaillement pour les armées alliées. La ville subit des bombardements mais continue à faire tourner le port malgré les dangers.



Le principe de la création du "Centre d'Aviation Maritime" (CAM) de Dunkerque date de décembre 1914 et devient effectif en février 1915, après un bref passage à Boulogne.

Le centre est composé des escadrilles suivantes :

Escadrille d’hydravions de patrouille

Escadrille d’hydravions de chasse

Escadrille de bombardiers terrestres

Mais c’est surtout 1940 qui marque profondément l’histoire de Dunkerque.



En mai 1940, les armées françaises et britanniques sont encerclées par l’armée allemande. Dunkerque devient le dernier accès à la mer. L’opération Dynamo est lancée le 26 mai 1940. Pendant plusieurs jours, sous les bombes et les tirs, des centaines de navires militaires et civils évacuent les soldats vers l’Angleterre.



La Royal Navy joue un rôle majeur, mais les marins français participent eux aussi à l’évacuation et surtout à la défense du périmètre autour de la ville. Beaucoup meurent pour permettre aux autres d’embarquer. Des pêcheurs, des remorqueurs, des bateaux de plaisance et des navires de commerce viennent également aider. Plus de 330 000 soldats sont finalement sauvés.

La Marine française perd 18 navires dont le Jaguar, le Chacal, l'adroit, l'Orage, la Bourrasque, le Siroco, le Foudroyant...



Dunkerque  © JM Bergougniou
La ville, elle, est dévastée. Les incendies détruisent une grande partie de Dunkerque. Le port est ravagé. Pourtant la population reste sur place autant qu’elle le peut. Les Dunkerquois connaissent alors les bombardements, les privations et l’occupation allemande. La poche de Dunkerque restera tenue par les Allemands jusqu’au 9 mai 1945, un jour après la capitulation officielle du Reich.


Le port de Dunkerque terminal  © JM Bergougniou

Après la guerre, tout est à reconstruire. Peu à peu, le port renaît. Dunkerque devient l’un des plus grands ports français. Le pétrole, l’acier, les minerais et les porte-conteneurs remplacent peu à peu les voiliers et les bateaux de pêche d’autrefois.

Sémaphore © JM Bergougniou


Aujourd’hui encore, la Marine nationale reste présente dans la mémoire de la ville. Les cérémonies autour de Jean Bart, les monuments aux marins disparus, les souvenirs de 1940 ou les vieux quartiers du port rappellent que Dunkerque a toujours vécu avec la mer.



croiseur cuirassé Dunkerque  © JM Bergougniou


Et ne pas oublier que la ville de Dunkerque a donné son nom à un croiseur cuirassé.


 Amiral Lhermitte © JM Bergougniou


Pierre Louis Lhermite, né le 20 décembre 1761 à Dunkerque (Flandre française) et mort le 22 mars 1828 dans cette même ville, est un corsaire dunkerquois et officier de marine français. Il termine sa carrière avec le grade de contre-amiral.

Marin au commerce et corsaire
Il embarque comme mousse au commerce à tout juste 9 ans (1770). Il sert sur différents corsaires pendant la guerre d’indépendance des États-Unis y compris comme capitaine (à vingt ans) de deux d’entre eux, la Gloire et le Courrier de Dunkerque. Il est blessé au combat en 1783. À la paix, il rejoint la navigation au commerce pour 10 ans essentiellement sur des bâtiments assurant le trafic entre Dunkerque et les Antilles.

Dunkerque le musée de la Marine  © JM Bergougniou



Officier de la marine républicaine
En juin 1793, il rejoint la marine de guerre comme lieutenant de vaisseau. Il sert sur le Tigre de l’escadre Van Stabel. Il participe au coup de main par lequel Van Stabel s’empare d’une part d’un convoi britannique très fortement escorté par l’escadre de Richard Howe. Toujours sur le Tigre, il fait partie de l’escorte du convoi d’Amérique que Van Stabel réussit à conduire avec succès jusqu’à Brest.

Dunkerque  © JM Bergougniou


Capitaine de vaisseau en octobre 1794, il commande le vaisseau Gasparin et participe à la désastreuse croisière du Grand Hiver. Il commande ensuite la flottille de Flessingue puis la frégate la Poursuivante de fin 1795 à 1802 avec une seule interruption fin 1797 – début 1798. Il commande ensuite le vaisseau Duguay-Trouin à Saint-Domingue dans l’escadre Villaret-Joyeuse ; il s’empare de la ville de Petit-Goave. Au Cap-Français le 24 juillet 1803, il repousse l’attaque d’une division britannique. Poursuivi par une escadre britannique au large du Ferrol en 1804, il réussit à lui échapper.

Dunkerque le port © JM Bergougniou


Amiral et préfet sous l’Empire
Il commande le Génois en Méditerranée de 1805 à 1809 notamment avec l’escadre Ganteaume (Honoré Joseph Antoine Ganteaume) lors de la campagne de Corfou en 1808. Il commande ensuite l’Albanais dans l’escadre de l’Escaut et y dirige la flottille. Il joue un rôle clé dans la défense victorieuse de Walcheren lors de la tentative de débarquement britannique de l’été 1809, ce qui lui vaut le grade de contre-amiral à la fin de l’année. Sur le Tilsit, il commande une division de l’escadre d’Anvers en 1811. Enfin il commande successivement les flottilles d’Ems et de Hambourg. La Première Restauration le laisse sans affectation mais il est préfet maritime de Dunkerque lors des Cent-Jours et mis en retraite dès le retour des Bourbons.



Malgré ses états de service sérieux, il n’est pas retenu dans la liste de l’Arc de Triomphe.
Pierre Lhermite était franc-maçon : il apparaît notamment sur le tableau de la Loge Amitié et fraternité de Dunkerque en 1799



15 mai 2026

400 ans de la Marine Lorient Port-Louis arsenal fusiliers-marins Lann-Bihoué aéronavale PATMAR patrouille maritime

400 ans de la Marine Lorient

Née au XVIIe siècle autour de la Compagnie française des Indes orientales, la ville doit son nom au navire Le Soleil d’Orient et à ce commerce lointain qui fit de « L’Orient » un port ouvert sur le monde. 


La Compagnie française des Indes orientales est créée en 1664 sous l’impulsion de Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV. Elle développe le commerce entre la France et l’Asie, notamment avec l’Inde, la Chine et les îles de l’océan Indien. Les navires rapportent des épices, du thé, de la soie, du café et des porcelaine. Épices, soieries, porcelaines et récits de voyages y débarquaient dans un tumulte de voiles, de cordages et d’accents venus d’Asie.




Très vite, le port devient aussi un site stratégique pour la Marine royale puis nationale. Les rivières du Scorff et du Blavet, véritables artères maritimes de Bretagne sud, offrent un refuge naturel idéal pour les arsenaux et les chantiers navals. 



À Port-Louis, la citadelle veille encore sur la rade comme une sentinelle de pierre tournée vers l’Atlantique. Dans les bassins de Lorient, des générations d’ouvriers, d’ingénieurs et de charpentiers ont construit frégates, sous-marins et bâtiments militaires qui ont porté loin le savoir-faire français.



Cette puissance navale s’appuie aussi sur les forges d’Hennebont et des environs, où le métal breton alimentait la construction maritime. Marteaux, hauts fourneaux et ateliers faisaient résonner toute la vallée industrielle au rythme des besoins de la flotte. Lorient devient ainsi un univers complet, où la mer et l’industrie avancent bord à bord.


Crusader © JM Bergougniou

Au XXe siècle, la ville se tourne également vers les airs. Les dirigeables et l’aéronautique navale trouvent à Lorient un terrain d’expérimentation et de surveillance maritime essentiel. Hydravions puis avions militaires prolongent alors l’horizon des marins bien au-delà des caps et des tempêtes.



Bagad de Lann Bihoué © JM Bergougniou
Mais Lorient, c’est aussi une mémoire vivante et populaire. Celle des Fusiliers-Marins, héritiers d’une longue tradition de courage et de discipline. Celle du Bagad de Lann-Bihoué, dont les cornemuses et les bombardes portent dans le monde entier l’âme bretonne de la Marine française. 


Hawkeye © JM Bergougniou


Entre chants marins, arsenaux, traditions militaires et ouverture sur les océans, Lorient demeure l’un des grands ports du cœur maritime français, une ville où l’histoire de la Marine continue encore de battre comme une marée.


400 ans sur toutes mers du monde © JM Bergougniou

Créée en 1856, l’École des fusiliers marins est installée sur les rives du Scorff et forme encore aujourd’hui les spécialistes de la protection et du combat naval.
Les fusiliers marins ont participé à de nombreux combats historiques, notamment à Dixmude pendant la Première Guerre mondiale et au Débarquement de Normandie avec les commandos Kieffer.
À Lorient, ils perpétuent les traditions militaires de la Marine tout en assurant des missions modernes de sécurité et d’opérations spéciales.

Bagad de Lann Bihoué © JM Bergougniou










Créé en 1952 sur la base aéronavale de Lann-Bihoué, près de Lorient, il s’inspire des traditions bretonnes.
Le mot « bagad » désigne un ensemble de cornemuses, bombardes et percussions.


Son répertoire mêle musique bretonne traditionnelle, airs celtiques et compositions modernes.
Il participe régulièrement aux grands festivals interceltique, notamment celui de Lorient.

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Le Bagad de Lann-Bihoué contribue au rayonnement culturel de la Bretagne et de la Marine nationale.
Ses mélodies puissantes évoquent à la fois le vent du large, les ports bretons et l’esprit des marins.

Privateer © JM Bergougniou

La PATMAR, abréviation de « patrouille maritime », désigne l’ensemble des missions aériennes de surveillance menées par l’Aéronautique navale française.

Ces avions et équipages surveillent les mers, protègent les approches maritimes et participent aux opérations militaires.

L’École spéciale de marine de Toulon sous le Premier Empire (1810-1814) 400 ans de la Marine

L’École spéciale de marine de Toulon sous le Premier Empire (1810-1814) Firmin Didot Une lettre de Toulon (78) adressée à l'imprimeur pa...