10 septembre 2026

LOI 1790 De Tobago au Havre : la révolte du régiment de la Guadeloupe en 1790

De Tobago au Havre : la révolte du régiment de la Guadeloupe en 1790

De Tobago au Havre : la révolte du régiment de la Guadeloupe en 1790



La loi donnée par Louis XVI à Paris le 12 décembre 1790 pourrait, au premier regard, passer pour un simple document comptable. Elle accorde provisoirement au ministre de la Marine plus de trois millions de livres destinées à couvrir diverses dépenses d'armement, de solde et de service colonial. 

Formation du régiment 



Pourtant, derrière l'une des sommes inscrites dans ce texte se cache un épisode révélateur des bouleversements qui atteignent la Marine et les troupes coloniales au début de la Révolution française : 


la révolte d'une partie du régiment de la Guadeloupe à Tobago et son extraordinaire retour en France.



Le régiment de la Guadeloupe avait été créé par l'ordonnance royale du 18 août 1772, dans le cadre d'une profonde réorganisation des troupes chargées de défendre les colonies françaises. Il avait été constitué à partir de détachements provenant notamment des régiments de Vexin, Bouillon, Périgord, Médoc, Limousin et Royal-Vaisseaux. 



Ces soldats étaient donc étroitement liés à la défense des possessions françaises des Antilles. Le régiment avait déjà connu le combat : pendant la guerre d'Indépendance américaine, il participa en 1779 aux opérations conduites par le comte d'Estaing et se distingua notamment lors de l'attaque des retranchements de Savannah, le 9 octobre.

En 1790, la situation est radicalement différente. Les nouvelles venues de France, les idées révolutionnaires, les conflits entre autorités civiles et militaires et la remise en cause des anciennes hiérarchies provoquent de profondes tensions dans les garnisons coloniales. Tobago, ancienne possession britannique devenue française en 1783, n'échappe pas à cette agitation. Cinq compagnies du régiment de la Guadeloupe y sont alors stationnées.



Le 16 février 1790, ces cinq compagnies entrent en révolte. Les soldats chassent leurs officiers et s'emparent du drapeau du régiment. Après avoir profondément troublé l'ordre de la colonie, ils prennent une décision exceptionnelle : quitter Tobago et gagner la France à bord de navires marchands. Leur destination est Le Havre. 

Ce déplacement transforme une mutinerie coloniale en affaire nationale.
Au début de juillet 1790, l'Assemblée nationale est saisie de la question. La municipalité du Havre annonce l'arrivée d'un premier groupe de 133 soldats venant de Tobago. Un second bâtiment doit en apporter 124 autres, ce qui représente environ 257 hommes. 

Les autorités havraises se trouvent devant une situation délicate : ces hommes sont des soldats du roi, mais ils viennent de quitter leur garnison après s'être opposés à leurs officiers. Des précautions sont donc prises pour les maintenir sous surveillance tandis que l'on demande au gouvernement et à l'Assemblée nationale de décider de leur sort.

L'affaire prend une dimension politique le 27 juillet 1790. Elle est discutée devant l'Assemblée nationale et le comportement des soldats est sévèrement dénoncé par leurs propres camarades restés aux Antilles. Les sous-officiers, grenadiers, chasseurs et fusiliers du régiment de la Guadeloupe adressent en effet une lettre dans laquelle ils accusent les hommes de Tobago d'avoir maltraité leurs chefs et, surtout, d'avoir emporté le drapeau du régiment. 

À leurs yeux, ce geste porte atteinte à l'honneur de toute l'unité. Ils demandent que les responsables soient punis et qu'un nouveau drapeau leur soit accordé. Cette lettre est lue devant l'Assemblée le 27 juillet 1790.

Mais l'affaire est moins simple qu'une mutinerie militaire ordinaire. En pleine Révolution, l'autorité elle-même est en train d'être redéfinie. Les députés doivent déterminer selon quelles règles ces soldats peuvent être jugés et jusqu'où s'étend le pouvoir du ministre de la Marine. 
Barnave


Arthur Dillon présente l'affaire devant l'Assemblée, tandis que Barnave insiste sur la nécessité d'une procédure régulière : si les hommes sont coupables, ils doivent être jugés et punis ; mais l'administration ne peut décider arbitrairement de leur sort. L'affaire est donc renvoyée aux comités compétents et le ministre de la Marine doit communiquer les pièces permettant son examen.
Pendant ce temps, les troubles gagnent le reste du régiment. La situation devient même paradoxale : les soldats qui avaient condamné avec tant de vigueur leurs camarades de Tobago entrent eux-mêmes en insurrection quelques semaines plus tard. 

Le 3 septembre 1790, une partie du régiment stationnée en Guadeloupe se soulève ; le lendemain, la presque totalité des hommes s'embarque pour rejoindre au fort Bourbon, en Martinique, les insurgés du régiment de la Martinique. Une centaine d'hommes seulement demeure en Guadeloupe. 




Dugommier




Dugommier, qui deviendra quelques années plus tard l'un des généraux importants de la République, se trouve à la tête de ce mouvement.
C'est dans ce contexte que prend tout son sens la loi promulguée par Louis XVI le 12 décembre 1790. Parmi les dépenses extraordinaires accordées au département de la Marine figure une somme de 144 212 livres, 1 sol et 8 deniers destinée aux frais occasionnés par le détachement du régiment de la Guadeloupe arrivé de Tobago au Havre ainsi qu'aux envois extraordinaires ordonnés pour la colonie. 

Cette ligne budgétaire, apparemment anodine, constitue ainsi la trace financière directe des événements commencés plusieurs mois auparavant dans une garnison des Antilles.
Elle montre également le coût matériel d'une crise coloniale. Il faut transporter les hommes, les nourrir, les surveiller, organiser leur cantonnement et assurer les mouvements de troupes et les expéditions rendus nécessaires par les troubles. 

L'Assemblée accepte donc de débloquer les fonds demandés par le ministre de la Marine, mais elle précise que ces crédits ne sont accordés que provisoirement : les comptes et états de dépenses devront être examinés. À travers cet épisode apparaît ainsi une autre transformation révolutionnaire : désormais, même les dépenses militaires et coloniales sont soumises au contrôle de la représentation nationale.
L'histoire des hommes de Tobago ne s'arrête d'ailleurs pas au Havre. 

Les compagnies sont finalement envoyées à l'île de Ré, mesure présentée comme une sanction. Puis la crise gagne l'ensemble du corps. Le 26 mai 1791, le reste du régiment arrive à Bordeaux avant de rejoindre à son tour les compagnies de Tobago à l'île de Ré. L'ancien régiment colonial ne survivra guère à ces bouleversements. Le décret du 5 mai 1792 réunit les débris des régiments de la Martinique et de la Guadeloupe pour former le futur 109e régiment d'infanterie.

Ainsi, les trois petites pages imprimées à l'Imprimerie royale en décembre 1790 ouvrent une fenêtre beaucoup plus large sur la Révolution aux Antilles.

Derrière une somme portée dans les comptes de la Marine apparaissent Tobago, la Guadeloupe, Le Havre, les navires marchands transportant les soldats, une mutinerie, un drapeau emporté, des officiers chassés, une municipalité embarrassée et une Assemblée nationale contrainte de décider du sort de militaires venus de l'autre côté de l'Atlantique. 

Le document témoigne surtout de la rapidité avec laquelle la crise révolutionnaire franchit les mers : en quelques mois, une révolte commencée dans une petite garnison de Tobago devient une affaire débattue à Paris, financée par le Trésor et inscrite jusque dans une loi sanctionnée par Louis XVI.


Ce qui ressemble aujourd'hui à une simple ligne de compte — 144 212 livres pour le détachement du régiment de la Guadeloupe arrivé de Tobago au Havre — est donc en réalité la trace administrative d'une histoire d'hommes, de navires et de révolte reliant les Antilles à la France au moment où l'ancien ordre colonial et militaire commence à vaciller.


08 septembre 2026

Billet de logement à Rennes 1825

Billet de logement à Rennes 1825 

Un billet de logement militaire à Rennes en 1825




Ce billet de logement délivré par la Ville de Rennes le 23 février 1825 témoigne d’une pratique aujourd’hui disparue : le logement des militaires chez l’habitant. Il ordonne à M. Armand Conseiller, rue de l’Horloge, de recevoir deux soldats pour la journée. 

L’habitant doit leur fournir uniquement « le Logement, place au feu et à la chandelle, suivant les règlements ». Il n’est donc pas tenu de les nourrir ni de leur fournir du vin ou de l’argent. La « place au feu » permet aux militaires de profiter du foyer domestique, tandis que la « chandelle » correspond à l’éclairage de la maison. Cette formule, héritée de l’Ancien Régime, demeure employée après la Révolution. Le logement des troupes est notamment encadré par les textes des 10 juillet 1791 et 23 mai 1792, puis réorganisé sous la Restauration par le règlement du 20 juillet 1824 sur le service des lits militaires et le logement des troupes chez les habitants. 

Rennes les rues de Rohan et de l'horloge


Ce dernier est donc particulièrement proche du billet rennais, établi seulement sept mois plus tard. Le document montre aussi combien cette obligation était intégrée au fonctionnement municipal. Il ne s’agit pas d’un ordre rédigé spécialement pour ces deux soldats, mais d’un formulaire imprimé à l’avance. La mairie avait fait imprimer la formule réglementaire, le nom du maire de Lorgeril  et même le millésime 1825 ; seuls l’adresse, le nom de l’habitant, le nombre de soldats et le jour étaient ajoutés à la plume. Cette impression en série indique que le passage et le logement des militaires constituaient une tâche prévisible et récurrente pour l’administration rennaise. La mention générique « RÉGIMENT FRANÇAIS » permettait d’ailleurs d’utiliser les mêmes billets pour différentes unités.  

Louis de Lorgeril - Maire de Rennes en 1825


Derrière ce simple morceau de papier apparaît ainsi toute l’organisation nécessaire au passage des troupes : la mairie répartissait les soldats entre les maisons et précisait, grâce au billet, ce que l’habitant devait fournir — mais aussi ce que le militaire ne pouvait pas exiger.

07 septembre 2026

Pli-lettre administratif en franchise d'État – Amendes des déserteurs de la Marine, 4 juin 1812

 « Pli-lettre administratif en franchise d'État – Amendes des déserteurs de la Marine, 4 juin 1812 ».

A cette époque les documents administratifs circulaient par la Poste comme cette demande d'information sur l'état des recouvrements des amendes faites aux déserteurs de la Marine. Le courrier est adressé au directeur de l'enregistrement à Draguignan dont dépendait Toulon.




En 1812, l’Administration de l’Enregistrement et des Domaines est chargée de percevoir les amendes infligées aux déserteurs de la Marine.

Ce document du 4 juin 1812 se présente sous la forme d’une grande feuille pliée en quatre. Il constitue à la fois le document administratif et son enveloppe : il s’agit donc d’un pli-lettre.

Les deux pages centrales contiennent la circulaire de l’Administration de l’Enregistrement et des Domaines, consacrée au recouvrement des amendes prononcées contre les déserteurs de la Marine. Elle rappelle les dispositions antérieures et demande aux directeurs de contrôler régulièrement les sommes dues, les sommes effectivement perçues et les motifs des défauts de recouvrement.

Une autre page porte les instructions administratives complémentaires, notamment les modalités de rédaction et de vérification des états de recouvrement.

Après lecture et rédaction, la feuille était repliée sur elle-même pour l'expédition postale. La quatrième face devenait alors l'extérieur du courrier et porte l'adresse : « À Monsieur le Directeur de l'Enregistrement à Draguignan – Var ».

Cette face extérieure conserve deux marques rouges particulièrement intéressantes : la griffe administrative « CONSEILLER D'ÉTAT / ENREGᵗ ET DOMAINES », qui désigne l'autorité expéditrice, et la marque postale « AFFRANCHI PAR ÉTAT », apposée tête-bêche. Cette dernière signale le régime postal réservé à cette correspondance officielle de l'État.

Nous avons donc un document complet dans son état postal d'origine, et non une circulaire accompagnée de son enveloppe. La même feuille réunit le texte de la circulaire, les instructions, la suscription au destinataire et les marques postales de son acheminement. C'est ce qui donne à la pièce un intérêt particulier : elle permet de suivre matériellement une instruction de l'administration impériale, depuis sa rédaction jusqu'à son envoi au directeur départemental de Draguignan.


Le texte rappelle qu’une circulaire de 1807 distinguait déjà ces amendes de celles concernant les conscrits réfractaires et les déserteurs de l’armée de terre.

Les dispositions relatives aux déserteurs de la Marine demeurent donc en vigueur.

L’administration souhaite désormais vérifier plus rigoureusement si les condamnations ont réellement été suivies du paiement des amendes. Chaque directeur doit établir tous les six mois un état détaillé du recouvrement. Ces relevés doivent mentionner les jugements reçus, les sommes inscrites et celles qui restent encore à percevoir.



Les receveurs doivent justifier leurs démarches lorsqu’une amende n’a pas pu être recouvrée.

Les inspecteurs sont chargés de contrôler ces états, article par article, au cours de leurs tournées. Le document met ainsi en place une véritable chaîne de contrôle administratif destinée à éviter que les condamnations des déserteurs restent sans effet financier.

Il constitue un témoignage intéressant de la surveillance de la désertion maritime sous Napoléon Ier, mais surtout de la manière dont l’État organisait concrètement le recouvrement des sanctions pécuniaires.


18 août 2026

POM patrouilleur Outre-Mer Jean Tranape Avril 2026 Saint-Pierre & Miquelon en route vers la Nouvelle-Calédonie

 POM patrouilleur Outre-Mer Jean Tranape Avril 2026 Saint-Pierre & Miquelon

Encore un pli qui a du être pris dans les embouteillages... Cachet V SPID 10369 en date du 14 avril 2026 et arrivé le 17 août 2026 dans la Bretagne profonde. 
Le POM Jean Tranape était alors à Saint-Pierre & Miquelon comme le raconte la 1ere SPM

Le patrouilleur de la Marine nationale Jean Tranape sera en escale dans l’archipel du 14 au 16 avril 2026.

La population est conviée à visiter le navire, amarré au quai Roselys, à proximité du bâtiment Interpêche, selon les horaires suivants :

mardi 14 avril : entre 14h30 et 16h30

mercredi 15 avril : entre 09h00 et 11h00







https://www.saint-pierre-et-miquelon.developpement-durable.gouv.fr/escale-du-patrouilleur-jean-tranape-du-14-au-16-a1053.html

© MN


Trente membres d'équipage, 80 mètres de long, 12 de large. Un navire fraîchement sorti de chantier en début d'année, il a pour objectif, entre autres, de surveiller la zone économique exclusive, la police des pêches, la lutte contre le narcotrafic et la sauvegarde de la vie humaine.



Un navire qui se différencie des anciens patrouilleurs, notamment par ses drones et son armement et par la distance franchissable, il peut franchir 5000 miles nautiques sans avoir à refaire le plein. Il fait partie des six navires de la classe Félix Eboué prévu remplacer les anciens P400 et patrouilleurs de la Marine Nationale présents dans les territoires d'outre-mer.

Le patrouilleur a ouvert ses portes lors de cette escale à Saint-Pierre et Miquelon, un moyen pour les habitants de découvrir la vie à bord du navire et comprendre aussi les missions du Jean Tranape. Petits et grands ont ainsi pu visiter les espaces de vie des marins et admirer les différents équipements de ce petit nouveau de la Marine Française.



https://la1ere.franceinfo.fr/saintpierremiquelon/escale-du-patrouilleur-de-la-marine-nationale-le-jean-tranape-a-saint-pierre-et-miquelon-1691933.html


15 août 2026

Pour ceux qui veulent écrire aux TAAF gérants postaux iles Australes Iles Eparses changement adresse

Modification des adresses pour les TAAF :



Le code postal a été modifié.

Pour les îles Australes

M. le gérant postal du district de Crozet

Base Alfred Faure – TAAF

CS 51302,

5 RUE FRANCIS SAUTRON - 97420 LE PORT

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M. le gérant postal du district de Kerguelen

Base de Port aux Français – TAAF

CS 41301 ,

5 RUE FRANCIS SAUTRON - 97420 LE PORT

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M. le gérant postal du district de St Paul et Amsterdam

Base Martin de Viviès – TAAF

CS 31300,

5 RUE FRANCIS SAUTRON - 97420 LE PORT

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Pour les îles Eparses

M. le vaguemestre de l’île Tromelin

District des Iles Eparses de l’océan indien – TAAF

CS 91297,

5 RUE FRANCIS SAUTRON - 97420 LE PORT

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M. le vaguemestre de l’île Juan de Nova

District des Iles Eparses de l’océan indien – TAAF

CS 11298,

5 RUE FRANCIS SAUTRON - 97420 LE PORT

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M. le vaguemestre de l’île EUROPA

District des Iles Eparses de l’océan indien – TAAF

CS 21299,

5 RUE FRANCIS SAUTRON - 97420 LE PORT

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M. le vaguemestre de l’île Glorieuses

District des Iles Eparses de l’océan indien – TAAF

CS 81296,

5 RUE FRANCIS SAUTRON - 97420 LE PORT

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Restent inchangées

M. le gérant postal du district de terre Adélie

Base Dumont-d’Urville – District de Terre-Adélie – TAAF

Via Roissy Hub

BP 17615 Cargo 9

95724 Roissy CDG Cedex

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Adresse postale de l’Astrolabe à quai

Monsieur le vaguemestre du Patrouilleur polaire L’Astrolabe

Base navale du Port des Galets

Rond-point de la glacière

97821 Le Port Cedex

14 août 2026

SNA Tourville Equipage rouge mission Grand Nord 3e trimestre 2026 IPER Indisponibilité périodique pour entretien et réparations

SNA Tourville Equipage rouge mission grand nord 3e trimestre 2026

Pas d'informations sur cette mission et pas d'escales annoncées sur le réseau diplomatique. Alors on va broder... La lettre est parvenue à Tinténiac le 12 août en même temps que celle du De Grasse.

D’un point de vue stratégique, les sous-marins nucléaires d’attaque sont indispensables à Toulon pour protéger le porte-avions Charles de Gaulle. Mais ils sont également absolument nécessaires pour garantir la sûreté des déplacements des SNLE basés en rade de Brest quand ils partent et reviennent de mission.


le code OC02.1 deuxième cycle avant IPER  - IPER signifiant Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparations. le premier 0 nous indique qu'il n'y a pas d'IPER Le C indique le cycle 2 et le dernier chiffre l'opération du cycle. L'IPER se fait à mi vie du SNA.

Une IPER dure de 18 à 24 mois en cale sèche (comme à Toulon-Missiessy) et s’articule en 5 phases clés : Désarmement : Débarquement des munitions et déchargement sécurisé du combustible nucléaire.



Démontage & Expertise : Carénage de la coque et extraction des équipements majeurs vers les ateliers.

Modernisation : Révision de la chaufferie, application des revêtements acoustiques et mise à jour du système de combat.

Remontage & Rechargement : Réinstallation des systèmes, chargement du nouveau cœur nucléaire pour 10 ans et mise en eau.

Essais & Requalification : Relance du réacteur à quai ("divergence"), essais de plongée en mer et restitution à la Marine.

Répartition des tâches : Civils vs Marins

Le chantier est une co-activité quotidienne stricte entre Naval Group / TechnicAtome (le maître d'œuvre industriel) et l'équipage du SNA :

Les Civils (Ingénieurs et Ouvriers) : Le geste industrielIls réalisent les travaux lourds : soudure de coque, usinage, maintenance de la cuve nucléaire et intégration des nouveaux logiciels. Ils pilotent la logistique industrielle et la manutention lourde (grutage des blocs).

IPER d'un SNA classe Rubis


Les Marins (L'Équipage) : La conduite et la sécurité

Surveillance et sécurité (24h/24) : L'équipage reste responsable de la sécurité à bord (risques d'incendie, d'inondation, radioprotection).

Suivi de chantier : Les marins inspectent et valident chaque étape de remontage des systèmes dont ils auront la charge en mer.

Essais : Ils opèrent directement les consoles et les machines lors des phases de tests à quai et reprennent pleinement les commandes pour les essais en mer.

13 août 2026

Toulon arrivée du SNA de Grasse 2 juillet 2026 sous-marin nucléaire d'attaque barracuda

Toulon arrivée du SNA de Grasse 2 juillet 2026 

Encore une lettre qui a pris son temps


Il y a les lettres express, les lettres prioritaires… et puis il y a les autres.

Celle-ci est partie tranquillement de Toulon le 2 juillet 2026. Elle avait visiblement décidé de profiter de l’été avant d’arriver à destination. Résultat : 41 jours de voyage, pour finalement atteindre son destinataire le 12 août.

À ce rythme-là, ce n’est plus du courrier, c’est du tourisme postal. On imagine volontiers l’enveloppe faire quelques détours, prendre le temps d’admirer le paysage, peut-être même s’accorder quelques jours de vacances avant de reprendre la route.

Partie le 2 juillet, arrivée le 12 août : la lettre aura donc passé plus d’un mois en chemin. Une belle performance pour un simple morceau de papier.

Il faut reconnaître une certaine constance : quand La Poste prend son temps, elle le fait avec application.

La prochaine fois, autant lui mettre un GPS. Ou des palmes.


Le De Grasse arrive à Toulon

Le 2 juillet 2026, un nouveau pensionnaire a rejoint la rade de Toulon : le SNA De Grasse, quatrième sous-marin nucléaire d’attaque de la classe Suffren.

Long de près de 100 mètres, le bâtiment venait tout juste d’être livré à la Marine nationale, le 24 juin, après plusieurs mois d’essais à la mer. Huit jours plus tard, le voilà à Toulon, son port-base.

Mais pas question de partir immédiatement en mission. Le De Grasse doit encore poursuivre ses essais opérationnels avant son admission au service actif, prévue avant la fin de l’année.

Il rejoint ainsi le Suffren, le Duguay-Trouin et le Tourville, les trois premiers SNA de cette nouvelle génération déjà arrivés à Toulon.

Pour la base navale, c’est donc un nouveau chapitre qui s’ouvre dans le renouvellement de la flotte française. Pour les promeneurs de la rade, en revanche, il faudra avoir l’œil : un sous-marin de ce genre sait parfaitement se faire discret.

Le De Grasse est arrivé à Toulon. Il lui reste maintenant à faire ses preuves… et, surtout, à apprendre à disparaître sous l’eau.

LOI 1790 De Tobago au Havre : la révolte du régiment de la Guadeloupe en 1790

De Tobago au Havre : la révolte du régiment de la Guadeloupe en 1790 De Tobago au Havre : la révolte du régiment de la Guadeloupe en 1790 La...