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19 avril 2021

Fromagerie BEL La vache qui rit Lons le Saunier fromage fondu Lons le Saunier







En 1921, la Vache qui Rit n'est pas encore en portions  
L'Ouest-Eclair 16-06-1929
Le nouveau dessin, adopté la même année que la création des Fromageries Bel en 1922, sera déposé deux ans plus tard par l'imprimeur Vercasson sous la dénomination de La Vache rouge, à l'insu de Léon Bel. Celui-ci sera même contraint de racheter le droit pour La vache qui rit d'être rouge ! Quant au produit, il tire ses origines de l'invention de trois Suisses, Emile, Otto et Gotfried Graf, en 1907 : le fromage fondu fabriqué à partir des excédents de comté ou d'emmenthal.
Le dessin et le produit se sont adaptés au fil des ans. Ainsi, dans la première boîte en métal, de 1921, le " fromage extra fin sans croûte " n'était pas encore commercialisé en portions. De la même façon, le slogan " Le Bel est bon " donnera plus tard le Bonbel !


Fromagerie BEL

La Vache qui rit

Le fromage fondu le plus célèbre de France rougit de plaisir depuis 100 ans et mène le troupeau de ses congénères à raison de 3, 94 milliards de portions consommées par an dans le monde. En avril 1921, la fromagerie Bel lançait la Vache qui Rit avec un emblème reconnaissable entre tous qui a fait depuis le tour du monde.




L'Auto 19-03-1922

De la "wachkyrie" à la "vache qui rit"


La réalité n'est pas éloignée. Durant la Grande Guerre, Léon Bel sert dans la même unité que Benjamin Rabier.

Officier d'une section de ravitaillement en viande pour la troupe, le caricaturiste, pour narguer les soldats allemands, dessine sur les camions et les wagons une tête de vache rougeâtre qu'il surnomme " la wachkyrie ". De la wachkyrie au calembour " la vache qui rit ", le pas est vite franchi par les poilus... et par Léon Bel.

C'est donc en souvenir du croquis de Benjamin Rabier que Léon Bel dessine une vache en pied au pelage de couleur claire avec une expression hilare, et que, le 16 avril 1921, il dépose la marque La vache qui rit avec l'appellation " fromage moderne " qu'il produit dans la première usine de fabrication de fromage fondu à Lons-le-Saunier. Défi de taille quand, à l'époque, les fromages ont pour labels : camembert, gruyère, comté, etc.


Peu satisfait de son esquisse, Léon Bel le confie à Benjamin Rabier qui, pour mille francs de l'époque, redessine la vache en la rendant plus humaine. 



Le croquis dort quelque temps dans un carton avant que Léon Bel le remette à son imprimeur, Vercasson, avec la mission de donner à sa vache une couleur rouge, de la parer de boucles d'oreilles et d'un franc sourire qui laisse apparaître ses dents.

Sur l'étiquette on peut lire aussi " Il n'est rien de donner son lait lorsqu'on le sait bien employé. " Non seulement la vache rit mais elle parle ! Reste que sur l'emballage figure toujours la mention " maison française fondée en 1865 " par Jules Bel, maître affineur qui avait ouvert, à Orgelet Jura, dans les caves d'un ancien monastère de capucins, une entreprise d'affinage et de négoce de comté, fabriqué dans les fruitières, ces petites fromageries coopératives de la région.

Ses deux fils, Henri et Léon, lui succèdent et fondent, en 1897, la société Bel Frères. Seul Léon est mentionné sur l'emballage, son frère, après l'avoir remplacé quand il était sous les drapeaux, ayant quitté l'entreprise. La réclame vante alors ce nouveau fromage fondu en affirmant : " Il a les qualités des autres sans en avoir les inconvénients. "
Produit nomade avant l'heure, La vache qui rit se présente en portions à partir de 1924. Quand les quatre étoiles blanches apparaissent en 1955 sur fond bleu et liséré blanc avec la vache inscrite dans un écusson doré pour suggérer la noblesse du produit, certains n'hésitent pas à détourner le dessin pour croquer, de profil, le général de Gaulle ! Pourtant, au milieu des années 1980, La vache qui rit manque de disparaître des publicités ! Une idée " vachement " stupide et vite abandonnée. Innovation majeure en 1988 : une languette permet d'enlever le papier d'aluminium qui entoure chaque portion. Et, pour la promouvoir, les députés reçoivent, le jour de la rentrée parlementaire, une portion géante contenant une vraie boîte et un chronomètre. Il s'agit de leur prouver qu'il est plus rapide de déguster le fromage que de déclencher l'appareil !

 
La vache qui rit connaîtra deux échecs : la Petite Marmite, bouillon instantané à base de fromage fondu lancée dans les années 1930, et Tchise, La vache qui rit conditionnée en tube en 1983. Mais un vrai succès : les Apéricubes, lancés en 1960.

Et le troupeau s'agrandit avec La vache qui rit " légère ", La vache qui rit en barquette, en mini-portions, une version aux noix et au chèvre, une autre au jambon.


Enfin, une petite question : quel est le point commun entre les marques Chanel, Cartier et La vache qui rit ? Les contrefaçons ! On ne compte plus les " La vache rouge ", " La vache qui rue ", " La vache sérieuse " aujourd'hui Vache Grosjean, " La vache qui lit ", " La vache qui parle ", " Le veau qui pleure "... Sans oublier une vraie " Vacherie "... marque déposée par les Fromageries Bel en 1928 !
sources
BnF Gallica

https://envelopmer.blogspot.com/2015/05/luc-marie-bayle-peintre-de-marine.html

https://www.historia.fr/la-saga-des-marques/la-vache-qui-rit-vachement-populaire

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k46288624/f2.item#


18 avril 2021

LANN-BIHOUE 75e anniversaire de la Base Aéronavale

LANN-BIHOUE 75e anniversaire de la Base Aéronavale 


Pas encore de manifestation pour cause de Covid... mais un cachet pour rappeler l'événement



C'est en 1931 que la Chambre de Commerce et d'Industrie du Morbihan propose l'idée d'un terrain d'aviation sur les terres de Lann-Bihoué.




AOÛT 1932 :

Un représentant du Ministère de l'Air vient à LORIENT pour rechercher un emplacement pour construire un terrain d'aviation.

26 JUIN 1935 :

Le Président de l'aéroclub du MORBIHAN demande à la Chambre de Commerce de s'intéresser "moralement et pécuniairement" à la création d'un aérodrome et d'une école de pilotage dans le Morbihan.

21 OCTOBRE 1935 :

Le Ministère de l'Air retient l'emplacement du terrain au lieu dit " LANN-BIHOUÉ " environ 40 hectares.


12 NOVEMBRE 1936 :

Le Ministère de l'Air approuve l'avant projet présenté par la Chambre de Commerce de LORIENT (CCL).


George VI, la reine Elizabeth, Albert Lebrun

18 DÉCEMBRE 1937 :

Décret du Président de la République Albert LEBRUN qui donne le feu vert au projet classé d'utilité publique.

6 JUILLET 1938 :

La ferme de "KERVITTEL" (15 ha) est achetée par la Chambre de Commerce du Morbihan et va être l'embryon de ce qui sera l'une des plus grandes bases d'Europe.
EN 1939 :

Quelques expropriations et la superficie passe à ….. 43 ha !!!

Mais du fait de l'entrée en guerre ; la CCM doit renoncer à ses ambitions aéronautiques et ……

Le 22 DÉCEMBRE 1939 :

La Marine en devient propriétaire. La "Première BANN LANN-BIHOUÉ est née et l'appel d'offre est lancé pour débuter les travaux.

12 AVRIL 1940 :

Les travaux de construction d'un grand hangar et d'un poste de garde commencent ……..mais trop tard.

JU 88


Le 21 JUIN 1940 : LORIENT est occupé.

MARS 1941 :

Début de travaux gigantesques et naissance de "KERLIN-BASTARD".

L'expropriation est plus facile et la base s'étend sur 1200 ha.


En 41/42 la piste Est/Ouest est faite et en 42/43 la Nord/Sud est achevée ainsi qu'une centaine de hangars et bâtiments.

Lann-Bihoué  photo JM Bergougniou

A grand renfort de sable et de granit pour l’enrochement – extrait de la carrière de Kervinio –, la piste est/ouest est terminée en août 1941. Elle est légèrement plus « petite » que la piste nord/sud, conçue rapidement dans la foulée : 2 000 mètres de long et 80 m de large pour la première, 2 060 m pour la seconde. Routes, parkings et hangars complètent l’équipement, qui est pratiquement achevé en août 1942.

Bagad Lann-Bihoué  photo JM Bergougniou

Les Allemands le baptisent « Fliegerhorst Lorient » (base aérienne militaire de Lorient), et les autochtones base de « Kerlin-Bastard ». Le site, d’une superficie de 1 200 hectares, s’étend dans les communes de Plœmeur, Guidel et Quéven. Sa construction entraîne la destruction de plusieurs villages et fermes.


23 SEPTEMBRE 1943 : KERLIN - BASTARD est sévèrement bombardée.

AOUT 1944 :

Destruction par les Allemands en quelques jours des pistes et hangars et durant 9 mois bombardements pratiquement quotidiens de la part des alliés.


Les Allemands conçoivent la base aérienne comme soutien à  la base de sous-marins de Keroman. Décollant de Kerlin-Bastard, les appareils de la Luftwaffe ont en effet pour mission de protéger les U-Boot.





10 MAI 1945 :

La 19ème DI Américaine rentre sur une base en ruine.

L'Armée de terre s'y installe pour garder des prisonniers allemands.
L'Armée de l'Air y fonde dans la zone nord un centre d'instruction.

La Marine, momentanément, ne fait RIEN … malgré les efforts des TM (travaux maritimes) de Lorient.



1 JUIN 1945 : Création de la Base Aérienne BA 131.

3 OCTOBRE 1945

Arrivée à KERVAISE (PC) du CF SEPTANS , des Gendarmes maritimes et début des travaux de remise en état des baraques, des hangars et des différents réseaux (eau, électricité).

Bagad Lann-Bihoué  photo JM Bergougniou

1er AVRIL 1946 :

La BA 131 est dissoute et l'Armée de l'Air évacue définitivement LANN-BIHOUE.

Le 16 Avril 1947 :

La BAN reçoit son premier avion (un MS 501) en provenance de la LR 1 basée à LANVEOC POULMIC pour être utilisé en liaison et entraînement.

L'effectif de la BAN est de 15 marins.

Le 22 AOUT 1947 : La BAN LBH "passe" en gardiennage.


Lancaster, Lockheed, Neptune, Dakota, Breguet Atlantic, Atlantique 2, Falcon 50, Xingu, Hawkeye… Au fil du temps, les appareils, les flottilles, les personnels militaires et civils (plus de 2 000 aujourd’hui) se succèdent à la base qui assure également le contrôle de la zone aérienne.

Lann-Bihoué Crusader  photo JM Bergougniou

Lann-Bihoué Neptune P2V7 photo JM Bergougniou

Lann-Bihoué Alyzé photo JM Bergougniou





17 avril 2021

Mise en oeuvre de la Franchise militaire et taxe Toulon 13-7-1939

 Franchise militaire et taxe Toulon 13-7-Vichy 14-7-1939

Une lettre en franchise (FM) partie de Toulon le 13 juillet 1939 (TàD Toulon sur Mer) pour Vichy a été taxée à l'arrivée malgré le décret du 19 avril 1939 instituant la franchise pour les militaires. Voici quelques explications.

le 19 mars 1939 : devant la montée des tensions étatiques en Europe, le parlement fait voter une loi accordant des pouvoirs spéciaux au gouvernement, en vue de la préparation d'un éventuel conflit. Le Gouvernement publie du 20 mars au 21 avril une série de 40 décrets-lois en vue de faire face aux nécessités de la défense nationale




La lettre écrite par un matelot torpilleur de la compagnie de garde de Brégaillon est adressée à Vichy en franchise.


Dans le coin haut à droite la mention FM. Cette mention est encadrée double trait.

La lettre porte trois cachets triangulaires avec la lettre T TAXE.

Une mention manuscrite 180 et trois timbres-taxe banderoles à 0,60c.vert (1,80 f) annulés par le bureau de Vichy le 14 juillet 1939. 

(A remarquer que les PTT travaillaient le 14 juillet 1939!)


La taxe est du double du manque. Le tarif du 17 novembre 1938 est de 90c.


L'Ouest-Eclair 30-04-1939



A propos de la franchise postale

pour les militaires et marins en campagne ou rappelés Un décret paru au Journal Officiel du 19 avril a accordé la franchise postale aux correspondances provenant ou à l'adresse des militaires et marins faisant partir des armées de terre, de l'air et de mer en campagne ou rappelés exceptionnellement sous les drapeaux en raison de la tension extérieure.

Ce décret prévoyait qu'un arrêté du ministre des P. T. T. fixerait les dates d'application et de suspension de la franchise ainsi accordée.

Or. aucune mesure n'a été prise depuis lors par le ministère des P. T. T. pour mettre en vigueur le décret du 19 avril, bien que le rapport précédant ce décret stipulât qu'en raison du rappel sous les drapeaux d'un nombre important de réservistes convoqués pour une période indéterminée, il convenait d'appliquer, dès le début de cette période, la franchise prévue. Nous avons reçu à ce sujet les doléances d'un grand nombre de familles qui s'étonnent à juste titre qu'un tel retard soit apporté à donner son effet a un décret particulièrement opportun dans les circonstances présentes et il nous revient que par suite d'une interprétation erronée quant à sa date d'application, de nombreuses correspondances de militaires et marins ou destinées à ceux-ci, ont été frappées de taxes qui en ont porté le prix d'affranchissement à 1 fr. 80. Ce sont là des tracasseries auxquelles, nous l'espérons, un arrêté très prochain du ministre des P. T. T. viendra heureusement mettre fin.

Il aura fallu près de 5 mois pour que l'arrêté soit pris

L'Ouest-Eclair 29-08-1939

La franchise postale pour les militaires

PARIS, 28 août.
L'administration des Postes fait connaître qu'un arrêté ministériel vient de rendre immédiatement applicables les dispositions du décret du 18 avril 1939.

En conséquence.
1° Sont admises à circuler en franchise par la poste les lettres simples, c'est-à-dire ne pesant pas plus de 20 grammes, provenant ou à l'adresse des militaires et marins faisant partie des armées de terre, de l'air et de mer en campagne, ou rappelés exceptionnellement sous les drapeaux.

2° Les mandats-postes dont le montant ne dépasse pas 100 fr. expédiés par ces derniers sont exempts du droit de commission.

L'Ouest-Eclair 6 octobre 1939
CORRESPONDANCES EXPÉDIÉES PAR LES MILITAIRES
Il est constaté que les militaires déposent leurs correspondances dans les boites aux lettres postales des départements lesquelles sont exclusivement réservées aux civils. Comme la plupart de ces correspondances sont adressées a des particuliers, Il s'ensuit que le service postal n'a aucune certitude que les expéditeurs bénéficient de la franchise militaire.

En vue de mettre un terme a ces errements les militaires devront remettre leurs correspondances au vaguemestre de leur formation. Ce dernier doit frapper ces correspondances du timbre militaire sur le vu duquel le service postal a bien la certitude que l'expéditeur bénéficie de la franchise militaire. La Direction des Postes demande expressément aux militaires de vouloir bien se conformer aux prescriptions sus-rappelées et les prévient qu'ils s'exposent, en déposant leurs correspondances dans les boites aux lettres postales, a voir leurs envois taxés à l'arrivée.

16 avril 2021

Les Peintres de la MARINE : PORTAIT DE MARIE DETREE-HOURRIERE 

Dans le bulletin de la Marcophilie navale N° 156 - avril 2021

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Patrouilleurs Le Malin Iles Eparses Glorieuses 2 mars 2021

Patrouilleurs Le Malin Iles Eparses Glorieuses 2 mars 2021




ILES GLORIEUSES
Le groupe des îles Glorieuses, qui se compose de deux îles, l'île Glorieuse et l'île du Lys distantes de six milles environ, et situées à mi- distance de Mayotte et de Diego-Suarez, a été occupé le 23 août 1892 par la France, et placé sous la dépendance de Mayotte.

La concession des îles, qui étaient désertes à notre arrivée, a été donnée à M. Caltaux qui y employa quelques créoles des Seychelles et une soixantaine de malgaches de Nossi-Bé, de 1892 à 1914. On exploita le guano (800 tonnes par an) et le coprah (10.000 cocotiers) et accessoirement on pratiqua la pêche (écailles de tortue). Les Glorieuses sont momentanément abandonnées.



Au nord-ouest, une magnifique plage de sable fin constitue un accostage des plus faciles pour les embarcations. On y voit un mât de pavillon et un hangar. A cinquante mètres en arrière, dans un bois de filaos, se trouve la maison de M. Caltaux. Le climat est des plus sains. Il n'y a ni marigots, ni palétuviers, ni moustiques, et les fièvres y sont inconnues.

La mer est généralement calme. On trouve dans l'île Glorieuse une excellente eau douce fournie par des puits creusés dans le sable.

L'île du Lys est inhabitée et ne possède pas d'eau douce, mais elle est comme les bancs de sable qui la séparent de l'île Glorieuse, couverte d'oiseaux de mer auxquels elle sert d'asile.

Très boisée, l'île Glorieuse - est un ancien atoll dont les plages sont formées de corail pulvérisé. Le guano des Glorieuses contient 25% d'acide phosphorique. La couche d'humus naturel qui recouvre l'île permet toutes les cultures. On y a cultivé avec succès le maïs, le cotonnier, le cocotier, les melons, les citrouilles, les oignons.

On remarque également des arbres à soude dont l'écorce sert à faire un bon savon; le papayer, le filao, le sapin des îles, de la famille des caoutchoucs, le porché ou bois de camphre, etc.

Il n'y a pas de serpents, et la faune ne se compose que des oiseaux de mer. Les eaux sont très poissonneuses et abondent en espèces comestibles excellentes. Il n'existe pas d'autre communication que les boutres.

Les ÎLES GLORIEUSES  sont deux petites îles situées sur un récif à 140 milles dans l' E.N.E1/2N de Mayotte et à 110 milles dans l'O. N. 0. du cap d'Ambre, pointe Nord de .Madagascar.
L'ile du Sud, la plus grande, appelée île Glorieuse, est boisée et a 12 mètres de hauteur sur environ 1 mille de largeur et de longueur; sur sa pente Nord il y avait en 1S82 un établissement, qu'on se proposait d'abandonner, vu la nature improductive du sol. Tous les puits donnent de l'eau saumâtre. L'île du nord du Nord, appelée ile du Lise e est un simple îlot situe à 5 milles au N. E. de la grande île; il a 10 mètres de hauteur. 
Un lagon salé occupe le centre de celle île, qu'il divise presque en deux: son coté Nord est formé par des falaises et sa pointe Sud se termine par une dune de sable qui est la partie la plus élevée de l'île.

Le groupe des îles Glorieuses, qui se compose de deux îles, l'île Glorieuse et l'île du Lys, distantes de six milles environ, a été occupé au nom de la France le 23 août 1892 et placé sous la dépendance de Mayotte. Il est situé entre le 11e et le 12e latitude Sud et au 45e longitude Est.

La garde du pavillon y est confiée à un français,-M. Caltaux, qui est concessionnaire des îles et habite depuis 1892, avec sa femme, l'île Glorieuse.

M. Caltaux possède à son service un domestique créole et sa femme, plus quarante travailleurs malgaches de Nossi-Bé, Anjouanais ou Makois qu'il emploie à l'exploitation du guano.

Sur la plage Nord-Ouest de l'île, plage de sable d'une éblouissante blancheur où l'accostage pour les petites embarcations est des plus faciles, s'élève un mât de pavillon à côté d'un grand hangar à guano. A gauche du mât, en venant du large, on aperçoit un bouquet do filaos : à droite sont 4 ou 5 filaos espacés, et à 50 mètres en arrière, la maison de M. Caltaux.

Le climat des îles Glorieuses est très sain ; il n'y a ni marigots, ni palétuviers, ni moustiques et par suite les fièvres y sont inconnues. Il y fait généralement calme.

Du 15 avril au 15 décembre, les vents sont toujours de la partie Sud-Est au Nord-Est en passant par l'Est. Les deux mouillages sont très bons.


Du 15 décembre au 15 avril, il est difficile de rester au mouillage, car des coups de vent sont à redouter.

On trouve dans la grande île d'excellente eau douce fournie par des puits creusés dans le sable.


Sources :




Notice sur Mayotte et les Comores par Émile Vienne,... 1900

Le Courrier colonial illustré  18-07-1935


15 avril 2021

USS WYOMING Arkansas Villefranche Nice bagarre juillet 1934

USS WYOMING

USS Arkansas Villefranche sur Mer

Jusqu'à la sortie de la France de l'OTAN, Villefranche a été un lieu d'escale privilégié des flottes américaines. Ce qui ne s'est pas toujours passé sans heurt comme l'escale de ces deux cuirassés américains en 1934.



A la fin du 19e siècle la marine américaine demande et obtient sans difficulté du gouvernement français la jouissance de l’ancien gymnase de la Darse comme dépôt de ses approvisionnements pour l’escadre de Méditerranée. Et l’habitude s’installe…







Une école de navigation




Une école de navigation maritime qui dépendra de l'Ecole de Navigation Maritime de Paris vient d'être installée Villefranche-sur-Mer. dans l'hôtel appartenant la Marine nationale (Inscription Maritime).


L'école sera placée sous la direction du commandant J. Galopin, directeur général de l'école de Paris, ancien commandant du voilier-école des éléves-officiers de la marine marchande. Lui seront adjoints, des officiers généraux et supérieurs de la marine, des capitaines au long cours et des professeurs de l'Université

Les cours seront théoriques et techniques avec application sur des embarcations de dernier modèle dans la rade de Villefranche.

Un mess permettra aux éleves de prendre à l'école leur repas de midi et une pension sera aménagée pour les élèves étrangers à la région.

Les renseignements seront fournis par le secrétariat de l'Ecole Maritime Nationale Marine Nationale. Quai Courbet. à Vlllefranche-sur-Mer (Alpes Maritimes)c

Fait Divers

L'Ouest-Eclair 8-7-1934

Nice, 7 juillet. Cette nuit, un matelot du cuirassé Arkansas, ancré au port de Villefranche -sur -Mer, le radiotélégraphiste Kline importunait dans la rue Bascarra deux dames qui rentraient chez elles. A ce moment passait M. Curty, chef de la sûreté qui, voyant la scène, voulut y mettre fin. mais le marin se précipita sur lui. le roua de coups et le saisissant à la gorge le précipita contre la devanture d'un magasin.

En état de légitime défense. M. Curtv sortit un revolver et fit feu sur son agresseur qui fut atteint à la gorge et grièvement blessé.

Paul Cadmus, “The Fleet’s In!”, 1934, 
 Naval History and Heritage Command, U.S. Navy Art Collection
Nice, 9 juillet. — A la suite des incidents que des matelots du « Wyoming » et de l'« Arkansas » ont provoqués vendredi soir, à Nice, et au cours desquels M. Curty, chef de la Sûreté, blessé et en état de légitime défense, tira sur son agresseur, l'amiral Ellis, qui commande les deux unités américaines mouillées dans le port de Villefranche a ordonné aux matelots de regagner le bord à 21 heures. D'autre part, il a réduit le nombre des permissionnaires.

Le matelot américain Kline, qui assaillit M. Curty et fut blessé par lui, est dans un état stationnaire ; la balle qu'il a reçue dans la gorge s'est logée dans l'omoplate et n'a pu être extraite.
L'état du chef de la Sûreté s'est sensiblement amélioré.

L'oeuvre 08-07-1934


Un débarquement de matelots américains provoque, à Nice, d'assez graves bagarres

De notre correspondant particulier) Nice, 7 juillet.

Un film américain de la bonne manière, celle où les gnons laissèrent plus de traces que les bleus de l'amour, a été tourné la nuit dernière, à Nice.

Pour improvisé qu'il ait été, le scénario n'en a point manqué, on le verra, d'animation. Deux navires de guerre battant pavillon étoilé, l'Arkansas et le Wyoming, sont ancrés depuis jeudi soir dans la rade de Villefranche. Alors que les autorités françaises, le nouveau préfet Mouchet et un adjoint barbu en tête échangeaient des salamalecs avec le vice-amiral Haynes Ellio, les équipages, assoiffés par cinquante jours de mer, descendaient à terre et venaient tirer leur bordée à Nice.

Sur la côte d'Azur ou les touristes en knickerbockers se font maintenant désirer, la flotte est toujours accueillie avec enthousiasme. Tout un essaim de demoiselles en demi-chômage papillonna autour des matelots éblouis par un dur soleil de juillet. Des rabatteurs parlant un anglais de circonstance les invitèrent à venir boire du champagne à l'ombre de dames en fleurs. Mais les gars de la marine étaient altérés et ce furent les mélanges qui les perdirent. A sept heures du soir toute la flotte était ivre. Il y eut quelques échauffourées du côté des maisons de société. Le panier à salade ramassa les plus ivres, ceux qui roulaient dans le ruisseau. Vers neuf heures, place Garibaldi et place Gambetta il y eut des matches de boxe aux terrasses des cafés entre civils et marins, ceux-ci s'obstinant à vouloir appeler toutes les femmes Manon ou Violette.

Vers onze heures, rue Paul-Déroulède, au cœur de la ville, deux femmes furent assaillies par un matelot ivre, grand gaillard paraissant sortir d'une figuration de tragédie pour gangsters. Le chef de la Sûreté niçoise, M. Curty, qui passait non loin de là. voulut intervenir.

Le matelot, d'un coup de poing, l'allongea sur le sol et comme M. Curty, assommé, tentait de se relever l'Américain le prit à la gorge et le sonna » avec tant de violence que le chef de la Sûreté, se sentant perdu, tira sur son agresseur deux coups de revolver. La gorge traversée par une balle, le marin s'affaissa ensanglanté. Une dizaine de personnes avaient, de leur fenêtre, assisté à cette scène de sauvagerie au cours de laquelle, sans aucun doute, le policier put se considérer en état de légitime défense. 

Pendant ce temps une bande de matelots, sous un prétexte futile, cassaient les glaces au café de Paris et rossaient les consommateurs. On se serait cru revenu à certains jours de la guerre. Une demoiselle sentimentale qui avait emmené « un gentil petit matelot » pour lui jouer du piano, passa par la fenêtre ainsi que divers meubles et la partition de la Tosca. La propriétaire de l'hôtel qui était sortie pour voir ce qui se passait reçut le seau hygiénique sur la tête. Bref le soir d'escale fut très réussi. Aujourd'hui les équipages sont consignés. M. Curty se plaint de douleurs internes, le matelot est à l'hôpital et l'on compte les verres cassés de divers côtés. — ROCHER.


BnF Gallica
L'Echo d'Alger  10-07-1934
L'Ouest-Eclair 08-07-1934
L'oeuvre 08-07-1934