24 octobre 2026

le barrage d'Otrante Guerre 14-18 Adriatique Torpilleurs Mameluk - Fantassin sous-marin Cattaro Kotor

Le barrage d’Otrante pendant la Première Guerre mondiale

Le barrage d’Otrante est un dispositif naval allié destiné à empêcher les sous-marins austro-hongrois de quitter la mer Adriatique pour attaquer les navires marchands et les convois alliés en Méditerranée. Il se situe dans le détroit d’Otrante, entre le sud de l’Italie et les côtes albanaises, à l’entrée de l’Adriatique. 

Qui participe à ce barrage ?

La surveillance repose principalement sur les marines britannique, française et italienne. Des bâtiments de combat, notamment des contre-torpilleurs, des croiseurs et des chalutiers armés, patrouillent dans le secteur. Les Alliés utilisent également des filets, des mines et des dispositifs d’écoute pour tenter de détecter les sous-marins. À mesure que la guerre avance, les moyens sont renforcés et la coopération s’étend à d’autres marines alliées, notamment américaine.

Pourquoi ce barrage est-il nécessaire ?


L’Autriche-Hongrie possède une importante flotte de guerre dans l’Adriatique, notamment dans les ports de Cattaro (aujourd’hui Kotor, au Monténégro) et de Pola. 

Image Publicitaire Allemande 
La Guerre mondiale (1914-1918) 
La guerre sur mer N° 237 Un sous-marin fait escale à Cattaro

Haus Bergmann – Privat

Traduction du verso 
verso de l'image du sous-marin faisant escale à Cattaro
En 1914, nos sous-marins étaient exclusivement employés contre les navires de guerre.
En 1915, des sous-marins furent également envoyés en Méditerranée. La même année commença la « guerre commerciale », menée jusqu’en février 1917 selon des orientations variables.
Ce n’est que plus tard que nous nous sommes définitivement décidés à mener une guerre sous-marine sans restriction, par laquelle nous espérions mettre l’Angleterre à genoux.
Photo : Archives impériales allemandes (Reichsarchiv).
Album de collection (1 mark impérial) : disponible désormais uniquement dans le commerce du tabac.
Échange d’images : uniquement par l’intermédiaire du service d’échange d’images de cigarettes, Dresde-A. 1.

Des sous-marins allemands viennent également y prendre position pour attaquer les navires alliés en Méditerranée. Les Alliés cherchent donc à fermer cette porte maritime, à protéger leurs routes commerciales et à sécuriser les convois qui ravitaillent notamment les troupes engagées dans les Balkans et à Salonique

Le 5 juin 1916, en mer Ionienne, le contre-torpilleur Mameluck éperonne accidentellement le Fantassin

Vue du « Mameluck » en réparation le long du « Shamrock photo Marcel Horseau Vue du « Mameluck » en réparation le long du « Shamrock », bateau atelier. La tôle avant fut repliée sur le côté,  pour qu'il puisse venir en France pour y être réparé. Par l'ouverture, le commandant Venin examine la déchirure

La Marine nationale participe aux patrouilles, à la protection des navires alliés et à la chasse aux sous-marins. Des bâtiments français opèrent notamment depuis Corfou, tandis que d’autres forces alliées sont basées dans les ports italiens. Les contre-torpilleurs comme le Mameluck sont précieux pour leur vitesse et leur capacité à intervenir rapidement lorsqu’un sous-marin est repéré. Ces missions sont cependant dangereuses, particulièrement la nuit, lorsque les bâtiments poursuivent un adversaire ou manœuvrent en formation. 
Le torpilleur « Mameluck » qui dans un abordage a coulé le contre-torpilleur « Fantassin », en poursuivant un sous-marin dans les parages de Corfou.

L'Ouest-Eclair 8 juin 1916

L'Ouest-Eclair 20 juin 1916

Le torpilleur « Mameluck » qui dans un abordage a coulé le contre-torpilleur « Fantassin », en poursuivant un sous-marin dans les parages de Corfou. 


L'Ouest-Eclair 8 août 1916


Le 5 juin 1916, en mer Ionienne, le contre-torpilleur Mameluck éperonne accidentellement le Fantassin pendant une patrouille dans le canal d’Otrante. L’équipage du Fantassin est entièrement sauvé, mais le navire, gravement endommagé, se brise en deux. Devenu irrécupérable, il est achevé au canon par le Fauconneau et coule à 10 h 01.

Le Petit Parisien 8-8-1916

22 octobre 2026

Le Mameluk - Un nom sur la mer Torpilleur contre torpilleur guerre 1914 1939 fourragère citations Spahi Hardi

Le Mameluk, torpilleur d’escadre

Les mamelouks sont des soldats-esclaves d'origine non musulmane (souvent turque ou circassienne) formés en milices d'élite au service des souverains musulmans. Ils ont pris le pouvoir en Égypte et en Syrie de 1250 à 1517 (Sultanat mamelouk), puis ont inspiré un corps de cavaliers célèbre sous Napoléon Ier

Le nom aurait été donné par la suite à un bâtiment de la flotte Impériale.

5 bâtiments de la Marine (Impériale, Nationale) auraient porté le nom de Mameluk, nous n'évoquerons que les deux derniers. Pas d'enveloppes ni de plis de ces bâtiments.

  • Le contre-torpilleur Mameluk, de la classe Spahi, en service de 1909 à 1928.
  • Le torpilleur Mameluk, de la classe Le Hardi, admis au service en 1940 et sabordé à Toulon le 27 novembre 1942.

Durant la Première Guerre mondiale, le contre-torpilleur Mameluck opère en Méditerranée et dans l’Adriatique, où il participe notamment au sauvetage des naufragés du vapeur Amiral-Hamelin en octobre 1915.

Le 14 décembre 1917, il recueille environ 710 survivants du croiseur Châteaurenault, torpillé par le sous-marin allemand UC 38, puis participe à la destruction de celui-ci avec le Lansquenet.

Distinctions : deux citations à l’ordre de l’armée et attribution de la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre, récompensant sa conduite au combat et son courage lors des opérations de sauvetage.


ATTRIBUTION DE LA FOURRAGÈRE À DES BÂTIMENTS DE LA MARINE MILITAIRE


M. Piétri a décidé que les bâtiments en constructions suivants : Casque, Lansquenet, Mameluk, Commandant-Bory, Commandant-Rivière, auront droit au port de la fourragère qui avait été attribuée pendant la guerre aux bâtiments portant les mêmes noms.

De même le sous-marin Requin aura droit à cette distinction portée par le cuirassé garde-côtes Requin.

En prenant cette décision, le ministre a précisé que le port de la fourragère appartiendrait désormais à tout bâtiment de combat à quelque catégorie qu'il appartienne, portant le nom d'un navire ayant à l'origine bénéficié de cette distinction.

NOMS DONNÉS À DES BÂTIMENTS DU PROGRAMME NAVAL


M. Piétri, ministre de la Marine, a décidé que les trois torpilleurs de la tranche 1936 du programme naval porteront les noms de Casque, Lansquenet et Mameluk.

Rappelons qu'en janvier dernier, le ministre de la Marine avait donné les noms suivants à un certain nombre de bâtiments :

- Aux deux torpilleurs de la tranche 1935 : Fleuret et Épée ;

- Aux deux sous-marins du contingentement 1936 : Cérès et Pallas ;

- Aux quatre dragueurs des contingents 1934 et 1935 : Chamotte, Élan, Gazelle et Chevreuil ;

- Aux quatre dragueurs du contingent 1936 : Commandant-Bory, Commandant-Duboc, Commandant-Rivière et Commandant-Delage.

Le ministre avait d'autre part donné aux trois hydravions de croisière type Latécoère 302 les noms de Guillaud, Cavellier-de-Cuverville et Mouneyres.    

Ouest-Eclair 6-5-1936


Le Mameluk est un torpilleur d’escadre de la classe Le Hardi, construit à Nantes par les Ateliers et Chantiers de la Loire à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Lancé en 1939, il appartient à une génération de bâtiments particulièrement rapides, conçus pour accompagner les nouveaux cuirassés français. Long d’environ 117 mètres, il déplace près de 1 800 tonnes à charge normale et peut dépasser 37 nœuds grâce à ses puissantes turbines. 

Le Mameluk Type Spahi
Son armement principal comprend six canons de 130 mm en trois tourelles doubles, complétés par des tubes lance-torpilles et une défense antiaérienne. Il porte initialement le grand indicatif de coque T 105, particulièrement visible sur les photographies de l’époque. 

le Mameluk de Type Spahi
Après l’armistice de juin 1940, le Mameluk reste sous l’autorité de la Marine de Vichy et rejoint notamment Toulon. Sa carrière opérationnelle est finalement très courte : le 27 novembre 1942, lors de l’entrée des forces allemandes dans Toulon, son équipage participe au sabordage de la flotte française afin d'empêcher la capture des bâtiments. 

Le Mameluk est ainsi sabordé avec une grande partie de l’escadre. Renfloué par les Italiens en 1943, il ne retrouve jamais une véritable carrière opérationnelle et son épave est finalement démantelée après la guerre



le matin du 27 novembre 1942, est le suivant :
- Vers 4 h 30 : les troupes allemandes pénètrent dans Toulon et cherchent à s’emparer des installations portuaires et des navires.
- Vers 5 h 30 : l’ordre général de sabordage est transmis par l’amiral Jean de Laborde depuis le Strasbourg. Les équipages mettent en œuvre les mesures préparées : ouverture des prises d’eau, destructions des équipements et évacuation des bâtiments, selon les consignes propres à chaque navire.

21 octobre 2026

Marius se questionne sur le courrier des marins

 Retard du courrier - Censure - 


Pendant la Première Guerre mondiale, le courrier militaire subit d’importants retards en raison des contraintes imposées par les autorités militaires. 

Dès novembre 1914, certaines correspondances sont retenues plusieurs jours afin d’empêcher la transmission d’informations sensibles à l’ennemi. La censure contrôle les lettres pour repérer les renseignements susceptibles de compromettre la sécurité des troupes.

Qu'en est-il aujourd'hui? Marius se pose la question.

Dans le cadre de recherches consacrées à l'histoire postale et à la marcophilie de la Marine nationale, Marius souhaiterait connaître les dispositions actuellement applicables aux correspondances expédiées depuis les bâtiments en mission.

Plus particulièrement, il souhaiterait savoir si le ministère des Armées, le chef d'état-major de la Marine ou une autorité subordonnée a diffusé, en 2025 ou en 2026, des instructions, circulaires, notes de service ou directives visant à :

Restreindre ou suspendre l'expédition de correspondances depuis les bâtiments en mission ;

Limiter le traitement des demandes philatéliques adressées aux vaguemestres ;

Interdire ou limiter l'apposition de cachets de bord, de marques de mission ou de signatures sur les enveloppes des collectionneurs ;

Réserver le service postal embarqué aux seules correspondances personnelles et administratives des équipages.

Il souhaiterait également connaître la situation réglementaire actuelle de l'instruction n° 5/DEF/EMO-M/OAN du 25 juillet 2014.

Si de nouvelles dispositions ont été adoptées, il vous serait reconnaissant de bien vouloir lui en communiquer les références, dates d'entrée en vigueur et, dans la mesure où elles sont communicables, une copie.

Cette demande porte exclusivement sur les dispositions administratives et postales, à l'exclusion des informations opérationnelles protégées.

Il vous remercie de l'attention portée à cette recherche historique et philatélique.


20 octobre 2026

Dakar 1941 l'Aéronautique navale Sénégal aéronavale CUERS PIERREFEU EGAN

 Dakar 1941 l'Aéronautique navale Sénégal

Les activités aéronavales s'organisent sur les sites de Dakar Bel-Air et une partie du terrain de Ouakam (organisée en Base d'aéronautique navale de Dakar-Ouakam entre fin 1940 et mars 1941).

Marque FM manuscrite- Cachet Service à la Mer - Par Avion
Marine en Afrique occidentale Française 
Base aéronautique navale de Dakar TàD Dakar SénégaL 10 NOV 41



Cette lettre de l'
Aéronautique Navale de Dakar envoyée à Cuers en 1941 bénéficie de la Franchise Militaire, ce qui rend le transport maritime gratuit. L'expéditeur a toutefois payé la surtaxe aérienne obligatoire pour un acheminement par avion. Les trois timbres du Sénégal totalisent un affranchissement exact de 7,00 francs. Ce montant correspond précisément à un pli de la deuxième tranche de poids (entre 5 et 10 grammes), taxé à 3,50 francs par tranche de 5 grammes selon le tarif du 1er juin 1941.

En 1941, l’aéronautique navale française est fortement présente à Dakar, dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale et du maintien de l’Afrique-Occidentale française sous l’autorité du régime de Vichy. 

Après l’échec de l’opération franco-britannique contre Dakar en septembre 1940, la Marine renforce la surveillance aérienne des approches de la colonie et de l’Atlantique Sud. 



Plusieurs formations aériennes sont stationnées à Dakar ou y transitent au cours de l’année 1941. L’escadrille d’exploration 4E, héritière de l’ancienne E4, utilise notamment des hydravions à long rayon d’action. On y trouve des appareils de la famille Latécoère, dont l’Altaïr et l’Achernar, ainsi que des hydravions Loire 130 affectés au service aviation du cuirassé Richelieu. 

À partir de mai 1941, la 2e flottille de bombardement rejoint Dakar, avec les escadrilles 1B et 5B, bientôt désignées 1BR et 5BR. En août, la 7e flottille de torpillage, composée des escadrilles 5T et 6T, y est également réunie. Les missions comprennent la reconnaissance maritime, la surveillance des routes atlantiques et la protection des abords de Dakar.

Pierrefeu, dans le Var.



Le 22 avril 1941, la base d’aéronautique navale de Cuers-Pierrefeu est officiellement associée à l’EGAN. Le site assure des fonctions de soutien matériel et logistique au profit de l’Aéronautique navale, dans une période particulièrement difficile pour la Marine française, soumise aux restrictions imposées par l’armistice.

Cette implantation se poursuit jusqu’en novembre 1942, date du désarmement de la base, dans le contexte de l’occupation de la zone libre par les troupes allemandes et italiennes

https://aeronavale.org/lhistoire-de-laeronautique-navale/lalmanach/annee-1941/


19 octobre 2026

Déploiement de longue durée 2026 et escales annulées San Diégo - Saint-Pierre & Miquelon - Rota -Panama - Québec

BRF Jacques Stosskopf – Déploiement de longue durée 2026 et escales annulées



Parti de Toulon le 16 janvier 2026, le bâtiment ravitailleur de forces Jacques Stosskopf (A726) a effectué son premier déploiement de longue durée afin de valider ses capacités opérationnelles. 

Initialement orienté vers le Grand Nord, les Antilles et le Pacifique, son itinéraire a été modifié en raison de la situation géopolitique au Moyen-Orient.

Admis au service actif le 7 mai 2026, le bâtiment a rejoint le groupe aéronaval français en océan Indien. Il est rentré à Toulon le 19 juin, après 155 jours de mer, 38 000 milles nautiques parcourus et 40 ravitaillements à la mer.



Son itinéraire l’a conduit des eaux arctiques aux zones tropicales, avec le franchissement du cap de Bonne-Espérance, du détroit de Bab-el-Mandeb et du canal de Suez. Le bâtiment a également validé ses capacités opérationnelles lors de manœuvres complexes et participé aux missions ORION 26, JEANNE D’ARC 26 et LAFAYETTE 26.


La modification de son itinéraire initial a entraîné l’annulation de plusieurs escales prévues, notamment à Panama, San Diego, Saint-Pierre-et-Miquelon, Québec et Rota. 



16 octobre 2026

Escadre de la Méditerranée Marseille Pourquoi Un bureau de Poste à Marseille? Une énigme pour Marius

 Escadre de la Méditerranée Marseille 1849-1885

L’Escadre de la Méditerranée : Marseille, port d’attache… postal ?

Escadre de la Méditerranée Type 1

Les marques « Escadre de la Méditerranée » sont parfaitement connues des collectionneurs, mais elles ont longtemps fait naviguer les spécialistes en eaux troubles. Déclinées en trois types de timbres à date, dont deux portent la mention « Marseille », elles apparaissent sur des plis datés de 1849 à 1885. Certaines empreintes, rarissimes, remontent même à 1849 et 1850. De quoi faire rêver les marcophiles… et leur donner quelques cheveux blancs !

Escadre de la Méditerranée Type 2

Car, à première vue, l’affaire semble entendue : puisque le cachet indique Marseille, il a été apposé dans cette ville. On pouvait donc imaginer l’existence d’un bureau postal spécialement affecté à l’Escadre de la Méditerranée, ce qui en aurait fait l’un des plus anciens établissements postaux de la Marine. Seulement voilà : l’escadre était basée à Toulon, où un bureau particulier, baptisé « Rade de Toulon », avait justement été créé pour elle. Alors, que venait faire Marseille dans cette histoire ? La flotte aurait-elle déménagé sans prévenir les collectionneurs ?


Une première hypothèse, plus sérieuse, a longtemps tenu la corde : ces cachets auraient été des marques d’entrée apposées par un bureau postal civil marseillais, à l’image des marques « Correspondances d’armées ». Un indice vient étayer cette piste : sur certains plis de 1849 à 1855, la marque « Escadre de la Méditerranée » apparaît en compagnie de losanges oblitérants à petits chiffres, notamment le 1896, puis à grands chiffres, dont le 2240. Or ces oblitérations sont connues pour avoir été utilisées par le bureau de Marseille-Étranger. Voilà qui fait sérieusement pencher la balance du côté du bureau civil !

Escadre de la Méditerranée Type 3

Mais une autre question surgit aussitôt : pourquoi avoir choisi la mention « Escadre de la Méditerranée » ? Un simple timbre à date « Correspondance de la Marine » aurait pourtant paru bien plus naturel. D’autant que cette dernière marque servait couramment pour le courrier de marins qui n’appartenaient pas à l’escadre d’évolution ou à celle de la Méditerranée. Des plis en provenance de l’océan Indien, du Tonkin ou encore du Mexique en témoignent. La Marine aurait-elle voulu afficher sa personnalité, voire marquer son territoire postal face aux services de la puissante Armée de terre ? L’idée est séduisante, mais les archives n’ont pas encore livré le moindre ordre de mission permettant de la confirmer.


Le fin mot de l’histoire ? La marque « Escadre de la Méditerranée » serait en réalité un cachet d’entrée utilisé par le bureau civil de Marseille-Étranger, et non la preuve de l’existence d’un bureau postal naval autonome à Marseille. C’est pourquoi elle figure dans les catalogues consacrés à la poste navale : sa couronne, avec son libellé si évocateur, peut facilement induire en erreur les collectionneurs non avertis.

Ainsi, l’escadre restait à Toulon, le courrier passait par Marseille et les philatélistes, eux, continuaient à enquêter. Une belle énigme où le cachet semble parler haut et fort, mais où il faut se garder de prendre sa légende pour argent comptant !



Toutes ces explications tiennent plus ou moins la mer, mais aucune ne permet de conclure. Les archives, elles, gardent un silence de grande rade. Pas un mot, pas un ordre, pas même une petite note de service pour éclairer notre lanterne !

Ainsi, pendant que les navires de l’escadre sillonnaient la Méditerranée, leur courrier, lui, nous laisse naviguer en pleine brume philatélique. Une chose est sûre : pour ces cachets, le port d’attache est Toulon, mais le port d’origine reste Marseille. Et le mystère, lui, n’a toujours pas levé l’ancre.

Marius s'en arrache les moustaches 


Nous laisserons donc au Prince de Joinville le soin de présenter l'Escadre de la Méditerranée .

L’ESCADRE DE LA MÉDITERRANÉE



L'escadre que la France entretient depuis plusieurs années dans la Méditerranée, cette escadre que chacun a pu voir à Cherbourg en 1850, est un des puissants éléments de notre force nationale. Chaque jour elle rend des services au pays, soit à coups de canon contre nos ennemis, soit par l'appui que sa présence prête à nos négociateurs, soit enfin comme une école toujours ouverte, où nos officiers, aussi bien que nos matelots, viennent apprendre leur métier et s'inspirer de cet excellent esprit dont ils n'ont cessé de donner des preuves si éclatantes.

Les faits de guerre auxquels l'escadre a pris part ont été assez longuement racontés à chacune des époques où ils se sont passés : en reparler serait inutile ; mais il peut être intéressant, sans fatiguer le lecteur par des détails techniques, de lui faire connaître l'histoire de la formation de cette escadre, de le faire assister au travail de son organisation, de lui raconter le rôle qu'elle a joué au milieu des événements accomplis dans ces treize dernières années.


Une escadre, comme une armée, forme un grand corps qui se meut et agit suivant la volonté qui lui est imprimée ; mais ce corps n'a de force et de valeur réelle qu'en vertu de l'éducation qu'il a reçue. Si cette éducation a été bonne, elle donne infailliblement de bons résultats ; si, au contraire, elle a été défectueuse, elle a pour suite inévitable de grands mécomptes et quelquefois de grands malheurs. Or, l'éducation d'une escadre, comme celle d'une armée, est l'œuvre du temps. Les chefs qui l'ont successivement commandée, les événements auxquels elle a été mêlée, la part qu'elle a été appelée à y prendre, toutes ces circonstances et d'autres font partie de cette éducation. C'est à ce point de vue que l'on voudrait se placer pour raconter ici l'enfance de notre escadre, suivre ses premiers pas dans la carrière, montrer comment s'est formé l'esprit qui l'anime, dire enfin les grands services que, sans faste et sans ambition, elle a rendus au pays.



Publié en 1853, Essais sur la marine française, 1839-1852, du prince de Joinville, retrace la reconstruction de la puissance navale française et souligne le rôle essentiel de l’escadre de la Méditerranée. Créée en 1839, celle-ci se développe grâce à l’action de l’amiral Lalande, qui améliore l’instruction des équipages, les manœuvres et la cohésion entre les navires. L’escadre devient un instrument militaire et diplomatique au service des intérêts français, notamment lors des crises en Méditerranée orientale. Le prince de Joinville insiste sur l’importance de la continuité du commandement, de la discipline, de l’expérience et des traditions maritimes. Il dénonce les réductions budgétaires excessives et les bouleversements politiques qui risquent d’affaiblir la flotte. Face à la puissance britannique et aux progrès techniques, il préconise une modernisation de la marine fondée sur le développement des navires à vapeur, le maintien d’une escadre permanente et le renforcement des frégates chargées des stations lointaines. Il défend ainsi une politique navale durable, capable d’assurer la défense des côtes françaises, la protection du commerce et le maintien de l’influence de la France sur les mers.


Sources 

Collection Historique de la Marcophilie navale

Jacques Mériaux, Histoire de la poste navale : acheminement et distribution du courrier dans la marine de guerre française, 1792-1992.

14 octobre 2026

Sous-Marin Thon une histoire d'espionnage et de capot 1904 1916

Sous-Marin THON

 une histoire d'espionnage et de capot





Le Thon (Q20) est un sous-marin français de la classe Naïade, construit à l’arsenal de Toulon sous la direction de l’ingénieur du Génie maritime Gaston Romazzotti. 

Lancement du sous-marin « Thon »

Toulon, 16 mars 1904

La dépêche de Brest - 17 mars 1904

Le 19 mars sera lancé, des cales du Mourillon, le sous-marin Thon. 
Ce sous-marin est du type Naïade.

Le Courrier de la Rochelle 20 mars 1910









Mis sur cale en juin 1902 et lancé en mars 1904, il entre en service en octobre 1905. Long de 23,76 mètres, il déplace environ 70 tonnes en surface et embarque un équipage d’une treizaine d’hommes. Sa propulsion associe un moteur thermique en surface à un moteur électrique en plongée. 


Mémorial des Vosges 20-11-1908

Son armement comprend deux torpilles de 450 mm. Destiné à la défense côtière, ce petit submersible est condamné en mars 1914, avant le début de la Première Guerre mondiale.





 Son histoire connaît pourtant un dernier épisode tragique : le 10 décembre 1916, alors qu’il est remorqué vers Corfou, il coule au large du cap Bon, en Tunisie. Les circonstances précises du naufrage et l’identité du remorqueur restent à établir.

Une affaire d'espionnage concernant le capot du sous-marin

Le Petit Caporal 16 mars 1908

La bande de Toulon

Toulon, 13 mars.

Le tribunal correctionnel a rendu ce matin son jugement dans l'affaire d'espionnage et de tentative d'espionnage.

Les inculpés tombaient sous le coup de la loi du 18 août 1896.

Ont été condamnés par défaut, les accusés ayant déclaré faire défaut au cours des débats : Auguste André, courtier en miroiterie, six mois de prison et 300 francs d'amende ; Jean Blain, directeur du Comptoir général d'électricité à Marseille, un an de prison et 500 francs d'amende ; Laurent Farget, ingénieur électricien à Marseille, dix-huit mois de prison et 1,000 francs d'amende ; Gaston Crépy, ex-quartier-maître mécanicien sur les sous-marins, deux ans de prison et 1,000 francs d'amende.


André a été le moins frappé parce que c'est lui qui avait remis entre les mains de M. Vigne, commissaire spécial, les documents de Farget et de Crépy. Ces deux derniers étaient les véritables instigateurs des tentatives d'espionnage et il a été établi que Crépy avait fourni à Farget les plans du capot du sous-marin Thon.

Les quatre inculpés sont, en outre, condamnés à cinq ans d'interdiction de séjour et cinq ans de privation de droits civils et civiques.



Affectation à Bizerte 

L'appel au peuple de la Charente 20 février 1910



La Croix des Marins 03-09-1911




le barrage d'Otrante Guerre 14-18 Adriatique Torpilleurs Mameluk - Fantassin sous-marin Cattaro Kotor

Le barrage d’Otrante pendant la Première Guerre mondiale Le barrage d’Otrante est un dispositif naval allié destiné à empêcher les sous-mari...