Mission GAN LA FAYETTE 2026
De l'Atlantique Nord à la Méditerranée
Depuis le 27 janvier 2026, la France déploie son groupe aéronaval (GAN – Task Force 473) dans l’Atlantique Nord et en Méditerranée aux côtés de ses alliés et partenaires stratégiques, dans un contexte international marqué par une forte instabilité, notamment la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient et une compétition stratégique accrue.
La mission LA FAYETTE 26 vise à renforcer la posture de défense et de dissuasion de l’OTAN, à garantir la sécurité maritime, à développer l’interopérabilité entre alliés et à promouvoir un espace maritime libre, ouvert et stable.
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| création JM Bergougniou © d'après photo Marine nationale |
Le groupe aéronaval constitue un outil stratégique majeur combinant puissance militaire et influence diplomatique, capable de projeter de la puissance depuis la mer et les airs, d’intervenir rapidement, de conserver une autonomie d’analyse et d’action et d’opérer dans tous les milieux, y compris le cyber et l’informationnel. Il s’organise autour du porte-avions et est accompagné de bâtiments d’escorte ainsi que d’un bâtiment ravitailleur de forces, le Jacques Chevallier, qui assure le soutien logistique en carburant, munitions et vivres, indispensable à la permanence à la mer du groupe.
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| création JM Bergougniou © d'après photo Marine nationale |
Ce déploiement s’inscrit dans une logique de coopération internationale renforcée avec de nombreux pays alliés, permettant de mener des opérations conjointes efficaces et de consolider les liens entre partenaires européens et transatlantiques.
Il comprend également la participation à plusieurs exercices majeurs tels que ORION 26 pour la préparation à la haute intensité et le commandement multinational, BALTIC SENTRY pour la protection des infrastructures sous-marines de l’OTAN, STEADFAST DART pour la mise en œuvre de la force de réaction, COLD RESPONSE et DYNAMIC MARINER pour l’entraînement en conditions extrêmes, ainsi que NEPTUNE STRIKE pour les opérations navales complexes.
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| création JM Bergougniou © d'après photo Marine nationale |
Le groupe aéronaval s’appuie sur un groupe aérien embarqué composé d’avions de chasse Rafale Marine (standard F4) assurant la protection aérienne et les frappes conventionnelles ou nucléaires contre des objectifs en mer et à terre, d’avions de guet aérien Hawkeye permettant le commandement aéroporté et la détection à longue distance des menaces, ainsi que d’hélicoptères Dauphin dédiés à la sécurisation des phases de catapultage et d’appontage et au soutien logistique, d’hélicoptères Caïman Marine capables de mener des missions de combat multi-rôles incluant la lutte antinavire et anti-sous-marine, et d’hélicoptères Panther assurant des missions de combat et de soutien.
Par ailleurs, la mission joue un rôle de laboratoire d’innovation avec l’intégration du Data Hub embarqué permettant la collecte et l’exploitation massive de données afin d’améliorer la connaissance de la situation, ainsi que l’utilisation de planeurs sous-marins autonomes dédiés à la surveillance, à la détection et à la collecte d’informations sur de longues durées. L’ensemble de ces actions illustre la capacité de la France à agir en coalition, à contribuer à la stabilité internationale, à renforcer la sécurité de l’Europe et à maintenir une présence militaire crédible dans des zones stratégiques, confirmant ainsi le rôle central du groupe aéronaval comme outil de puissance, de coopération et d’innovation.
Mais depuis... le GAN est en Méditerranée
Le 3 mars 2026, Emmanuel Macron annonce le redéploiement du porte-avions Charles de Gaulle vers la Méditerranée orientale, en réaction à l’escalade du conflit au Moyen-Orient , ce conflit débute le 28 février 2026 par des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran , suivies de ripostes iraniennes par missiles et drones contre de nombreuses bases et alliés dans la région , dans ce contexte la France déploie son porte-avions pour protéger ses intérêts, ses alliés et les routes maritimes stratégiques comme Suez et Ormuz , tout en restant officiellement en position défensive sans participer directement aux frappes américano-israéliennes contre l’Iran
Monsieur le Chef d'Etat-major des armées,
Monsieur le Chef d'Etat-major de la Marine,
Monsieur le Chef d'état-major particulier, amiral, commandant, je suis heureux de vous retrouver tous et de pouvoir vous dire quelques mots.

D'abord, pour vous remercier de la manœuvre qui vient d'être opérée il y a quelques jours. Je sais que vous étiez partis depuis fin janvier, que vous aviez déjà mené plusieurs exercices en Atlantique Nord, et compte tenu des frappes décidées il y a un peu plus de huit jours par Israël et les États-Unis d'Amérique, des frappes en réponse de l'Iran et de la déstabilisation de toute la région, j'ai en effet pris la décision et demandé au CEMA et au CEMM de pouvoir vous donner instruction de faire route pour rejoindre la région. Peu de marines sont capables de faire ce qui a été fait, et vous l'avez fait à vitesse soutenue, je le sais, et dans une manœuvre exceptionnelle, et je voulais avant toute chose vous en remercier.
C'est une grande fierté pour moi d'être à nouveau parmi vous, de vous retrouver dans ce hangar et d'être à nouveau sur le Charles de Gaulle avec l'ensemble du GAN. C'est aussi une fierté de le faire avec l'ensemble de nos moyens français et de vous voir coordonnés de manière parfaite avec plusieurs Européens. Nous avons vu les frégates néerlandaises, espagnoles, maintenant italiennes, bientôt grecques, qui vous rejoignent.
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| création JM Bergougniou © d'après photo Marine nationale |
Alors pourquoi cette manœuvre et quel est le cadre dans lequel vous allez opérer ? Pour vous en dire quelques mots avec malgré toute la prudence d'usage, parce que le cadre est encore mouvant. D'abord, pour protéger nos compatriotes. Dans la région, nous avons plus de 400 000 ressortissants qui vivent et il était important de ramener des moyens pour pouvoir, en cas de rapatriement, de difficultés, être à la manœuvre. Et le GAN, avec l'ensemble de ses moyens, plus ce que nous sommes en train de rapporter ici, en Méditerranée orientale, nous permettra d'être à l'initiative et de le faire aussi en lien avec les autres Européens et de ne pas subir.
La deuxième chose, c'est de protéger aussi nos alliés, nos amis, ceux avec qui nous avons des accords de défense. Depuis le premier jour, on a envoyé des moyens, système Mistral, Rafale, etc. C'est important de pouvoir être aussi aux côtés des pays de la région avec lesquels nous avons des accords de défense et qui peuvent être fragilisés par ce qui se passe, et de pouvoir opérer l'ensemble de la manœuvre et, tout particulièrement, le faire pour Chypre, ce sera le début de votre mission. La Languedoc est arrivée il y a quelques jours, système Mistral aussi, et de le faire pas trop loin du Liban qui est aussi sous très forte pression.
Puis la troisième chose, c'est de pouvoir coordonner une manœuvre plus large, elle aussi totalement pacifique, défensive, mais qui est notre responsabilité, qui est dans ce cadre très désorganisée, de pouvoir préserver la liberté de navigation et participer à la sûreté maritime. C'est important pour beaucoup de pays qui sont alliés et c'est important aussi pour les intérêts de la France, en particulier pour la liberté du commerce, pour permettre au pétrole et au gaz de pouvoir circuler, parce que nos compatriotes vivent déjà les conséquences de ce qui se passe. Donc nous aurons à opérer des manœuvres en Méditerranée orientale, vous allez les orchestrer au premier chef, de pouvoir aussi participer aux opérations en Mer Rouge et de Suez à Bab-el-Mandeb, de continuer de faire ce que nous avons plusieurs fois fait ces dernières années, qui est de préserver cette liberté de navigation, dans le cadre en particulier de la mission ASPIDES, et de concevoir aussi une mission ad hoc, au moment voulu, elle aussi pleinement défensive, pour pouvoir restaurer, quand les conditions seront permises, la circulation et l'ouverture calibrées dans le détroit d'Ormuz, mission qui nous est familière et qu'on a pu accomplir avec d'autres il y a maintenant quelques décennies.
Voilà le cadre, si je puis dire, dans lequel nous nous inscrivons. La France est là pour protéger les siens, pour être aux côtés de ses alliés et de ses amis qui sont frappés, et pour pouvoir participer à des missions ô combien essentielles, de liberté de navigation et de sûreté maritime. C'est dans ce cadre strict que nous opérons. Nous ne participons pas à un conflit en cours, mais nous opérons dans ce cadre.
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création JM Bergougniou © d'après photo Marine nationale |
Votre présence aujourd'hui démontre la puissance de la France, celle d'une puissance d'équilibre, de paix, aux côtés de ses amis, celle aussi d'une puissance européenne qui sait organiser autour d'elle et orchestrer la présence de plusieurs autres Européens, et c'est exactement ce que nous allons consolider dans les jours, les semaines, peut-être les mois qui viennent, avec le degré d'incertitude que les événements font porter sur la situation.
Voilà ce que je voulais vous dire en vous disant ma confiance, ma reconnaissance pour la manœuvre tout particulièrement des derniers jours, mais aussi les exercices que vous avez préalablement conduits, et pour vous dire aussi ma confiance pour les jours, les semaines, les mois qui viennent. La mission est exigeante, mais je vous sais à la hauteur de celle-ci, et tout particulièrement dans cette année un peu particulière pour notre Marine nationale, mais également avec l'ensemble de nos aviateurs, nos soldats et toutes celles et ceux qui concourent à la mission du GAN. Merci à tous.
Avec ma confiance, vive la République, vive la France !