02 mai 2026

Pierre Mac Orlan La vie militaire marine et civile 400 ans de la Marine

 Pierre Mac Orlan La vie militaire marine et civile 

L’ouvrage rassemble des planches en couleurs représentant uniformes militaires, marins, drapeaux régimentaires et costumes civils du XVe au XIXe siècle. Conçu à la fois comme document historique et objet décoratif, il illustre l’évolution des métiers et des traditions françaises à travers les siècles. 



L’ouvrage La Vie militaire, marine et civile, d’après les images de Michel Mare et présenté par l’écrivain Pierre Mac Orlan, constitue un remarquable témoignage illustré sur l’histoire des uniformes et des métiers liés à la vie militaire, maritime et civile en France. Probablement publié dans les années 1930 et imprimé par Dehon & Cie à Valenciennes, cet album s’inscrit dans une tradition d’ouvrages à la fois artistiques et documentaires destinés à faire revivre les usages et costumes des siècles passés.

Composé de planches en couleurs au style graphique clair et décoratif, l’ouvrage présente une grande variété de personnages et d’uniformes, allant des soldats de la Renaissance aux gendarmes du XIXe siècle, en passant par les marins, les pêcheurs, les troupes coloniales et les services spécialisés de l’armée du Premier Empire. Certaines planches sont également consacrées aux drapeaux des régiments français, offrant une vision synthétique et pédagogique de l’héraldique militaire et des traditions régimentaires.



Pierre Mac Orlan (1882–1970) est un écrivain français majeur du XXᵉ siècle, connu pour ses romans d’aventure et ses récits inspirés par le monde maritime et militaire. Il est notamment l’auteur du célèbre roman Le Quai des brumes (1927), qui sera adapté au cinéma. Son œuvre mêle réalisme, imaginaire et atmosphères de ports, de voyages et de vies populaires. Observateur attentif des traditions et des milieux sociaux, il s’intéresse souvent aux soldats, marins et marginaux. Dans La Vie militaire, marine et civile, il apporte une présentation littéraire qui donne une dimension poétique et historique aux illustrations de Michel Mare.



Voici des armes, des habits, des justaucorps, des tuniques, des casques, des bonnets et des couleurs fameuses, des couleurs dont c’est ici l’histoire sentimentale écrite et peinte par MICHEL MARE. Mises bout à bout ces images peuvent constituer le film élégant et mystique de ce que fut la vie quotidienne d’autrefois, quand la puissante poésie des camps, des casernes et des couleurs distinctives donnait aux hommes l’alcool nécessaire à la perfection du sacrifice. Cet album qui je l’espère nous donnera un abondant choix d’images émouvantes et plaisantes, est un peu comme une exégèse délurée sur les plus belles chansons de route que chantèrent les hommes de Sarlabous - ou de Strozzi - les soldats de Picardie, de Navarre et de Champagne, les hussards du premier empire, les routiers des vieilles bandes familièrement mêlés aux conscrits des temps modernes allant vers l’aventure collective des casernes, les rubans au chapeau et la fleur au revers de leur blouse ou de leur redingote romantique.



En vérité, c’est bien un cahier de chansons que cet album spirituel dont la verve secrète et populaire est née du rayonnement des soldats en marche, des mélodies de bivouac et des émotions des revues de détail.



MICHEL MARE connait très bien le texte et l’air de ces chansons ; son humeur personnelle y ajoute cette éternelle jeunesse qui dure autant que le soldat appartient à l’uniforme qui règle la littérature secrète de sa condition. Cette littérature aboutit à la diane chantée par Baudelaire dans les casernes au petit jour.



Toute la vie pittoresque de notre société apparaît ici dans ses usages quotidiens, dans ses costumes qui peuvent devenir les éléments de nombreuses mystiques. En dressant un décor approprié autour de ces petits personnages, somptueux ou modestes, il est facile d’imaginer la rue aux multiples aspects, la place publique, la route royale, le port où l’homme de la chaîne coudoit les demoiselles de qualité.



Les soldats de Watteau, de Callot, de Parocelle, d’Hoffmann, d’Eisen, de Raffet, de Charlet, de Bellangé, de Lami, de Detaille, de Neuville, de Scott, de Toussaint, de Tiret-Bognet, de Lajoux, de Rousselot et de Bénigny, les deux plus érudits parmi les érudits et tant d’autres, rejoignent la claire silhouette si précise des gais petits bonshommes de MICHEL MARE. Ce jeune peintre a suivi les conseils techniques des anciens sans pour cela ternir sa personnalité. Il connaît la valeur poétique d’un uniforme ou d’une simple casaque, sans cesser d’entendre la jolie chanson des anciens qui parcoururent les routes avant lui, les routes merveilleuses semées d’étapes encore mal décrites. Les soldats, les matelots et les personnages d’exception qui habitent ces dessins animent les pages les plus séduisantes des anciennes chroniques civiles et militaires. On les retrouve en marge d’un chapitre de la Popelinière ou de Brantôme ; ils surgissent des anciens livres de marche, s’acoquinent parfois à une chanson de Vadé… Il y aurait tant à dire sur la vie quotidienne du soldat en ne négligeant pas l’histoire intime des narquois, des grivois, des grivetons, les compagnons du langage soudardant, plus décoratifs encore que les coquillards du jobelin de François Villon.



Il est difficile de présenter cette collection de costumes pittoresques qui suivra sans doute l’humeur de l’artiste qui les groupera. Mais il ne faut pas s’y tromper : sous l’apparence simplifiée d’un grenadier de Picardie ou d’un appointé de colonel-général des dragons, on peut être assuré de l’exactitude dans tous les détails. Ils sont souvent résumés, mais ils sont présents devant nos yeux. Ce sont là les éléments de caractère qui ne s’inventent point et qui, quel que soit le talent particulier au dessinateur, doivent toujours inspirer ses compositions. Pour ceux qui se tiennent au courant de la vie puissante toujours enclose dans la représentation des vieux uniformes et des usages anciens, les planches contenues dans ce fascicule, qui est le premier d’une série de dessins que l’on peut désirer nombreux, trouveront place dans les meilleures bibliothèques dédiées au pittoresque de la vie sociale.



J’insiste un peu sur cet aspect documentaire d’une œuvre soigneusement établie qui rendra bien des services à ceux dont l’imagination aime à s’alimenter de précisions riches en évocation. Ceux qui savent se pencher avec émotion sur tous les aspects, souvent surprenants de l’existence des soldats d’autrefois, y trouveront peut-être les clefs qui ouvrent les portes de ce passé merveilleux, le temps le plus facile à vivre.

PIERRE MAC ORLAN.

01 mai 2026

POM Jean TRANAPE Transit vers Nouméa CANADA 20-04-2026 Halifax Nouvelle Ecosse

 POM Jean TRANAPE Transit vers Nouméa CANADA 20-04-2026

 le POM Jean Tranape est passé le 14 avril à Saint-Pierre et Miquelon avant de gagner Halifax.

Code Postal B3K - Halifax, Nouvelle-Écosse 26-04_20

soit le 20 avril 2026

Défense | 𝐕𝐢𝐬𝐢𝐭𝐞 𝐚̀ 𝐛𝐨𝐫𝐝 𝐝𝐮 "𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐓𝐫𝐚𝐧𝐚𝐩𝐞" 𝐞𝐧 𝐞𝐬𝐜𝐚𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐇𝐚𝐥𝐢𝐟𝐚𝐱

⚓ Le Patrouilleur outre-mer de la Marine nationale était de passage en Nouvelle-Écosse, du 18 au 23 avril, avant de rallier son port de base à Nouméa dans le Pacifique prévu dans deux mois.



🇫🇷 Nous avons eu l'honneur de visiter ce bâtiment de nouvelle génération, long de 80 mètres et composé de 30 marins membres d'équipage. Appareillé le 7 avril des côtes françaises, le patrouilleur a accueilli ses premiers visiteurs internationaux, l'équipe de l'Alliance Française Halifax, ainsi que la Marine canadienne.



🤝 Nous remercions le commandant, son second et tous les marins qui nous ont accueillis à bord ! "La Marine nationale célèbre en 2026 ses 400 ans d’existence. Elle souhaite faire de cette année un moment de fierté populaire et nationale, tourné vers la jeunesse et les territoires, un élan vers l’avenir".






Le Consulat général de France des provinces atlantiques du Canada à Moncton et Halifax est une représentation consulaire au Canada situé sur la rue Main, à Moncton Nouveau Brunswick. 

Il est compétent pour les 4 provinces atlantiques du Canada : Nouveau Brunswick - Nouvelle Ecosse - Île du Prince-Edouard - Terre Neuve et Labrador

https://www.facebook.com/consulfranceatlantiques/posts/défense-𝐕𝐢𝐬𝐢𝐭𝐞-𝐚̀-𝐛𝐨𝐫𝐝-𝐝𝐮-𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐓𝐫𝐚𝐧𝐚𝐩𝐞-𝐞𝐧-𝐞𝐬𝐜𝐚𝐥𝐞-𝐚̀-𝐇𝐚𝐥𝐢𝐟𝐚𝐱english-follows-le-pa/1378127514355144/


30 avril 2026

Marion Dufresne à Tromelin Iles Eparses TAAF 12 mars 2026 OP1

 Marion Dufresne à Tromelin Iles Eparses TAAF 12-3-2026


Jeudi 12 mars, le Marion Dufresne est arrivé à Tromelin, marquant le premier arrêt de cette rotation qui constitue également la première mission en mer du nouveau préfet des Terres australes et antarctiques françaises, Mikael QUIMBERT. 🐢



⚓ Au programme :




• le ravitaillement de l’île

• la mise en place d’un nouveau système de production photovoltaïque, qui renforce l’autonomie énergétique de la station et réduit l’empreinte environnementale de la présence humaine

• la relève des agents des Terres australes et antarctiques françaises, présents depuis trois mois sur l’île

Cette escale est aussi l’occasion pour l’artiste JACE de réaliser sa première fresque sur l’île, en hommage aux naufragés de Tromelin.


29 avril 2026

La devise : « LIBERTÉ DES MERS » 400 ans de la Marine Brest Toulon bagne chiourme lettre

La devise : « LIBERTÉ DES MERS »


La liberté des mers est un principe fondamental du droit international qui garantit à tous les États la libre circulation des navires sur les océans. Pourtant, ce principe est parfois menacé dans des zones stratégiques où les tensions géopolitiques sont fortes. Le détroit d’Ormuz, passage essentiel pour le commerce mondial du pétrole, est aujourd’hui au cœur de rivalités entre l’Iran et les États-Unis, marquées par des menaces de blocus et des incidents maritimes.

Un courrier de la période révolutionnaire avec une vignette LIBERTÉ DES MERS montre que l'idée n'est pas nouvelle...

Ce n’est pas un simple slogan décoratif, c’est une affirmation politique forte dans le contexte révolutionnaire et maritime.

  • la mer doit être ouverte au commerce et à la navigation,
  • aucune puissance ne doit en monopoliser l’usage,
  • la France révolutionnaire revendique une navigation libre, notamment face aux puissances navales rivales comme la Grande-Bretagne.

Toulon, le 21 Brumaire an VII de la République Française.




LE CHEF D’ADMINISTRATION

du sixième arrondissement maritime.

Au Chef de l’Administration de la marine à Brest,


J’ai reçu, mon cher Collègue, joint à votre lettre du cinq de ce mois le signalement de deux forçats évadés de la chiourme de votre port pendant la 2e quinzaine de vendémiaire dernier.

Salut et attachement. 

Signature illisible





Bagne de Toulon

Les bagnes de Brest et de Toulon sont créés au milieu du XVIIIᵉ siècle, respectivement en 1749 à Brest et 1748 à Toulon, pour remplacer les galères supprimées. 



Vue de Toulon par Claude Joseph Vernet 

Les condamnés aux travaux forcés, appelés forçats, y étaient employés à des travaux pénibles dans les arsenaux militaires, notamment la construction et l’entretien des navires. 



Ces bagnes constituaient une main-d’œuvre essentielle au fonctionnement des grands ports militaires français. Les conditions de vie y étaient très dures, marquées par la surveillance constante, les chaînes et des punitions sévères. Ces établissements ont fonctionné jusqu’au XIXᵉ siècle, avant la création des bagnes coloniaux comme celui de Guyane.

25 avril 2026

FDI Amiral Ronarc'h New York USA 10 avril 2026 DLD

FDI Amiral Ronarc'h New York USA 10 avril 2026


La frégate Amiral Ronarc'h, premier navire de la nouvelle génération FDI de la Marine nationale, a fait escale à New York City pendant quatre jours en ce début avril, dans le cadre de son déploiement de longue durée entamé en janvier depuis Brest. 


Entre Atlantique Nord et navigation sur l’Hudson, la FDI Amiral Ronarc’h poursuit son déploiement longue durée.


Le 9 avril, le bâtiment a fait escale à New York, après des manœuvres en environnement exigeant, notamment en navigation en eaux resserrées sur l’Hudson.



Le 9 avril 2026, nous avons eu l’honneur de saluer l’arrivée de la frégate Amiral Ronarc’h, première Frégate de Défense et d’Intervention (FDI) de la Marine Nationale basée à Brest.


Cette escale à New York, au Pier 88 à Manhattan, a permis d’illustrer l’excellence et la modernité du savoir-faire naval français, alors que la Marine Nationale fête ses 400 ans cette année et que nous célébrerons avec nos partenaires américains le 250e anniversaire des États-Unis et de l’amitié franco-américaine. 🇫🇷🇺🇸


Nous adressons nos sincères remerciements au commandant Nicolas Guiraud pour son accueil et pour la qualité des échanges à bord.

Merci à CB

Sources 

Consulat de France à New-York

Marine Nationale


24 avril 2026

Frégate Nivôse Le CAP Afrique du sud Alfred Faure Crozet 9-2-2026 TAAF

 Frégate Nivôse 

Dans le cadre d’une mission de surveillance maritime dans les TAAF (Terres australes et antarctiques françaises) dans les ZEE des îles de Crozet, Kerguelen et Saint Paul, une frégate de surveillance a fait escale au Cap, en Afrique du Sud du 29 janvier au 2 février 2026.


Durant sa patrouille pour rallier le Cap, la frégate a embarqué un médecin de la marine sud-africaine et un cadre du national sea rescue institute, l’organisme de sauvetage en mer sud-africain (équivalent de la SNSM). Ces derniers ont été intégrés aux exercices quotidiens qui rythment la vie embarquée et ont permis de riches échanges sur la navigation, le sauvetage en mer ou encore la médecine navale. Une fois arrivés, les plongeurs du bord ont conduit avec succès une plongée sous coque avec les plongeurs de la police locale.

Durant cette escale, la frégate a accueilli à bord une journée défense citoyenneté ainsi que la communauté française et sud-africaine locale. Cet événement a également permis d’évoquer auprès de la communauté française locale la célébration des 400 ans de la Marine, démontrant que cette dernière est bien présente sur toutes les latitudes du monde.





Le 9 février 2026, la frégate de surveillance Nivôse a effectué une escale dans la baie du Marin, au large de la base Alfred-Faure, dans l’archipel de Crozet (TAAF).

Alfred Faure Crozet © JM Bergougniou


Cette escale s’inscrivait dans le cadre de sa mission annuelle d’été austral dans les Terres australes françaises.
Le bâtiment assurait des opérations de surveillance maritime et de police des pêches, notamment contre la pêche illégale.

Crozet Baie du Marin © JM Bergougniou
La présence du Nivôse permet également de maintenir la souveraineté française dans ces zones isolées de l’océan Indien.
Lors de son passage, des échanges logistiques et de courrier ont pu être réalisés avec la base scientifique.

FS Nivôse à quai au CAP février 2026 © JM Bergougniou


La frégate de surveillance Nivôse, mise en service actif en 1992, mesure 93,5 mètres de longueur, peut atteindre une vitesse maximale de 20 nœuds et dispose d’une autonomie de 50 jours. Basée à La Réunion, elle répond à un besoin opérationnel précis : le contrôle des espaces maritimes éloignés de la métropole sur lesquels la France exerce sa souveraineté, ainsi que l’intervention en zone de crise limitée.

FS Nivôse 


À cette fin, la Nivôse est dotée d’équipements adaptés à ces missions, notamment d’un hélicoptère embarqué Panther, et dispose de capacités de détection et d’armement permettant de renforcer efficacement la présence française dans les territoires d’outre-mer.

Chaque année, la frégate de surveillance Nivôse effectue une mission de police des pêches d’une durée de un à deux mois dans les îles australes. C’est d’ailleurs la Nivôse qui a arraisonné, en janvier 2003, le palangrier congélateur Lince, lequel est ensuite devenu le patrouilleur des affaires maritimes Osiris.

https://za.diplomatie.gouv.fr/fr/escale-de-la-fregate-de-surveillance-nivose-au-cap






23 avril 2026

Toulon du génie de la navigation à Cuverville il n'y a qu'un pas Louis-Joseph Daumas sculpture

 Toulon - du génie de la navigation à Cuverville il n'y a qu'un pas

Le « Génie de la navigation » a porté, au fil des temps, le surnom de « Génie de la mer », « Génie militaire », « Génie maritime ». Il est, pour les Toulonnais, « L’Ome negre » ou « L’Homme de bronze ». Erigé en hommage à tous les marins illustres, c’est sous le sobriquet « Cuverville » qu’il est le plus souvent désigné, en raison de l’orientation d’une partie de son anatomie, ou, plus sérieusement, en souvenir du vice-amiral de Cuverville commandant de la flotte de la Méditerranée en 1895.

D’une hauteur de 3,40 mètres, il a été sculpté en 1843, sur ordre du gouvernement de Louis-Philippe 1e qui souhaitait honorer les grands navigateurs. Exposé au Salon de Paris en 1845, le « Génie de la navigation » fut érigé sur le carré du port de Toulon le 1e mai 1846, en l’honneur de la fête du roi pré-cité. En 1883, il fut ceinturé d’une grille en fer forgé.


Sur le port de Toulon, il y a une statue que tout marin connaît, même celui qui prétend ne regarder que ses jauges et ses boulons : le fameux Génie de la navigation, alias « Cuverville ». Officiellement, il pointe fièrement vers la mer, noble symbole de l’appel du large. Officieusement, pour des générations de mécaniciens, il désigne très clairement l’endroit où commencent les ennuis… pardon, la carrière.

Car il faut bien le dire, quand un jeune matelot débarquait à Toulon avec son sac encore trop propre, il suffisait de lever les yeux vers Cuverville pour comprendre le programme. Le doigt tendu semblait dire : « Toi, là… oui, toi… file donc à Saint-Mandrier, on t’attend avec des clés de 12 et des moteurs qui toussent. »

Les anciens racontaient que cette statue était en réalité le premier instructeur de la Marine. Pas besoin de discours ni de tableau noir : un simple doigt levé, et tout était clair. Direction la presqu’île, les ateliers, l’odeur d’huile chaude et les mains noires avant même la fin de la première semaine.


Le surnom « Cul-vers-ville » n’arrangeait rien à l’affaire. Les élèves mécaniciens y voyaient une forme d’humour très marin : pendant que la ville profitait des terrasses et du soleil, eux partaient là où ça chauffait vraiment… autour des moteurs. Certains juraient même que Cuverville avait été placé exprès ainsi, histoire que personne ne puisse dire qu’il ne savait pas où il mettait les pieds.

Et puis, il y avait ce moment magique du premier passage en rade. Quelqu’un montrait la statue du doigt et lançait inévitablement : « Regarde bien… c’est lui qui t’a dénoncé ! » Rires dans le groupe, sauf chez le nouveau, qui comprenait peu à peu que la plaisanterie allait durer quelques mois… voire toute une carrière.


Le génie mutilé par les bombardements de 1944


Des années plus tard, quand les anciens reviennent à Toulon, cheveux un peu plus gris et souvenirs bien graissés, ils ne peuvent s’empêcher de lever les yeux vers Cuverville. Et presque toujours, il y en a un pour lâcher en souriant : « Moi, j’en viens… et il avait drôlement bien visé ! »

Ainsi, entre humour d’escadre et souvenirs d’atelier, le doigt de Cuverville continue, imperturbable, à envoyer symboliquement vers Saint-Mandrier des générations entières de mécaniciens prêts à faire tourner les machines… et les blagues qui vont avec.



Louis-Joseph Daumas au maire de Toulon. 

Le Génie de la Navigation. 

Paris, ce 3 mai 1843. Monsieur le Maire, 

le génie en 1944
J'ai l'honneur de vous adresser cette lettre pour vous faire savoir que j'ai reçu l'arrêté du Ministre de l'Intérieur pour commencer la statue du Génie de la Navigation, érigée à la mémoire des Grands Marins, sur la place carrée du port de Toulon. 

Je vous donne ci-joint, Monsieur le Maire, les données de la statue adoptées par le Ministre : La pose droite, calme et énergique, portant sur la jambe gauche, et la droite en avant. Elle saisit de la main droite la barre du gouvernail qui dirige la coquille marine sur laquelle la statue est plantée. Le bras gauche, ployé en avant, tient un sextant; la tête, de face, et couronnée d'étoiles, plonge le regard dans l'horizon. On verra à ses pieds des attributs de marine et particulièrement la boussole. Quatre bas-reliefs décoreront le piédestal. Chacun d'eux s'harmonisera avec le sentiment de la statue, et ils détermineront dans leur ensemble les différents progrès de la navigation. 

Je me propose d'aller faire un voyage à Toulon, lorsque MM. Denis et Clapier seront au pays, afin de pouvoir, d'un commun accord, donner à la statue ses véritables dimensions, ce qui me procurera, Monsieur le Maire, le plaisir de me présenter à vous.


Le général San Martin (1778-1850) a été le libérateur
de l'Argentine, du Chili et du Pérou.







Louis-Joseph Daumas, nait à Toulon le 24 janvier 1801 et meurt à Paris le 22 janvier 1887.

Daumas étudie d'abord à l'atelier de l'arsenal de Toulon, puis, arrivé à Paris, il intègre l' Ecole supérieure des Beaux-arts en 1826 où il a David d'Angers comme professeur. À partir de 1833 il expose régulièrement dans les salons où ses travaux sont remarqués, il est surnommé Le Petit Puget. Il obtient plusieurs médailles de récompense.Il obtient plusieurs commandes officielles mais ne parvient pas à atteindre une notoriété de premier plan. 



Bien qu'inspirée par la fougue romantique, sa sculpture n'arrive pas à s'extraire d'un certain académisme. 
© Willy Ronis

au Salon de 1849, il exposa son groupe du Cavalier romain. On lui doit un fronton du palais de Compiègne : le Génie de l'Industrie et le bas-relief du portail de Saint-Thomas-d'Aquin.

Les bombardements alliés de 1944 amochant sérieusement son socle et ses bras qui furent alors stockés dans un entrepôt municipal. Heureusement, la municipalité Le Bellegou, décida en 1959 sa restauration.
En 1960, le « Génie de la navigation » fut installé dans un cadre de verdure face à la rue d’Alger. Et c’est sous la municipalité Le Chevallier qu’il reprit sa place sur le carré du port, suite à un référendum local officieux.

Sources:

Ville de La Seyne sur Mer

Pierre Mac Orlan La vie militaire marine et civile 400 ans de la Marine

  Pierre Mac Orlan La vie militaire marine et civile  L’ouvrage rassemble des planches en couleurs représentant uniformes militaires, marins...