07 octobre 2026

Hortense Machu épouse David Commune de Paris Hôtel de la Marine pointeur de la Marine 1871

 Elle ne sera jamais un nom sur la mer

Hortense MACHU épouse  David de la Marine communaliste

En fouillant les archives de la ville de Paris j'ai trouvé des images de femmes condamnées par les conseils de guerre qui ont suivi la commune. Ces photos prises à Versailles par Appert à la prison des Chantiers semblent pour moi peu crédibles et mises en scène. 
Comment ces femmes en bonnet de marin sont-elles devenues pointeur dans la legende des photos et devant le conseil de guerre? 
Hortense se défend des accusations de ses compagnes les disant jalouses. Jalouses de quoi? de qui? Ce qui est certain c'est qu'elle fut proche (très proche...) des fédérés durant la commune.




L'Hôtel de la Marine à Paris a échappé de peu à la destruction et aux incendies lors de la Commune de Paris en 1871, contrairement à d'autres bâtiments officiels voisins comme le Palais d'Orsay ou le ministère des Finances. 
Et pour nous l'occasion de découvrir un nom qui ne sera jamais sur la mer : Hortense Machu épouse  David.



Hortense Aurore Machu, veuve David, est l’une des figures féminines de la Commune de Paris de 1871.
Brossière de profession, elle participe aux événements aux côtés des fédérés et est surtout connue comme pointeuse de canon. Plusieurs documents la situent dans l’artillerie communarde, notamment à la porte Maillot, tandis que des témoignages évoquent également les combats de la rue Royale. Comment est-elle devenue pointeur de canon? Cela reste encore un mystère. Durant le siège de Paris? Durant la commune? le fait est qu'elle sera condamnée pour cela.



Montage réalisé par le photographe des femmes à la prison des Chantiers


Après la Semaine sanglante, elle est arrêtée et emprisonnée à Versailles où le photographe Ernest Eugène Appert réalise son célèbre portrait, dans lequel elle apparaît en tenue de marin. 

Lors de ses interrogatoires des 6 mars et 4 avril 1872, Hortense David conteste cependant les témoignages affirmant qu’elle aurait tiré au canon contre les troupes gouvernementales. 

Barricade de la rue Royale avec l'église de la Madeleine en fond
le Ministère de la Marine est à droite



Son affaire est conservée au Service historique de la Défense à Vincennes, cote GR 8 J 120. 

Jugée par le 4e conseil de guerre, elle est condamnée le 16 avril 1872 aux travaux forcés à perpétuité. Son parcours constitue un témoignage remarquable sur la participation directe de femmes aux combats de la Commune et sur leur présence dans l’artillerie fédérée.





Sa fiche indique qu'elle fut poursuivie notamment à propos de l'incendie des Tuileries et qu'elle fut condamnée le 16 avril 1872 aux travaux forcés à perpétuité ; 

une autre notice du même musée précise que sa condamnation est liée à sa participation aux combats aux côtés de l'artillerie. 


Barricade montrant un canon

Son dossier de recours est bien conservé aux Archives nationales sous la cote BB/24/762. 

Le relevé nominatif des dossiers des condamnés de la Commune confirme précisément : « MACHU née DAVID, Hortense, Aurore — BB 24/762 ». Commune 1871



À la maison centrale d’Auberive, où elle purge sa condamnation aux travaux forcés à perpétuité prononcée le 16 avril 1872, son comportement est jugé excellent. 

Le directeur la décrit comme très obéissante, travailleuse et bonne élève, estimant qu’elle s’était laissée entraîner pendant la Commune. Il intervient à plusieurs reprises en faveur d’une réduction de peine, notamment parce qu’elle a des enfants. 
Mais les sources fondées sur BB/24/762 sont explicites : « elle n’obtint aucune remise de peine ».



Hortense n’est évidemment pas restée emprisonnée jusqu’à sa mort. En 1893, elle est revenue à Paris, exerce toujours le métier de brossière et habite 5 rue des Panoyaux ; elle meurt à l’hôpital Tenon. 
La piste la plus vraisemblable devient donc celle de l’amnistie des communards de 1880, et non d’une grâce individuelle obtenue à la suite des demandes du directeur d’Auberive.


Selon d'autres sources

Barricade o l'angle de la place de la Concorde
et de la rue St-Florentin
Musée Carnavalet

Hortense, Aurore Machu, veuve David. 
Née le 28 août 1836 à Reims (Marne), morte le 31 mars 1893 à Paris (XXe arr.)

Hortense Machu était veuve de Jean Baptiste Alfred David, mère de deux enfants ; on dit d’elle en 1871 que « séparée de fait de son mari elle vivait en concubinage ou se livrait à la prostitution ».


Brossière, elle devint cantinière sous la Commune de Paris ; elle concouru à la défense de la barricade de la rue Royale (VIIIe arr.) ; vêtue en marin, elle tirait le canon place de la Concorde, ou bien restait tranquillement assise sous la voûte du ministère de la Marine quand elle ne manœuvrait pas les mitrailleuses. Elle fut portée en triomphe par ses camarades à l’Hôtel de Ville, félicitée pour son adresse et son courage.


La veuve Machu fut accusée devant le 4e conseil de guerre d’avoir pris part à l’incendie des Tuileries (cette charge ne fut pas retenue contre elle), et condamnée le 16 avril 1872 aux travaux forcés à perpétuité. 

Mais sa conduite à Auberive n’appela que des louanges : « obéissance passive, ouvrière infatigable, conduite excellente, bonne élève à l’école, par son caractère pusillanime Machu se laisse facilement entraîner. Elle est digne de la bienveillance du gouvernement ». Toutefois elle n’obtint aucune remise de peine.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/762. — E. Thomas, Les Pétroleuses, op. cit., p. 205. — État civil de la Marne et de Paris. — Notes de Didier Pillon.

https://maitron.fr/spip.php?article64954

photo prise à la prison des Chantiers à Versailles en 1871 par Ernest Charles Appert.

© CC0/ Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris

Elle meurt en 1893 à Paris.

Eugène-Léon Appert, né le 30 mars 1830 à Châteauroux et mort le 4 mars 1905 à Médan, et Ernest-Charles Appert, né le 10 septembre 1831à Châteauroux et mort le 15 janvier 1890 à Paris, sont des photographes français célèbres pour leurs clichés de la Commune de Paris de 1871


Sources

Musée Carnavalet Ville de Paris

Portrait d'Aurore Hortense David (née Machu), brossière et cantinière, pris à la prison des Chantiers à Versailles. Membre de la Commune de Paris en 1871.

Appert, Ernest Charles , Photographe

05 octobre 2026

Les plis se font rares Marcophilie navale courrier des marins

 Les plis se font rares

Mais où est donc passée la Marine nationale ?

Marius s’interroge. Autrefois, les bâtiments de la Marine nationale envoyaient du courrier : une enveloppe, un timbre à date, un cachet du vaguemestre… de quoi faire battre le cœur du marcophile. Aujourd’hui : silence radio. Serait-ce devenu Secret Défense d’expédier une enveloppe ? La position du bâtiment serait-elle compromise par un malheureux cachet postal ? À moins que les enveloppes ne soient désormais classées « matériel sensible » et les timbres placés sous coffre-fort. Marius envisage une autre explication : la Marine n’aurait-elle plus de pétrole pour transporter le courrier ? Voilà qui serait fâcheux, surtout pour une lettre de vingt grammes. Peut-être le vaguemestre a-t-il été remplacé par un ordinateur, lequel, malheureusement, ne sait toujours pas oblitérer un timbre. Courriels, messageries numériques et communications sécurisées ont certes changé les habitudes ; mais pour le collectionneur, un e-mail imprimé manque singulièrement de charme. Alors Marius surveille sa boîte aux lettres. Rien. Il commence à craindre l’explication la plus terrible : la marcophilie navale aurait-elle été rayée, elle aussi, des missions opérationnelles ?

03 octobre 2026

Tromelin îles Eparses 12 septembre 2026 cérémonie sauvetage esclaves L'Utile TAAF îles Eparses

Tromelin îles Eparses 

TAAF 12-9-2026

Une cérémonie officielle s'est tenue le 12 septembre 2026 sur l'île Tromelin pour marquer le 250e anniversaire du sauvetage des esclaves malgaches naufragés de L'Utile.



Les faits marquants de la commémoration
• Le naufrage historique : Dans la nuit du 31 juillet 1761, le navire négrier L'Utile (de la Compagnie française des Indes orientales) a fait naufrage sur l'île de Sable, devenue l'île Tromelin.



L'abandon : L'équipage français a quitté l'île deux mois plus tard sur une embarcation de fortune en promettant de revenir chercher la soixantaine d'esclaves malgaches survivants, une promesse non tenue qui les a laissés 15 ans dans un dénuement total avant un sauvetage en 1776.


• La cérémonie : Organisée par les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) le 12 septembre 2026, une délégation s'est rendue sur place pour un temps de recueillement et l'inauguration de nouveaux panneaux didactiques.



Deux siècles et demi plus tard, une séquence mémorielle réunira sur Tromelin plusieurs représentants de l’État, des TAAF et des personnalités engagées dans la connaissance et la transmission de l’histoire de l’île.

La délégation sera notamment composée de Mikael Quimbert, préfet, administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises, Patrice Latron, préfet de La Réunion, Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes, Rostane Mehdi, recteur de l’académie de La Réunion, Isabelle Autissier, présidente du conseil consultatif des TAAF, Julien Renzoni, directeur interrégional de Météo-France, Amélie Puccinelli, secrétaire générale de la préfecture des TAAF et cheffe de district des Eparses et Jean-François Rebeyrotte, membre de l’équipe archéologique de Tromelin (pilotée par le GRAN et l’INRAP) de 2006 à 2013.

La cérémonie commémorative se tiendra sur les lieux mêmes où les naufragés de L’Utile ont vécu pendant près de quinze ans. Elle comprendra notamment un temps de recueillement auprès de la stèle commémorative et un hommage aux naufragés. De nouveaux panneaux didactiques consacrés aux « Oubliés de L’Utile » seront également inaugurés afin de mieux faire connaître leur histoire aux personnes amenées à séjourner sur l’île.

Cette séquence permettra de rendre hommage aux naufragés de L’Utile, tout en rappelant la place particulière de Tromelin dans l’histoire de la traite et de l’esclavage dans l’océan Indien et l’importance du travail mené pour préserver et transmettre cette mémoire.







La délégation réunissait notamment Mikaël Quimbert, préfet des TAAF, Patrice Latron, préfet de La Réunion, Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes, Rostane Mehdi, recteur, Isabelle Autissier, Julien Renzoni, directeur interrégional de Météo-France, Amélie Puccinelli et Jean-François Rebeyrotte, participant aux campagnes archéologiques de 2006 à 2013. 
Ce dernier a présenté l’histoire des naufragés et les vestiges de leur communauté. Une remise de médailles et de lettres de félicitations aux personnels militaires ayant servi dans les Australes a également marqué l’escale.










https://taaf.fr/actualite/a-tromelin-250-ans-apres-le-sauvetage-des-naufrages-de-lutile-une-commemoration-pour-transmettre-leur-memoire/

02 octobre 2026

Marion Dufresne OP2 Amsterdam 1-9-2026 TAAF

Marion Dufresne OP2 Amsterdam 1-9-2026

Marius a gardé un très bon souvenir de son passage sur l'île d'Amsterdam et de la rencontre avec ses lointaines cousines à la MAE, la mare aux éléphants.

Du 1er au 4 septembre, le Marion Dufresne a fait escale sur l’île Amsterdam pour la dernière étape de l’OP2 dans les districts austraux avant le retour vers Tromelin et la Réunion.




Le pli oblitéré à Martin-de-Viviès est du 1er septembre 2026.

Les personnes directement identifiées par les cachets comme intervenant à bord sont Sébastien Plouzot le commandant du Marion Dufresne, Olivier Biancheri l'OPEA, Mathilde Léauté, chargée de communication (son manchot arbore un gwen ha du et un appareil photo) , Mathilde Moutoussamy la responsable boutique et l’équipe Helilagon Seb et Ulrich. 




Un timbre à date peut parfois raconter beaucoup plus que le simple passage d’une lettre par un bureau de poste. C’est précisément le cas des plis oblitérés MARTIN-DE-VIVIÈS – ÎLE AMSTERDAM le 1er septembre 2026.
 


Aux TAAF, l’OPEA est le chef d’expédition qui coordonne la mission à bord du Marion Dufresne pendant une rotation de ravitaillement des îles.
Le sigle a plusieurs formulations dans les documents officiels : le lexique des TAAF indique « chargé des Opérations Extérieures Australes », tandis que l’arrêté organisant cette fonction emploie « chargé des Opérations des Expéditions Australes ». 
Historiquement, il signifiait « Officier Portuaire des Expéditions Australes ». taaf.fr
À quoi sert-il concrètement ? Il organise le programme de la rotation :
- les escales, les embarquements et les débarquements ;
- le chargement et le déchargement des vivres, du matériel et du combustible ;
- le programme de l’hélicoptère embarqué ;
- l’accueil des passagers, leur répartition en cabines et leurs formations ;
- la coordination avec les chefs de district qui réceptionnent les personnels et les marchandises à terre.
Il fixe les priorités et adapte le programme aux contraintes de la mission. Il représente également le préfet des TAAF lorsque les autorités prévues par l’arrêté sont absentes du bord, puis rend compte de la rotation. taaf.fr


Le commandant conduit le navire ; l’OPEA organise l’expédition. Leurs responsabilités se complètent : les décisions de l’OPEA doivent respecter les compétences du commandant du bateau et du commandant de l’aéronef. C’est donc le « chef d’orchestre » du ravitaillement et de la relève des équipes.







Durant ces quatre jours, les équipes ont mené à bien les opérations de ravitaillement de la base Martin-de-Viviès et de relève des personnels. Plusieurs interventions ont également été réalisées sur le terrain, avec notamment la pose de caillebotis  et d’une main courante afin de faciliter les déplacements et de sécuriser certains accès





Comme à Crozet et Kerguelen, cette escale a été marquée par la passation entre les chefs de district : Gilles Aymoz succède à Marie-France Bernard et prend officiellement ses fonctions à la tête du district de Saint-Paul et Amsterdam









La direction des pêches et des questions maritimes (DPQM) des TAAF a également mis en œuvre un protocole d’étude de la langouste de Saint-Paul (Jasus paulensis). 


Après la pose de casiers expérimentaux, des mesures biométriques et des prélèvements ont été réalisés sur des femelles. Ces données seront transmises au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), partenaire scientifique de la pêcherie, afin d’améliorer les connaissances sur la biologie de l’espèce, notamment sur la maturité fonctionnelle et physiologique des femelles



Ce jour-là, le Marion Dufresne arrive à Amsterdam au cours de l’OP2 2026. Pour la petite communauté installée à Martin-de-Viviès, l’arrivée du navire est toujours un événement. Elle rompt plusieurs semaines d’isolement et déclenche une activité inhabituelle : débarquement des vivres et du matériel, courrier, relève de personnels, travaux sur la base et opérations scientifiques.

L’escale de septembre 2026 est également celle du passage de témoin à la tête du district de Saint-Paul et Amsterdam. Marie-France Bernard achève sa mission et Gilles Aymoz lui succède comme chef de district.

Pendant l’escale, la direction des pêches des TAAF mène également une opération consacrée à la langouste de Saint-Paul (Jasus paulensis). Des casiers expérimentaux sont immergés et les animaux capturés font l’objet de mesures et de prélèvements, notamment sur les femelles. Les données recueillies doivent contribuer aux travaux scientifiques consacrés à cette espèce emblématique des eaux de Saint-Paul et Amsterdam.

Pour le marcophile, le 1er septembre 2026 prend donc une signification particulière. Une enveloppe portant ce jour-là le timbre à date de Martin-de-Viviès n’est pas seulement un courrier provenant d’Amsterdam : sa date coïncide avec l’arrivée du Marion Dufresne. Elle peut ainsi être replacée dans le contexte très précis de l’OP2 et de la relève.




C’est tout l’intérêt de ces plis des TAAF. À l’affranchissement et à l’oblitération viennent souvent s’ajouter des cachets de mission, des tampons de service ou des signatures. Mis en relation avec le calendrier des rotations du Marion Dufresne, ces éléments permettent parfois de reconstituer presque jour après jour la vie postale de la base.

Sources TAAF

https://www.facebook.com/TAAFofficiel/posts/-op2-derni%C3%A8re-escale-%C3%A0-amsterdamdu-1er-au-4-septembre-le-marion-dufresne-a-fait-/1507406948097205/



Hortense Machu épouse David Commune de Paris Hôtel de la Marine pointeur de la Marine 1871

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