26 octobre 2026

Louis Antoine Mizon Marin explorateur Mayotte 1899

Louis Mizon, un marin explorateur à Mayotte

La sortie prochaine d'un timbre sur la résidence du gouverneur à Mayotte me fait souvenir de la tombe d'un marin rencontrée au vieux cimetière chrétien de Pamanzi. Je vous propose d'en reparler. 

La tombe de Mizon au cimetière de Pamanzi © JM Bergougniou

A Mayotte, dans le vieux cimetière chrétien de Petite-Terre, également appelé cimetière de Pamanzi ou de Sandravouangué 
créé en 1843. je suis tombé sur cette plaque dédiée à Louis Mizon (1853-1899). Elle rappelle le parcours peu ordinaire d’un officier de marine devenu explorateur de l’Afrique.



Louis Mizon, un marin explorateur au destin tragique

Au cimetière de Petite-Terre, à Mayotte, parmi les tombes et les croix de fer, une plaque attire le regard. Quelques mots gravés dans le métal : « Officier de Marine, Explorateur de l’Afrique, Gouverneur de Mayotte ». Le nom de Louis Mizon est là, discret, mais derrière lui se cache une vie riche en aventures et une fin tragique.

Né à Paris le 16 juillet 1853, Louis Alexandre Antoine Mizon choisit très jeune la Marine. Mais c’est vers l’Afrique que son goût de l’aventure va bientôt le conduire.

En 1890, il se lance dans une grande expédition. Il remonte le Niger et la Bénoué, atteint Yola et explore l’Adamaoua. 


Les voyages sont difficiles, les obstacles nombreux. Sur place, il doit aussi affronter la méfiance et les manœuvres de la Royal Niger Company britannique, qui défend ses propres intérêts commerciaux. L’affaire prend une dimension politique et provoque des tensions entre la France et l’Angleterre.


Mizon ne se laisse pourtant pas décourager. Il cherche à nouer des relations avec les chefs locaux et à développer la présence française dans la région. Ses explorations lui valent une certaine célébrité et la Légion d’honneur en 1892.

Après les pistes africaines vient le temps de l’administration. En 1896, il est nommé résident français à Majunga, à Madagascar, puis administrateur de Mayotte en 1897. Une nouvelle étape commence, loin des grandes expéditions, mais toujours au service de la France.

Il n'arrivera jamais à Djibouti

En mars 1899, une nouvelle nomination l’attend : il doit rejoindre Djibouti, à la tête de la Côte française des Somalis. Pourtant, il ne prendra jamais ses fonctions.


Les journaux annoncent d’abord sa mort en évoquant une mystérieuse « fièvre chaude ». Puis les courriers arrivés de Mayotte révèlent la vérité. Le 22 mars 1899, vers neuf heures du soir, une détonation retentit près du bâtiment du gouvernement. Dans sa chambre, Louis Mizon est retrouvé mort, atteint d’une balle tirée avec un fusil Winchester transformé.

La résidence du gouverneur Mayotte Dzaoudzi © JM Bergougniou


Que s’est-il passé ? Une correspondance de presse évoque la visite d’un inspecteur des finances peu avant le drame. Mais les documents disponibles ne permettent pas d’établir un lien certain. Les raisons de son geste restent donc incertaines.

À quarante-cinq ans, l’explorateur disparaît ainsi à Mayotte, au moment même où une nouvelle mission s’ouvrait devant lui.




Aujourd’hui, sa plaque au cimetière de Petite-Terre nous invite à remonter le fil de cette existence singulière. 

Derrière le nom gravé, on retrouve un marin parti explorer des territoires inconnus, un homme pris dans les rivalités coloniales de son époque et un destin brutalement interrompu.

Il suffit parfois d’une vieille plaque pour qu’une histoire oubliée reprenne vie.

« Le lieutenant de vaisseau Mizon meurt à quarante-cinq ans sur cette terre d’Afrique qu’il aimait tant, au moment où, se reposant de ses admirables explorations, il venait d’être nommé gouverneur de la côte française des Somalis. Il était né à Paris le 16 juillet 1853 et avait pris du service à seize ans. Aspirant de marine le 9 décembre 1872, enseigne de vaisseau le 27 avril 1875, lieutenant de vaisseau le 10 juillet 1882, il était officier de la Légion d’honneur depuis le 22 juin 1892. Après la conquête de Madagascar, il avait été nommé, en 1896, résident de France à Majunga, puis administrateur de Mayotte, d’où il était passé, il y a un mois, au gouvernement de Djibouti, en remplacement de M. Lagarde.

Ce Parisien de Paris, né place des Vosges, avait l’amour du continent noir. Il accomplit, au sortir du Borda, ses premiers embarquements sur les croiseurs des côtes africaines. Il explora une première fois le Congo, puis entreprit un long et périlleux voyage au centre de l’Afrique. Puis, en 1890, il s’aperçut que l’on était en train de nous couper la route du Tchad ; il quitta alors la marine et traversa le delta du Niger.

On se souvient qu’à cette époque le lieutenant Mizon fut arrêté par l’ordre de la Royal Niger Cy, et interné à Akassa, alors qu’il voulait pénétrer dans le Bornou et l’Adamaoua. Ce jour-là notre compatriote fut victime d’un acte arbitraire, indigne, qui était une violation monstrueuse de l’acte de Berlin. Relâché sur l’ordre du gouvernement anglais, il continuait crânement sa marche en avant, remontait la Bénoué et pénétrait dans l’Adamaoua, où il fut fort bien reçu par le sultan du pays. »


« Après ce beau voyage il revint en France puis retourna dans l’Adamaoua ; il y fonda des factoreries françaises. Là encore il fut l’objet de manœuvres déloyales de la part de la Royal Niger, qui protesta contre les traités passés par lui avec les chefs du pays. Mizon revint en France sur ces entrefaites pour défendre nos droits méconnus et pendant son absence les Anglais firent saisir son bateau le Sergent-Molonune et brûlèrent ses factoreries. Ces faits sont bons à rappeler aux Anglais, qui nous reprochent en Afrique une politique de coups d’épingle. »



« Le lendemain du jour où paraissait à l’Officiel la nomination du lieutenant de vaisseau Mizon comme gouverneur du protectorat de la Côte des Somalis et dépendances, une dépêche de Mayotte annonçait sa mort, survenue dans un accès de fièvre chaude.

Aujourd’hui, que les courriers de Madagascar sont arrivés, nous avons, sur cette mort si soudaine, des renseignements qui ne laissent plus aucun doute sur le suicide du lieutenant Mizon. Voici, en effet, ce que nous écrit un de nos correspondants de Mayotte :

Le 22 mars, vers neuf heures du soir, nous entendions une forte détonation du côté du gouvernement. Nous sommes allés immédiatement de ce côté, et arrivés dans la chambre de M. Mizon, nous l’avons trouvé allongé et la poitrine trouée par une balle genre Lebel, qui s’était tirée avec un fusil Winchester transformé. La mort a été instantanée. Nous l’avons conduit à sa dernière demeure, et l’avons déposé côte à côte de feu M. Pereton, ex-administrateur de Mayotte. »

« D’autre part, une autre correspondance nous annonce que c’est après la visite d’un inspecteur des finances, envoyé par le ministère des colonies, que M. Mizon s’est suicidé.

Louis Mizon était âgé de 48 ans. Enseigne de vaisseau en 1875, il fut, dès cette époque, un des auxiliaires les plus précieux de M. de Brazza.

Lieutenant de vaisseau sept ans après, il partit en octobre 1890 pour son grand voyage d’exploration. Il traversa le delta du Niger, explora ce fleuve et le Congo, remonta la Bénoué et pénétra dans l’Adamaoua qu’il put visiter en dépit des difficultés et des périls que lui créaient à tout instant les agents de la Royal Niger et Cie. Ses démêlés donnèrent lieu à de vives contestations entre la France et l’Angleterre. Grâce à son énergie, il triompha cependant et parvint à entrer dans Yola, où il signa avec le sultan un traité d’amitié et de commerce. Il rentra en France par Porto-Novo, et pour récompense fut nommé officier de la Légion d’honneur.

En 1895, le lieutenant de vaisseau Mizon fut envoyé à Majunga comme résident de 1re classe. Deux ans plus tard, il était transféré comme gouverneur à Mayotte. »

Sources

BnF Gallica

https://parcoursdeviesdanslaroyale.fr/officiers_mizon_louis.htm

L'Eclair / 29 mars 1899

La Dépêche / 16 avril 1899

25 octobre 2026

Congrès de Chamalières le banc des belles-mères Marcophilie navale grotte du chien Royat

Congrès de Chamalières le banc des belles-mères

Je viens de recevoir le dernier numéro de Timbres Magazine avec un long article cartophile sur les cartes postales des stations thermales.
Très bel article mais cependant je dois reconnaître que certaines d'entre elles ont été oubliées... Découverte lors de notre congrès de Chamalières, Marius vous invite à découvrir la grotte du chien.



Pourquoi donc les chiens s'y évanouissaient quand leurs maîtres ne ressentaient pas le moindre trouble ? Un mystère entretenu, qui a beaucoup fait pour la célébrité de cette grotte chamalièroise.

Mystère ! L'étrange phénomène constaté au fond d'une grotte chamalièroise est longtemps resté inexpliqué : pourquoi un homme pouvait-il y pénétrer sans ressentir le moindre trouble quand son chien ne tardait pas à s'asphyxier et à périr en moins de dix minutes ?

Un "étouffis" célèbre

Propriété d'un meunier qui y entreposait son vin, ce dernier avait lui même failli y mourir étouffé à trois reprises. C'est pourquoi il l'avait baptisée "l'étouffis" et ne s'y rendait qu'avec prudence. Cet "étouffis" devient célèbre à partir de 1787, après la visite de l'écrivain Lagrand d'Aussy qui parcourut l'Auvergne comme naturaliste entre 1787 et 1788.

Le gardien faisait un numéro fort bien rodé avec son chien

De là datent les premiers écrits sur la grotte du chien et les premières visites, ponctuelles. Elles ne deviendront organisées qu'un siècle plus tard, à partir de 1875 : le gardien faisait un numéro fort bien rodé avec son chien qui, une fois entré dans la grotte, ne tardait pas à tomber comme mort. Il le prenait alors dans ses bras et allait le déposer à l'extérieur où, sous les yeux des touristes ébahis, il reprenait vie avant de s'enfuir en courant.


Le célèbre banc des belles-mères. photo Fred Marquet
Du gaz carbonique, plus lourd que l'air


Bien qu’entretenu, le mystère était pourtant élucidé depuis plusieurs années : du gaz carbonique, plus lourd que l'air, pénètre par des failles à l'intérieur de la grotte et stagne jusqu'à une hauteur d'environ 1,50 mètres. Au delà, aucun risque, mais en dessous, on s'évanouit en deux minutes et on périt en dix !
Un plan machiavélique pour se débarrasser de sa belle mère
A tel point qu'un ancien propriétaire avait imaginé un plan machiavélique pour se débarrasser de sa belle mère en installant, au fond de la grotte, un banc destiné à cette dernière.

Le plan échoua, la malheureuse femme parvenant à s'échapper en hurlant, mais l'histoire est restée et le banc, toujours présent, prit le nom de « banc des belles-mères ».

Pourtant le phénomène avait aussi ses vertus


Pourtant le phénomène avait aussi ses vertus : des malades venaient pour soigner arthrite, arthrose et rhumatisme tandis qu'on faisait également passer les enfants atteints de coqueluche : manquant d'air, ils se mettaient à tousser violemment, ce qui leur dégageait les bronches !




Phénomène géologique, mythes, atmosphère mystérieuse des grottes... pendant plus d'un siècle le succès de la grotte du chien, qui restera longtemps, avec la fontaine pétrifiante, une des plus célèbres attractions de l'agglomération, ne se démentira pas...
Dès la première année d'exploitation, elle attire 10.000 visiteurs

Elle était même citée dans les manuels scolaires. Jusqu'à ce que ses propriétaires la laissent à l'abandon en 1986. Il faudra que Claude et Huguette Girard, propriétaires d'autres grottes en France, la rachètent en 1994 pour qu'elle connaisse une nouvelle vie : dès la première année d'exploitation, elle attire 10.000 visiteurs.
Fermée pour manque de rentabilité

A nouveau mise en vente en 2004, elle est rachetée 187.000 € par les deux municipalités de Royat et Chamalières qui décident finalement de la fermer pour manque de rentabilité.


Depuis la grotte continue à se remplir de gaz carbonique. Jamais dérangée, le niveau y est même monté d'une dizaine de centimètres... mais comme plus aucune belle mère ne s'assoit sur son banc, on n'y a pas rapporté le moindre problème.

Le banc des Belles-Mères. 

Dans une grotte du Massif Central, il existe une curiosité. Un chien entre-t-il dans cette grotte, il meurt, des émanations de gaz carbonique traînant à ras du sol. Un être humain n’est pas incommodé, le gaz carbonique ne s’élevant pas suffisamment, l’air étant plus léger. Un banc existe dans cette grotte, si vous vous y asseyez, vous ne serez pas malade mais vous respirerez malaisément ; on a nommé ce banc le banc des Belles-Mères ! Faites attention, Mesdames qui avez gendres et brus ; faites attention, soyez indulgentes, douces, prévenantes, ne critiquez pas, fermez les yeux, ne dites pas : « De mon temps, les choses allaient mieux », qu’il ne soit pas pour vous le banc des Belles-Mères.


A Clermont-Ferrand, on visite la Fontaine pétrifiante ; vous connaissez assurément cette curiosité naturelle à la base de laquelle vous retrouverez l’acide carbonique. A la porte de l’établissement — car autour de la Fontaine on a construit un établissement —, un Monsieur très digne en cérémonieuse jaquette perçoit un droit d’entrée. Pendant que le guide nous prodiguait toutes les explications désirables, une petite dame qui se trouvait être ma voisine et que le ciel a assurément gratifiée d’une dose de crédulité très supérieure à la moyenne, paraissait s'inquiéter tort : « Il n’y a pas de danger au moins ? implorait-elle. Ça dépend. Madame, lui ai-je dit. On prétend qu'un personnage historique qui est resté trop longtemps ici, y a contracté la maladie de la pierre. » A la sortie de la fontaine pétrifiante, on vous remet un prospectus sur lequel on vous conseille d’aller voir la Grotte du Chien qui se trouve à Royat ; l’anonyme auteur du prospectus précise que la seule visite de la Grotte du Chien vaut le voyage en Auvergne. 



Voilà de la mauvaise publicité : le bluff et la réclame sont deux choses différentes et même opposées Nous avons été à Royat : devant la Grotte on nous a réclamé une redevance excessive. Sur le registre mis à la disposition des visiteurs pour y consigner leurs impressions, nous avons lu sous la signature « un groupe de soldats en manœuvre » cette réflexion tout à fait juste : « Beaucoup trop cher pour les militaires ! » ; immédiatement au dessous, quelqu’un avait ajouté : « Et aussi pour les civils I » 



On regrette d’autant plus son argent que le discours du guide est enfantin et qu’il n’y a à peu près rien à voir : si. trois bougies qui s'éteignent et dans une grotte exigue « le banc des belles- mères ». Comme le banc est en contre-bas, la présence du gaz peut être dangereuse pour qui y resterait longtemps assis. Sur le registre dont le vous parlais, j’ai lu : « Je suis restée un quart d’heure sur le banc et n’ai pas été le moins du monde incommodée : il faudra trouver autre chose pour se débarrasser de moi. Une belle-mère ». Je doute que la grotte du chien et la façon dont on l’exploite en exploitant surtout les clients favorisent l’Auvergne touristique..

Le Sud 23-août 1931

Femmes Françaises 15 octobre 1945

24 octobre 2026

le barrage d'Otrante Guerre 14-18 Adriatique Torpilleurs Mameluk - Fantassin sous-marin Cattaro Kotor

Le barrage d’Otrante pendant la Première Guerre mondiale

Le barrage d’Otrante est un dispositif naval allié destiné à empêcher les sous-marins austro-hongrois de quitter la mer Adriatique pour attaquer les navires marchands et les convois alliés en Méditerranée. Il se situe dans le détroit d’Otrante, entre le sud de l’Italie et les côtes albanaises, à l’entrée de l’Adriatique. 

Qui participe à ce barrage ?

La surveillance repose principalement sur les marines britannique, française et italienne. Des bâtiments de combat, notamment des contre-torpilleurs, des croiseurs et des chalutiers armés, patrouillent dans le secteur. Les Alliés utilisent également des filets, des mines et des dispositifs d’écoute pour tenter de détecter les sous-marins. À mesure que la guerre avance, les moyens sont renforcés et la coopération s’étend à d’autres marines alliées, notamment américaine.

Pourquoi ce barrage est-il nécessaire ?


L’Autriche-Hongrie possède une importante flotte de guerre dans l’Adriatique, notamment dans les ports de Cattaro (aujourd’hui Kotor, au Monténégro) et de Pola. 

Image Publicitaire Allemande 
La Guerre mondiale (1914-1918) 
La guerre sur mer N° 237 Un sous-marin fait escale à Cattaro

Haus Bergmann – Privat

Traduction du verso 
verso de l'image du sous-marin faisant escale à Cattaro
En 1914, nos sous-marins étaient exclusivement employés contre les navires de guerre.
En 1915, des sous-marins furent également envoyés en Méditerranée. La même année commença la « guerre commerciale », menée jusqu’en février 1917 selon des orientations variables.
Ce n’est que plus tard que nous nous sommes définitivement décidés à mener une guerre sous-marine sans restriction, par laquelle nous espérions mettre l’Angleterre à genoux.
Photo : Archives impériales allemandes (Reichsarchiv).
Album de collection (1 mark impérial) : disponible désormais uniquement dans le commerce du tabac.
Échange d’images : uniquement par l’intermédiaire du service d’échange d’images de cigarettes, Dresde-A. 1.

Des sous-marins allemands viennent également y prendre position pour attaquer les navires alliés en Méditerranée. Les Alliés cherchent donc à fermer cette porte maritime, à protéger leurs routes commerciales et à sécuriser les convois qui ravitaillent notamment les troupes engagées dans les Balkans et à Salonique

Le 5 juin 1916, en mer Ionienne, le contre-torpilleur Mameluck éperonne accidentellement le Fantassin

Vue du « Mameluck » en réparation le long du « Shamrock photo Marcel Horseau Vue du « Mameluck » en réparation le long du « Shamrock », bateau atelier. La tôle avant fut repliée sur le côté,  pour qu'il puisse venir en France pour y être réparé. Par l'ouverture, le commandant Venin examine la déchirure

La Marine nationale participe aux patrouilles, à la protection des navires alliés et à la chasse aux sous-marins. Des bâtiments français opèrent notamment depuis Corfou, tandis que d’autres forces alliées sont basées dans les ports italiens. Les contre-torpilleurs comme le Mameluck sont précieux pour leur vitesse et leur capacité à intervenir rapidement lorsqu’un sous-marin est repéré. Ces missions sont cependant dangereuses, particulièrement la nuit, lorsque les bâtiments poursuivent un adversaire ou manœuvrent en formation. 
Le torpilleur « Mameluck » qui dans un abordage a coulé le contre-torpilleur « Fantassin », en poursuivant un sous-marin dans les parages de Corfou.

L'Ouest-Eclair 8 juin 1916

L'Ouest-Eclair 20 juin 1916

Le torpilleur « Mameluck » qui dans un abordage a coulé le contre-torpilleur « Fantassin », en poursuivant un sous-marin dans les parages de Corfou. 


L'Ouest-Eclair 8 août 1916


Le 5 juin 1916, en mer Ionienne, le contre-torpilleur Mameluck éperonne accidentellement le Fantassin pendant une patrouille dans le canal d’Otrante. L’équipage du Fantassin est entièrement sauvé, mais le navire, gravement endommagé, se brise en deux. Devenu irrécupérable, il est achevé au canon par le Fauconneau et coule à 10 h 01.

Le Petit Parisien 8-8-1916

22 octobre 2026

Le Mameluk - Un nom sur la mer Torpilleur contre torpilleur guerre 1914 1939 fourragère citations Spahi Hardi

Le Mameluk, torpilleur d’escadre

Les mamelouks sont des soldats-esclaves d'origine non musulmane (souvent turque ou circassienne) formés en milices d'élite au service des souverains musulmans. Ils ont pris le pouvoir en Égypte et en Syrie de 1250 à 1517 (Sultanat mamelouk), puis ont inspiré un corps de cavaliers célèbre sous Napoléon Ier

Le nom aurait été donné par la suite à un bâtiment de la flotte Impériale.

5 bâtiments de la Marine (Impériale, Nationale) auraient porté le nom de Mameluk, nous n'évoquerons que les deux derniers. Pas d'enveloppes ni de plis de ces bâtiments.

  • Le contre-torpilleur Mameluk, de la classe Spahi, en service de 1909 à 1928.
  • Le torpilleur Mameluk, de la classe Le Hardi, admis au service en 1940 et sabordé à Toulon le 27 novembre 1942.

Durant la Première Guerre mondiale, le contre-torpilleur Mameluck opère en Méditerranée et dans l’Adriatique, où il participe notamment au sauvetage des naufragés du vapeur Amiral-Hamelin en octobre 1915.

Le 14 décembre 1917, il recueille environ 710 survivants du croiseur Châteaurenault, torpillé par le sous-marin allemand UC 38, puis participe à la destruction de celui-ci avec le Lansquenet.

Distinctions : deux citations à l’ordre de l’armée et attribution de la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre, récompensant sa conduite au combat et son courage lors des opérations de sauvetage.


ATTRIBUTION DE LA FOURRAGÈRE À DES BÂTIMENTS DE LA MARINE MILITAIRE


M. Piétri a décidé que les bâtiments en constructions suivants : Casque, Lansquenet, Mameluk, Commandant-Bory, Commandant-Rivière, auront droit au port de la fourragère qui avait été attribuée pendant la guerre aux bâtiments portant les mêmes noms.

De même le sous-marin Requin aura droit à cette distinction portée par le cuirassé garde-côtes Requin.

En prenant cette décision, le ministre a précisé que le port de la fourragère appartiendrait désormais à tout bâtiment de combat à quelque catégorie qu'il appartienne, portant le nom d'un navire ayant à l'origine bénéficié de cette distinction.

NOMS DONNÉS À DES BÂTIMENTS DU PROGRAMME NAVAL


M. Piétri, ministre de la Marine, a décidé que les trois torpilleurs de la tranche 1936 du programme naval porteront les noms de Casque, Lansquenet et Mameluk.

Rappelons qu'en janvier dernier, le ministre de la Marine avait donné les noms suivants à un certain nombre de bâtiments :

- Aux deux torpilleurs de la tranche 1935 : Fleuret et Épée ;

- Aux deux sous-marins du contingentement 1936 : Cérès et Pallas ;

- Aux quatre dragueurs des contingents 1934 et 1935 : Chamotte, Élan, Gazelle et Chevreuil ;

- Aux quatre dragueurs du contingent 1936 : Commandant-Bory, Commandant-Duboc, Commandant-Rivière et Commandant-Delage.

Le ministre avait d'autre part donné aux trois hydravions de croisière type Latécoère 302 les noms de Guillaud, Cavellier-de-Cuverville et Mouneyres.    

Ouest-Eclair 6-5-1936


Le Mameluk est un torpilleur d’escadre de la classe Le Hardi, construit à Nantes par les Ateliers et Chantiers de la Loire à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Lancé en 1939, il appartient à une génération de bâtiments particulièrement rapides, conçus pour accompagner les nouveaux cuirassés français. Long d’environ 117 mètres, il déplace près de 1 800 tonnes à charge normale et peut dépasser 37 nœuds grâce à ses puissantes turbines. 

Le Mameluk Type Spahi
Son armement principal comprend six canons de 130 mm en trois tourelles doubles, complétés par des tubes lance-torpilles et une défense antiaérienne. Il porte initialement le grand indicatif de coque T 105, particulièrement visible sur les photographies de l’époque. 

le Mameluk de Type Spahi
Après l’armistice de juin 1940, le Mameluk reste sous l’autorité de la Marine de Vichy et rejoint notamment Toulon. Sa carrière opérationnelle est finalement très courte : le 27 novembre 1942, lors de l’entrée des forces allemandes dans Toulon, son équipage participe au sabordage de la flotte française afin d'empêcher la capture des bâtiments. 

Le Mameluk est ainsi sabordé avec une grande partie de l’escadre. Renfloué par les Italiens en 1943, il ne retrouve jamais une véritable carrière opérationnelle et son épave est finalement démantelée après la guerre



le matin du 27 novembre 1942, est le suivant :
- Vers 4 h 30 : les troupes allemandes pénètrent dans Toulon et cherchent à s’emparer des installations portuaires et des navires.
- Vers 5 h 30 : l’ordre général de sabordage est transmis par l’amiral Jean de Laborde depuis le Strasbourg. Les équipages mettent en œuvre les mesures préparées : ouverture des prises d’eau, destructions des équipements et évacuation des bâtiments, selon les consignes propres à chaque navire.

21 octobre 2026

Marius se questionne sur le courrier des marins

 Retard du courrier - Censure - 


Pendant la Première Guerre mondiale, le courrier militaire subit d’importants retards en raison des contraintes imposées par les autorités militaires. 

Dès novembre 1914, certaines correspondances sont retenues plusieurs jours afin d’empêcher la transmission d’informations sensibles à l’ennemi. La censure contrôle les lettres pour repérer les renseignements susceptibles de compromettre la sécurité des troupes.

Qu'en est-il aujourd'hui? Marius se pose la question.

Dans le cadre de recherches consacrées à l'histoire postale et à la marcophilie de la Marine nationale, Marius souhaiterait connaître les dispositions actuellement applicables aux correspondances expédiées depuis les bâtiments en mission.

Plus particulièrement, il souhaiterait savoir si le ministère des Armées, le chef d'état-major de la Marine ou une autorité subordonnée a diffusé, en 2025 ou en 2026, des instructions, circulaires, notes de service ou directives visant à :

Restreindre ou suspendre l'expédition de correspondances depuis les bâtiments en mission ;

Limiter le traitement des demandes philatéliques adressées aux vaguemestres ;

Interdire ou limiter l'apposition de cachets de bord, de marques de mission ou de signatures sur les enveloppes des collectionneurs ;

Réserver le service postal embarqué aux seules correspondances personnelles et administratives des équipages.

Il souhaiterait également connaître la situation réglementaire actuelle de l'instruction n° 5/DEF/EMO-M/OAN du 25 juillet 2014.

Si de nouvelles dispositions ont été adoptées, il vous serait reconnaissant de bien vouloir lui en communiquer les références, dates d'entrée en vigueur et, dans la mesure où elles sont communicables, une copie.

Cette demande porte exclusivement sur les dispositions administratives et postales, à l'exclusion des informations opérationnelles protégées.

Il vous remercie de l'attention portée à cette recherche historique et philatélique.


20 octobre 2026

Dakar 1941 l'Aéronautique navale Sénégal aéronavale CUERS PIERREFEU EGAN

 Dakar 1941 l'Aéronautique navale Sénégal

Les activités aéronavales s'organisent sur les sites de Dakar Bel-Air et une partie du terrain de Ouakam (organisée en Base d'aéronautique navale de Dakar-Ouakam entre fin 1940 et mars 1941).

Marque FM manuscrite- Cachet Service à la Mer - Par Avion
Marine en Afrique occidentale Française 
Base aéronautique navale de Dakar TàD Dakar SénégaL 10 NOV 41



Cette lettre de l'
Aéronautique Navale de Dakar envoyée à Cuers en 1941 bénéficie de la Franchise Militaire, ce qui rend le transport maritime gratuit. L'expéditeur a toutefois payé la surtaxe aérienne obligatoire pour un acheminement par avion. Les trois timbres du Sénégal totalisent un affranchissement exact de 7,00 francs. Ce montant correspond précisément à un pli de la deuxième tranche de poids (entre 5 et 10 grammes), taxé à 3,50 francs par tranche de 5 grammes selon le tarif du 1er juin 1941.

En 1941, l’aéronautique navale française est fortement présente à Dakar, dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale et du maintien de l’Afrique-Occidentale française sous l’autorité du régime de Vichy. 

Après l’échec de l’opération franco-britannique contre Dakar en septembre 1940, la Marine renforce la surveillance aérienne des approches de la colonie et de l’Atlantique Sud. 



Plusieurs formations aériennes sont stationnées à Dakar ou y transitent au cours de l’année 1941. L’escadrille d’exploration 4E, héritière de l’ancienne E4, utilise notamment des hydravions à long rayon d’action. On y trouve des appareils de la famille Latécoère, dont l’Altaïr et l’Achernar, ainsi que des hydravions Loire 130 affectés au service aviation du cuirassé Richelieu. 

À partir de mai 1941, la 2e flottille de bombardement rejoint Dakar, avec les escadrilles 1B et 5B, bientôt désignées 1BR et 5BR. En août, la 7e flottille de torpillage, composée des escadrilles 5T et 6T, y est également réunie. Les missions comprennent la reconnaissance maritime, la surveillance des routes atlantiques et la protection des abords de Dakar.

Pierrefeu, dans le Var.



Le 22 avril 1941, la base d’aéronautique navale de Cuers-Pierrefeu est officiellement associée à l’EGAN. Le site assure des fonctions de soutien matériel et logistique au profit de l’Aéronautique navale, dans une période particulièrement difficile pour la Marine française, soumise aux restrictions imposées par l’armistice.

Cette implantation se poursuit jusqu’en novembre 1942, date du désarmement de la base, dans le contexte de l’occupation de la zone libre par les troupes allemandes et italiennes

https://aeronavale.org/lhistoire-de-laeronautique-navale/lalmanach/annee-1941/


19 octobre 2026

Déploiement de longue durée 2026 et escales annulées San Diégo - Saint-Pierre & Miquelon - Rota -Panama - Québec

BRF Jacques Stosskopf – Déploiement de longue durée 2026 et escales annulées



Parti de Toulon le 16 janvier 2026, le bâtiment ravitailleur de forces Jacques Stosskopf (A726) a effectué son premier déploiement de longue durée afin de valider ses capacités opérationnelles. 

Initialement orienté vers le Grand Nord, les Antilles et le Pacifique, son itinéraire a été modifié en raison de la situation géopolitique au Moyen-Orient.

Admis au service actif le 7 mai 2026, le bâtiment a rejoint le groupe aéronaval français en océan Indien. Il est rentré à Toulon le 19 juin, après 155 jours de mer, 38 000 milles nautiques parcourus et 40 ravitaillements à la mer.



Son itinéraire l’a conduit des eaux arctiques aux zones tropicales, avec le franchissement du cap de Bonne-Espérance, du détroit de Bab-el-Mandeb et du canal de Suez. Le bâtiment a également validé ses capacités opérationnelles lors de manœuvres complexes et participé aux missions ORION 26, JEANNE D’ARC 26 et LAFAYETTE 26.


La modification de son itinéraire initial a entraîné l’annulation de plusieurs escales prévues, notamment à Panama, San Diego, Saint-Pierre-et-Miquelon, Québec et Rota. 



Louis Antoine Mizon Marin explorateur Mayotte 1899

Louis Mizon, un marin explorateur à Mayotte La sortie prochaine d'un timbre sur la résidence du gouverneur à Mayotte me fait souvenir de...