16 octobre 2021

 Mouilleur de mines Pluton 13 Septembre 1939 Casablanca 


Si vous avez appris autrefois votre mythologie, vous avez dû savoir que Pluton est le dieu des Enfers. 


Casablanca, 10h40, le mercredi 13 septembre 1939. Du pont milieu du croiseur Pluton amarré au quai d’honneur de la jetée Delure, une immense flamme jaillit, suivie par une très forte détonation. Quelques secondes plus tard, c’est une seconde explosion, plus forte encore, qui s'entend à une centaine de kilomètres


Le futur Pluton est à l'origine un croiseur de 2ème classe puis un «mouilleur de mines de surface» et enfin un croiseur mouilleur de mines. Le navire dessiné est comme souvent à l'époque dans la marine nationale un navire élégant avec un long gaillard d'avant élégamment prolongé par des passavants ce qui donne l'impression d'une absence de décrochage.


Le bloc passerelle est ramassé, les deux cheminées sont très écartées, l'arrière étant occupé par un rouf surmonté d'un mat.

Si la forme générale et la propulsion ont été vite choisies, l'armement à fait l'objet de débats avec par exemple un premier projet prévoyant deux canons de 203mm en tourelles simples avant et arrière, quatre canons de 75mm et quatre canons de 37mm tous contre-avions. Ultérieurement deux canons de 138mm vont s'ajouter.

le nombre des victimes est absent - L'Ouest-Eclair 




Les bords du quai furent mitraillés par des éclats de toutes sortes et deux camions, ainsi qu’une voiture de livraison qui stationnaient sur le quai furent pulvérisés. La cale à mazout brûle L'incendie se communiqua à la cale à mazout qui renfermait 700 tonnes de combustible. Une énorme colonne de fumée noire s'éleva de la partie arrière du bâtiment qui s'enfonça rapidement dans l'eau et bientôt émergea seule des flots la passerelle arrière de DC A. L'explosion fut entendue d'environ 100 kilomètres et la colonne de fumée atteignit une hauteur de 3.000 mètres, aux dires du pilote d'un avion chargé de la surveillance des côtes. Pourtant, seules les mines sautèrent et les projectiles plus stables contenus dans la soute à munitions n'explosèrent pas. ce qui évita un plus grand sinistre. 


Victimes de leurs propres mines Pour suivre l'ordre chronologique, citons d'abord la perte purement accidentelle du croiseur mouilleur de mines La Tourd'Auvergne ex- Pluton », perte survenue le 13 septembre 1939, dans le port de Casablanca, et due à l'explosion des mines que portait ce navire. On eut à déplorer une centaine de victimes tant parmi les membres de l'équipage que parmi les indigènes qui travaillaient au moment de l'accident sur le quai d'accostage du bâtiment. Le Pluton », croiseur de 4.770 tonnes, spécialement conçu pour le mouillage des mines.

Les mines emportées sont de type Bréguet B4 pesant 530kg (CM = 80kg de tolite) pouvant être mouillé dans des eaux d'une profondeur n'excédant pas 90m.

Type à six commutateurs avec une coque sphérique de 0,785 m (31 in). Entrée en service en 1936. Poids total de 530 kg (1 168 lb), charge 80 kg (176 lb) de Mélinite. Le câble d'amarrage pourrait mesurer 225, 300 ou 400 m (738, 984 ou 1 310 pieds) avec la mine à 90 m (295 pieds).

Le Pluton est conçu pour pouvoir porter et mouiller 250 mines, 220 en charge normale et 30 en surcharge. Elles sont disposées sur quatre voies installées sur le 1er pont ou pont des mines.

-Les voies se terminent par des plans inclinés à 30° pour éviter que la hauteur de chute des mines soit effective. Chaque voie est constituée par deux fers en U écartés de 0.50m fixés sur le pont avec interposition de cales nécessaires pour corriger le bouge.

-A l'avant vers le couple 100, les deux voies d'un même bord se raccordent à une plaque tournante servant à faire passer les mines d'une voie sur l'autre.

-Les deux plaques tournantes sont reliées par un tronçon de voie transversal destiné en cas d'embarquement de mines d'un seul bord à garnir simultanément les 4 lignes.

-Pour faciliter la circulation quand le bâtiment n'a pas de mines à bord, des caillebotis sont disposés entre les rails de chaque voie et à hauteur de ces rails.

-Les mines sont embarquées à l'avant via deux grues à commande électrique



25 octobre 1945

LE PORT DE CASABLANCA DANS LA GUERRE

Ce qu’il n’avait pas été permis de dire jusqu’à aujourd’hui...

La vérité sur l’explosion



Cette catastrophe fit le 13 septembre 1939 304 victimes le 13 septembre 1939 — date fatidique — le croiseur mouilleur de mines « Pluton » sautait dans le port de Casablanca.

Cette catastrophe provoqua une émotion considérable, car, se produisant dix jours après la déclaration de guerre, la rumeur publique n’hésita pas à échafauder les pires hypothèses et à attribuer à la main de l’ennemi les causes du sinistre. Le silence qui en temps de guerre, est de règle en pareille occurence pouvant être levé sans inconvénient il nous est permis de parler aujourd'hui des circonstances de cet événement, qui endeuilla notre marine. Au cours de l’été de 1939. le croiseur mouilleur de mines «Pluton » devait être désaffecté et transformé en école d'application, en remplacement de la « Jeanne-d’Are ». 

Il devait être débaptisé et recevoir le nom de « La-Tour-d'Auvergne ». Mais en présence de l'état de tension internationale, ce projet fut abandonné et le « Pluton » reprit son rôle normal. C’est le 5 septembre 1939 que le navire entra dans notre port, ayant à bord 250 mines destinées à la création d'un barrage de défense devant le port de Casablanca. Son commandant avait reçu l’ordre de procéder à cette opération dans la nuit du 12 au 13 septembre. Dans la soirée du 12. l'Amirauté française fit connaître qu’elle renonçait à son projet et elle ordonnait le débarquement des mines afin de rendre au « Pluton » son rôle accessoire de transport rapide de troupes jugé plus urgent. 
L'équipage du navire et les ouvriers de la marine nationale de Casablanca se mirent aussitôt en devoir d'exécuter l’ordre reçu qui comportait le débarquement des mines et leur transfert dans le dépôt de munitions de la marine à Bouskoura, Deux cent cinquante mines, dont chacune était susceptible de faire sauter un bâtiment, étaient disposées sur les rails de mouillage placés en fer à cheval autour du navire et la moitié se trouvaient placées dans la partie arrière des ponts aux mines. Les opérations de désamorçage commencèrent à 10 h. 30. sous la surveillance directe de l’officier torpilleur. A 10 h. 35. cet officier s'absenta pour se revêtir d'un vêtement de travail et pour vérifier les dispositions de mise à terre des mines. Le « Pluton » saute !... Que se passa-t-il à ce moment. ? 



C'est au cours d'une manipulation malheureuse, de cause purement accidentelle, que l’une des mines explosa. Tous les témoignages sont concluants et les travaux de la commission d'enquête corroborent formellement cette thèse et infirment catégoriquement toutes autres hypothèses. Toujours est-ll qu'à 10 h 40. une longue flamme Jaillit brusquement du pont, entre le mât et la cheminée arrière, accompagnée d'une formidable déflagration et d’un souffle d’une violence Inouïe. Le navire fut immédiatement enveloppé d'un lourd nuage de fumée noire et de poussière et des débris enflammés de 'coûtes sortes, projetés à une grande hauteur. retombèrent sur les quais et dans le port sur des distances considérables. Pour donner une Idée du déplacement d'air provoqué par l'explosion, il suffit de dire que la carte d'identité du commandant du « Pluton » fut retrouvée, avec d'autres débris près du phare d'El- Hank. soit à deux kilomètres du lieu du sinistre. Une deuxième explosion suivit la première à quelques secondes d'intervalle Les autres mines, par suite d'un phénomène bien connu des pyrotechniciens — l'explosion par influence — sautèrent â leur tour à quelques secondes d'intervalle, en « chapelet », dans un grondement assourdissant de tonnerre. Le pont s'ouvrit, la cheminée arrière fut rabattue en entier sur l’avant, le mât arrière s’effondra, toutes les cloisons furent détruites, les embarcations de sauvetage. les treuils et tous les apparaux furent projetés sur le quai du poste et sur la jetée Déluré où était amarré le navire
 
Le bilan de la catastrophe 
Lorsque se produisit l'explosion, une colonne comprenant vingt-deux ambulances d'un groupe médical de campagne passait boulevard Sour-DJedid. non loin de l’Amirauté Le commandant de la colonne, le médecin-capitaine Ferry, donna l'ordre de rallier immédiatement le port, et. grâce au sang-froid et à l'initiative de cet officier, cent-cinquante blessés graves dont l'état nécessitait un transfert rapide à l’hôpital purent recevoir les transfusions de sang qui les sauvèrent. 


L'agonie a pris fin Le navire a coulé et, seules, des colonnes de fumée indiquent encore le lieu de la catastrophe. Au premier plan, un barrage de protection coupe l’extension du mazout en feu.

(Suite de la première paqe) Les secours s’organisèrent promptement mais, en dépit de tous les efforts, le bilan de la catastrophe fut extrêmement lourd Parmi le personnel du « Pluton » on décompta 10 officiers tués ou disparus et 196 sous-officiers. quartiers-maîtres ou marins tués ou disparus. Il y eut deux officiers et 75 subalternes bléssés. Le capitaine de frégate Dubois, commandant du navire, officier de grand avenir et l'un des plus brillante de la Marine Nationale, fut tué En outre, un officier et dix-neuf matelots de la Marine Nationale furent tués et vingt-neuf autres blessés Un lieutenant de vaisseau de la marine polonaise qui se trouvait à bord du navire-école « Wilja » fut très grièvement blessé et l’on dut l'amputer d une Jambe En définitive, la catastrophe avait fait 226 tués ou disparus et 107 blessés graves. De beaux exemples de solidarité L'attitude des officiers et de l'équipage du « Pluton » fut en tous points digne déloges. L’évacuation du navire s'effectua en bon ordre, sous la direction des officiers et sous-officiers restés valides 
Signalons l'attitude héroïque d un pilote du port, renseigne de vaisseau Comhrade, mobilisé à la Marine du Maroc Cet officier, quoique grièvement blessé refusa de se laisser évacuer tant qu'il resta des victimes plus gravement atteintes que lui-même L'attitude de la population casablancaise fut remarquable et l'on nota de beaux exemples de solidarité. Les dons de sang pour opérer les transfusions furent très nombreux et Ion enregistra également des dons abondants de vêtements d intérieur pour les blessés Enfin, les services de la Croix-Rouge française se dépensèrent sans compter. Le jour de obsèques des victimes, une messe en plein air fut dite à l'Hôpital militaire et le discours prononcé par l'amiral Sablé exprima en termes déchirants l'impression profonde que cette catastrophe provoqua parmi la population civile et militaire de Casablanca Puis une foule recueillie, muette de douleur, accompagna à leur dernière demeure lea victimes de cette première grande tragédie en marge de la guerre.


Sources
L'Ouest-Eclair
La Vigie Marocaine

15 octobre 2021

FLF Guépratte Raïs Hamidou Toulon Alger

J'attends les plis...

La première phase de Raïs Hamidou 2021, activité de coopération opérationnelle (ACO) entre les marines française et algérienne, a débuté le 6 septembre à Toulon, après l’accostage de la frégate algérienne Erradii au même quai que la frégate La Fayette (FLF) Guépratte, son partenaire opérationnel pendant près de dix jours.



Notre-Dame d'Afrique à Alger  DR
Inaugurée par la conférence de lancement tenue en début de semaine sous la présidence du contre-amiral Roux de Luze, adjoint opérations du commandant de la zone maritime Méditerranée, la première phase d’entraînement à quai visait à créer un esprit d’équipe au sein de cette escouade navale de circonstance, à préparer la partie maritime de l’ACO, mais aussi à roder les savoir-faire fondamentaux entre les deux équipages. Exercices de lutte contre les sinistres de combat, séances d’entraînement en simulateurs de Central opérations (CO), exercices de visite opérationnelle ont rythmé ces premiers jours d’activité conjointe.

Ces échanges entre ces deux pays riverains de la mer Méditerranée sont indispensables à l’aptitude des deux marines à opérer conjointement et à répondre, le cas échéant, à une situation de crise en mer.

La prochaine phase se déroulera en mer, après l’appareillage des deux frégates le 10 septembre matin, avant une escale à Alger prévue le 14 septembre.



Accompagné du Général-Major Mohamed Larbi Haouli, Commandant des Forces Navales, le Général de Corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, Vice-ministre de la Défense Nationale, Chef d’Etat-Major de l’Armée Nationale Populaire a procédé ce jeudi à l’inauguration et l’inspection de la frégate « Erradii », numéro de bord 910, indique un communiqué du ministère de la défense nationale (MDN).

Gaïd Salah a procédé, au siège du Commandement des Forces Navales à l’Amirauté, à l’inauguration et à l’inspection de ce nouveau navire de guerre qui dispose des technologies les plus modernes et de haute précision dans le domaine militaire naval, capable d’intervenir dans un large champs d’action pour l’exécution de différentes missions.


Tipaza proche d'Alger  DR
Ce navire vient renforcer nos Forces Navales dans le cadre du plan de développement visant à moderniser notre flotte navale, rehaussant ainsi les capacités de défense et développant et renforçant le corps de bataille de l’Armée Nationale Populaire, selon le même communiqué.

Le Général de Corps d’Armée a visité les différents compartiments de la frégate, où il a reçu d’amples explications sur ses composants, ses spécificités et son armement, dont deux hélicoptères assignés à différentes missions de combat et de sauvetage.

Immatriculée 910 et baptisée Al Radi’ الرادع (Le Dissuasif), cette première frégate, fabriquée en Allemagne, de 3500 tonnes fait partie d’une commande de deux frégates avec une option pour deux frégates supplémentaires.

La seconde frégate (911) qui est toujours en construction par le même chantier naval sera livrée en 2017.

Ce navire de classe Meko, conçu par le chantier naval allemand TKMS, fait partie de la grande série de type Meko de navires de guerre multi-fonctions.

A l’horizon 2017, les forces navales algériennes recevront un bâtiment de débarquement et de soutien logistique (BDSL) de 9000 tonnes, une frégate Meko et trois corvettes de la classe Al Dhafer de fabrication chinoise avec une électronique occidentale

Le Guépratte à quai à Alger  DR



Après dix jours de coopération à quai à Toulon puis en mer Méditerranée, la frégate algérienne Erradii et la frégate La Fayette (FLF) Guépratte ont accosté le 14 septembre 2021 au port d’Alger.

Après une première phase de coopération à quai, les deux frégates ont conduit une phase de coopération maritime, préparée conjointement à Toulon. Plusieurs activités de manœuvre, d’enquête de pavillon, de visite à bord d’un navire suspect et d’assistance mutuelle ont permis aux deux équipages de mettre en œuvre leurs procédures respectives avant la réalisation d’un exercice majeur de lutte contre les trafics illicites et de recherche de naufragé au large des côtes algériennes. Supervisés depuis la terre, les entraînements conduits en mer ont également permis d’entraîner un état-major opérationnel franco-algérien, basé à Alger et mis sur pied à cette occasion.

la plage à Alger  DR



Accueillis à Alger par les autorités algériennes et par le contre-amiral Roux de Luze, adjoint opérations du commandant de la zone maritime Méditerranée, l'engagement des deux équipages dans les différentes activités ont permis de renforcer de manière concrète la coopération entre les marines française et algérienne, indispensable pour opérer conjointement et répondre à une situation de crise potentielle en mer.

14 octobre 2021

Guerre 1870 Ballons montés - la Marine et ses aérostiers siège de Paris Aéronavale

Guerre 1870 Ballons montés - la Marine et ses aérostiers


La Marine, depuis la déclaration de guerre jusqu’au 16 février 1871, met à la disposition de la défense nationale : 

563 officiers, 

20 ingénieurs hydrographes, 
20.157 marins, 
5.087 hommes d’artillerie de marine, 
23.000 hommes d’infanterie de marine, 
plus de 1.000 canons de marine, 
ainsi qu’une grande quantité d’armements, de munitions et d’équipements divers.

Paris seul, reçoit 10.000 matelots et 170 pièces de gros calibres servis par les canonniers marins.








Tout au long du siège de Paris, la Marine joue un rôle considérable, elle arme plusieurs forts, notamment celui de Montrouge.

Les canonniers marins qui armaient les forts deviennent rapidement les favoris des Parisiens.

C’est à un officier du Génie, président de la commission scientifique de défense du territoire, que revient l’idée de réclamer plusieurs marins pour manœuvrer le treuil du ballon captif chargé de l’observation des mouvements allemands et d’en demander seize autres pour mettre en œuvre un autre ballon.




Il fallait en outre former des pilotes, les aéronautes étant à cette époque trop peu nombreux.

On fit appel à des marins, hommes d’équipage de la marine à voile, ils n’ignoraient rien des nœuds et savaient ravauder solidement une voilure. Gabiers habitués à grimper dans les huniers, pour carguer ou larguer les voiles, ils ne seraient pas effrayés par l’altitude, sauraient sentir le vent, apprécier leur position.

" Gabiers : Matelots de pont affectés à la manœuvre de la voilure, et à l’entretien du gréement. Les gabiers de jadis étaient agiles comme de véritables acrobates. Ils grimpaient, non seulement en se gambillant dans les enfléchures, mais à la force des poignets. Dans la mâture, leur loi était « une main pour soi, une main pour le bord »".



Ces apprentis aéronautes (navigateurs de l’air) vont participer à toutes les phases de la fabrication des ballons : de la coupe de l’étoffe pour la confection des fuseaux, à la couture de leur assemblage ; du maillage du filet qui enserre l’enveloppe, au tressage des brins d’osier de la nacelle.

Une fois l’enveloppe vernie pour assurer son étanchéité, le ballon est prêt à être gonflé et prendre l’air.


L'apprenti aéronaute (navigateur de l’air, futur pilote, reçoit alors une formation théorique et pratique sur l’aérostation. Dans la nacelle suspendue du « ballon-école », il apprend à utiliser la corde de soupape, à lâcher le lest, à laisser filer le guiderope, l’ancre et le câble. Quand tout cela est assimilé, il est déclaré apte.


Vêtu d’une peau de mouton et coiffé de son bachi, voilà le marin, seul dans sa nacelle, devenu le « pacha » de son ballon.

Le temps pressant, il n’est pas question d’effectuer quelques essais d’ascensions captives et encore moins d’un vol libre avant la « mission ».

Pendant la durée du siège, soixante-huit ballons* (dont trois non dénommés : N°5, 8 et 27) quittèrent la capitale et franchirent les lignes prussiennes.

Ballon Ville d'Orléans
Les 30 marins des forts détachés à cet aventureux service aérien s’en acquittèrent avec un dévouement et une intrépidité que le siège de Paris a rendu légendaire. Déjà habitués aux périls de la navigation sur mer ils ne faisaient que changer d’élément. Il y avait là, pourtant, un danger réel à affronter les éléments encore indomptés, sous le feu du fameux mousquet à ballons Krupp, des troupes prussiennes. Certains ballons, qui décollais par nuit noire pour éviter les tirs ennemis, furent entraînés vers la mer ou se posèrent en pays occupé par l’ennemi.


Ballon Ville de Paris
Pendant la durée du siège, soixante-huit ballons quittèrent la capitale et franchirent les lignes prussiennes.



En se portant au-delà des lignes prussiennes pour acheminer en province les nouvelles de Paris, les sinistres aériens furent nombreux. Un grand nombre de messagers risquèrent leur vie, et quelques-uns la perdirent :

Tous ces ballons-poste n’atterrirent pas en France, loin s’en faut : 
cinq se posèrent en Belgique, 
trois en Hollande, 
un en Norvège après un vol de 1.250 km,
un tomba en Prusse et 
un autre en Bavière, 
où les équipages furent faits prisonniers et internés.

Cinq autres ballons tombèrent dans les lignes ennemies et les équipages emmenés en captivité. 

Deux s’égarèrent en mer : 
le Jacquard, (N°35) monté par le matelot Alexandre Prince en mer du Nord et 
celui du soldat Émile Lacaze avec le Richard Wallace (N°67), qui se perdit dans l’immensité des flots de l’Atlantique.

sources 



BnF Gallica



Liste des Ballons montés

 

Nom du ballon

Cachet de départ

Localisation du décollage 

de Paris

Le Neptune

19 au 22-9-1870

Place St Pierre à 7h45

La ville de Florence

23 et 24-9-1870

Boulevard d'Italie à 11h

Les Etats Unis

25 au 28-9-1870

Usine de la Vilette à10 h30

Le céleste

28 et 29-9-1870

Usine à gaz de Vaugirad à 9h 30

Le sans nom N° 1

27 au 29-9-1870

.

L'Armand Barbès

30-9 au 6-10-1870

Place St Pierre à 11h

Le sans nom N° 2

30-9 au 8-10-1870

Usine de la Vilette à14h

Le Washington

7 au 11-10-1870

Gare d'Orléans à 8h 30

Le Louis Blanc

7 au 11-10-1870

Place St Pierre à 11h30

Le Godefroy Cavaignac

12 et 13-10-1870

Gare d'Orléans à 9h 45

Le Jean bart N° 1

11 au 14-10-1870

Gare d'Orléans à 13h 15

Le Jules Favre N° 1

14 et 15-10-1870

Gare d'Orléans à 7h 20

Le Jean Bart N° 2

14 et 15-10-1870

Gare d'Orléans à 21h 50

Le victore Hugo

16 au 18-10-1870

Jardin de Tuilleries à 11h 45

Le Lafayette

18-10-1870

Gare d'Orléans à 9h 10

Le Garibaldi

1 au 21-10-1870

Jardin des Tuilleries à 11h 30

Le Montgolfier

22 et 23-10-1870

Gare d'Orléans à 8h 30

Le Vauban

24 au 26-10-1870

Gare d'Orléans à 9h

Le Normandie

.

Usine de la Vilette à 12h

Le Colonnel Charras

17 au 29-10-1870

Gare du Nord à 12h

Le Fulton

29-10 au 1-11-1870

Gare d'Orléans à 8h 45

Le Ferdinand Flocon

2 et 3-11-1870

Gare du Nord à 9h

Le Galilée

2 au 4-11-1870

Gare d'Orléans à 14h 15

Le Ville de Châteaudun

4 au 6-11-1870

Gare du Nord à 9h 45

Sans nom N° 3

.

Usine de la Villette à 10h

Le Gironde

6 au 8-11-1870

Gare d'Orléans à 8h 30

Le Daguerre

8 au 11-11-1870

Gare d'Orléans à 9h 15

Le Niepce

.

Gare d'Orléans à 9h 20

Le Général Uhrich

12 au 18-11-1870

Gare du Nord à 23h 15

L'Archimède

19 et 20-11-1870

Gare d'Orléans à 1h

L'Egalité

25 au 26-11-1870

Usine à gaz de Vaugirard à 11h

La Ville d'Orléans

12 au 24-11-1870

Gare du Nord à 23h 40

Le Jacquard

24 au 28-11-1870

Gare d'Orléans à 23h 15

Le Jules Favre N° 2

28 au 30-11-1870

Gare du Nord à 23h 30

Bataille de Paris

1-12-1870

Gare du Nord à 5h 15

Le Volta

2-12-1870

Gare d'Orléans à 6h

Le Franklin

1 au 4-12-1870

Gare d'Orléans à 1h

Le Denis-Papin

5 et 6-12-1870

Gare d'Orléans à 1h

L'Armée de Bretagne

5 et 6-12-1870

Gare du Nord à 6h

Le Général Renault

7 au 10-12-1870

Gare du Nord à 2h 15

La Ville de Paris

10 au 13-12-1870

Gare d'Orléans à 4h 45

Le Parmentier

14, 15 et 16-12-1870

Gare d'Orléans à 1h 20

Le Davy

17-12-1870

Gare d'Orléans à 5h

Le Général Chanzy

18-12-1870

Gare du Nord à 2h 30

Le Lavoisier

18 au 21-12-1870

Gare d'Orléans à 2h

La Délivrance

22-12-1870

Gare du Nord à 4h 45

Le Rouget de l'Isle

24-12-1870

Gare d'Orléans à 3h

Le Tourville

23 au 26-12-1870

Gare d'Orléans à 3h45

Le Bayard

27 et 28-12-1870

Gare d'Orléans à 4h

L'Armée de la Loire

29 au 30-12-1870

Gare du Nord à 5h

Le Merlin de Douai

3-1-1871

Gare du Nord à 6h 45

Le Newton

31-12-1870 au 3-1-1871

Gare d'Orléans à 4h

Le Duquesne

4 au 8-1-1871

Gare d'Orléans à 3h 50

Le Gambetta

9-1-1871

Gare du Nord à 3h 30

Le Kepler

10-1-1871

Gare d'Orléans à 3h 30

Le Général Faidherbe

11 et 12-1-1871

Gare du Nord à 3h 30

Le Vaucanson

13 et 14-1-1871

Gare d'Orléans à 3h

La Poste de Paris

15 au 17-1-1871

Gare du Nord à 3h 30

Le Général Bourbaki

18 et 19-1-1871

Gare du Nord à 5h 15

Le Général Daumesnil

20 et 21-1-1871

Gare de l'Est à 3h 15

Le Torricelli

22 et 23-1-1871

Gare de l'Est à 3h

Le Richard Wallace

24 au 26-1-1871

Gare de l'Est à 3h 30

Le général Cambronne

27-1-1871

Gare du Nord à 5h 45


13 octobre 2021

Des Marins au siège de Paris 1870

Le Journal du siège de Paris, publié par "Le Gaulois"

On a déjà parlé de la part active prise par la Marine durant la guerre de 1870. Les plus connus sont les aérostiers marins et les ballons montés mais à la tête des responsables militaires on retrouve aussi de nombreux marins. 

https://envelopmer.blogspot.com/2018/10/la-marine-au-siege-de-paris-1870.html

https://envelopmer.blogspot.com/2021/03/le-neptune-premier-ballon-monte-1870.html

https://envelopmer.blogspot.com/2014/03/combats-de-marins-oublies-durant-la.html

Amiral de Dompierre d'Hornoy
L'intérim du ministère de la marine et des colonies, qui avait été confié à M. le contre-amiral de Dompierre d'Hornoy, a cessé par décret du Gouvernement en date du 15 septembre, et M. le vice-amiral Fourichon, ministre titulaire, a pris le même jour la direction du département.



VA Fourrichon


Le vice-amiral Fourichon, ministre de la marine, exercera par délégation les fonctions de ministre de la guerre auprès de la partie du gouvernement siégeant hors de Paris.


Le Gouvernement de la défense nationale décrète : M. Glais-Bizoin, membre du Gouvernement, et l'amiral Fourichon, ministre de la marine, se rendront à Tours et y formeront, avec le garde des sceaux, la délégation du Gouvernement de la défense nationale, appelée à exercer les pouvoirs de ce Gouvernement dans les départements non occupés par l'ennemi. Ces pouvoirs dureront autant que l'investissement ae la capitale.

Fait à l'hôtel de ville de Paris, le 16 septembre 1870.



C'est l'amiral de Quillio qui remplace le général Ambert dans son commandement de la garde nationale.

Cette nouvelle a été annoncée hier à tous les gardes nationaux de service par une ronde major faite exprès à onze heures du soir.


Salons de l'hôtel de la Marine
photo JM Bergougniou
— Par ordre de M. le vice-amiral Fourichon, ministre de la marine, les grands saIons de réception du ministère de la marine sont transformés en une ambulance de plus de 100 lits, qui est organisée, au personnel comme au matériel, par les soins de l'administration de la marine sous la direction de M. Reynaud, inspecteur général du service de santé de la marine,

Plusieurs médecins de la marine sont appelés à Paris pour être mis à la disposition de l'armée de terre. Un aumônier de la marine fut attaché à chaque fort. Tous les ingénieurs hydrographes du dépôt des cartes et plans de la marine furent mis à la disposition du vice-amiral commandant en chef. Ils furent chargés de lever les plans du terrain autour des forts, et des observatoires.

La place de la Concorde depuis la galerie de l'hôtel de la Marine
photo JM Bergougniou

Le ministère de la marine a converti ses superbes salons en une ambulance depuis déjà quelques jours. Voilà aujourd'hui que les vastes galeries du rez-de-chaussée sont transformées en magasins de vivres; de nombreuses voitures et des camions déchargeaient aujourd'hui d'immenses quantités de sacs de blé et de caisses provenant des usines Chollet, qui sont arrivés des magasins de la marine a Cherbourg.

Sources 

Le siège de Paris Le Gaulois 1871.


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