12 octobre 2026

Sous-marin Bonite et Thon Naïade Gaston Ramazzoti



Sous-marin Bonite et Thon

Toujours aussi provocateur notre Marius quand il commente les articles du blog... 

Aujourd'hui il nous parlera de deux sous-marins : le Thon et la Bonite... 

La Bonite (Q19), le sous-marin qui confondait plongée et abordage



La Bonite porte un nom de poisson, mais sa carrière ressemble parfois à celle d’un bélier des mers. Conçue pour défendre les rades et les ports, elle va surtout se distinguer par une série d’accidents qui lui vaudront une réputation pour le moins singulière au sein de la Marine nationale.



Entre quai percuté, cuirassé abordé, jetée rencontrée en plongée et sous-marins amis malmenés, la Bonite semble avoir eu quelque difficulté à maîtriser son environnement immédiat. Une carrière qui rappelle qu’au début du XXe siècle, la navigation sous-marine est encore une aventure technique pleine d’incertitudes.

Un sous-marin de nouvelle génération


Construite à l’arsenal de Toulon, la Bonite, portant le numéro de coque Q19, appartient à la classe Naïade, une série de petits sous-marins conçus par l’ingénieur Gaston Romazzotti. 

Gaston Romazzoti  ingénieur du Génie maritime français,
joue un rôle important dans le développement
des sous-marins
Elle est lancée le 4 février 1904 selon certaines sources, le 6 février selon d’autres, puis admise au service actif le 27 février 1905. 

Ces bâtiments sont alors désignés comme des « torpilleurs sous-marins ». Leur mission consiste principalement à protéger les rades et les ports, en s’approchant discrètement des navires ennemis pour les attaquer à la torpille.



La Bonite dispose d’une propulsion thermique en surface et électrique en plongée. Mais ces premiers sous-marins opérationnels restent des machines délicates : leur pilotage exige une coordination rigoureuse entre le commandement, les mécaniciens et l’équipage. La navigation sous la surface, sans visibilité directe sur les navires environnants, constitue un défi considérable.
1906 : des débuts pour le moins mouvementés

16 janvier 1906 : le quai est plus près que prévu

Une erreur dans la transmission de l’ordre de « marche avant » à la salle des machines conduit la Bonite à heurter son quai d’amarrage. Les ailerons et l’hélice sont endommagés. Premier incident, première réparation.

5 février 1906 : le cuirassé Suffren entre dans l’histoire


Au cours d’un exercice d’attaque sous-marine au large des îles d’Hyères, la Bonite entre en collision avec le cuirassé Suffren, navire amiral de l’escadre de la Méditerranée.

À la suite d’une erreur de position, le sous-marin fait surface à environ 30 mètres du cuirassé. Le choc survient alors que la Bonite se trouve encore à sept mètres d’immersion. Les deux bâtiments subissent des dégâts importants, mais aucune victime n’est signalée. Pour éviter de sombrer, le sous-marin largue ses plombs de sécurité. 

11 mai 1906 : la jetée de Toulon au rendez-vous

Alors qu’elle rentre en rade en plongée, la Bonite heurte l’extrémité sud de la grande jetée. L’étrave doit être remplacée et le gouvernail, faussé, réparé.

À ce stade, la Bonite semble avoir développé une aptitude particulière à rencontrer les obstacles, qu’ils soient flottants ou solidement ancrés au fond de la rade.

1907 : entre prouesse technique et plongée imprévue


28 juin 1907 : 90 mètres sous la surface

La Marine fait réaliser un essai d’immersion profonde à l’aide d’un ponton-grue. La Bonite est soumise à une profondeur de 90 mètres. Le résultat est jugé satisfaisant : la déformation de la coque ne serait que d’un millimètre. Un résultat encourageant pour une technologie encore jeune.

5 juillet 1907 : la baignade n’était pas au programme

Quelques jours plus tard, lors d’un essai d’étanchéité au bassin, le sous-marin coule à quai. Une vanne de coque est restée ouverte. Heureusement, aucun membre de l’équipage ne perd la vie et le bâtiment est renfloué.

La Bonite vient ainsi de démontrer qu’un sous-marin peut aussi effectuer une plongée sans quitter le port, même lorsque personne ne l’a demandé.

Novembre 1907 : deux abordages pour le prix d’un


Le 22 novembre 1907, au large de Toulon, la Bonite aborde en plongée le sous-marin Souffleur. Les deux bâtiments sont sérieusement endommagés.

Le Souffleur est immobilisé tandis que son équipage examine les dégâts. Mais la Bonite, rendue incontrôlable par les avaries, revient à la charge et heurte une seconde fois son camarade.

Difficile de parler d’une attaque coordonnée : les deux sous-marins français viennent de faire l’expérience d’un combat naval sans ennemi.

Cet accident illustre l’un des grands dangers des premières opérations sous-marines : deux bâtiments évoluant sous l’eau, sans visibilité directe, pouvaient se retrouver sur une même trajectoire sans parvenir à s’éviter. 

1910 : l’Alose croise la route de la Bonite


Le 4 novembre 1910, nouvel incident. La Bonite heurte en plongée le sous-marin Alose. Cette fois, les dégâts restent légers sur les deux bâtiments.




La répétition de ces collisions témoigne des difficultés rencontrées par les équipages de cette première génération de sous-marins. La maîtrise de la profondeur, de la position et de la trajectoire demeure essentielle, mais les moyens de détection et de communication sous-marines sont encore rudimentaires.

En 1910, la Bonite est intégrée à la flottille des sous-marins de la Méditerranée. Elle poursuit donc son service malgré ce palmarès d’accidents peu ordinaire. 

1914-1920 : fin de carrière pour la Bonite

La carrière opérationnelle de la Bonite prend fin à la veille de la Première Guerre mondiale. Elle est condamnée le 27 mars 1914, puis désarmée le 21 mai de la même année, selon les chronologies habituellement retenues.

Le bâtiment est finalement vendu pour démolition à Toulon le 14 avril 1920, pour la somme de 351 964 francs. Il disparaît ainsi après une quinzaine d’années d’existence, dont une bonne partie aura été consacrée aux réparations et aux essais. 

La Bonite : une conserve qui prenait l’eau ?


La Bonite appartient à cette génération pionnière qui a permis à la Marine française d’acquérir une véritable expérience de la navigation sous-marine. Ses accidents ne doivent pas faire oublier les progrès techniques accomplis à cette époque : chaque essai, chaque avarie et chaque collision apportaient des enseignements sur les limites des machines, les procédures de navigation et la formation des équipages.

Mais pour notre mascotte Marius, le bilan est tout trouvé : avec un sous-marin nommé Bonite, accompagné de son camarade le Thon, la Marine nationale avait de quoi ouvrir une conserverie flottante !Encore fallait-il que les boîtes soient étanches et que les poissons ne se cognent pas entre eux au fond de la cale…

Une nouvelle sorte de conserve ? Marius, lui, préfère vérifier la date de péremption avant de plonger.




L'Ouest-Eclair 23/11/1907

L'Ouest-Eclair 27/11/1907

L'Ouest-Eclair 5/11/1910

Navigazette

BNF Gallica 

11 octobre 2026

Toulon l'Observatoire de la Marine astronomie abbé Grégoire

 Toulon - l'Observatoire de la Marine




L’histoire de l’Observatoire de la Marine de Toulon est particulièrement intéressante : il ne servait pas seulement à observer les astres. Il participait à la navigation, à la détermination de l’heure exacte et aux travaux scientifiques nécessaires au fonctionnement d’un grand port militaire.



Le 25 juin 1795, pendant la Révolution française, l’abbé Grégoire prend la parole devant les députés de la Convention nationale. Il rappelle cette formule attribuée à Thémistocle, homme d’État et stratège grec de l’Antiquité : « Qui maîtrise la mer maîtrise aussi la terre. »



Par cette citation, il veut convaincre les députés qu’une marine puissante est indispensable à la France. Il propose donc de créer un organisme scientifique chargé d’aider la Marine à progresser, notamment dans les domaines de la navigation et de l’astronomie : le futur Bureau des longitudes.


Cercle de réflexion de Borda


L’astronomie est une science essentielle à cette époque. Elle permet d’établir des mesures précises, mais elle est surtout indispensable aux marins pour se repérer en mer et calculer leur longitude, c’est-à-dire déterminer leur position géographique.

L’abbé Grégoire prend l’Angleterre en exemple. Les Anglais ont compris que, sans progrès en astronomie, il était impossible de développer efficacement le commerce maritime et la marine de guerre. Ils ont donc investi des sommes considérables pour faire avancer cette science.

Pour Grégoire, la France doit suivre leur exemple. Les succès remportés par la marine anglaise, notamment pendant la guerre de 1761, montrent qu’une flotte supérieure à celle de l’adversaire peut souvent décider de l’issue d’une guerre.

Au XVIIIe siècle, le seul observatoire français installé dans un port et officiellement consacré à la Marine se trouve à Marseille.

Il a été fondé en 1702 par les Jésuites, avec l’aide financière de la Marine. Il est installé dans la montée des Accoules, sur les hauteurs de la ville, afin de bénéficier d’un emplacement favorable aux observations astronomiques.

Après le départ des Jésuites, sa direction est confiée à un astronome civil, Guillaume Saint-Jacques de Silvabelle (1722-1801). L’établissement reste placé sous la responsabilité du ministère de la Marine.

Octant


L’observatoire dispose alors d’un bâtiment imposant et d’instruments scientifiques de grande qualité. Mais, lorsque la Révolution française commence, il est en très mauvais état. Son directeur, vieillissant, peine à maintenir l’établissement à son niveau d’excellence.

En 1796, le chevalier de Borda et l’astronome Jérôme Lalande proposent de créer un observatoire de la Marine à Toulon. Le projet est soutenu par le Bureau des longitudes, nouvellement créé, qui cherche à développer les connaissances astronomiques utiles aux marins.



Le Bureau propose d’abord le poste de directeur à l’astronome d’Angos, ancien officier et correspondant de l’Académie, qui entretient depuis plusieurs années des relations scientifiques avec Lalande. Celui-ci le considère comme un ami et un excellent observateur. D’Angos refuse cependant le poste. Le Bureau se tourne alors vers Flaugergues, un astronome installé à Viviers, qui possède son propre observatoire.

Le ministre lui ordonne de se rendre rapidement à Toulon pour préparer la création de l’établissement. Il doit travailler avec les responsables de la Marine afin de trouver un emplacement adapté et de déterminer s’il faut construire un nouveau bâtiment ou en aménager un existant.

Cet observatoire doit avoir trois fonctions principales : faire progresser l’astronomie, former les marins aux observations nécessaires à la navigation et conserver le matériel scientifique utilisé à bord des navires. Les instruments doivent notamment comprendre des horloges et des montres marines, des compas, des quarts de cercle et des cercles astronomiques. Le matériel doit pouvoir être vérifié, entretenu et embarqué sur les navires de l’État selon les besoins.

Chronomètre de marine

Le ministre souhaite également installer une petite bibliothèque spécialisée en astronomie, géométrie et physique. Les marins pourraient y étudier sous la direction de l’astronome responsable de l’établissement.



Le choix de l’emplacement est important. L’observatoire doit être situé près du port, facilement accessible aux marins et bénéficier d’une vue dégagée, notamment sur l’horizon maritime.

Plusieurs sites sont envisagés, mais le plus prometteur semble être le donjon de l’ancienne maison des Jésuites, alors utilisé comme hôpital de la Marine. Ce lieu avait déjà accueilli un observatoire astronomique au XVIIIe siècle, dirigé par le père Laval. Cependant, cet établissement avait progressivement périclité et, à la fin du siècle, il n’en restait plus rien.

Sacré Marius toujours la tête dans les étoiles

10 octobre 2026

Toulon le 5e dépôt des équipages De Missiessy à Malbousquet : la migration

Toulon le 5eme dépôt des équipages



Au XIXe siècle, le 5e Dépôt des équipages de la Flotte est implanté dans le secteur de Missiessy, au sein de l'arsenal de Toulon. Avec le développement des installations militaires, la Marine entreprend ensuite la construction de nouvelles casernes à Malbousquet. Édifié entre 1904 et 1908, ce nouvel ensemble comprend notamment des pavillons Est et Ouest, des ateliers et des magasins. Les cartes postales anciennes témoignent de l'importance de ces bâtiments, conçus pour accueillir et organiser les équipages.
Cette évolution marque une nouvelle étape dans l'aménagement de l'arsenal. La date exacte du transfert entre les deux sites et les modalités de cette migration restent toutefois à confirmer par les plans et les archives de la Marine. 
Marius nouvel arrivé à Toulon ne connait pas tout du dépôt - Soyez indulgent avec lui et aidez le à compléter ses connaissances.

Au début du XXe siècle, le 5e Dépôt des équipages de la Flotte se dote de nouvelles installations. Les cartes postales consacrées à ces bâtiments nous permettent d'en retrouver l'organisation : plusieurs grands corps de caserne, des pavillons Est et Ouest, des ateliers et des magasins. L'une des vues met en évidence le bâtiment de l'horloge, dont la silhouette constitue un repère immédiatement reconnaissable.




La construction, réalisée entre 1904 et 1908, est associée aux noms de l'ingénieur Pascalon et de l'entrepreneur Léon Grosse.


Dans les coulisses de la Marine en guerre


Quand on évoque Toulon pendant la Seconde Guerre mondiale, c'est presque toujours le sabordage de la flotte, le 27 novembre 1942, qui vient à l'esprit. Les cuirassés et les croiseurs en feu, les explosions dans l'arsenal, les navires éventrés pour ne pas tomber aux mains des Allemands : les images sont connues. Mais derrière les bâtiments, il y avait les hommes. Et derrière les hommes, toute une organisation chargée de les accueillir, de les former, de les affecter et, parfois, de leur trouver une nouvelle place lorsque leur navire n'existait plus.
Carte postale rédigée de Toulon le 31 janvier 1915
dépôt des équuipage de la Flotte Aubette

C'est cette autre histoire que je voudrais raconter à travers le 5e Dépôt des équipages de la Flotte, installé à Malbousquet, dans la partie occidentale de l'arsenal de Toulon.

5eme dépôt des équipages de la Flotte - L'Aubette
Le sujet peut paraître modeste au regard des événements qui ont marqué le port militaire. Il ne l'est pourtant pas. Car un dépôt des équipages n'est pas seulement une caserne où l'on loge des marins en attendant leur prochain embarquement. C'est un rouage essentiel de la Marine, un lieu de passage où se croisent des hommes aux spécialités différentes, des jeunes engagés, des marins débarqués d'un bâtiment, des spécialistes en formation et des équipages en attente d'affectation.

Nouveau bâtiment  - Bâtiment de l'horloge


Son histoire pendant la guerre permet ainsi de regarder la Marine française autrement : non plus seulement depuis les ponts des navires, mais depuis la terre, à travers les milliers de marins qui attendent une affectation, suivent une formation, rejoignent une unité, sont renvoyés dans leurs foyers ou, parfois, repartent combattre.


Le 5e Dépôt offre ainsi un point d'observation particulier sur les bouleversements de la Marine entre 1939 et 1945. Il traverse la mobilisation, la défaite de 1940, les années de la Marine de Vichy, le sabordage de la flotte, l'occupation allemande et la Libération de Toulon. Les navires changent, les possibilités d'embarquement se réduisent, les hommes sont déplacés ou démobilisés, mais la nécessité de les administrer et de les réaffecter demeure.

Reste à comprendre comment cet établissement fonctionne, qui le commande, quels hommes y passent et ce qu'il devient lorsque, le 27 novembre 1942, une grande partie de la flotte qu'il contribue à armer disparaît dans les flammes.

C'est en revenant sur son implantation, son activité et les parcours de ceux qui y ont servi que l'on pourra retrouver la place du 5e Dépôt dans cette histoire.

Malbousquet, un établissement au cœur de l'arsenal



Le 5e Dépôt est implanté à Malbousquet, dans la partie occidentale de l'arsenal de Toulon. Le site est toujours identifiable dans l'histoire de la Marine : la documentation relative au Centre Malbousquet rappelle qu'il s'agit de l'ancien 5e Dépôt, devenu ensuite dépôt des Équipages.



Les cartes postales anciennes nous donnent déjà une première idée des lieux. On y découvre l'entrée monumentale, les bâtiments de casernement, la grande cour et les espaces consacrés à la vie quotidienne des marins. Certaines images montrent les hommes rassemblés devant la grille ; d'autres évoquent des scènes plus ordinaires, comme le passage au billet, l'heure de la soupe ou la lecture en plein air.

Toulon - 5eme Dépôt des équipages - Service postal


Ces cartes postales ont un intérêt qui dépasse largement leur aspect pittoresque. Elles permettent de retrouver le cadre matériel dans lequel s'organise la vie du dépôt, et de comprendre que derrière les mouvements de la flotte existe toute une vie à terre, réglée par les appels, les affectations, les repas et les obligations du service.

Toulon - 5eme dépôt des équipages - service postal


Les bâtiments ne suffisent cependant pas à raconter l'histoire du lieu. Pour comprendre ce qui s'y passe entre 1939 et 1945, il faut retrouver les hommes qui y sont affectés, les officiers qui le commandent et les décisions qui transforment progressivement sa fonction. C'est à partir de là que le 5e Dépôt cesse d'être un simple point sur le plan de Toulon pour devenir un véritable acteur de l'histoire navale.



08 octobre 2026

Marius se montre impertinent Frégate FREMM Auvergne - SNLE Le Vigilant missile M513


 Marius se montre impertinent Frégate Auvergne  - SNLE Le Vigilant




Faute de courrier Marius s'en invente provenant du sud Finistère. 

ATTENTION ATTENTION ATTENTION ATTENTION ATTENTION 

cette enveloppe n’a jamais existé ! C’est une pure invention, sortie tout droit de l’imagination débordante de Marius le Morse. « Un faux historique ? Pas du tout ! Une fausse exclusivité philatélique pour pallier l'absence de courrier ! »

Le Vigilant et le tir du missile M51.3

Le 6 octobre 2026, la Marine nationale a procédé à un tir d'essai du missile balistique stratégique M51.3 depuis le sous-marin nucléaire lanceur d'engins Le Vigilant. Ce lancement s'inscrit dans le programme de modernisation de la dissuasion nucléaire française. Le missile, dépourvu de charge nucléaire, devait permettre de vérifier les performances de cette nouvelle version du M51.





Baptisée SMERTRIOS, l'opération s'est déroulée au large du Finistère, en présence du président Emmanuel Macron, embarqué sur la frégate multimissions Auvergne. Il s'agissait du premier lancement de cette version du missile depuis un sous-marin. Le tir intervenait après une importante période d'entretien et de réparations du Vigilant. 

La trajectoire du missile a été suivie par les moyens de la Direction générale de l'armement, notamment le bâtiment d'essais et de mesures Monge. Le missile est retombé dans l'Atlantique Nord, à plusieurs centaines de kilomètres des côtes. Entré en service en octobre 2025, le M51.3 représente une nouvelle étape dans la modernisation de la force océanique stratégique française. 

Ministère des Armées


07 octobre 2026

Hortense Machu épouse David Commune de Paris Hôtel de la Marine pointeur de la Marine 1871

 Elle ne sera jamais un nom sur la mer

Hortense MACHU épouse  David de la Marine communaliste

En fouillant les archives de la ville de Paris j'ai trouvé des images de femmes condamnées par les conseils de guerre qui ont suivi la commune. Ces photos prises à Versailles par Appert à la prison des Chantiers semblent pour moi peu crédibles et mises en scène. 
Comment ces femmes en bonnet de marin sont-elles devenues pointeur dans la legende des photos et devant le conseil de guerre? 
Hortense se défend des accusations de ses compagnes les disant jalouses. Jalouses de quoi? de qui? Ce qui est certain c'est qu'elle fut proche (très proche...) des fédérés durant la commune.




L'Hôtel de la Marine à Paris a échappé de peu à la destruction et aux incendies lors de la Commune de Paris en 1871, contrairement à d'autres bâtiments officiels voisins comme le Palais d'Orsay ou le ministère des Finances. 
Et pour nous l'occasion de découvrir un nom qui ne sera jamais sur la mer : Hortense Machu épouse  David.



Hortense Aurore Machu, veuve David, est l’une des figures féminines de la Commune de Paris de 1871.
Brossière de profession, elle participe aux événements aux côtés des fédérés et est surtout connue comme pointeuse de canon. Plusieurs documents la situent dans l’artillerie communarde, notamment à la porte Maillot, tandis que des témoignages évoquent également les combats de la rue Royale. Comment est-elle devenue pointeur de canon? Cela reste encore un mystère. Durant le siège de Paris? Durant la commune? le fait est qu'elle sera condamnée pour cela.



Montage réalisé par le photographe des femmes à la prison des Chantiers


Après la Semaine sanglante, elle est arrêtée et emprisonnée à Versailles où le photographe Ernest Eugène Appert réalise son célèbre portrait, dans lequel elle apparaît en tenue de marin. 

Lors de ses interrogatoires des 6 mars et 4 avril 1872, Hortense David conteste cependant les témoignages affirmant qu’elle aurait tiré au canon contre les troupes gouvernementales. 

Barricade de la rue Royale avec l'église de la Madeleine en fond
le Ministère de la Marine est à droite



Son affaire est conservée au Service historique de la Défense à Vincennes, cote GR 8 J 120. 

Jugée par le 4e conseil de guerre, elle est condamnée le 16 avril 1872 aux travaux forcés à perpétuité. Son parcours constitue un témoignage remarquable sur la participation directe de femmes aux combats de la Commune et sur leur présence dans l’artillerie fédérée.





Sa fiche indique qu'elle fut poursuivie notamment à propos de l'incendie des Tuileries et qu'elle fut condamnée le 16 avril 1872 aux travaux forcés à perpétuité ; 

une autre notice du même musée précise que sa condamnation est liée à sa participation aux combats aux côtés de l'artillerie. 


Barricade montrant un canon

Son dossier de recours est bien conservé aux Archives nationales sous la cote BB/24/762. 

Le relevé nominatif des dossiers des condamnés de la Commune confirme précisément : « MACHU née DAVID, Hortense, Aurore — BB 24/762 ». Commune 1871



À la maison centrale d’Auberive, où elle purge sa condamnation aux travaux forcés à perpétuité prononcée le 16 avril 1872, son comportement est jugé excellent. 

Le directeur la décrit comme très obéissante, travailleuse et bonne élève, estimant qu’elle s’était laissée entraîner pendant la Commune. Il intervient à plusieurs reprises en faveur d’une réduction de peine, notamment parce qu’elle a des enfants. 
Mais les sources fondées sur BB/24/762 sont explicites : « elle n’obtint aucune remise de peine ».



Hortense n’est évidemment pas restée emprisonnée jusqu’à sa mort. En 1893, elle est revenue à Paris, exerce toujours le métier de brossière et habite 5 rue des Panoyaux ; elle meurt à l’hôpital Tenon. 
La piste la plus vraisemblable devient donc celle de l’amnistie des communards de 1880, et non d’une grâce individuelle obtenue à la suite des demandes du directeur d’Auberive.


Selon d'autres sources

Barricade o l'angle de la place de la Concorde
et de la rue St-Florentin
Musée Carnavalet

Hortense, Aurore Machu, veuve David. 
Née le 28 août 1836 à Reims (Marne), morte le 31 mars 1893 à Paris (XXe arr.)

Hortense Machu était veuve de Jean Baptiste Alfred David, mère de deux enfants ; on dit d’elle en 1871 que « séparée de fait de son mari elle vivait en concubinage ou se livrait à la prostitution ».


Brossière, elle devint cantinière sous la Commune de Paris ; elle concouru à la défense de la barricade de la rue Royale (VIIIe arr.) ; vêtue en marin, elle tirait le canon place de la Concorde, ou bien restait tranquillement assise sous la voûte du ministère de la Marine quand elle ne manœuvrait pas les mitrailleuses. Elle fut portée en triomphe par ses camarades à l’Hôtel de Ville, félicitée pour son adresse et son courage.


La veuve Machu fut accusée devant le 4e conseil de guerre d’avoir pris part à l’incendie des Tuileries (cette charge ne fut pas retenue contre elle), et condamnée le 16 avril 1872 aux travaux forcés à perpétuité. 

Mais sa conduite à Auberive n’appela que des louanges : « obéissance passive, ouvrière infatigable, conduite excellente, bonne élève à l’école, par son caractère pusillanime Machu se laisse facilement entraîner. Elle est digne de la bienveillance du gouvernement ». Toutefois elle n’obtint aucune remise de peine.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/762. — E. Thomas, Les Pétroleuses, op. cit., p. 205. — État civil de la Marne et de Paris. — Notes de Didier Pillon.

https://maitron.fr/spip.php?article64954

photo prise à la prison des Chantiers à Versailles en 1871 par Ernest Charles Appert.

© CC0/ Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris

Elle meurt en 1893 à Paris.

Eugène-Léon Appert, né le 30 mars 1830 à Châteauroux et mort le 4 mars 1905 à Médan, et Ernest-Charles Appert, né le 10 septembre 1831à Châteauroux et mort le 15 janvier 1890 à Paris, sont des photographes français célèbres pour leurs clichés de la Commune de Paris de 1871


Sources

Musée Carnavalet Ville de Paris

Portrait d'Aurore Hortense David (née Machu), brossière et cantinière, pris à la prison des Chantiers à Versailles. Membre de la Commune de Paris en 1871.

Appert, Ernest Charles , Photographe

05 octobre 2026

Les plis se font rares Marcophilie navale courrier des marins

 Les plis se font rares

Mais où est donc passée la Marine nationale ?

Marius s’interroge. Autrefois, les bâtiments de la Marine nationale envoyaient du courrier : une enveloppe, un timbre à date, un cachet du vaguemestre… de quoi faire battre le cœur du marcophile. Aujourd’hui : silence radio. Serait-ce devenu Secret Défense d’expédier une enveloppe ? La position du bâtiment serait-elle compromise par un malheureux cachet postal ? À moins que les enveloppes ne soient désormais classées « matériel sensible » et les timbres placés sous coffre-fort. Marius envisage une autre explication : la Marine n’aurait-elle plus de pétrole pour transporter le courrier ? Voilà qui serait fâcheux, surtout pour une lettre de vingt grammes. Peut-être le vaguemestre a-t-il été remplacé par un ordinateur, lequel, malheureusement, ne sait toujours pas oblitérer un timbre. Courriels, messageries numériques et communications sécurisées ont certes changé les habitudes ; mais pour le collectionneur, un e-mail imprimé manque singulièrement de charme. Alors Marius surveille sa boîte aux lettres. Rien. Il commence à craindre l’explication la plus terrible : la marcophilie navale aurait-elle été rayée, elle aussi, des missions opérationnelles ?

Sous-marin Bonite et Thon Naïade Gaston Ramazzoti

Sous-marin Bonite et Thon Toujours aussi provocateur notre Marius quand il commente les articles du blog...  Aujourd'hui il nous parlera...