20 octobre 2021

du BSL RHÔNE au BSAM RHÔNE des bâtiments de soutien

Du BSL RHÔNE au BSAM RHÔNE


Mis sur cale le 23 février 1962, le Rhône, a été lancé le 8 décembre 1962 et admis au service actif le 12 octobre 1964. C'est le deuxième d'une série de cinq bâtiments initialement destinés au soutien logistique d'une force navale, et désignés à l'origine « Bâtiment de Soutien Logistique » (BSL). L'appelation est devenue « Bâtiment de Soutien Mobile » (BSM) en 1985.

Initialement conçu en version « soutien de sous-marin », le Rhône était prévu pour accompagner un groupe de sous-marins. A cet effet :

  • il disposait d'ateliers de réparation pour la mécanique, l'électricité et l'électronique,
  • il était équipé pour le stockage, la manutention et la maintenance des torpilles en permettant d'assurer l'approvisionnement aux sous-marins rentrant de mission. Ses installations lui permettaient, en effet, d'embarquer de 44 à 60 torpilles selon les modèles. z


La grue située à cet effet sur la plage avant du bâtiment comme sur le Rhin pouvait lever 2 tonnes à 15 mètres ou 5 tonnes à 9 mètres et sa rotation était possible sur 360 degrés. Elle permettait également de procéder au remplacement d'un périscope ou d'un engin hissable de sous-marin par un des rechanges dont disposait le Rhône dans un stockage spécial.

  • il permettait, en outre, le logement des équipages de deux sous-marins. Aussi les locaux-vie et les installations sanitaires et hospitalières étaient-ils particulièrement développés pour un bâtiment de ce tonnage.

La dernière cérémonie des couleurs a eu lieu le 4 avril 1997. Le Rhône a été désarmé le 12 mai 1997.


Les BSAM

La classe Loire ou bâtiments de soutien et d’assistance métropolitains (BSAM), nommés bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH) jusqu’en janvier 2019, est une classe de bâtiments sans artillerie de la marine nationale française, développée et produite par Kership, coentreprise créée en 2013 par Piriou (55%) et DCNS (45%).


L’équipage « B » du bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain (BSAM) Rhône a conduit, du 23 août au 30 septembre 2021, une mission au nord du cercle polaire arctique pour développer et entretenir son savoir-faire en matière de navigation en hautes latitudes, tout en approfondissant la connaissance de la zone polaire.

Au cours de sa mission, le Rhône a parcouru plus de 6 000 nautiques et a navigué en zone glaciaire environ 3 semaines, en océan Arctique puis en mer de Barents, pour atteindre le 21 septembre dernier la ville de Tromso en Norvège.

Cette mission l'a amené dans des latitudes très élevées et rarement atteintes par les navires de la Marine nationale : le point le plus nord a été atteint à la latitude 82°27 N. L’équipage a ainsi développé ses savoir-faire et compétences à naviguer en eaux glacielles et en zone polaire. L’objectif était d’aguerrir les marins à évoluer dans des zones où les conditions d'environnement sont particulièrement hostiles et exigeantes.

L’équipage a eu la possibilité de tester la fiabilité de ses systèmes de navigation en hautes latitudes, d’effectuer une navigation précise entre les icebergs et fragments de banquise, et d’apprécier la géographie de ces zones polaires en étudiant la dérive des glaces.

Attachée au principe de liberté de circulation en haute mer dans le respect du droit maritime international, la France réaffirme, à travers ce déploiement, le caractère hauturier de sa marine, présente en tout temps, sur toutes les mers du globe.

Siégeant comme observateur au Conseil de l'Arctique, la France développe les initiatives civiles comme militaires lui permettant d'entretenir une connaissance de terrain de l'espace maritime arctique, dans lequel se nouent d'importants enjeux environnementaux, économiques et géopolitiques. La présence du Rhône en fait partie, tout comme la croisière inaugurale du brise-glace Commandant Charcot de la compagnie du Ponant, qui vient d'atteindre pour la première fois le pôle nord géographique et à bord duquel deux officiers de marine étaient présents comme observateurs.

19 octobre 2021

Île d'Amsterdam TAAF 13-11-1981 m.v. S.A. AGULHAS vol hélicoptère

Île d'Amsterdam TAAF 13-11-1981 

m.v. S.A. AGULHAS

Ce pli a été réalisé par le club philatélique polaire sud-africain.

Ce timbre a été réalisé en 1991par l'Afrique du Sud pour célébrer
le 30e anniversaire du traité de l'Antarctique

Construit par le groupe naval Mitsubishi Heavy Industries à Shimonoseki, au Japon, en 1978, l
e S.A. Agulhas a pris sa retraite des missions d'approvisionnement polaire en mars 2012. 

Il fait escale à Martin de Viviès le vendredi 13 novembre 1981. Il est armé d'un hélicoptère comme le signale le tampon rond. Un petit cachet en bas à gauche donne les caractéristiques du bateau en afrikaner et en anglais.



La Direction des océans et des côtes du Département des affaires environnementales a annoncé en 2011 que plusieurs autres agences gouvernementales avaient demandé le transfert du navire, soulignant que, contrairement au nouveau navire, le premier n'était pas conçu pour mener des recherches scientifiques malgré la capacité d'effectuer des recherches scientifiques qui fut ajoutée plus tard.

En juillet 2012, le SA Agulhas a été remis en service en tant que navire-école exploité par la South African Maritime Safety Authority. Il continue à fournir des installations de recherche scientifique tout en formant jusqu'à 70 cadets de la marine marchande. 

Le 5 novembre 1981, un biologiste sud-africain, James Gleeson, décède sur l'île d'Amsterdam, suite à une chute d'une falaise. 

Amsterdam Monument du souvenir . La plaque commémorative se trouve en bas à droite
Photo JM Bergougniou

Amsterdam Monument du souvenir  Photo JM Bergougniou


Malgrè les soins prodigués, la réanimation, il décède sur l'île.  Le ministère des transport sud-africain envoie le SA Agulhas pour rapatrier le corps.


Sources

Les plis de navires à Saint-Paul et Amsterdam de 1955 à 2008 - Troispoux/Delsaux -2009

Terres Polaires n° 204 Septembre 2021

18 octobre 2021

Poste Navale Bureau central 8-4-1940 Paris

 Poste Navale Bureau central 8-4-1940



Le 3 septembre 1939, le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l'Allemagne.

C'est le début de la « drôle de guerre» qui se termine le  10 mai 1940 par l' invasion des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France.


Le bureau central de la Poste navale était installé au Bureau de Poste Paris 123, rue d’Anjou. Il fonctionna jusqu’au 11 juin 1940. 


Entre le 12 et le 17 juin, il s’installa à Tours puis à partir du 18 juin à Bordeaux.
 Il cesse de fonctionner le 19 juillet 1940 (officiellement le 29 juillet).





A PROPOS DES RETARDS DE LA CORRESPONDANCE

Paris. 17 septembre Le président du Conseil, ministre de la Défense Nationale et de la Guerre, le ministre des transmissions communiquent De nombreuses demandes de renseignements nous sont parvenues au sujet des retards subis par le courrier postal depuis la mobilisation
Le gouvernement et le Commandement donnent tous leurs soins à la bonne marche de ce service

La transmission du courrier postal n'a pas actuellement les qualités de rapidité et de régularité du temps de paix. 
Les soldats et leurs correspondants comprendront qu'un certain temps est nécessaire aux organismes de la poste aux armées pour entrer dans la période d'activité normale Le travail d'acheminement et de répartition des correspondances comporte des difficultés dont le public doit tenir compte En un seul jour un bureau central a écoulé plus de 3 millions de lettres et 10 000 paquets...



L'Ouest-Eclair 18-09-1939
MARINE MILITAIRE

Adresse des correspondances postales destinées au personnel de la Marine nationale

Le ministère de la Marine communique

Les adresses du courrier adressé au personnel de la marine nationale doivent être rédigées de la façon suivante: 
1- Pour une personne attachée à un service à terre 
a) M. X. quartier. maître de manoeuvre, direction du port, Brest navale: 
b) M. X. matelot mécanicien, centre aéronautique naval d'Hyêres, Toulon navale;

2° Pour une personne appartenant à une unité qui se déplace: navire, avion. batterie 
a) M. X. quartier-maître mécanicien croiseur Foch, poste navale: 
b) M. X. matelot arrimeur hydravion Croix-du-Sud, poste navale;

3° Tous les courriers bénéficient de la franchise postale.

à noter dans les adresses données par le journal l'écriture de Toulon navale et Brest navale




17 octobre 2021

Mayotte Ylang-Ylang l'île aux parfums Comores Marion Dufresne Îles Eparses

Mayotte Ylang-Ylang

l'île aux parfums

Situé dans l’archipel des Comores, entre Madagascar et l’Afrique, Mayotte est le 101e département français depuis mars 2011 et a intégré l'Union Européenne en 2014.




marché de Labattoir photo JM Bergougniou

 

La surface agricole de l'Ile représente 20% des 374 km² du territoire mahorais. Celui-ci est très densément peuplé (environ 700 habitants/km², soit le département le plus dense hors Île-de-France). Les besoins alimentaires de la population évoluent par ailleurs rapidement du fait de l'accroissement démographique (+3,8% par an) et de l'augmentation du niveau de vie (+3% par an), ce dernier restant largement inférieur à celui des autres départements d'outre-mer.

Cultures maraichères photo JM Bergougniou

L’essentiel des surfaces agricoles portent des associations de cultures pluri-étagées (cultures annuelles, arbres fruitiers…), atout non négligeable dans un paysage où les surfaces planes sont rares et où l'érosion des sols constitue une menace avérée pour le lagon. Si, en 2010, un tiers des ménages pratiquaient une activité agricole, sur une surface moyenne de 0,45 ha, la moitié de ces ménages auto-consommaient la totalité de leurs productions. Seul 361 exploitations cultivaient plus de 2 ha et la pluriactivité est de mise. La moitié des chefs d’exploitations recensés en 2010 étaient par ailleurs des femmes.

papayer photo JM Bergougniou



Les cultures vivrières sont prédominantes, en particulier les bananes (légume ou dessert) et le manioc. Mayotte est autosuffisante à 80% en fruits et légumes et le maraîchage est en plein développement. Les élevages de volaille (œufs et chair) offrent également de belles perspectives pour l'installation des jeunes agriculteurs.

photo JM Bergougniou

Les cultures de plantes aromatiques (vanille) et de plantes à parfum (ylang-ylang), emblématiques de l'île, représentent aujourd'hui des surfaces modestes (moins de 200 ha), mais dont la relance est à l'ordre du jour.

Elevage photo JM Bergougniou



Le développement de l'élevage bovin est rapide et les débouchés traditionnels (lait caillé, consommation de viande de zébu lors des mariages...) assurent une forte valorisation des produits.









retour de pêche photo JM Bergougniou



Les activités de pêche à Mayotte sont réalisées par :

  • environ 230 barques de pêche immatriculée au registre national pêchant essentiellement à l'intérieur du lagon de la bonite et du capitaine ;
  • retour de pêche photo JM Bergougniou
    3 navires palangriers de 10 mètres qui pêchent à l'extérieur du lagon principalement du thon albacore et de l’espadon

Ylang-Ylang photo JM Bergougniou

Mayotte est dénommée l’île aux parfums depuis le développement au début du 20e siècle de la culture de l’ylang-ylang (cananga odorata, la « fleur des fleurs » en langue locale), 

fleurs d'ylang-ylang photo JM Bergougniou



dont les fleurs embaument l’air le soir venu. Cette culture a longtemps constitué l’une des principales productions de rente et l’île comptait plus de 1 000 ha d'ylang dans les années 1950. 

Alambic pour distiller les fleurs d'ylang -yang photo JM Bergougniou

Depuis une vingtaine d'années, les Comores et Madagascar ont supplanté Mayotte pour la fourniture d'huile essentielle aux parfumeurs.

récupération de l'huile essentielle- vase florentin -  photo JM Bergougniou

Il reste cependant environ 130 ha de plantations où les arbres ont été suffisamment entretenus pour que la cueillette des fleurs puisse redémarrer rapidement. Les cours mondiaux sont actuellement élevés et un dispositif revu de compensation du surcoût de la main d’œuvre par rapport aux îles voisines est en place. 








 Quartier Cabaribere DLEM  photo JM Bergougniou



16 octobre 2021

 Mouilleur de mines Pluton 13 Septembre 1939 Casablanca 


Si vous avez appris autrefois votre mythologie, vous avez dû savoir que Pluton est le dieu des Enfers. 


Casablanca, 10h40, le mercredi 13 septembre 1939. Du pont milieu du croiseur Pluton amarré au quai d’honneur de la jetée Delure, une immense flamme jaillit, suivie par une très forte détonation. Quelques secondes plus tard, c’est une seconde explosion, plus forte encore, qui s'entend à une centaine de kilomètres


Le futur Pluton est à l'origine un croiseur de 2ème classe puis un «mouilleur de mines de surface» et enfin un croiseur mouilleur de mines. Le navire dessiné est comme souvent à l'époque dans la marine nationale un navire élégant avec un long gaillard d'avant élégamment prolongé par des passavants ce qui donne l'impression d'une absence de décrochage.


Le bloc passerelle est ramassé, les deux cheminées sont très écartées, l'arrière étant occupé par un rouf surmonté d'un mat.

Si la forme générale et la propulsion ont été vite choisies, l'armement à fait l'objet de débats avec par exemple un premier projet prévoyant deux canons de 203mm en tourelles simples avant et arrière, quatre canons de 75mm et quatre canons de 37mm tous contre-avions. Ultérieurement deux canons de 138mm vont s'ajouter.

le nombre des victimes est absent - L'Ouest-Eclair 




Les bords du quai furent mitraillés par des éclats de toutes sortes et deux camions, ainsi qu’une voiture de livraison qui stationnaient sur le quai furent pulvérisés. La cale à mazout brûle L'incendie se communiqua à la cale à mazout qui renfermait 700 tonnes de combustible. Une énorme colonne de fumée noire s'éleva de la partie arrière du bâtiment qui s'enfonça rapidement dans l'eau et bientôt émergea seule des flots la passerelle arrière de DC A. L'explosion fut entendue d'environ 100 kilomètres et la colonne de fumée atteignit une hauteur de 3.000 mètres, aux dires du pilote d'un avion chargé de la surveillance des côtes. Pourtant, seules les mines sautèrent et les projectiles plus stables contenus dans la soute à munitions n'explosèrent pas. ce qui évita un plus grand sinistre. 


Victimes de leurs propres mines Pour suivre l'ordre chronologique, citons d'abord la perte purement accidentelle du croiseur mouilleur de mines La Tourd'Auvergne ex- Pluton », perte survenue le 13 septembre 1939, dans le port de Casablanca, et due à l'explosion des mines que portait ce navire. On eut à déplorer une centaine de victimes tant parmi les membres de l'équipage que parmi les indigènes qui travaillaient au moment de l'accident sur le quai d'accostage du bâtiment. Le Pluton », croiseur de 4.770 tonnes, spécialement conçu pour le mouillage des mines.

Les mines emportées sont de type Bréguet B4 pesant 530kg (CM = 80kg de tolite) pouvant être mouillé dans des eaux d'une profondeur n'excédant pas 90m.

Type à six commutateurs avec une coque sphérique de 0,785 m (31 in). Entrée en service en 1936. Poids total de 530 kg (1 168 lb), charge 80 kg (176 lb) de Mélinite. Le câble d'amarrage pourrait mesurer 225, 300 ou 400 m (738, 984 ou 1 310 pieds) avec la mine à 90 m (295 pieds).

Le Pluton est conçu pour pouvoir porter et mouiller 250 mines, 220 en charge normale et 30 en surcharge. Elles sont disposées sur quatre voies installées sur le 1er pont ou pont des mines.

-Les voies se terminent par des plans inclinés à 30° pour éviter que la hauteur de chute des mines soit effective. Chaque voie est constituée par deux fers en U écartés de 0.50m fixés sur le pont avec interposition de cales nécessaires pour corriger le bouge.

-A l'avant vers le couple 100, les deux voies d'un même bord se raccordent à une plaque tournante servant à faire passer les mines d'une voie sur l'autre.

-Les deux plaques tournantes sont reliées par un tronçon de voie transversal destiné en cas d'embarquement de mines d'un seul bord à garnir simultanément les 4 lignes.

-Pour faciliter la circulation quand le bâtiment n'a pas de mines à bord, des caillebotis sont disposés entre les rails de chaque voie et à hauteur de ces rails.

-Les mines sont embarquées à l'avant via deux grues à commande électrique



25 octobre 1945

LE PORT DE CASABLANCA DANS LA GUERRE

Ce qu’il n’avait pas été permis de dire jusqu’à aujourd’hui...

La vérité sur l’explosion



Cette catastrophe fit le 13 septembre 1939 304 victimes le 13 septembre 1939 — date fatidique — le croiseur mouilleur de mines « Pluton » sautait dans le port de Casablanca.

Cette catastrophe provoqua une émotion considérable, car, se produisant dix jours après la déclaration de guerre, la rumeur publique n’hésita pas à échafauder les pires hypothèses et à attribuer à la main de l’ennemi les causes du sinistre. Le silence qui en temps de guerre, est de règle en pareille occurence pouvant être levé sans inconvénient il nous est permis de parler aujourd'hui des circonstances de cet événement, qui endeuilla notre marine. Au cours de l’été de 1939. le croiseur mouilleur de mines «Pluton » devait être désaffecté et transformé en école d'application, en remplacement de la « Jeanne-d’Are ». 

Il devait être débaptisé et recevoir le nom de « La-Tour-d'Auvergne ». Mais en présence de l'état de tension internationale, ce projet fut abandonné et le « Pluton » reprit son rôle normal. C’est le 5 septembre 1939 que le navire entra dans notre port, ayant à bord 250 mines destinées à la création d'un barrage de défense devant le port de Casablanca. Son commandant avait reçu l’ordre de procéder à cette opération dans la nuit du 12 au 13 septembre. Dans la soirée du 12. l'Amirauté française fit connaître qu’elle renonçait à son projet et elle ordonnait le débarquement des mines afin de rendre au « Pluton » son rôle accessoire de transport rapide de troupes jugé plus urgent. 
L'équipage du navire et les ouvriers de la marine nationale de Casablanca se mirent aussitôt en devoir d'exécuter l’ordre reçu qui comportait le débarquement des mines et leur transfert dans le dépôt de munitions de la marine à Bouskoura, Deux cent cinquante mines, dont chacune était susceptible de faire sauter un bâtiment, étaient disposées sur les rails de mouillage placés en fer à cheval autour du navire et la moitié se trouvaient placées dans la partie arrière des ponts aux mines. Les opérations de désamorçage commencèrent à 10 h. 30. sous la surveillance directe de l’officier torpilleur. A 10 h. 35. cet officier s'absenta pour se revêtir d'un vêtement de travail et pour vérifier les dispositions de mise à terre des mines. Le « Pluton » saute !... Que se passa-t-il à ce moment. ? 



C'est au cours d'une manipulation malheureuse, de cause purement accidentelle, que l’une des mines explosa. Tous les témoignages sont concluants et les travaux de la commission d'enquête corroborent formellement cette thèse et infirment catégoriquement toutes autres hypothèses. Toujours est-ll qu'à 10 h 40. une longue flamme Jaillit brusquement du pont, entre le mât et la cheminée arrière, accompagnée d'une formidable déflagration et d’un souffle d’une violence Inouïe. Le navire fut immédiatement enveloppé d'un lourd nuage de fumée noire et de poussière et des débris enflammés de 'coûtes sortes, projetés à une grande hauteur. retombèrent sur les quais et dans le port sur des distances considérables. Pour donner une Idée du déplacement d'air provoqué par l'explosion, il suffit de dire que la carte d'identité du commandant du « Pluton » fut retrouvée, avec d'autres débris près du phare d'El- Hank. soit à deux kilomètres du lieu du sinistre. Une deuxième explosion suivit la première à quelques secondes d'intervalle Les autres mines, par suite d'un phénomène bien connu des pyrotechniciens — l'explosion par influence — sautèrent â leur tour à quelques secondes d'intervalle, en « chapelet », dans un grondement assourdissant de tonnerre. Le pont s'ouvrit, la cheminée arrière fut rabattue en entier sur l’avant, le mât arrière s’effondra, toutes les cloisons furent détruites, les embarcations de sauvetage. les treuils et tous les apparaux furent projetés sur le quai du poste et sur la jetée Déluré où était amarré le navire
 
Le bilan de la catastrophe 
Lorsque se produisit l'explosion, une colonne comprenant vingt-deux ambulances d'un groupe médical de campagne passait boulevard Sour-DJedid. non loin de l’Amirauté Le commandant de la colonne, le médecin-capitaine Ferry, donna l'ordre de rallier immédiatement le port, et. grâce au sang-froid et à l'initiative de cet officier, cent-cinquante blessés graves dont l'état nécessitait un transfert rapide à l’hôpital purent recevoir les transfusions de sang qui les sauvèrent. 


L'agonie a pris fin Le navire a coulé et, seules, des colonnes de fumée indiquent encore le lieu de la catastrophe. Au premier plan, un barrage de protection coupe l’extension du mazout en feu.

(Suite de la première paqe) Les secours s’organisèrent promptement mais, en dépit de tous les efforts, le bilan de la catastrophe fut extrêmement lourd Parmi le personnel du « Pluton » on décompta 10 officiers tués ou disparus et 196 sous-officiers. quartiers-maîtres ou marins tués ou disparus. Il y eut deux officiers et 75 subalternes bléssés. Le capitaine de frégate Dubois, commandant du navire, officier de grand avenir et l'un des plus brillante de la Marine Nationale, fut tué En outre, un officier et dix-neuf matelots de la Marine Nationale furent tués et vingt-neuf autres blessés Un lieutenant de vaisseau de la marine polonaise qui se trouvait à bord du navire-école « Wilja » fut très grièvement blessé et l’on dut l'amputer d une Jambe En définitive, la catastrophe avait fait 226 tués ou disparus et 107 blessés graves. De beaux exemples de solidarité L'attitude des officiers et de l'équipage du « Pluton » fut en tous points digne déloges. L’évacuation du navire s'effectua en bon ordre, sous la direction des officiers et sous-officiers restés valides 
Signalons l'attitude héroïque d un pilote du port, renseigne de vaisseau Comhrade, mobilisé à la Marine du Maroc Cet officier, quoique grièvement blessé refusa de se laisser évacuer tant qu'il resta des victimes plus gravement atteintes que lui-même L'attitude de la population casablancaise fut remarquable et l'on nota de beaux exemples de solidarité. Les dons de sang pour opérer les transfusions furent très nombreux et Ion enregistra également des dons abondants de vêtements d intérieur pour les blessés Enfin, les services de la Croix-Rouge française se dépensèrent sans compter. Le jour de obsèques des victimes, une messe en plein air fut dite à l'Hôpital militaire et le discours prononcé par l'amiral Sablé exprima en termes déchirants l'impression profonde que cette catastrophe provoqua parmi la population civile et militaire de Casablanca Puis une foule recueillie, muette de douleur, accompagna à leur dernière demeure lea victimes de cette première grande tragédie en marge de la guerre.


Sources
L'Ouest-Eclair
La Vigie Marocaine

du BSL RHÔNE au BSAM RHÔNE des bâtiments de soutien

Du BSL RHÔNE au BSAM RHÔNE Mis sur cale le 23 février 1962, le  Rhône , a été lancé le 8 décembre 1962 et  admis au service actif le 12 oc...