Dunkerque et les 400 ans de la Marine
Dunkerque et la Marine française partagent surtout une histoire commune depuis le retour définitif de la ville à la France en 1662, lorsque Louis XIV rachète le port aux Anglais.
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| Dunkerque sous Louis XIV © JM Bergougniou |
Ancien repaire de corsaires, Dunkerque devient alors un port militaire stratégique du royaume, marqué par la figure populaire de Jean Bart. Pendant des siècles, la ville vit de la mer : guerre, commerce, pêche et construction navale. En 1940, l’opération Dynamo fait entrer Dunkerque dans l’histoire mondiale avec l’évacuation de plus de 330 000 soldats alliés. Aujourd’hui encore, la ville garde une forte identité maritime, profondément liée à l’histoire de la Marine nationale.
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| Dunkerque les fortifications © JM Bergougniou |
Depuis des siècles, la ville vit tournée vers la mer du Nord. Ici, les tempêtes, les marées et les navires font partie du paysage autant que les maisons de briques ou les cafés du port.
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| Dunkerque et les corsaires © JM Bergougniou |
Quand Richelieu crée en 1626 une véritable Marine royale française, Dunkerque n’est pas encore française. La ville appartient alors aux Pays-Bas espagnols. Mais elle est déjà connue dans toute l’Europe grâce à ses corsaires. Ces marins, autorisés par leur gouvernement à attaquer les navires ennemis, deviennent redoutés des Hollandais et des Anglais. Les « corsaires de Dunkerque » savent parfaitement naviguer dans les eaux difficiles de la mer du Nord. Ils connaissent chaque banc de sable, chaque courant, chaque coup de vent.
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| Musée maritime figure de proue © JM Bergougniou |
Dunkerque devient française une première fois en 1658. Cette année-là, Turenne, allié aux Anglais d’Oliver Cromwell, reprend la ville aux Espagnols après la bataille des Dunes. Mais les Anglais réclament leur part du marché : Dunkerque leur est remise. Pendant quelques années, le drapeau anglais flotte donc sur la ville.
Le retour définitif à la France a lieu en 1662. Le roi Louis XIV rachète Dunkerque au roi d’Angleterre Charles II pour cinq millions de livres. Beaucoup d’Anglais considèrent alors cette vente comme une erreur historique. Pour la France, c’est une chance immense : Dunkerque devient un grand port militaire et commercial.
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| Jean Bart © JM Bergougniou |
Vauban renforce les fortifications et développe le port. Puis arrive celui qui reste la grande figure populaire de la ville : Jean Bart. Né à Dunkerque en 1650, fils de marin, il commence très jeune sur les bateaux. À cette époque, beaucoup de marins dunkerquois parlent flamand autant que français. Jean Bart n’est ni noble ni savant. Mais il connaît la mer mieux que personne. Pendant les guerres de Louis XIV, il mène des combats spectaculaires contre les Hollandais. En 1694, il reprend un convoi de blé capturé par l’ennemi, évitant une grave famine au royaume. Louis XIV le fait entrer dans la noblesse, mais Jean Bart reste dans la mémoire collective comme un homme du peuple devenu héros par son courage.
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| Cirage Jean Bart © JM Bergougniou |
Pendant tout le XVIIIe siècle, Dunkerque reste un port stratégique. On y construit des navires, on arme des corsaires, on surveille les côtes anglaises. La ville vit de la mer sous toutes ses formes : commerce, pêche, guerre et construction navale.
Au XIXe siècle, le port change de visage avec la révolution industrielle. Les bassins s’agrandissent, les usines apparaissent, les quais se remplissent de charbon, d’acier et de marchandises venues du monde entier.
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| Dunkerque et la grande pêche © JM Bergougniou |
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| le phare de Saint-Pol © JM Bergougniou |
Durant la Première Guerre mondiale, Dunkerque sert de grand port de ravitaillement pour les armées alliées. La ville subit des bombardements mais continue à faire tourner le port malgré les dangers.
Le principe de la création du "Centre d'Aviation Maritime" (CAM) de Dunkerque date de décembre 1914 et devient effectif en février 1915, après un bref passage à Boulogne.
Le centre est composé des escadrilles suivantes :Escadrille d’hydravions de patrouille
Escadrille d’hydravions de chasse
Escadrille de bombardiers terrestres
Mais c’est surtout 1940 qui marque profondément l’histoire de Dunkerque.
En mai 1940, les armées françaises et britanniques sont encerclées par l’armée allemande. Dunkerque devient le dernier accès à la mer. L’opération Dynamo est lancée le 26 mai 1940. Pendant plusieurs jours, sous les bombes et les tirs, des centaines de navires militaires et civils évacuent les soldats vers l’Angleterre.
La Royal Navy joue un rôle majeur, mais les marins français participent eux aussi à l’évacuation et surtout à la défense du périmètre autour de la ville. Beaucoup meurent pour permettre aux autres d’embarquer. Des pêcheurs, des remorqueurs, des bateaux de plaisance et des navires de commerce viennent également aider. Plus de 330 000 soldats sont finalement sauvés.
La Marine française perd 18 navires dont le Jaguar, le Chacal, l'adroit, l'Orage, la Bourrasque, le Siroco, le Foudroyant...
La ville, elle, est dévastée. Les incendies détruisent une grande partie de Dunkerque. Le port est ravagé. Pourtant la population reste sur place autant qu’elle le peut. Les Dunkerquois connaissent alors les bombardements, les privations et l’occupation allemande. La poche de Dunkerque restera tenue par les Allemands jusqu’au 9 mai 1945, un jour après la capitulation officielle du Reich.
Dunkerque © JM Bergougniou
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| Le port de Dunkerque terminal © JM Bergougniou |
Après la guerre, tout est à reconstruire. Peu à peu, le port renaît. Dunkerque devient l’un des plus grands ports français. Le pétrole, l’acier, les minerais et les porte-conteneurs remplacent peu à peu les voiliers et les bateaux de pêche d’autrefois.
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| Sémaphore © JM Bergougniou |
Aujourd’hui encore, la Marine nationale reste présente dans la mémoire de la ville. Les cérémonies autour de Jean Bart, les monuments aux marins disparus, les souvenirs de 1940 ou les vieux quartiers du port rappellent que Dunkerque a toujours vécu avec la mer.
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| croiseur cuirassé Dunkerque © JM Bergougniou |
Et ne pas oublier que la ville de Dunkerque a donné son nom à un croiseur cuirassé.
























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