18 juillet 2026

Port de la Montagne Toulon Le décret fondateur de l'administration civile de la Marine (14 pluviôse an II – 2 février 1794)

Port de la Montagne Toulon  décret fondateur de l'administration civile de la Marine (14 pluviôse an II – 2 février 1794)


Encore une lettre ancienne qui ne paie pas de mine bien qu'envoyée depuis Port de la Montagne.

 Nous avons déjà évoqué Bonaparte, le siège de la ville rebelle et la Marine à Toulon. On voit que le pli est adressé au citoyen Gourrhaud (?) inspecteur civil de la Marine à Marseille. Au verso un sceau de sire avec une ancre de marine.


Le sceau de la Marine de la République française


Apposé en cire rouge au verso de la lettre, ce sceau garantit l'authenticité de la correspondance et l'intégrité de son contenu. Il remplit la même fonction qu'un cachet officiel : toute rupture du sceau prouve que le courrier a été ouvert.

La légende circulaire se lit :

« MARINE DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE »

Elle remplace les anciennes légendes royales utilisées sous l'Ancien Régime et affirme la nouvelle autorité de l'État républicain. Au centre figure une ancre de marine, symbole universel de la navigation et de la puissance navale. L'ancre est représentée avec son organeau (l'anneau supérieur) et son câble ou une aussière enroulée autour de la verge. Ce motif, hérité de l'iconographie maritime du XVIIIᵉ siècle, évoque la stabilité, la fidélité au service de l'État et la force de la Marine nationale.

Dans notre cas, le sceau n'est pas un sceau personnel mais un sceau de service. Il est utilisé par les administrations dépendant du ministère de la Marine, notamment :

les agents maritimes ; les inspecteurs civils de la Marine ; les commissaires de la Marine ; les bureaux des ports militaires ; les arsenaux de Brest, Rochefort, Lorient, Toulon (Port de la Montagne), Marseille et autres établissements maritimes de l'État.

Chaque administration possédait généralement une matrice officielle conservée sous la responsabilité du chef du service ou du secrétaire principal.

La présence de la mention « République française » situe ce sceau pendant la période révolutionnaire. Il apparaît après l'abolition de la monarchie en septembre 1792 et reste en usage sous la Convention nationale puis le Directoire. Sous le Consulat et l'Empire, les sceaux évoluent progressivement et les emblèmes impériaux remplacent les symboles républicains.

Au-delà de son aspect symbolique, ce sceau avait une valeur juridique. Il certifiait que la lettre provenait bien d'une autorité officielle de la Marine et que son contenu n'avait pas été altéré. Dans une administration où circulaient des ordres militaires, des mouvements de bâtiments, des transports de matériel et des décisions financières, cette garantie était essentielle.

L'en-tête de la lettre : un symbole de la Marine révolutionnaire



L'en-tête imprimé de cette lettre illustre parfaitement la transformation de l'administration maritime française sous la Révolution. Au sommet figurent les mots « LIBERTÉ » et « ÉGALITÉ », deux des principes fondateurs de la République, auxquels est ajoutée, selon l'usage de la période de la Terreur, la devise « OU LA MORT ». Cette formule, largement employée entre 1793 et 1794 sur les documents officiels, exprime l'engagement absolu attendu des citoyens envers la République.

Au centre apparaît une allégorie féminine de la Marine. Debout, coiffée du bonnet de la Liberté, elle tient de la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien, symbole de l'affranchissement du peuple. De l'autre main, elle s'appuie sur un faisceau de licteur. Ce faisceau est constitué d'un assemblage de verges solidement liées autour d'une hache, dont le fer apparaît clairement sur le côté gauche. Hérité de la Rome antique, le faisceau symbolise l'autorité publique, la justice et la force de la loi. Cette représentation remplace les anciennes armes royales qui ornaient les correspondances de la Marine sous l'Ancien Régime. Désormais, ce n'est plus le roi qui garantit l'autorité des actes, mais la République.

À ses pieds figure l'inscription « MARINE », qui identifie clairement cette personnification comme celle de la Marine nationale.

Sous l'allégorie, la mention imprimée « Port de la Montagne » rappelle que la lettre est expédiée de Toulon, rebaptisée ainsi après la reprise de la ville aux troupes anglo-espagnoles en décembre 1793. Cette appellation, imposée par la Convention, fait référence au groupe politique de la Montagne, alors dominant.


La date est rédigée selon le calendrier républicain : « le 5e Sansculottide an II de la République française une et indivisible », soit le 21 septembre 1794, dernier jour de l'année républicaine avant le début de l'an III.


 L'emploi des jours complémentaires, appelés « Sans-culottides », souligne la volonté révolutionnaire de rompre avec le calendrier grégorien et les références religieuses.

Enfin, le numéro de correspondance, laissé manuscrit, montre qu'il s'agit d'un formulaire administratif préimprimé destiné aux services de la Marine. Ce type de papier officiel était utilisé par les agents maritimes, les inspecteurs civils, les commissaires et les autres administrations portuaires pour leur correspondance.

Une iconographie typique de l'an II

L'association de la devise « Liberté, Égalité, ou la Mort », de l'allégorie républicaine de la Marine et du calendrier révolutionnaire fait de cet en-tête un document caractéristique de l'an II de la République (1793-1794). 

Après la chute de Robespierre, la formule « ou la Mort » disparaîtra progressivement des documents officiels, remplacée par des en-têtes plus sobres sous le Directoire. Cette lettre constitue donc un témoignage remarquable de l'imagerie politique et administrative de la Marine française au plus fort de la Révolution.

L'expéditeur est l'Agent Maritime

Le décret fondateur de l'administration civile de la Marine (14 pluviôse an II – 2 février 1794)

Jean-Bon Saint-André


Le 14 pluviôse an II (2 février 1794), la Convention nationale adopte, sur le rapport de Jean-Bon Saint-André, un décret qui réorganise en profondeur l'administration civile de la Marine. 

Cette réforme intervient dans un contexte de guerre, alors que les ports militaires doivent être remis en état après les troubles révolutionnaires et la perte temporaire de Toulon. Le rapport de Jean-Bon Saint-André dénonce les abus de l'ancienne administration, héritée de l'Ancien Régime, jugée trop centralisée, coûteuse et inefficace. 

Le décret supprime les chefs principaux des bureaux civils (anciens ordonnateurs) et répartit les responsabilités entre les différents chefs de service, désormais directement responsables devant le ministre de la Marine. Chaque service reçoit ainsi une autonomie accrue, tandis que les responsabilités individuelles sont clairement définies. Cette réforme marque également l'apparition d'une nouvelle organisation dans les ports, fondée sur la collaboration entre un agent maritime, chargé de coordonner l'administration et l'exécution des décisions, et un inspecteur civil, chargé d'en contrôler l'application et la régularité. 


C'est précisément ce nouveau cadre administratif que reflète la lettre adressée au citoyen Gourbault, inspecteur civil de la Marine à Marseille, en septembre 1794. Ce document constitue ainsi un témoignage direct de la mise en œuvre de cette réforme dans les ports de la Méditerranée.

Rapport de Jean-bon-Saint-André, au nom du comité de salut public, relatif à l’organisation de l’administration civile de la marine dans les ports, lors de la séance du 14 pluviôse an II (2 février 1794) [rapport]

Tome LXXXIV - Du 9 au 25 pluviôse An II (28 janvier au 13 février 1794)

Les Sans-culottides : les fêtes de la République

À la fin de chaque année du calendrier républicain, les révolutionnaires ajoutèrent cinq journées particulières, appelées d'abord Sans-culottides, puis jours complémentaires. Elles permettaient de compléter les 360 jours des douze mois de trente jours afin de retrouver la durée réelle de l'année solaire. Lors des années sextiles, un sixième jour était ajouté : le Jour de la Révolution.

Ces journées n'étaient pas consacrées aux travaux agricoles comme le reste du calendrier. Elles étaient réservées aux fêtes civiques et à la célébration des valeurs de la jeune République. Chacune portait le nom d'une vertu : la Vertu, le Génie, le Travail, l'Opinion et les Récompenses. Elles donnaient lieu à des cérémonies publiques, des jeux, des chants, des distributions de prix aux citoyens méritants et des manifestations destinées à renforcer l'esprit républicain.

Aujourd'hui encore, ces journées constituent une curiosité de l'histoire de France et se rencontrent fréquemment dans les registres d'état civil et les archives de la période révolutionnaire (1793-1805).


Datée du 5e jour des Sans-culottides de l'an II (21 septembre 1794) cette lettre nous dévoile l'histoire de la Révolution, de la Marine, de Toulon et du calendrier révolutionnaire, je suis certain qu'elle dera date...



Les Sans-culottides étaient ainsi une période de réjouissances populaires, comparable à une fin d'année républicaine, où l'on célébrait les talents, les efforts et les valeurs civiques plutôt que les fêtes religieuses. Elles illustrent la volonté des révolutionnaires de créer un calendrier entièrement nouveau, fondé sur les principes de la République.
Nous reviendrons dans un prochain article sur le contenu de la lettre.

Sources

BnF Gallica

https://www.persee.fr/doc/arcpa_0000-0000_1962_num_84_1_34586_t1_0210_0000_10?utm_source=chatgpt.com


16 juillet 2026

Mission Jeanne d'Arc La Réunion mars 2026

 Mission Jeanne d'Arc La Réunion mars 2026

St-Denis Le Barachois © d'après photo JM Bergougniou
sa batterie de canons pointe vers le large depuis la Pointe des Jardins,
à partir de laquelle sont mesurées les distances kilométriques
séparant l'île du reste du monde.





La Réunion – Exercice Papangue 26

À la fin du mois de mars 2026, le porte-hélicoptères amphibie Dixmude et la frégate Aconit ont fait escale à La Réunion pour participer à l'exercice interarmées Papangue 26, organisé par les Forces armées de la zone sud de l'océan Indien (FAZSOI). Cet entraînement a réuni des moyens navals, terrestres et aériens afin de renforcer la coordination entre les différentes composantes des forces françaises présentes dans la région. Les équipages du Dixmude ont conduit des manœuvres amphibies, des opérations héliportées et des exercices de débarquement, tandis que l'Aconit participait aux entraînements de lutte en mer et d'escorte. 

Port-des-Galets frégate Floréal  © d'après photo JM Bergougniou



Cette escale a également permis de développer l'interopérabilité avec les unités basées à La Réunion et de confirmer le rôle stratégique de l'île comme point d'appui majeur de la France dans le sud-ouest de l'océan Indien. Les activités menées au cours de Papangue 26 ont illustré la capacité des forces françaises à intervenir rapidement et à coopérer efficacement dans un environnement régional exigeant.


https://imazpress.com/toute-l-actu/exercice-papangue?utm_source=chatgpt.com


https://www.zinfos974.com/exercice-papangue-2026-une-demonstration-de-force-et-de-cooperation-dans-locean-indien/?utm_source=chatgpt.com


https://www.linfo.re/la-reunion/faits-divers/assaut-evacuation-coordination-immersion-dans-l-operation-papangue?utm_source=chatgpt.com


15 juillet 2026

SNLE Le Triomphant et le HMS Vanguard une surprenante rencontre en mer 2009

SNLE Le Triomphant

HMS VANGUARD

Le Triomphant (S616) est le premier des quatre Sous-marins Nucléaires Lanceurs d'Engins (SNLE) de la classe Le Triomphant. Il constitue, avec Le Téméraire, Le Vigilant et Le Terrible, la composante océanique de la dissuasion nucléaire française. Ces sous-marins sont basés à l'Île Longue, près de Brest.


Ses principales caractéristiques sont :

Mise en service : 21 mars 1997
Chantier : Cherbourg
Longueur : 138 m
Largeur : 12,5 m
Déplacement : 12 685 t en surface, 14 335 t en plongée
Propulsion : 1 réacteur nucléaire K15
Vitesse : environ 25 nœuds (46 km/h) en plongée
Autonomie : pratiquement illimitée en énergie, avec environ 70 jours de vivres
Équipage : environ 110 à 112 marins

Le bâtiment est conçu avant tout pour la dissuasion stratégique. Il emporte aujourd'hui 16 missiles balistiques M51, ainsi que quatre tubes lance-torpilles pouvant mettre en œuvre des torpilles lourdes et des missiles antinavires pour son autodéfense.

Une collision sous la mer


La collision entre Le Triomphant et le HMS Vanguard est l'un des accidents les plus étonnants de l'histoire de la dissuasion nucléaire. 
Elle s'est produite dans la nuit du 3 au 4 février 2009, probablement dans le golfe de Gascogne ou à proximité, alors que les deux SNLE étaient en plongée profonde et effectuaient une mission de dissuasion.

Le caractère exceptionnel de l'événement tient au fait que les deux bâtiments étaient parmi les sous-marins les plus silencieux jamais construits. Chacun mesurait environ 140 mètres, déplaçait plus de 14 000 tonnes en plongée et emportait 16 missiles nucléaires. Malgré l'immensité de l'Atlantique, leurs routes se sont croisées.


Mis en service en août 1993, le HMS Vanguard est le premier sous-marin de la classe Vanguard, une série de quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) dont la mission est d'assurer la dissuasion nucléaire du Royaume-Uni en emportant les missiles balistiques Trident.

Avec ses 150 mètres de longueur, ce géant des mers est presque aussi long que la cathédrale Saint-Paul de Londres. Pourtant, il accomplit sa mission dans le plus grand silence, évoluant sans être détecté lors de longues patrouilles dans les océans du globe, à des profondeurs pouvant dépasser 250 mètres.

Grâce à son réacteur nucléaire, le Vanguard peut produire lui-même son eau douce et son oxygène. Son autonomie n'est donc limitée que par la quantité de nourriture embarquée à bord.

Le HMS Vanguard est servi par deux équipages distincts qui se relaient. Pendant que l'un est déployé en mer, l'autre est en période de repos ou suit un entraînement à Faslane, en Écosse, le principal port d'attache de la flotte britannique de sous-marins nucléaires.



HMS Vanguard 
La réaction britannique a été assez différente de la réaction française. Les autorités de Londres ont confirmé les faits plus rapidement une fois que l'information a commencé à circuler dans la presse, mais elles ont ensuite opposé un silence presque total sur les détails opérationnels.

Concernant la Royal Navy, c'est le First Sea Lord, l'amiral Sir Jonathon Band, qui confirme officiellement l'accident le 16 février 2009. Il indique simplement que :
la collision s'est produite à très faible vitesse ;
il n'y a eu aucun blessé ;
la sécurité nucléaire n'a jamais été compromise.
Par la suite, le ministère britannique de la Défense (MoD) répète inlassablement la même ligne :

aucune atteinte à la dissuasion nucléaire ;
aucune fuite radioactive ;
une enquête interne est ouverte ;
les détails resteront classifiés pour des raisons de sécurité nationale.


Lorsque des députés interrogent le gouvernement à la Chambre des communes, la réponse est très ferme. Le ministre John Hutton déclare qu'aucune sanction disciplinaire n'a été prise, qu'un examen approfondi est en cours et que les enseignements nécessaires seront tirés. Plus tard, le gouvernement refuse même de publier un résumé de l'enquête, invoquant le secret défense.



Ce qu'a écrit la presse britannique

La presse, en revanche, a été beaucoup plus bavarde.

The Times révèle le premier que le mystérieux « objet immergé » annoncé par Paris est en réalité un SNLE britannique. Le journal insiste sur un paradoxe fascinant : les deux sous-marins étaient tellement silencieux qu'ils ne pouvaient plus se détecter mutuellement.

Le Daily Telegraph adopte un ton plus alarmiste. Il évoque un accident "aussi grave que le naufrage du Koursk" sur le plan stratégique, tout en précisant qu'il n'y avait jamais eu de risque immédiat d'explosion nucléaire. Le journal estime les réparations à plusieurs dizaines de millions de livres.

Le Guardian résume l'événement par une formule restée célèbre :

« La bonne nouvelle est que le Vanguard était pratiquement indétectable. La mauvaise est qu'il l'était un peu trop. »

missiles Trident


La BBC adopte un ton beaucoup plus factuel, rappelant que les deux sous-marins naviguaient très lentement en utilisant uniquement leurs sonars passifs, ce qui explique qu'ils aient pu se croiser sans s'entendre.

La Continuous At Sea Deterrence (CASD), la permanence de la dissuasion nucléaire britannique, est en service sans interruption depuis 1969. Pour Londres, il est essentiel de ne jamais divulguer :


les zones de patrouille ;

les itinéraires ;

les méthodes de navigation ;

les performances acoustiques des SNLE.

Reconnaître qu'un sous-marin avait été localisé, ou expliquer précisément comment l'accident s'était produit, aurait fourni des informations précieuses à d'éventuels adversaires. C'est pourquoi le MoD s'est retranché derrière le secret défense à chaque question parlementaire.

Un point intrigue encore aujourd'hui les historiens navals : plusieurs anciens sous-mariniers britanniques ont laissé entendre qu'un accord de déconfliction existait entre la Royal Navy et l'US Navy pour éviter que leurs SNLE ne se croisent, mais qu'aucun mécanisme comparable n'existait avec la Marine nationale française.

Sources 

https://hansard.parliament.uk/Commons/2009-03-02/debates/09030250000150/HMSVanguard?utm_source=chatgpt.com

https://hansard.parliament.uk/Commons/2010-03-30/debates/10033061000015/HMSVanguardAccidents?utm_source=chatgpt.com

https://www.theguardian.com/uk/2009/feb/17/nuclear-submarine-collision?utm_source=chatgpt.com

https://hansard.parliament.uk/commons/2009-02-25/debates/09022629000109/HMSVanguard?utm_source=chatgpt.com

https://medium.com/write-a-catalyst/how-two-nuclear-submarines-collided-in-the-middle-of-nowhere-9f84610ea768?utm_source=chatgpt.com

14 juillet 2026

14 juillet 1789 prise de la Bastille

 14 juillet 1789 Prise de la Bastille

Cette estampe, intitulée « Le Siège de la Bastille prise par la Bourgeoisie et aux braves Grenadiers des Gardes-Françoises de Notre bonne Ville de Paris le 14 juillet 1789 », est l'un des tout premiers témoignages imprimés de la Révolution française. Réalisée quelques semaines seulement après les événements, elle constitue autant un document historique qu'un instrument de propagande patriotique.



L'image met en scène la prise de la Bastille, forteresse royale devenue le symbole de l'arbitraire monarchique en raison de son usage comme prison d'État. Le 14 juillet 1789, les Parisiens s'en emparent après plusieurs heures de combat. Si la Bastille ne renfermait alors que sept prisonniers, sa chute acquit immédiatement une immense portée politique : elle symbolisa la victoire du peuple de Paris sur l'absolutisme.

L'estampe insiste particulièrement sur le rôle de la bourgeoisie parisienne et des Gardes-Françaises, soldats du roi qui choisirent de rejoindre les insurgés. Cette représentation correspond à la volonté des contemporains de montrer que la Révolution ne fut pas seulement une émeute populaire, mais également une action soutenue par une partie de l'armée régulière et des élites urbaines. Les Gardes-Françaises, dont plusieurs apportèrent leur expérience militaire et leur artillerie aux assaillants, jouèrent effectivement un rôle déterminant dans la prise de la forteresse.


Le récit imprimé au bas de l'image évoque la supposée trahison du gouverneur Bernard-René de Launay, accusé d'avoir fait tirer sur les parlementaires venus négocier. Si les négociations furent effectivement rompues et si la garnison ouvrit le feu sur les assaillants, le texte simplifie les événements et accentue volontairement la responsabilité du gouverneur afin de justifier son exécution immédiate par la foule après la reddition. Cette présentation reflète davantage la perception révolutionnaire de juillet 1789 qu'une reconstitution objective des faits.

L'iconographie elle-même relève en partie de la convention. Les proportions de la Bastille, l'organisation des rues et la disposition des combattants ne correspondent pas exactement à la réalité topographique. Le graveur cherche avant tout à produire une image spectaculaire où fumées, canons, drapeaux et soldats exaltent le courage des vainqueurs. Cette dramatisation est caractéristique des estampes populaires de la fin du XVIIIᵉ siècle.

La présence des couplets chantés de part et d'autre de la gravure est particulièrement intéressante. Ces chansons étaient destinées à être entonnées sur des airs déjà connus (« Air : Vive Henri »), ce qui facilitait leur diffusion auprès d'un large public. 

L'image, le récit et la chanson formaient ainsi un véritable support de propagande révolutionnaire, vendu dans les rues de Paris ou affiché dans les lieux publics.

Enfin, cette estampe témoigne de la naissance d'une mémoire révolutionnaire. Dès l'été 1789, la prise de la Bastille n'est plus seulement un fait militaire : elle devient un mythe fondateur, célébrant l'union du peuple, de la bourgeoisie et des Gardes-Françaises contre le despotisme. Cette interprétation, largement diffusée par les gravures, les chansons et les pamphlets, contribuera durablement à faire du 14 juillet le symbole de la liberté, bien avant qu'il ne devienne la fête nationale française en 1880.
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Enfin une autre gravure intitulée 

RECIT MEMORABLE DU SIEGE DE LA BASTILLE, ARRIVÉ LE QUATORZE JUILLET L'AN DE LA LIBERTÉ MIL SEPT CENT QUATRE-VINGT-NEUF.

Dont le succès est dû aux deux grenadiers du régiment de gardes-françaises, c'est à eux que nous devons l'heureuse révolution du 13 juillet ; instruits de la nécessité de prendre la Bastille, ils courent en foule accompagnés d'un grand nombre de citoyens patriotes ; après une première décharge de canon & de fusils, le gouverneur leur donna des paroles de paix, & lorsqu'environ cinq cent d'entr'eux furent entrés, il fait tirer le canon & égorger ainsi de sang-froid une foule d'honnêtes gens ; cette abominable trahison, qui eût pu porter le désespoir et la crainte dans les esprits, redoubla le courage du patriotisme et de l'honneur ; et en moins de deux heures elle est de nouveau attaquée, prise d'assaut. Le sieur Harné, grenadier des gardes, et les sieurs Humbert et Hullin se sont immortalisés en montant à l'assaut et saisissant le gouverneur au milieu des sabres ; la tête du gouverneur a été portée en triomphe par toute la ville, et a été exposée pendant plusieurs jours : telle a été la fin tragique, dont le récit étonnera nos descendants.

Sources

BnF Gallica 


13 juillet 2026

Mission Jeanne d'Arc 2026 passage du Canal de Suez Egypte PHA DIXMUDE FLF ACONIT 24 février 2026



 Mission Jeanne d'Arc 2026 passage du Canal de Suez

De l’océan Indien jusqu’en Atlantique,


la mission JDA démontre la capacité de la France à être projetée partout dans le monde, des côtes africaines au continent américain. Cette capacité opérationnelle lui permet d’affirmer sa légitimité, de renforcer ses partenariats et de contribuer à la stabilité de ces régions ainsi qu’à l’assistance aux populations victimes de catastrophes naturelles, en tant que partenaire fiable et solidaire. Lors de ce déploiement, en plus des interactions nationales ultramarines, des actions de coopération seront menées avec plusieurs pays partenaires tant en mer qu’à terre.

À ce titre, la mission JDA 26 est un outil de rayonnement et d’influence qui offre de multiples opportunités d’engagement diplomatique.

L'Égypte cherche à : 

protéger le canal de Suez ;

sécuriser les gisements gaziers en Méditerranée orientale ;

disposer d'une capacité de projection en mer Rouge, dans le golfe d'Aden et en Méditerranée ;

devenir la principale puissance navale du monde arabe aussi achète-t-elle à la France 2 porte-hélicoptères d'assaut de classe Mistral (France)

"Gamal Abdel Nasser (L1010)" "Anouar el-Sadate (L1020)"

Ces bâtiments avaient été construits pour la Russie avant l'annulation du contrat. L'Égypte les rachète en 2015 pour environ 950 millions d'euros.


**V 10270** SPID La Poste 24 FEV 2026

« Après avoir franchi le canal de Suez le 24 février, le groupe amphibie Jeanne d'Arc composé du porte-hélicoptères amphibie Dixmude et de la frégate Aconit a débuté une séquence d'échanges opérationnels avec les forces armées égyptiennes à partir de Port Safaga. »

À la suite de la dégradation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient (guerre entre Israël et l'Iran et risques accrus dans la mer Rouge), la mission Jeanne d'Arc 2026 a été modifiée en cours de déploiement. 
Le groupe a renoncé à poursuivre son programme initial vers l'Asie et a été redirigé vers l'Atlantique via le cap de Bonne-Espérance, puis le Brésil, les Caraïbes, le Canada et l'Europe, avant son retour à Toulon.


Après le franchissement du canal de Suez le 24 février 2026, le groupe Jeanne d'Arc (Dixmude et Aconit) a fait escale à Port Safaga pour sa première activité opérationnelle de la mission.

1. Coopération avec les forces armées égyptiennes

L'objectif principal était de renforcer l'interopérabilité entre les armées française et égyptienne :

échanges entre états-majors ;

préparation et conduite d'activités amphibies ;

entraînement des officiers-élèves de la mission Jeanne d'Arc ;

familiarisation avec les procédures communes avant les opérations en mer Rouge.

2. Entraînement amphibie


Le groupe tactique embarqué du Dixmude, constitué principalement d'éléments de la 9e brigade d'infanterie de marine, a conduit des exercices avec des unités égyptiennes.

Ces activités comprenaient notamment :

débarquement de troupes ;

mise en œuvre des chalands de débarquement du PHA ;

coordination entre moyens navals, terrestres et aériens ;

procédures de commandement conjointes.

3. Activités aéronautiques


Le Dixmude embarquait :

des hélicoptères Caïman ;

des hélicoptères Gazelle ;

un Dauphin de la flottille 34F ;

un drone Camcopter S-100.


Des vols d'entraînement ont été réalisés pour :

la reconnaissance,

les liaisons tactiques,

les opérations héliportées,

les procédures de recherche et sauvetage (SAR).

4. Formation des officiers-élèves

Comme chaque mission Jeanne d'Arc, cette première escale servait également de terrain d'application pour les 162 officiers-élèves français et étrangers embarqués.

Ils ont participé :

aux briefings opérationnels ;

aux exercices de planification ;

aux liaisons avec les autorités militaires égyptiennes ;

aux opérations amphibies sur le terrain.

https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/ministere-armees/2026_DOSSIER_DE_PRESSE_JDA26_UK.pdf?utm_source=chatgpt.com

12 juillet 2026

Passage de la ligne 5 mai 2026 PHA Dixmude FLF Aconit Equateur

Passage de la ligne 5 mai 2026 PHA Dixmude FLF Aconit

Le 5 mai 2026, le PHA Dixmude, accompagné de la frégate Aconit, franchit l'Équateur lors de la mission Jeanne d'Arc 2026. Fidèle à la tradition de la Marine, les "néophytes" participent à la cérémonie du passage de la Ligne sous l'autorité symbolique de Neptune. Une griffe postale spéciale, « Passage de l'Équateur – Tremblez néophytes », réalisée par le service postal embarqué, immortalise cet événement.


**V10270 **  SPID La Poste  05 mai 2026


Le passage de la Ligne, c'est-à-dire le franchissement de l'équateur, est l'une des plus anciennes traditions du monde maritime. Encore pratiquée aujourd'hui dans de nombreuses marines militaires, dont la Marine nationale, cette cérémonie marque l'entrée symbolique d'un marin dans le cercle des « anciens » ayant navigué dans les deux hémisphères.

L'origine de cette coutume remonte aux Grandes Découvertes des XVe et XVIe siècles. Avec les expéditions de Christophe Colomb vers l'ouest et de Vasco de Gama vers les Indes en contournant l'Afrique, les navigateurs européens franchissent régulièrement l'équateur. Ce passage, alors considéré comme mystérieux et dangereux, devient un moment particulier de la navigation. Les longues traversées offrent aussi l'occasion d'organiser une fête destinée à rompre la monotonie de la vie à bord.

avec l'aimable participation de chatGPT

Très rapidement naît un véritable rite initiatique. Les marins ayant déjà franchi « la Ligne », appelés les anciens ou chevaliers des mers, accueillent les néophytes. Le dieu romain Neptune, maître des océans, monte symboliquement à bord, accompagné de sa cour – Amphitrite, Tritons, médecins, barbiers et greffiers. Joué par un marin expérimenté, Neptune prend temporairement le commandement du navire dans une inversion symbolique des rôles, caractéristique des rites de passage.

Les néophytes sont alors soumis à diverses épreuves, dont la nature a beaucoup évolué au fil du temps. Autrefois parfois très rudes, elles consistent aujourd'hui en jeux, maquillages, aspersions d'eau de mer ou parcours humoristiques. À l'issue de la cérémonie, chaque participant est déclaré « chevalier des mers » et reçoit un certificat de passage de la Ligne, qu'il conservera tout au long de sa carrière maritime. Dans plusieurs marines, ce document doit être présenté lors des passages ultérieurs afin d'éviter un nouveau baptême.

Les ethnologues considèrent cette cérémonie comme un véritable rite de passage, comparable à ceux décrits par Arnold Van Gennep. Le marin quitte symboliquement son ancien statut pour intégrer la communauté des navigateurs expérimentés. La mise en scène de Neptune, le renversement momentané de la hiérarchie et la délivrance d'un diplôme traduisent cette transformation sociale autant que symbolique.

Dans la Marine nationale, cette tradition demeure bien vivante, même si elle est aujourd'hui strictement encadrée afin de respecter la dignité des participants. Elle constitue avant tout un moment de cohésion, de transmission des traditions et de partage entre générations de marins.


Port de la Montagne Toulon Le décret fondateur de l'administration civile de la Marine (14 pluviôse an II – 2 février 1794)

Port de la Montagne Toulon  décret fondateur de l'administration civile de la Marine (14 pluviôse an II – 2 février 1794) Encore une let...