29 mai 2026

Patrouilleur Hauturier Jacques Trolley de Prévaux contre-amiral aéronautique navale résistant

 Jacques Trolley de Prévaux

contre-Amiral



Le futur patrouilleur hauturier Trolley de Prévaux, premier de la nouvelle génération de patrouilleurs de la Marine nationale, possède désormais son motif symbolique officiel, validé par le Service historique de la Défense. Imaginé par l’équipage avant même la mise à l’eau du navire prévue début 2026, cet insigne rend hommage au contre-amiral Jacques Trolley de Prévaux (1888-1944), pionnier de l’aéronautique navale et grande figure de la Résistance française.

Hangar à Dirigeable Marquise Rinxent

Le motif évoque plusieurs aspects de sa carrière. Les ailes de l’aéronavale, les étoiles et la roue de gouvernail rappellent son engagement comme pilote et commandant de bases dirigeables durant la Première Guerre mondiale, période pendant laquelle il reçut la Croix de guerre 1914-1918.

En février 1920 il intègre le Cabinet du Ministre de la Marine avant de commander une canonnière, La Diligente, pendant deux ans.



Capitaine de corvette en 1923, il est nommé l'année suivante commandant du Centre d'aéronautique navale de Cuers-Pierrefeu dans le Var où il retrouve les dirigeables.

Il est nommé attaché naval à Berlin de 1926 à 1930, de retour en France il reçoit un commandement en mer, celui de l'Altaïr, aviso colonial basé à Shanghai.

Jacques de Prévaux se trouve affecté en 1934 à la base d'aviation de Rochefort jusqu'en 1936 ; enfin, il est auditeur au Centre des Hautes Etudes Navales (CHEN) et au Centre des Hautes Etudes de Défense Nationale (CHEDN).


Promu au grade de capitaine de vaisseau en 1937, il prend, en août 1938, le commandement du croiseur Duguay-Trouin.


En 1940, il se trouve immobilisé avec la Flotte à Alexandrie ; tombé gravement malade, il est rapatrié et débarque à Toulon en novembre 1940.


L’insigne souligne également son rôle dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Opposé au régime de Vichy, il rejoint le réseau F. Messager sous le nom de code « Vox », représenté par un « V » central. Le fond bleu marine, l’ancre et le cordage symbolisent l’action de la Marine en Méditerranée, où il transmit des renseignements essentiels pour préparer le débarquement de Provence et la libération de Marseille. La Croix de Lorraine rappelle enfin son engagement dans la France libre et son titre de Compagnon de la Libération.


Il se dépense sans compter, se partageant entre ses déplacements clandestins et la gestion de la société de produits alimentaires qu'il vient de créer. Il fournit aux Alliés des renseignements de la plus grande importance sur les transports allemands pour l'Afrique, les mouvements des unités navales, le contrôle des aérodromes, les travaux de fortifications, etc. Reconnaissant ses mérites, le gouvernement anglais lui décerne alors la Distinguished Service Order.


Lotka Leitner -
Charlotte Trolley de Prévaux

Arrêté par la Gestapo à Marseille en 1944, Jacques Trolley de Prévaux fut fusillé à Lyon avec son épouse Charlotte, elle aussi résistante. 









À travers ce patch porté quotidiennement à bord, l’équipage du futur patrouilleur perpétue aujourd’hui la mémoire et les valeurs de courage, de fidélité et d’engagement incarnées par cet officier de marine.


https://www.dgse.gouv.fr/fr/la-dgse/nos-actualites/vox-kalo-une-histoire-damour-tragique-au-coeur-du-renseignement-francais

https://www.defense.gouv.fr/drm/actualites/serie-memoire-du-renseignement-militaire-episode-5-vox-kalo-lhistoire-damour-tragique-deux-agents

28 mai 2026

PH Trolley de Prévaux patrouilleur hauturier Piriou Concarneau 2026

 PH Trolley de Prévaux

Le jeudi 5 février 2026, à Concarneau, le chantier naval Piriou a procédé à la mise à l’eau du Trolley de Prévaux, premier patrouilleur hauturier (PH) destiné à la Marine nationale française. Cette étape symbolique marque une avancée majeure dans le renouvellement des capacités de surveillance et d’intervention maritime de la France.


Construit sous maîtrise d’œuvre d’ensemble de la Direction générale de l’armement (DGA), le bâtiment inaugure une nouvelle génération de patrouilleurs conçus pour remplacer progressivement les anciens avisos A69 et certains patrouilleurs vieillissants encore en service. Le programme prévoit à terme dix unités, dont les sept premières ont été commandées en 2023 dans le cadre de la Loi de programmation militaire 2024-2030.


Le Trolley de Prévaux est issu d’une coopération industrielle inédite entre trois grands chantiers navals français : Piriou à Concarneau, CMN à Cherbourg et Socarenam dans le nord de la France. Cette alliance, coordonnée autour d’une conception de Naval Group, illustre une volonté stratégique de préserver et renforcer les compétences nationales dans le domaine naval militaire.

Long d’environ 92 mètres pour un déplacement proche de 2400 tonnes à pleine charge, le futur patrouilleur hauturier a été conçu pour assurer des missions très variées : surveillance des espaces maritimes français, police des pêches, lutte contre les trafics, sauvegarde des approches maritimes, soutien à la dissuasion nucléaire, protection des intérêts économiques et participation aux opérations navales de basse à moyenne intensité.


Le bâtiment embarquera des équipements de dernière génération : radar tridimensionnel NS54, sonar de coque BlueWatcher, système de combat SETIS-C dérivé de celui des frégates FREMM, canon RapidFire de 40 mm, système surface-air Simbad-RC équipé de missiles Mistral 3, ainsi que des drones et un hélicoptère H160M Guépard.

Au-delà de ses caractéristiques techniques, le Trolley de Prévaux porte une forte dimension mémorielle. Son nom rend hommage à Jacques et Lotka Trolley de Prévaux, figures de la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale, exécutés par les nazis en 1944. Cette nouvelle série de patrouilleurs perpétue ainsi la tradition de mémoire combattante de la Marine nationale, plusieurs unités devant porter des noms liés à la Résistance et à la France libre.

Après sa mise à l’eau, le bâtiment entre désormais dans une longue phase d’achèvement à quai et d’essais. Les équipes de la Marine nationale commencent déjà à se familiariser avec ce futur navire appelé à devenir l’un des piliers de l’action de l’État en mer au cours des décennies à venir. Son admission au service actif est envisagée à l’horizon 2028, avec une affectation prévue à Brest.

Sources 

OPEX 360

Cols Bleus

Ordre de la libération


27 mai 2026

SNA PERLE déconstruction à Cherbourg sous-marin nucléaire d'attaque Toulon

 SNA PERLE départ pour reconstruction à Cherbourg


Un grand pavillon tricolore flottant entre ses mâts, une dernière silhouette noire glissant dans la rade au lever du jour. Ce mercredi 20 mai au matin, le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Perle a quitté la base navale pour ne plus jamais y revenir. Après 33 ans passés au service de la France, le bâtiment met le cap sur Cherbourg, où il sera retiré du service actif puis désarmé.

Revenu brièvement en rade des Vignettes dans l’après-midi pour débarquer quelques passagers embarqués le matin, le sous-marin est ensuite reparti, cette fois pour de bon. Un départ que la Marine nationale a tenu à saluer publiquement, évoquant sur le réseau social X un bâtiment qui aura servi « au service de la France ».


 Après trente-trois ans passés à jouer à cache-cache sous les océans, le dernier Rubis de sa génération a mis le cap vers Cherbourg pour son ultime mission : finir en puzzle métallique géant sous les chalumeaux des démolisseurs. C'est l'Améthyste qui sera le dernier SNA de la classe Rubis


La Perle devant Balaguer d'après photo Francis Jacquot

On imagine presque les mouettes de la rade lancer un dernier « salut vieux frère ! » pendant que le sous-marin glissait hors du port, fier malgré ses rides de tôles et ses milliers d’heures passées dans les profondeurs. Car le Perle, ce n’était pas seulement un tas d’acier nucléaire. C’était un vétéran. Un survivant même. 



En 2020, après l’incendie qui avait éventré son avant, beaucoup le croyaient promis à la casse. Mais la Marine lui avait offert une seconde vie digne d’un film de science-fiction naval : on lui avait greffé le nez du Saphir, son cousin désarmé. Une opération Frankenstein version arsenaux de Cherbourg.



Revenu à flot en 2023 contre toute attente, le Perle avait repris la mer avec l’élégance cabossée des vieux aventuriers. Un peu rafistolé, certes, mais toujours capable de filer discrètement sous les vagues pendant que le reste du monde dormait tranquille au-dessus.



Cette fois pourtant, pas de retour prévu. À Cherbourg, les ouvriers ne l’attendent pas avec une caisse à outils mais avec des plans de déconstruction. Le vieux sous-marin va être démonté morceau par morceau, comme on démonte une légende après le dernier rappel. On imagine déjà les anciens sous-mariniers lever leur verre :



« Adieu la Perle. Tu finis en morceaux… mais quelle sacrée histoire tu laisses derrière toi. »


Et pendant que les nouveaux géants de la classe Suffren prennent la relève, quelque part dans la rade de Toulon, il manque désormais une silhouette noire à l’appel. Un vide discret. Presque silencieux. Exactement comme un sous-marin.


Merci à Paul Roy

26 mai 2026

Le centre SIROCO CAP-MATIFOU Jean Gabin Algérie Alger

 Le Centre Siroco du Cap Matifou



Berceau des fusiliers-marins et des commandos marine. Le nom « Siroco » au Cap Matifou ne vient pas directement des commandos eux-mêmes, mais du site qui existait avant leur installation.

Après le débarquement allié de 1942 en Afrique du Nord, la Marine française récupère au Cap Matifou, près d’Alger, les installations d’un ancien chantier de jeunesse appelé « Centre Siroco ». Lorsque l’École des fusiliers marins et commandos s’y installe en 1945, le nom est conservé par tradition. 

Le mot « siroco » désigne aussi le vent chaud venant du Sahara et soufflant vers la Méditerranée. Le choix initial du nom pour le camp faisait probablement référence à ce vent nord-africain, très connu dans la région. 🌬️

Avec le temps, « Siroco » est devenu un nom presque mythique chez les fusiliers marins et commandos. Le « Centre Siroco » du Cap Matifou était réputé pour ses entraînements extrêmement durs et a marqué des générations de commandos marine pendant la période 1945-1962.




À l’extrémité orientale de la baie d’Alger, face à la Méditerranée, le Cap Matifou abrita pendant près de vingt ans un lieu devenu presque légendaire dans l’histoire de la Marine nationale française : le Centre Siroco. Pour plusieurs générations de marins, ce nom évoquait les parcours d’assaut brûlés de soleil, les falaises dominant la mer, les exercices amphibies et une formation réputée parmi les plus exigeantes de l’après-guerre.

Le Centre Siroco trouve son origine durant la Seconde Guerre mondiale. À l’origine, le site appartenait aux Chantiers de jeunesse de la Marine créés sous le régime de Vichy. Après le débarquement allié de novembre 1942 en Afrique du Nord, les installations sont reprises par les Forces navales françaises libres. Un vaste centre de formation maritime y est progressivement organisé pour accueillir les recrues venues d’Algérie, du Maroc, de Tunisie et de toute l’Afrique du Nord française.


À partir de 1943, le Centre Siroco devient un immense centre d’instruction de la Marine. On y forme des mécaniciens, des timoniers, des canonniers, mais surtout des fusiliers-marins. Lorsque Lorient, détruite par les bombardements, ne peut plus accueillir l’école historique des fusiliers-marins, celle-ci est recréée au Cap Matifou en 1945. Le Centre Siroco devient alors la véritable « Mecque » des fusiliers-marins français.


Les terrains alentours se prêtent parfaitement à l’entraînement : plages pour les débarquements, reliefs escarpés pour les parcours commando, pistes d’obstacles, exercices de tir et manœuvres amphibies. C’est là que se développent les premières doctrines des futurs commandos marine français. En 1946, la Marine décide officiellement de créer des formations commandos permanentes. Plusieurs unités célèbres y voient le jour dans les années suivantes, notamment les futurs commandos Trépel, Hubert ou Jaubert.


Le Centre Siroco reste également associé à la guerre d’Algérie. La demi-brigade de fusiliers-marins (DBFM) y est entraînée avant ses opérations dans les djebels algériens. Des milliers de marins y passent chaque année, dans des stages réputés extrêmement durs physiquement.


En 1962, après l’indépendance de l’Algérie, le Centre Siroco est dissous et l’école des fusiliers-marins rejoint la Bretagne, d’abord dans des installations provisoires puis définitivement à Lorient, où elle demeure aujourd’hui.

Jean Gabin au Centre Siroco

L’histoire du Centre Siroco possède aussi une dimension presque romanesque grâce à la présence d’un instructeur très particulier : Jean Gabin.

Sous son vrai nom Jean Moncorgé, l’acteur rejoint les Forces navales françaises libres pendant la guerre. Refusant les affectations de propagande artistique proposées par les autorités françaises libres, il souhaite participer directement au combat. Après avoir servi comme canonnier sur le pétrolier ravitailleur Élorn, il est affecté comme instructeur au Centre Siroco, au Cap Matifou.


Plusieurs témoignages d’anciens marins évoquent sa présence au centre. Il y encadre les jeunes fusiliers-marins avec une réputation de discipline sévère mais juste. Les stagiaires le surnomment souvent « Pépé le Moko », référence à son célèbre film tourné avant-guerre à Alger.

La référence historique la plus solide figure dans l’étude universitaire Le Centre Siroco ou l’instruction d’une guerre à l’autre, publiée dans la Revue historique des armées :

« Un instructeur laissera une trace dans les souvenirs des jeunes engagés, le second-maître Moncorgé, plus connu sous le pseudonyme de Jean Gabin ».

Des photographies d’époque montrent également Jean Gabin encadrant des stages de fusiliers-marins au Cap Matifou en 1943 et 1944.

Après son passage au Centre Siroco, Gabin rejoint finalement le Régiment blindé de fusiliers-marins (RBFM) de la 2e DB du général Leclerc. Il participe aux combats de la poche de Colmar puis à la campagne d’Allemagne comme chef de char.

Aujourd’hui encore le nom de Siroco garde une résonance particulière. C’était un lieu d’instruction, de fraternité, de dépassement physique et d’apprentissage du combat. Un morceau d’histoire navale française suspendu entre Alger, la Méditerranée et la légende des commandos marine.


25 mai 2026

Corvette Gants Blancs 2026 la Ménagerie Ecole navale BE Chacal

Corvette Gants Blancs 2026 la Ménagerie

Les officiers de marine ont vocation à assurer des fonctions d’encadrement et de commandement au sein des unités opérationnelles : navires de combat, sous-marins, flottilles de l’aéronautique navale, commandos marine. Ils assureront dès leur arrivée dans les forces la mise en œuvre de systèmes considérés comme parmi les plus complexes conçus par l’homme. C’est la raison pour laquelle l’École navale délivre un diplôme d’ingénieur. 


Le Chacal devant Saint-Malo © JM Bergougniou
La « corvette Gants blancs » est une phase emblématique de formation des élèves-officiers, effectuée sur les bâtiments-écoles de la « Ménagerie » comme le Lion, le Lynx, le Jaguar ou le Tigre.

Pourquoi ce nom un peu théâtral, presque opéra naval en vareuse blanche ?
Parce que les élèves prennent le quart en tenue de cérémonie… avec des gants blancs. Traditionnellement, ils doivent apprendre à commander sans intervenir physiquement sur les commandes de la passerelle. Ils dirigent, observent, anticipent, donnent les ordres. Le navire devient une sorte d’échiquier mouvant dans l’Atlantique.


24 mai 2026

POM Philippe BERNARDINO Tahiti Bataillon du Pacifique Compagnon Libération Patrouilleur Outremer

POM Philippe Bernardino


Les compagnons de la Libération

BREST RIVE DROITE CC-T125271BDIS2929200 BREST


1038 personnes, cinq communes françaises et dix-huit unités combattantes sont Compagnon de la Libération. Un peu plus de 700 Compagnons ont survécu à la guerre. 270 sont nommés à titre posthume. 50, déjà Compagnons, sont morts au combat ou en service commandé avant la fin de la guerre. L'Ordre est de nouveau exceptionnellement ouvert par le général de Gaulle, qui attribue la croix de la Libération à Winston Churchill (1958) et au Roi d'Angleterre George VI (1960). Presque les trois-quart des Compagnons de la Libération sont issus des rangs de la France libre et un quart des rangs de la Résistance intérieure.


Philippe Bernardino



Né le 23 septembre 1915 à Mataiea (Tahiti), Philippe Bernardino opte pour la carrière militaire en 1936.

Dès le ralliement de l'Océanie à la France Libre en septembre 1940, il s'engage comme volontaire au corps expéditionnaire du Pacifique en formation sous la responsabilité du commandant Broche.
Il est nommé successivement caporal puis sergent, grade qu'il assume en mai 1941, date du départ des volontaires du Bataillon du Pacifique (BP 1).

El-Alamein

Philippe Bernardino participe à toutes les campagnes du bataillon et d'abord la Libye en 1942 et notamment Bir-Hakeim.
Promu sergent-chef, il est intégré ensuite au Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique (BIMP) nouvellement créé par la fusion des éléments du 1er Bataillon d'Infanterie de Marine (1er BIM) et du Bataillon du Pacifique restés opérationnels après Bir-Hakeim.

Il combat successivement à El Alamein, en Tripolitaine, en Tunisie, en Italie, et pendant la campagne de France jusqu'à la relève des Tahitiens en novembre 1944 dans les Vosges. "Type accompli du soldat énergique, courageux et sûr", il est promu adjudant et reçoit sa deuxième citation.

BREST RIVE DROITE CC-T125271BDIS2929200 BREST


Après la guerre, il effectue un séjour de trois ans à Tahiti puis, de 1949 à 1951, sert au 3ème RIC à Versailles.


Cimet!ère de l'Uranie Papeete d'après Tahiti-Info 



De 1952 à 1954 il est en Indochine et, promu adjudant-chef, titulaire de quatre citations, il est affecté à Papeete avant de prendre sa retraite en septembre 1958.
Philippe Bernardino est décédé à Papeete le 4 janvier 1963. Il a été inhumé au cimetière de l'Uranie à Papeete.




23 mai 2026

400 ans de la Marine Souvenirs réalisés par la section Ile de France Richelieu et la Marine 1626 2026 Richelieu Louis XIII

400 ans de la Marine  Souvenirs réalisés par la section Ile de France

La France dans le monde en 1626

Statue de Richelieu à Luçon © JM Bergougniou

Louis XIII règne. Richelieu monte en puissance. L’Europe est en ébullition avec la guerre de Trente Ans. Les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche encerclent littéralement la France. Au sud, l’Espagne domine les mers avec ses galions et l’or américain. Au nord, les Provinces-Unies et l’Angleterre deviennent des puissances maritimes redoutables.
La France possède deux façades maritimes stratégiques:
l’Atlantique et la Manche vers les routes commerciales du Nord et l’Amérique,
la Méditerranée face aux Espagnols et aux Barbaresques.
Mais le royaume reste avant tout terrestre. L’armée absorbe l’essentiel des moyens. La mer passe après.

Détail d'un vitrail de l'église de Brouage © JM Bergougniou


Les colonies françaises existent déjà, mais elles ressemblent encore à des graines dispersées:
Québec est fondée en 1608 par Champlain,
l’Acadie survit difficilement, quelques comptoirs apparaissent aux Antilles, le commerce avec Terre-Neuve pour la morue est vital, des pêcheurs bretons, normands et basques traversent l’Atlantique chaque année.
La France n’a pas encore d’empire colonial comparable à celui de l’Espagne ou du Portugal. Elle possède surtout des promesses.

Le roi dispose:

de quelques vaisseaux royaux,
de galères en Méditerranée,
de navires loués à des armateurs privés,
de bâtiments fournis par les ports ou les villes,
et surtout de corsaires et marchands mobilisés en cas de guerre.
La flotte royale est faible et dispersée. Certaines estimations évoquent moins de vingt véritables navires de guerre utilisables immédiatement.
Face à elle:
l’Espagne aligne des galions puissants,
les Provinces-Unies possèdent une marine marchande gigantesque,
l’Angleterre développe des navires d’artillerie modernes.
La France ressemble alors à un chantier en retard tandis que ses voisins lancent déjà des escadres océaniques.

Les ports du royaume

Brouage les remparts © JM Bergougniou

Chaque façade maritime vit presque dans son propre monde.
Sur l’Atlantique:
Brouage,
La Rochelle,
St-Malo et St-Servan © JM Bergougniou

Rochefort n’existe pas encore comme arsenal royal,
Nantes commerce surtout,
Saint-Malo arme pour la course,
Le Havre devient important.

En Méditerranée:
Marseille domine le commerce,
Toulon reste modeste mais stratégique,
les galères sont basées notamment à Marseille.
Brest n’est pas encore le géant naval qu’il deviendra sous Colbert et Louis XIV. En 1626, c’est davantage une rade remarquable qu’un grand arsenal moderne.
Construire un navire: une forêt transformée en forteresse flottante
Un vaisseau du XVIIe siècle est une cathédrale de bois.
Pour construire un grand bâtiment, il faut:
  • des milliers de chênes,
  • du pin pour les mâts,
  • du chanvre pour les cordages,
  • du goudron,
  • du fer,
des voiles en toile de lin ou de chanvre.
La marine dévore les ressources du royaume.
Un seul grand navire peut nécessiter:
plus de 2 000 chênes,
plusieurs kilomètres de cordages,
des dizaines de tonnes de fer.

Le cordage est un enjeu stratégique majeur. Sans cordes, pas de manœuvre. Sans manœuvre, un navire devient un château immobile livré au vent.

Statue de Richelieu Eglise de Brouage
© JM Bergougniou
Les voiles, elles aussi, demandent une immense industrie textile. Les ateliers de corderie et de voilerie sont les poumons invisibles de la puissance maritime.



En 1626, la marine française repose surtout sur les pêcheurs, marchands, corsaires et marins côtiers, tandis que les équipages professionnels restent peu nombreux et dispersés. La vie à bord est très dure, marquée par les maladies, la mauvaise nourriture et une discipline sévère. Les capitaines sont avant tout des hommes d’expérience plus que des officiers formés, dans une navigation encore incertaine et dépendante des éléments. Richelieu comprend alors qu’une grande puissance ne peut exister sans force navale solide. Il lance ainsi les bases d’une véritable marine royale avec arsenaux, vaisseaux, administration et organisation centralisé


Merci à Joël Moreau

Patrouilleur Hauturier Jacques Trolley de Prévaux contre-amiral aéronautique navale résistant

 Jacques Trolley de Prévaux contre-Amiral Le futur patrouilleur hauturier Trolley de Prévaux, premier de la nouvelle génération de patrouill...