03 août 2026

Dragueur D301 Le déminage des côtes françaises et de l’estuaire de la Loire, de 1945 à 1950 AMARANTE 3-8-1947

 Dragueur D301

Amarante


À la Libération, les eaux françaises comptent parmi les plus dangereuses d'Europe. Durant la guerre, Allemands, Italiens et Alliés ont mouillé des dizaines de milliers de mines pour défendre leurs positions ou empêcher les mouvements de l'ennemi.

En Méditerranée, les Allemands et les Italiens ont fortement miné le littoral méditerranéen et les abords de la Corse, jusqu'à des profondeurs de 500 mètres. Sur la façade atlantique, les Allemands ont principalement installé des champs de mines destinés à repousser un débarquement, tandis que les Britanniques ont fermé l'accès aux grandes bases sous-marines allemandes de Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Pallice et Bordeaux au moyen de nombreuses mines de fond.

En Manche et dans le Pas-de-Calais, la situation est encore plus complexe : les champs de mines alliés et allemands se superposent, rendant leur localisation et leur neutralisation particulièrement difficiles.

Les premières estimations évaluent à près de 32 000 km² les zones à déminer, soit 14 000 km² en Méditerranée et 18 000 km² sur la façade atlantique. Cette immense opération constitue l'un des plus grands chantiers de déminage maritime entrepris en Europe après la Seconde Guerre mondiale et conditionne la reprise de la navigation, de la pêche et du commerce maritime français.

Le déminage des côtes françaises après la Seconde Guerre mondiale


La Marine nationale entreprend cette mission dans des conditions particulièrement difficiles. Son tonnage a été réduit de moitié par la guerre, ses arsenaux sont dévastés, plusieurs grands ports militaires sont en ruines et la plupart des bâtiments encore disponibles sont anciens. Si les États-Unis et le Royaume-Uni apportent une aide précieuse en matériel, le gouvernement français tient à ce que le déminage soit essentiellement réalisé sous commandement français, symbole du rétablissement de la souveraineté nationale.

Très rapidement, l'État-Major de la Marine organise les opérations. Le Service hydrographique établit un plan général de dragage et une commission interministérielle fixe les priorités selon les besoins économiques et stratégiques. Le défi est d'autant plus grand que les mines ont considérablement évolué pendant la guerre. Aux mines à contact s'ajoutent désormais des mines magnétiques, acoustiques, magnéto-acoustiques et à dépression, capables d'exploser sans contact direct, simplement sous l'effet du passage d'un navire. Ces nouvelles armes imposent des techniques inédites et une formation spécifique des équipages.

Pour faire face à cette menace, la France reçoit des bâtiments spécialisés : les YMS (Yard Minesweepers) américains, construits en bois afin de limiter leur signature magnétique, les MMS (Motor Minesweepers) britanniques, ainsi que plusieurs dragueurs et vedettes allemands récupérés après la capitulation. Ces navires, modernes et polyvalents, sont capables de pratiquer le dragage mécanique, magnétique et acoustique.

Entre 1945 et 1946, la Marine met sur pied une vingtaine de divisions de dragueurs, réparties en cinq groupes opérationnels couvrant les trois régions maritimes françaises. Parmi elles, la 31ᵉ Division, équipée de dragueurs YMS, joue un rôle majeur sur les côtes de l'Atlantique, tandis que les autres divisions interviennent en Manche, en Bretagne et en Méditerranée.

Les opérations de dragage suivent une méthode rigoureuse. Après une reconnaissance aérienne destinée à repérer les mines visibles, les dragueurs progressent lentement, à 7 ou 8 nœuds, en formation parfaitement alignée. Chaque bâtiment déploie derrière lui de longues dragues de près de 400 mètres, équipées de divergents, de flotteurs, de câbles et de marteaux acoustiques destinés à déclencher les mines à distance. L'ensemble de l'équipage participe à ces manœuvres, longues, minutieuses et particulièrement dangereuses.


Grâce à cette organisation, au courage des équipages et aux moyens techniques progressivement réunis, la Marine nationale parvient à rouvrir progressivement les grands ports, les estuaires et les voies maritimes françaises. Ce travail, souvent méconnu, s'étend sur plusieurs années et constitue l'une des premières grandes étapes de la reconstruction du pays. Il permet le retour de la navigation commerciale, de la pêche, du trafic militaire et contribue au redémarrage économique de la France après la Seconde Guerre mondiale.

Sur la façade atlantique, l’estuaire de la Loire représente un enjeu prioritaire. La poche de Saint-Nazaire, l’une des dernières positions allemandes en France, ne capitule que le 11 mai 1945. Jusqu’à cette date, les installations portuaires de Saint-Nazaire, les passes extérieures et le chenal conduisant vers Nantes restent inaccessibles ou soumis à un risque militaire considérable. Après la reddition, il faut reconnaître les chenaux, localiser les champs de mines, enlever les obstacles et baliser des itinéraires sûrs. Cette mission ne concerne pas seulement les grands navires de commerce : elle conditionne également la circulation des remorqueurs, des chalands, des caboteurs, des bâtiments de service et des navires chargés d’approvisionner Nantes et sa région.

Le dragage ne consiste pas à repérer individuellement chaque mine, comme le feront plus tard les chasseurs de mines. Les dragueurs avancent généralement en formation et remorquent des appareils destinés à provoquer ou à neutraliser les engins. 

Pour les mines à orin, des câbles munis de cisailles coupent l’amarre qui retient la mine sous la surface. Celle-ci remonte alors et doit être détruite au canon ou au fusil. Pour les mines magnétiques, les bâtiments utilisent des câbles électriques créant un champ suffisamment puissant pour déclencher l’explosion à distance. Les mines acoustiques sont traitées au moyen de dispositifs produisant artificiellement le bruit d’un navire. 

Ce travail est effectué « en aveugle », sans que les équipages connaissent exactement la position de chaque engin, ce qui explique sa lenteur et son extrême dangerosité.

La 31e division de dragueurs

La 31e division de dragueurs appartient aux formations reconstituées par la Marine nationale autour de petits bâtiments transférés par les Alliés. Elle est notamment associée aux dragueurs américains du type YMS – Yard Minesweeper, construits avec une coque en bois afin de réduire leur signature magnétique. Ces navires, d’environ 40 mètres, sont assez maniables pour travailler près des côtes, dans les passes et à l’entrée des ports. Ils reçoivent dans la Marine française un numéro précédé de la lettre D, puis souvent un nom de fleur : le D316, par exemple, deviendra la Balsamine.



Dans l’estuaire de la Loire, ces opérations sont particulièrement délicates. Entre Saint-Nazaire et Nantes, les navires doivent composer avec un fleuve soumis aux marées, des bancs de sable changeants, des courants puissants et un chenal relativement étroit. Le déminage maritime est donc étroitement lié au travail des pilotes de Loire, des hydrographes, des baliseurs, des remorqueurs et des services du port. Une passe draguée doit ensuite être sondée et balisée. Les épaves qui réduisent la largeur navigable doivent être signalées, découpées ou renflouées. La sécurisation de la Loire ne résulte donc pas d’une seule campagne spectaculaire, mais d’une succession d’opérations quotidiennes menées pendant plusieurs années.

Les équipages de la 31e division vivent dans des conditions difficiles. Les bâtiments sont petits, humides, bruyants et peu confortables. Les hommes passent de longues heures à faible vitesse, sur une route imposée, en sachant qu’une erreur de navigation ou le mauvais fonctionnement d’un appareil peut entraîner l’explosion d’une mine sous la coque. Les travaux se poursuivent par mauvais temps, car la réouverture des ports constitue une nécessité économique nationale. Saint-Nazaire doit retrouver ses activités de construction et de réparation navales, tandis que Nantes doit pouvoir recevoir les matières premières et les marchandises indispensables à sa reconstruction.

La composition de la 31e division de dragueurs a varié entre fin 1944 et 1948 au gré des transferts, des indisponibilités et des changements d'affectation. Les documents officiels montrent qu'il n'existe pas une composition unique valable pour toute la période.

Pour la période qui nous intéresse (1945-1947, Saint-Nazaire et la Loire), on retrouve notamment les bâtiments suivants :

Numéro Nom ultérieur Type

D313 Armoise YMS américain

D314 Anémone YMS américain

D315 Ajonc YMS américain

D316 Balsamine YMS américain

D317 Bleuet YMS américain

D318 Bouton d'Or YMS américain



L'affranchissement de cette enveloppe est composé de trois timbres de la période de la Libération totalisant 70 centimes : un 20 c vert Mercure dessiné par Georges Hourriez, représentant le dieu Mercure, messager des dieux et symbole de la rapidité des communications, ainsi qu'un 40 c et un 10 c de la série Marianne de Dulac, œuvre de l'artiste Edmond Dulac, adoptée par le Gouvernement provisoire pour réaffirmer les valeurs de la République après la Seconde Guerre mondiale. Cette association de timbres illustre la coexistence, durant les années 1945 à 1948, de plusieurs séries courantes utilisées selon les besoins de l'affranchissement. Les timbres sont annulés par trois frappes manuelles du timbre à date circulaire du bureau de Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). Le cachet, parfaitement lisible sur la frappe inférieure droite, porte la date du 3 août 1947. L'absence de flamme publicitaire montre qu'il s'agit d'une oblitération manuelle réalisée au guichet ou au service d'expédition. Cet ensemble constitue un témoignage caractéristique de la poste française de l'immédiat après-guerre, où les émissions de la Libération restaient en usage avant leur remplacement progressif par les nouvelles séries définitives.

Merci à Daniel Allançon

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/80-ans-de-liberation-renflouer-les-navires-coules-dans-la-loire-par-les-allemands-a-pris-cinq-ans-5481c648-2672-11ef-9d30-5a9c307764cc


https://www.youtube.com/watch?v=oAij1MlXfrw

02 août 2026

Patrouilleur Outre-mer POM Jean Tranape arrivée à Nouméa 18 juin 2026 Nouvelle-Calédonie

POM Jean Tranape - arrivée à Nouméa 18 juin 2026

Parti de Brest le 6 avril dernier, la navigation du Jean Tranape aura duré un peu plus de deux mois, passant par Saint-Pierre-et-Miquelon, Halifax, les Bahamas et le canal de Panamá avant de participer à l’exercice Marara avec les Forces armées en Polynésie française.


Le patrouilleur outre-mer Jean Tranape a rejoint son port-base de Nouméa. Après un transit de plus de 12 500 nautiques, le nouveau bâtiment de la Marine nationale a accosté le 18 juin 2026, date hautement symbolique marquée par l’anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940. 


Baptisé en hommage à Jean Tranape, compagnon de la Libération et héros de la Seconde Guerre mondiale, ce patrouilleur perpétue la mémoire de celles et ceux qui ont servi la France avec courage et engagement. Moderne, polyvalent et adapté aux enjeux maritimes actuels, le POM Jean Tranape renforcera la surveillance de la zone économique exclusive et la protection des intérêts français dans le Pacifique. Une nouvelle page s’écrit désormais à Nouméa, au service de la France et des Français.

En ce 18 juin, jour anniversaire de l’appel historique du général de Gaulle à la résistance, la base navale de Nouméa a accueilli avec fierté le patrouilleur. Le bâtiment honore la mémoire de Jean Tranape, héros calédonien fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle en 1944. 


Né à Nouméa en 1918, ce combattant intrépide s’est illustré lors de la Seconde Guerre mondiale, notamment à Bir Hakeim, pendant la campagne d’Italie et lors de la libération du territoire métropolitain.


Sources






01 août 2026

Jean Tranape Passage de la ligne 25 mai 2026 en route vers Nouméa

POM Jean Tranape Passage de la ligne 25 mai 2026


Le patrouilleur outre-mer Jean Tranape rejoint Nouméa ⚓️🌊


#Colsbleus | Le patrouilleur outre-mer Jean Tranape rejoint Nouméa ⚓️🌊


Après dix semaines de navigation depuis Brest, sept escales et de nombreux exercices, le Jean Tranape a rejoint son port-base de Nouméa.
Durant cette traversée, les 30 marins de l’équipage ont poursuivi la montée en puissance du bâtiment : entraînements à la lutte contre les incendies, évacuation, lutte asymétrique ou encore essais de matériels.

Le POM a également contribué au renforcement des coopérations dans le Pacifique, notamment lors de l’exercice interarmées Marara 26 consacré à l’assistance humanitaire en cas de catastrophe naturelle.
Désormais intégré aux forces armées en Nouvelle-Calédonie, le Jean Tranape participera aux missions de souveraineté de la Marine nationale dans les outre-mer : surveillance maritime, protection des intérêts nationaux et assistance en mer.


Chasseur 136 classe SC-497 Poulmic Rouen Le Havre avarie et accident

 Chasseur 136

Brest Poulmic Rouen



Le Chasseur 136 est un chasseur de sous-marins d'origine américaine de la classe des SC-497. Il est construit par la Donovan Contracting Company à Shelburne (Vermont). Sa quille est posée le 4 mai 1942, il est lancé le 31 août 1942 et entre en service dans l'US Navy le 16 novembre 1942 sous la désignation PC-1030. En avril 1943, il est reclassé SC-1030.

Au cours de son service sous pavillon américain, il participe aux opérations navales en Méditerranée lors de la campagne de Sicile. Endommagé à la suite d'une collision, il est remorqué à Oran, où il subit les réparations nécessaires avant de reprendre du service.

Le 2 octobre 1944, il est transféré à la Marine nationale dans le cadre des accords de Prêt-Bail (Lend-Lease). Il reçoit alors la désignation Chasseur 136 (CH 136) et rejoint la série des chasseurs de sous-marins américains remis à la France pour participer à la reconstitution de la flotte après la Libération.

Long d'environ 33,8 mètres, déplaçant près de 150 tonnes, le CH 136 est propulsé par deux moteurs Diesel entraînant deux hélices. Il atteint une vitesse d'environ 21 nœuds et embarque un équipage d'une trentaine d'hommes. Son armement comprend notamment un canon de 40 mm, des mitrailleuses de 12,7 mm et des équipements de lutte anti-sous-marine.

Les archives du Service historique de la Défense conservent un dossier consacré au bâtiment. Celui-ci renferme notamment un rapport de prise de commandement (1944), des ordres d'opérations, des rapports de travaux et des documents administratifs établis en 1945, témoignant de son activité au sein de la Marine française.


Le Chasseur 136 (CH 136) photographié à Toulon le 21 juillet 1945 par Marius Bar. Ancien SC-1030 de l'US Navy, ce chasseur de sous-marins est transféré à la Marine nationale le 2 octobre 1944 dans le cadre des accords de Prêt-Bail. 

Long de près de 34 mètres et capable d'atteindre 21 nœuds, il participe à la reconstitution des forces navales françaises à la Libération. Cette photographie montre le bâtiment dans sa configuration d'origine, avec son canon Bofors de 40 mm à l'avant et ses équipements de lutte anti-sous-marine.


Cols Bleus N° 193 du 05-08-1949

Voici un texte extrait de Cols Bleus concernant une avarie survenue sur le chasseur 136 







Quand le « Chasseur 102 » sort les apprentis gabiers

Les chasseurs « 102 » et « 136 » appareillent du Poulmic pour manœuvres. Vingt-quatre apprentis gabiers ont pris place à bord du « 102 ». Ils sont immédiatement incorporés dans l'équipage et traités comme les matelots.

Le lendemain, les chasseurs passent à l'aurore au large de La Hougue ; ils arrivent à 13 heures au Havre.

Puis, c'est le départ pour Rouen avec le changement de pilote à Villequier. Arrivée à 16 heures, amarrage à couple au quai Gaston-Boulet.

Pendant la traversée, les apprentis participent à un grand nombre de manœuvres. D'eux-mêmes, ils se sont mêlés à la vie du bord. Il y eut quelques « mal de mer », mais à bord d'un chasseur, cela n'a rien d'étonnant. Ils apprennent à gréer des aussières neuves, à confectionner des paillets ; aussi sont-ils très fiers de leurs premières réussites. Les corvées du bord ne leur sont pas épargnées ; ils mettent en ordre la soute de manœuvre, ils accomplissent les postes de veille et les fonctions au mouillage.

Tout cela ne les empêche pas de suivre les cours pratiques que leur donnent leurs instructeurs.

C'est à Rouen que l'accident arriva.

Au moment où le « 136 » appareillait en ligne de file derrière le « 102 », machine à 700 tours, le tronçon de l'arbre se porta vers l'arrière et l'hélice vint buter contre le gouvernail tribord. C'était l'avarie. Dans l'après-midi, le « 102 » remorque son frère au bassin aux Bois. Un scaphandrier examine l'arbre : seuls les ateliers du Havre peuvent réparer.

Alors, le lendemain, appareillage à 6 h 30. Le remorquage en flèche se révèle bientôt impossible : l'hélice tribord du « 136 » cogne sur le gouvernail.

Le remorquage à couple est décidé. Bord à bord, comme deux frères jumeaux, les chasseurs descendent la Seine. Dur travail. La moindre dérive, la moindre fausse manœuvre et les deux bâtiments se mettent au plein sur la rive.

Les apprentis aident comme ils peuvent.

À 15 heures, les chasseurs s'amarrent à Tancarville. C'est assez pour aujourd'hui.



Le lendemain, c'est encore pire : la visibilité moyenne est de 100 mètres et elle tombe vers 14 heures à 50 mètres. L'équipage du « 102 » est sur les dents. On arrive enfin à la base sous-marine du Havre, amarrage à 17 h 20. Le « 102 » fait le plein de gaz-oil. Le « 136 » fait examiner son avarie. Les ateliers du Havre sont insuffisamment outillés. Il faut aller jusqu'à Cherbourg.

On décide l'appareillage à 1 h 25 pour Cherbourg. À 8 heures, le chasseur « 136 » est largué. Il va essayer de se débrouiller tout seul, avec un moteur et une hélice. Il y arrive. Le « 102 » se tient près du « 136 », prêt à l'aider en cas de besoin.

À 13 h 15, une mine dérivante est aperçue et coulée.

Après douze heures d'une fort pénible traversée, le « 136 » s'amarre à Cherbourg. Le lendemain, le « 102 » appareille seul pour Brest. Traversée facile ; les manœuvres recommencent.

Mais le lendemain matin, c'est la « purée de pois ». On voit à peine à 10 mètres. Le « 102 » arrive au Poulmic à 11 heures et débarque ses passagers. Ceux-ci ont largement profité de leur sortie d'instruction. Toutes les péripéties de la traversée ont été pour eux des sujets d'apprentissage pratique. Quand il l'a fallu, ils ont aidé aux manœuvres.

Aussi le commandant du chasseur « 102 » adresse un rapport élogieux sur leur conduite et demande de les « sortir » de nouveau. Voici comment on forme des équipages.

Cols bleus n° 189 du 3 juin 1949


Sources 

Cols Bleus n° 47 du 11-1-1946

Cols Bleus N° 193 du 05-08-1949

Cols bleus n° 189 du 3 juin 1949

SHD

CHASSEUR 136, chasseur. – Activité et opérations : ordre (1945), rapport de prise de commandement (1944), rapport de fin de travaux (1945), état de travaux

(1945), devis de campagne (1945). 1944-1945

Navypedia

Subchaser.org

https://officialmilitaryribbons.com/us_navy_ships_world_war_2/uss_sc_1012_sc_1474_world_war_2.html?utm_source=chatgpt.com


31 juillet 2026

POM Jean Tranape Panama 09 mai 2026 en route vers la Nouvelle-Calédonie

POM Jean Tranape Panama

09 mai 2026

Le POM Jean Tranape passe le canal de Panama
Peut être une image de étendue d’eau
Une mission au long cours, symbole de la présence durable de la Marine nationale dans les espaces maritimes stratégiques.
Le patrouilleur outre-mer Jean Tranape a franchi le canal de Panama dans la nuit du 9 au 10 mai, après une traversée de l’Atlantique et des Caraïbes. Ce passage marque une étape clé de son transit jusqu’à Nouméa, son futur port-base, éloigné de quelque 7000 nautiques de là.


Peut être une image de bateau et le Canal de Panama


30 juillet 2026

BSAOM CHAMPLAIN Europa 28-6-2026 Iles Eparses TAAF

 BSAOM CHAMPLAIN Europa 28-6-2026 Eparses TAAF

Europa, sentinelle française au coeur du canal du Mozambique

Perdue dans l’immensité du canal du Mozambique, à mi-chemin entre les côtes africaines et Madagascar, l’île Europa est l’une des terres les plus isolées de l’océan Indien. Elle appartient aux îles Éparses, cinquième district des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), aux côtés de Juan de Nova, des Glorieuses, de Bassas da India et de Tromelin.




Avec environ 30 km² de terres émergées, Europa est la plus grande des îles Éparses. De forme grossièrement pentagonale, elle mesure 6 à 7 kilomètres de diamètre et ne s'élève guère au-dessus de l'océan : son point culminant atteint seulement 7 mètres. Cette terre basse et sablonneuse est entourée d'un récif frangeant presque continu. Dans sa partie nord-est s'étend un vaste lagon intérieur d'environ 9 km², bordé par près de 700 hectares de mangrove primaire.




Un sanctuaire naturel

L'isolement d'Europa a permis la conservation d'un patrimoine naturel exceptionnel. Parmi les îles Éparses, elle se distingue notamment par une végétation indigène demeurée presque intacte. Forêt sèche d'euphorbes, formations herbacées, sansouires, mangrove et milieux récifaux composent une mosaïque de paysages qui tranche avec l'image traditionnelle de la petite île tropicale couverte de cocotiers.


Le gendarme, représentant des TAAF

À côté du détachement militaire se trouve un personnage essentiel pour comprendre l'histoire administrative et postale d'Europa : le gendarme détaché sur l'île.
Il ne fait pas simplement partie du détachement militaire. Il représente sur place le préfet, administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises.

Ses fonctions sont multiples : maintien de l'ordre public, constatation des infractions en sa qualité d'officier de police judiciaire, protection du territoire, fonctions administratives et d'état civil, mais aussi participation à certaines missions environnementales.
Et il possède une autre fonction, particulièrement intéressante pour le collectionneur :
le gendarme d'Europa est également le vaguemestre de l'île.





Un sanctuaire naturel

L'île constitue surtout un refuge majeur pour les oiseaux marins. Huit espèces y nichent, parmi lesquelles le paille-en-queue à brins rouges, le paille-en-queue à brins blancs d'Europa, les frégates, le fou à pieds rouges, le puffin tropical et la sterne fuligineuse. Deux sous-espèces d'oiseaux sont endémiques, dont le remarquable paille-en-queue à brins blancs d'Europa. Les TAAF évaluent sa population à seulement 300 à 400 couples.


Europa est également l'un des grands sanctuaires de la tortue verte. Les TAAF estiment que 2 000 à 11 000 tortues vertes viennent, selon les années, pondre sur ses plages, ce qui en fait le plus important site de ponte de l'océan Indien. Récifs coralliens, herbiers marins et mangrove complètent cet ensemble naturel remarquablement préservé.


Une île longtemps fréquentée, rarement habitée

La navigation européenne dans le canal du Mozambique est ancienne, mais le nom d'Europa remonte à 1774, lorsque l'équipage du navire britannique Europa donna à l'île le nom de son bâtiment. Une tentative d'installation française est attestée en 1860 avec la famille Rosier. D'autres occupations suivirent, liées notamment à la pêche, au ramassage des œufs et à différentes tentatives d'exploitation. Quelques vestiges, citernes, constructions et traces d'anciennes activités témoignent encore aujourd'hui de cette présence humaine fragile.

L'acte du 31 octobre 1897 déclara officiellement Europa dépendance française. Après différents rattachements administratifs à Madagascar, l'île fut directement rattachée au gouvernement de la République française en 1960. Depuis 2007, les îles Éparses constituent le cinquième district des TAAF.

De la météo à la présence permanente

Une nouvelle période commence en 1949 avec l'installation d'une station météorologique. L'année suivante apparaît une première piste d'atterrissage. Plusieurs emplacements seront successivement utilisés avant l'inauguration, le 18 avril 1973, de la piste située dans le nord de l'île. En 1981 est construite la nouvelle station météorologique dite « station des Rosiers ».

À partir de la crise politique régionale de 1973, une présence militaire permanente est également mise en place. Europa accueille depuis un détachement chargé d'assurer la présence et la souveraineté françaises, accompagné d'un gendarme. Cette présence humaine réduite donne à l'île une physionomie très particulière : Europa n'a ni ville, ni village, ni population civile permanente au sens classique. Les hommes et les femmes qui y séjournent sont relevés périodiquement.

Ces rotations constituent le lien indispensable entre cette petite terre isolée et La Réunion : personnels, vivres, matériel, courrier et parfois scientifiques arrivent et repartent au rythme des relèves. L'avion, le bâtiment militaire ou le navire de passage devient alors, pour quelques heures, le cordon ombilical d'Europa.

Une petite île, un immense territoire maritime

Les 30 km² d'Europa pourraient paraître dérisoires sur une carte. Pourtant, sa position au sud du canal du Mozambique lui confère une importance considérable. La zone économique exclusive associée à l'île représente environ 127 300 km², soit plus de 4 000 fois sa superficie terrestre.

Europa est ainsi à la fois un territoire français, un poste avancé dans le canal du Mozambique, un espace de recherche scientifique et surtout un sanctuaire de biodiversité tropicale exceptionnellement préservé.

Sources 

T..A.A.F


Elsa Catelin Hôtel de Soubise 2026 archives nationales MARINE

L'Hôtel de Soubise – Une gravure d'Elsa Catelin

Encore une fois un grand bravo à Elsa Catelin pour ce magnifique travail de gravure. Et merci pour l'envoi du document. 

Le timbre consacré à l'Hôtel de Soubise met à l'honneur l'un des plus remarquables hôtels particuliers de Paris, aujourd'hui siège historique des Archives nationales. À travers une gravure d'une grande finesse réalisée par Elsa Catelin, l'édifice révèle toute l'élégance de son architecture du XVIIIᵉ siècle. 


Le timbre consacré à l'Hôtel de Soubise met à l'honneur l'un des plus remarquables hôtels particuliers de Paris, aujourd'hui siège historique des Archives nationales. Je connais bien les lieux pour avoir travailler rue du Parc-Royal lors de ma vie parisienne. 

Avec cette gravure d'une grande finesse réalisée par Elsa Catelin, l'édifice révèle toute l'élégance de son architecture du XVIIIᵉ siècle. 
La taille-douce restitue avec précision les jeux de lumière sur la pierre, la richesse des sculptures et l'équilibre des volumes imaginés par l'architecte Pierre-Alexis Delamair.




L'art de la gravure apporte une profondeur particulière à cette représentation, faisant ressortir chaque détail de la façade et de la cour d'honneur. Le trait délicat de l'artiste traduit à la fois la majesté de cette ancienne demeure princière et l'atmosphère paisible qui règne aujourd'hui dans ce haut lieu de la mémoire nationale.
Résidence des princes de Rohan-Soubise avant de devenir, après la Révolution, le cœur des Archives nationales, l'édifice incarne plusieurs siècles d'histoire française. Ce timbre rappelle ainsi le lien étroit entre patrimoine architectural, histoire et art postal. Grâce au savoir-faire d'Elsa Catelin, l'Hôtel de Soubise est magnifié dans une composition où la précision technique se met au service de l'émotion et de la découverte du patrimoine.


Avant la création du Service historique de la Défense, une partie importante des archives de la Marine était conservée à l'Hôtel de Soubise, siège des Archives nationales. On y trouve encore aujourd'hui de précieux fonds issus du Secrétariat d'État à la Marine et des administrations de l'Ancien Régime. 
Ces documents retracent l'organisation de la Marine royale, la construction des navires, les arsenaux, les campagnes navales, le personnel et les échanges avec les colonies. 


Ils constituent une source essentielle pour l'étude de l'histoire maritime française du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle. Les chercheurs y consultent notamment des correspondances ministérielles, des mémoires, des registres administratifs et des dossiers techniques. Ces fonds complètent ceux conservés au Service historique de la Défense à Vincennes, Brest, Cherbourg, Lorient, Rochefort et Toulon, offrant ainsi une vision particulièrement riche de l'histoire de la Marine française.

Dragueur D301 Le déminage des côtes françaises et de l’estuaire de la Loire, de 1945 à 1950 AMARANTE 3-8-1947

 Dragueur D301 Amarante À la Libération, les eaux françaises comptent parmi les plus dangereuses d'Europe. Durant la guerre, Allemands, ...