12 juillet 2026

Passage de la ligne 5 mai 2026 PHA Dixmude FLF Aconit Equateur

Passage de la ligne 5 mai 2026 PHA Dixmude FLF Aconit

Le 5 mai 2026, le PHA Dixmude, accompagné de la frégate Aconit, franchit l'Équateur lors de la mission Jeanne d'Arc 2026. Fidèle à la tradition de la Marine, les "néophytes" participent à la cérémonie du passage de la Ligne sous l'autorité symbolique de Neptune. Une griffe postale spéciale, « Passage de l'Équateur – Tremblez néophytes », réalisée par le service postal embarqué, immortalise cet événement.


**V10270 **  SPID La Poste  05 mai 2026


Le passage de la Ligne, c'est-à-dire le franchissement de l'équateur, est l'une des plus anciennes traditions du monde maritime. Encore pratiquée aujourd'hui dans de nombreuses marines militaires, dont la Marine nationale, cette cérémonie marque l'entrée symbolique d'un marin dans le cercle des « anciens » ayant navigué dans les deux hémisphères.

L'origine de cette coutume remonte aux Grandes Découvertes des XVe et XVIe siècles. Avec les expéditions de Christophe Colomb vers l'ouest et de Vasco de Gama vers les Indes en contournant l'Afrique, les navigateurs européens franchissent régulièrement l'équateur. Ce passage, alors considéré comme mystérieux et dangereux, devient un moment particulier de la navigation. Les longues traversées offrent aussi l'occasion d'organiser une fête destinée à rompre la monotonie de la vie à bord.

avec l'aimable participation de chatGPT

Très rapidement naît un véritable rite initiatique. Les marins ayant déjà franchi « la Ligne », appelés les anciens ou chevaliers des mers, accueillent les néophytes. Le dieu romain Neptune, maître des océans, monte symboliquement à bord, accompagné de sa cour – Amphitrite, Tritons, médecins, barbiers et greffiers. Joué par un marin expérimenté, Neptune prend temporairement le commandement du navire dans une inversion symbolique des rôles, caractéristique des rites de passage.

Les néophytes sont alors soumis à diverses épreuves, dont la nature a beaucoup évolué au fil du temps. Autrefois parfois très rudes, elles consistent aujourd'hui en jeux, maquillages, aspersions d'eau de mer ou parcours humoristiques. À l'issue de la cérémonie, chaque participant est déclaré « chevalier des mers » et reçoit un certificat de passage de la Ligne, qu'il conservera tout au long de sa carrière maritime. Dans plusieurs marines, ce document doit être présenté lors des passages ultérieurs afin d'éviter un nouveau baptême.

Les ethnologues considèrent cette cérémonie comme un véritable rite de passage, comparable à ceux décrits par Arnold Van Gennep. Le marin quitte symboliquement son ancien statut pour intégrer la communauté des navigateurs expérimentés. La mise en scène de Neptune, le renversement momentané de la hiérarchie et la délivrance d'un diplôme traduisent cette transformation sociale autant que symbolique.

Dans la Marine nationale, cette tradition demeure bien vivante, même si elle est aujourd'hui strictement encadrée afin de respecter la dignité des participants. Elle constitue avant tout un moment de cohésion, de transmission des traditions et de partage entre générations de marins.


Timbre TAAF Kerguelen Claude Charles Marie du Campe de ROSILY MESROS philatélie création philatélique Terres Australes et Antarctiques Françaises

TIMBRE TAAF ROSILY-MESROS

Dans la continuité des 400 ans de la Marine, je souhaiterai proposer la création d'un timbre à l'effigie de Rosily-Mesros.

Personnage de la Marine un peu oublié, il mériterait largement une petite vignette collante. Que les clubs philatéliques spécialisés ou non dans le polaire reprennent cette idée à leur compte!



La création d'un timbre consacré à Claude Charles Marie du Campe de Rosily-Mesros présenterait un véritable intérêt historique, maritime et patrimonial. Voici les principaux arguments qui peuvent être développés dans un dossier de proposition adressé à la commission des TAAF.

 Un grand marin au service de la France

Rosily-Mesros est l'une des figures majeures de la Marine française entre la fin de l'Ancien Régime, la Révolution, le Consulat, le Premier Empire et la Restauration. Peu d'officiers ont connu une carrière aussi longue tout en restant au service de l'État malgré les changements de régime.

Il incarne la continuité de la Marine française pendant plus d'un demi-siècle.

Un acteur de la renaissance de la Marine sous Napoléon

Après les pertes subies pendant la Révolution, Rosily participe activement à la reconstruction de la puissance navale française.

Nommé directeur du Dépôt des cartes et plans, puis ministre de la Marine par intérim, il contribue à :

  • la réorganisation des arsenaux ;
  • la modernisation de l'hydrographie ;
  • le développement de la cartographie maritime ;
  • la formation des officiers.

Son action administrative est souvent plus durable que ses opérations militaires.

Un scientifique autant qu'un marin

Rosily appartient à cette génération d'officiers savants.

Il participe à :

  • des campagnes hydrographiques ;
  • des observations astronomiques ;
  • des levés de côtes ;
  • l'amélioration des cartes marines françaises.

Il illustre parfaitement le lien entre navigation, science et connaissance du monde.




4. Un acteur des grandes expéditions du XVIIIᵉ siècle

Il participe aux campagnes navales de la fin du règne de Louis XVI et accompagne notamment les grandes expéditions destinées à soutenir l'indépendance américaine.

Son parcours rappelle le rôle essentiel de la Marine française dans l'histoire mondiale.

Le dernier commandant français à Trafalgar

Après la mort de Pierre-Charles Villeneuve, Rosily reçoit le commandement de la flotte réfugiée à Cadix.

Il tente de sauver ce qui reste de la marine impériale dans un contexte extrêmement difficile.

Cet épisode fait de lui un témoin direct de l'un des plus célèbres événements de l'histoire navale.


Une personnalité encore insuffisamment honorée

Contrairement à de nombreux amiraux français :

  • Pierre André de Suffren ;
  • Louis-René de Latouche-Tréville ;
  • Thomas Cochrane (à l'étranger) ;

Rosily demeure relativement méconnu du grand public malgré une carrière exceptionnelle.

Un timbre contribuerait à réparer cet oubli.

Une dimension patrimoniale

Son nom demeure attaché :

  • au Dépôt des cartes et plans de la Marine ;
  • à plusieurs bâtiments de la Marine nationale ;
  • à différents toponymes maritimes.

Il est notamment associé au cap Rosily dans l'archipel des Îles Kerguelen, témoignage durable de son importance pour l'histoire maritime française.

Une cohérence avec les émissions philatéliques françaises

La philatélie française rend régulièrement hommage :

  • aux grands explorateurs ;
  • aux savants ;
  • aux officiers de marine ;
  • aux personnalités ayant contribué au rayonnement scientifique et maritime de la France.

Rosily réunit ces quatre dimensions.

Un intérêt pour plusieurs publics

Le timbre toucherait :

  • les collectionneurs ;
  • les passionnés d'histoire maritime ;
  • les associations navales ;
  • les musées maritimes ;
  • les écoles navales ;
  • les historiens de l'époque napoléonienne ;
  • les amateurs des Terres australes françaises.

Une iconographie riche

Rosily offre plusieurs possibilités graphiques :

  • son portrait officiel en uniforme d'amiral ;
  • une carte marine issue du Dépôt hydrographique ;
  • un navire de ligne de 74 ou 80 canons ;
  • un compas, un sextant ou une carte nautique ;
  • le cap Rosily aux Kerguelen ;
  • un décor évoquant le Premier Empire.

L'ensemble permettrait la réalisation d'un timbre élégant, historique et immédiatement identifiable.

En conclusion

La création d'un timbre consacré à Claude Charles Marie du Campe de Rosily-Mesros répondrait pleinement aux objectifs de la philatélie française : 

mettre en lumière une personnalité dont l'action a profondément marqué l'histoire maritime nationale. Marin, administrateur, hydrographe et homme de science, Rosily incarne la continuité de la Marine française à travers les bouleversements politiques de la fin du XVIIIᵉ et du début du XIXᵉ siècle. 

Un tel hommage contribuerait à mieux faire connaître son œuvre auprès du grand public tout en enrichissant le patrimoine philatélique français par une émission associant mémoire historique, patrimoine maritime et excellence scientifique.


11 juillet 2026

Vice-amiral Rosily-Mesros Kerguelen TAAF 400 ans sur toutes les mers du monde, Cadix,

 Vice-amiral Rosily-Mesros 

François Étienne de Rosily-Mesros, l'amiral que Napoléon destinait à Trafalgar



Parmi les officiers généraux de la Marine impériale, François Étienne de Rosily-Mesros (1748-1832) occupe une place singulière. Marin expérimenté, hydrographe reconnu et administrateur de talent, il reste surtout dans l'histoire comme l'amiral que Napoléon avait choisi pour remplacer Villeneuve... quelques jours avant la bataille de Trafalgar.

Né à Brest le 13 janvier 1748, Rosily entre très jeune dans la Marine royale. Il participe à la guerre d'Indépendance américaine et se distingue par ses qualités de navigateur. Passionné d'hydrographie, il effectue plusieurs missions scientifiques en Méditerranée, dans l'océan Indien et jusqu'en Extrême-Orient, contribuant à l'amélioration des cartes marines françaises. 



Contrairement à de nombreux officiers de son époque, il reste au service de la France pendant la Révolution. Son expérience lui vaut d'accéder aux plus hautes responsabilités sous le Consulat puis sous le Premier Empire.



En 1805, Napoléon perd confiance dans le vice-amiral Villeneuve, commandant de la flotte franco-espagnole réfugiée à Cadix. Il décide de le remplacer par Rosily-Mesros. Mais lorsque celui-ci arrive en Espagne, Villeneuve a déjà quitté le port. Le 21 octobre 1805, la bataille de Trafalgar se solde par la destruction de la flotte franco-espagnole. 

Rosily ne prendra jamais le commandement que l'Empereur lui destinait.

le port de Cadix


Il conserve néanmoins la direction des navires français restés à Cadix. En juin 1808, après le soulèvement de l'Espagne contre Napoléon, il doit capituler devant les forces espagnoles et britanniques, mettant un terme à la présence navale française dans ce port stratégique.



La seconde partie de sa carrière est consacrée à l'administration de la Marine. À la tête du Dépôt des cartes et plans, il modernise l'hydrographie française, encourage les levés nautiques et participe à la réorganisation des arsenaux impériaux. Son œuvre scientifique aura une influence durable sur la navigation française tout au long du XIXᵉ siècle.


Moins connu que Suffren ou Villeneuve, François Étienne de Rosily-Mesros demeure pourtant l'une des grandes figures de la Marine napoléonienne : un officier dont les compétences techniques et administratives furent aussi précieuses que les talents de commandement en mer.




François Étienne de Rosily-Mesros

François Étienne de Rosily-Mesros (1748–1832) est un amiral, hydrographe et explorateur français qui servit sous l'Ancien Régime, la Révolution et l'Empire. Il est surtout connu pour ses travaux cartographiques, ses expéditions maritimes et son rôle dans les événements qui suivirent la bataille de Trafalgar, ce qui en fait une figure marquante de l'histoire navale française. 


Jalons de sa carrière



Au début de sa carrière, Rosily participe aux expéditions de découverte menées par Yves-Joseph de Kerguelen et Louis de Saint-Aloüarn dans les mers australes. Au cours de ces voyages, il réalise des relevés hydrographiques précis des côtes de l'Australie occidentale, de la mer de Chine, de l'océan Indien et d'autres régions d'Asie, travaux qui lui valent une solide réputation de cartographe et de navigateur. 


Service militaire et commandement

 la guerre d'indépendance américaine puis les guerres de la Révolution et de l'Empire, Rosily commande plusieurs bâtiments et gravit progressivement les échelons jusqu'au grade de vice-amiral. En 1805, Napoléon le désigne pour remplacer l'amiral Villeneuve à la tête de la flotte franco-espagnole de Cadix, mais Villeneuve prend la mer avant son arrivée et la flotte est défaite à la bataille de Trafalgar. Rosily prend ensuite le commandement des navires français rescapés, avant de capituler à Cadix en 1808 face aux forces espagnoles et britanniques. 


Contributions scientifiques

Carte dressée par l'enseigne de Rosily

Au-delà de sa carrière militaire, Rosily dirige le Dépôt des cartes et plans de la Marine, où il supervise la production et l'amélioration des cartes nautiques françaises. Il siège également au Bureau des longitudes et devient membre libre de l'Académie des sciences en 1816, illustrant l'importance de son apport à l'hydrographie et aux sciences de la navigation. 


Héritage

Rosily est créé comte de l'Empire en 1809. Son nom figure parmi ceux gravés sur l'Arc de Triomphe à Paris en hommage aux grands chefs militaires français. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, où son monument funéraire met en avant aussi bien ses campagnes navales que ses réalisations scientifiques et cartographiques. 

Le saviez-vous ?

Carte cap Rosily © JM Bergougniou

Rosily participa à la deuxième expédition de Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec en 1773-1774. Lors de cette campagne, son navire fut séparé de celui de Kerguelen, et il fut recueilli par le vaisseau Le Gros Ventre commandé par Louis Aleno de Saint-Aloüarn. Cette expédition le conduisit notamment vers les Kerguelen puis les côtes de l'Australie occidentale, où il réalisa d'importants travaux hydrographiques.

Péninsule Rallier du Baty - Cap de Rosily © JM Bergougniou


L'oeuvre scientifique de François Étienne de Rosily-Mesros ne fut pas oubliée. Son nom a été donné au cap de Rosily, sur la côte occidentale des îles Kerguelen, dans les Terres australes françaises. Ce toponyme perpétue le souvenir d'un marin qui consacra une grande partie de sa carrière à l'hydrographie et à la cartographie navale, disciplines essentielles à la puissance maritime de la France.



08 juillet 2026

Quand Napoléon réorganise la justice de la Marine décret n°2040 1806

Le décret impérial n° 2040 de 1806 : quand Napoléon réorganise la justice de la Marine

Entrée de Napoléon à Berlin 27 octobre 1806 Charles Meynier

Le 12 novembre 1806, tandis que la Grande Armée occupe Berlin après les victoires d'Iéna et d'Auerstaedt, Napoléon ne se contente pas de conduire la guerre. 


Depuis son quartier impérial, il poursuit également la transformation de l'État français. Parmi les nombreux textes qu'il signe figure un décret aujourd'hui presque oublié : le décret impérial n° 2040, qui crée les tribunaux maritimes. Derrière ce texte administratif se cache pourtant une réforme majeure de la justice de la Marine impériale.


À cette époque, la France est engagée dans une guerre maritime permanente contre la Grande-Bretagne. Les grands arsenaux de Brest, Toulon, Rochefort ou Lorient emploient des milliers de marins, d'ouvriers, d'ingénieurs et d'administrateurs. La discipline, la sécurité des ports et la protection des arsenaux sont devenues des enjeux stratégiques. Les anciennes cours martiales maritimes, héritées de la Révolution, ne répondent plus aux besoins d'une marine en pleine expansion.

Le décret impérial n° 2040 est publié
dans le Bulletin des lois
de l'Empire français,
n° 125 (IVe série), pages 583 à 595.
L'exemplaire reproduit ici provient
de la collection de l'auteur.


Le décret de 1806 réforme entièrement cette organisation. Les anciennes juridictions sont supprimées et remplacées par des tribunaux maritimes permanents. Chaque tribunal rassemble des officiers de marine, des commissaires de la Marine, un ingénieur et deux magistrats civils. Cette composition illustre parfaitement la volonté de Napoléon d'associer les compétences militaires, techniques et judiciaires afin de rendre une justice adaptée aux réalités du monde maritime.





L'une des grandes innovations du texte réside dans la précision de la procédure. Le décret décrit minutieusement toutes les étapes : constatation des faits, enquête, interrogatoire du prévenu, audition des témoins, débats contradictoires, délibération et prononcé du jugement. Même si ces tribunaux restent des juridictions militaires, plusieurs garanties sont accordées aux accusés, notamment le droit d'être assistés d'un défenseur et la possibilité de faire entendre des témoins.



Bagnards à Toulon
Le texte introduit également un recours en révision, innovation remarquable pour une juridiction militaire de cette époque. Si ce recours demeure limité aux erreurs de procédure ou à une mauvaise application de la loi, il témoigne d'une volonté de contrôler la régularité des décisions rendues.


Le port de Toulon
Le décret ne se limite pas aux grands arsenaux. Il prévoit également l'organisation de tribunaux dans les autres ports militaires de l'Empire et fixe des règles particulières pour les bagnes et les chiourmes, où la discipline des forçats relève d'une justice spécifique.


L'importance accordée aux évasions et à leurs complices montre combien le maintien de l'ordre dans les établissements pénitentiaires maritimes constitue alors une préoccupation majeure.

juge de paix au premier empire 


Au-delà de son aspect juridique, ce texte illustre parfaitement la méthode de gouvernement de Napoléon : centraliser, codifier et uniformiser. Après le Code civil de 1804, il poursuit la modernisation de l'État en organisant de manière cohérente tous les domaines de l'administration, y compris la justice maritime.




Port de Brest


Aujourd'hui, le décret n° 2040 constitue une source précieuse pour les historiens de la Marine, du droit et des institutions. Il offre également un témoignage exceptionnel sur le fonctionnement quotidien des arsenaux impériaux, où la justice était considérée comme un élément indispensable de l'efficacité militaire.





La redécouverte de ce texte dans le Bulletin des lois de l'Empire français rappelle que les grands bouleversements de l'époque napoléonienne ne se résument pas aux champs de bataille. Ils se sont aussi construits dans les bureaux des ministères, les arsenaux et les tribunaux, où s'élaborait une administration moderne appelée à marquer durablement les institutions françaises.

Longtemps éclipsé par les grandes réformes civiles de Napoléon, le décret n° 2040 constitue pourtant l'un des textes fondateurs de la justice maritime française. Il témoigne de la volonté de l'Empereur d'imposer la même rigueur administrative aux arsenaux qu'aux administrations civiles, faisant des ports militaires des lieux où discipline, droit et efficacité militaire étaient désormais indissociables.

Sources

Histoire des bagnes depuis leur création à nos jours' (1877) by Pierre Zaccone



07 juillet 2026

Dragueur Amarante chasse aux mines D301 YMS-169

Dragueur Amarante 

D 301

D 301 Amarante

Le YMS-169 était un dragueur de mines auxiliaire à moteur de la classe YMS-1, construit aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa construction débuta le 22 septembre 1942 aux chantiers Dachel-Carter Shipbuilding Corporation de Benton Harbor (Michigan). Lancé le 24 avril 1943, il entra en service le 19 juin 1943. Transféré à la Marine française le 26 août 1944, il reçut le nom d'Amarante (D 301). 

US NAVY MAY 14 1944  USS YMS-169 
Définitivement cédé à la France le 21 mars 1949, il fut ensuite reclassé sous les numéros D-01, puis M-641. Désarmé le 8 mars 1961, son sort ultérieur demeure inconnu. Déplaçant 270 tonnes, long de 41,5 m, il était propulsé par deux moteurs diesel General Motors développant 1 760 ch au total, lui permettant d'atteindre une vitesse de 15 nœuds. Son armement comprenait un canon de 76 mm, deux canons de 20 mm et deux lanceurs de grenades sous-marines.
  • 1947 : transfert à la Marine nationale sous la désignation D.301.
  • 7 novembre 1947 : publication officielle dans Cols Bleus de son nouveau nom Amarante

US NAVY JUN 29 1944  USS YMS-169 
Lorsque la Seconde Guerre mondiale s'achève en 1945, les eaux françaises demeurent parmi les plus dangereuses du monde. Des dizaines de milliers de mines allemandes, britanniques et alliées encombrent encore la Manche, l'Atlantique et la Méditerranée. 

Les ports de Brest, Cherbourg, Le Havre, Lorient, Marseille ou Toulon ne retrouvent qu'une activité limitée tant que les chenaux d'accès ne sont pas entièrement sécurisés.

Pour la Marine nationale, le déminage devient alors une priorité absolue.

Les premiers travaux sont confiés à une flottille hétérogène composée de bâtiments alliés récupérés après-guerre, de chalutiers transformés en dragueurs et de quelques unités françaises survivantes.



Les YMS-1 (Yard Motor Minesweeper) étaient de petits dragueurs de mines côtiers construits en très grand nombre par les États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale. Leur caractéristique la plus remarquable était leur coque entièrement en bois, conçue pour réduire la signature magnétique du navire et limiter les risques de déclenchement des mines magnétiques. Cette construction, réalisée par des chantiers spécialisés dans les yachts et les bateaux en bois, faisait appel à des membrures robustes et à un bordé en bois soigneusement assemblé, garantissant à la fois légèreté, solidité et facilité de réparation.

Le numéro de Cols Bleus du 7 novembre 1947 rapporte la décision officielle d'attribuer leurs nouveaux noms français aux anciens dragueurs américains de type YMS

N° de coqueNom attribué
D.301Amarante
D.311Anémone
D.312Tiaré
D.313Armoise
D.314Asphodèle
D.315Aubépine
D.316Balsamine
D.317Basilic
D.318Belladone
D.321Campanule
D.322Capucine
D.323Clématite
D.324Lotus
D.325Dahlia
D.326Digitale
D.327Gentiane
D.331Géranium
D.332Glycine
D.333Hortensia
D.334Héliotrope
D.335Jasmin
D.336Jonquille
D.337Marjolaine
D.338Myosotis
D.351Perce-neige
D.352Pimprenelle
D.353Primevère
D.354Pétunia
D.355Genêt
D.356Zinnia



Juin 1952 : le dragueur côtier Amarante participe à l'exercice interallié OTAN « Castinets », organisé en Manche et en mer du Nord du 18 au 26 juin 1952, sous commandement britannique. L'exercice réunit environ 250 navires et 400 avions de neuf nations et a pour objectif l'entraînement aux opérations de protection du trafic maritime et de dragage de mines. L'Amarante figure parmi les dragueurs côtiers français engagés aux côtés notamment des ClématiteBasilicGenêtCentaurePimprenellePrimevère et Zinnia.

Le grand reportage : "Quand les dragueurs balaient la mer. Ceux qui les arment" par Pierre Boujol.

Dans cette seconde partie qui est est consacrée à bord du dragueur côtier Amarante.

On y apprend notamment :

  • déplacement : 280 tonnes ;
  • longueur : 42 mètres ;
  • propulsion : deux moteurs Diesel de 500 ch, plus un troisième moteur de 500 ch destiné à la drague ;
  • vitesse : 10 nœuds ;
  • équipage : 3 officiers et 35 hommes ;
  • le commandant de la division est embarqué à bord de l'Amarante ;
  • description très vivante de la vie quotidienne de l'équipage, de l'entretien du bâtiment, de la discipline, de la camaraderie et de l'instruction des réservistes.

Le reportage donne également des détails rarement conservés dans les archives :

  • le chien du bord s'appelle « Copain » ;
  • le chat s'appelle « Firmin », devenu infirme après s'être cassé une patte ;
  • le bosco est originaire de Paimpol ;
  • les équipages sont majoritairement bretons ;
  • les marins surnomment les dragueurs britanniques « Mickeys » et sont très fiers de leurs anciens BYMS américains.

Le journaliste conclut que les « fleurs » françaises (anciens YMS américains) sont jugées plus élégantes que les MMS britanniques et évoque déjà leur futur remplacement par les nouveaux dragueurs du type Sirius.

Dans la rubrique « Nouvelles diverses » du numéro de Cols Bleus du 13 mai 1961, on peut lire :

« Les avisos "Somme" et "Gazelle", l'escorteur côtier "Fantassin", les dragueurs "Amarante", "Campanule" et "Hortensia", le bâtiment de débarquement "Rance" (...) ont été condamnés le 8 mars. »

Sources

Cols Bleus

SHD Brest

2C 179 

https://www.navalcovermuseum.org/wiki/YMS_169

06 juillet 2026

LORIENT Océans 2026 BH LAPEROUSE 25 au 28 juin 2026

LORIENT Océans 

BH LAPEROUSE

Buste de La pérouse par Rude 
au musée de la Marine à Brest






Lorient Océans 2026 a lieu du 25 au 28 juin 2026, dans la rade de Lorient, autour de Lorient-La Base, du port de pêche et des communes de la rade. C’est la 5e édition du festival maritime.

BH LAPEROUSE © Patrick Le Pestipon
« D’une manière générale, on connaît mieux la surface de la Lune que le fonds des océans – seuls 5% sont connus ! 
La première mission du La Pérouse est donc de mesurer les fonds sous-marins, dans l’objectif de faire des cartes sous-marines destinées à tous les usagers de la mer. Parce qu’il y a un enjeu stratégique à connaître les fonds sous-marins, c’est la Marine nationale qui s’occupe des cartes sous-marines, par le biais du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine nationale (SHOM). 


 Le festival Lorient Océans a réuni, du 25 au 28 juin 2026, des dizaines de milliers de visiteurs autour de la rade de Lorient pour célébrer le patrimoine maritime breton et les 400 ans de la Marine nationale. 


© Patrick Le Pestipon
Pendant quatre jours, le public a pu visiter des navires d'exception, embarquer à bord de vieux gréements et assister à de nombreuses démonstrations nautiques. Parmi les vedettes figuraient le prestigieux Belem, la goélette La Recouvrance et le bâtiment hydrographique Lapérouse, auxquels s'ajoutaient plusieurs voiliers traditionnels et navires militaires. 

© Patrick Le Pestipon
La grande parade maritime a constitué le temps fort du festival avec le défilé des bâtiments dans la rade. Les quais accueillaient également des villages thématiques, des ateliers pour les enfants, des animations pédagogiques, des expositions, des conférences et des démonstrations de sauvetage en mer. 


© Patrick Le Pestipon
Concerts, spectacles et embarquements ont rythmé les journées, tandis que les communes de la rade proposaient leurs propres festivités. Véritable rendez-vous populaire, Lorient Océans confirme son ambition de faire découvrir au plus grand nombre la richesse du patrimoine maritime, les métiers de la mer et les innovations du monde nautique.


Merci à Patrick Le Pestipon

Passage de la ligne 5 mai 2026 PHA Dixmude FLF Aconit Equateur

Passage de la ligne 5 mai 2026 PHA Dixmude FLF Aconit Le 5 mai 2026, le PHA Dixmude, accompagné de la frégate Aconit, franchit l'Équateu...