05 décembre 2021

Brigade prévôtale de TAPA Estonie V SPID B 468 lynx

 Brigade prévôtale de TAPA  Estonie 

Dans le cadre de son déploiement en Estonie, la gendarmerie nationale a procédé à l’ouverture de la brigade prévôtale de TAPA

La Gendarmerie prévôtale, ou prévôté, est une formation de la Gendarmerie nationale dont la mission principale est la police judiciaire militaire auprès des Forces armées stationnées hors du territoire français. Composée de gendarmes départementaux issus d'unités traditionnelles, elle exerce également à l'étranger des missions de police générale, d'appui à la force et de renseignement dans le cadre d'interventions militaires françaises.

TàD V SPID B 468  - V vaguemestre - bureau B - 468 Estonie

Pour accomplir ces missions, elle constitue des détachements prévôtaux :
permanents, auprès des forces stationnées à l'étranger, ou
de circonstance, auprès des forces en opérations.

Les termes de prévôté et de police militaire ne sont pas équivalents car, dans de nombreux pays, la police militaire remplit un éventail de missions différent de celui de la prévôté française et souvent plus large - allant par exemple du contrôle du trafic routier à la surveillance des prisonniers de guerre.

vaguemestre - bureau B - 468 EstonieTàD V SPID B 468  - V 

Tapa est une ville d'Estonie dans la région du Viru occidental.  Tallinn se trouve à 77 kilomètres.

La base militaire de Tapa est l'une des rares anciennes installations militaires soviétiques qui a été reprise par les forces de défense estoniennes au début des années 1990. L'installation la plus ancienne est l'aérodrome, construit à l'automne 1939 par l'Armée rouge. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale et la reprise soviétique de l'Estonie, la superficie de la base est agrandie, et environ 9 km2. L'Armée rouge poste plus tard un régiment de chasseurs de l'armée de l'air soviétique équipé de 40 chasseurs Mig-23 à Tapa. Dans les années 1960, la base reçoit un régiment de chars et un régiment d'entraînement de pionniers. Pendant l'exploitation soviétique de la base, de nombreux dommages écologiques sont causés, principalement en raison de la mauvaise gestion du pétrole et d'autres carburants.


En Estonie, la base de Tapa a été rénovée pour accueillir le bataillon franco-britannique

Un bataillon britannique de 800 soldats renforcé par des troupes françaises (300 soldats) va stationner à partir d'avril sur la base estonienne de Tapa, située à 80 m au nord de Tallinn, la capitale. Ce bataillon renforcé est l'un des quatre que l'Otan va déployer sur son flanc est .

Cette base a été rénovée en 2016 par les USA (coût des travaux: 11,2 millions de dollars). Les travaux ont permis de remettre en état les stands de tir, les infrastructures ferroviaires, les locaux destinés aux opérations de maintenance des équipements. D'autres travaux doivent permettre l'accueil des soldats du bataillon otanien.

Merci à Romu

Sources

04 décembre 2021

Humour dans le carré par Donec - En vol sur la Croix du Sud

Humour dans le carré par Donec - En vol sur la Croix du Sud

‌Bonjour la compagnie,

A l’origine l’aviation était affaire de fanatiques un peu timbrés et passablement courageux. Les années passant, ils se sont assagis et les « merveilleux fous volants » prirent l’allure athlétique de Jean MERMOZ avant de devenir les figures de mode que nous connaissons aujourd’hui.

Au temps de MERMOZ l’aventure était quand même le quotidien de nos héros et les risques n’étaient pas anodins, telle cette aventure survenue sur l’hydravion la « Croix du Sud ». Je vous la livre telle que je l’ai lue dans le « Cahier de l’Ardhan » n°39 de Paul HEBRAD : « Du ballon libre à la présidence d’Air Inter. »


« Au cours d’un vol d’essai à Biscarosse, le 30 mai 1935, le lieutenant de vaisseau de réserve Jean GUITOU, ingénieur mécanicien chez Hispano dut effectuer un réglage sur le moteur gauche. Il fallait pour cela gagner le tunnel de communication entre les tandems installés dans l’aile centrale en empruntant une échelle métallique disposée en plein vent reliant la coque à la voilure.


En vol à 140 kilomètres à l’heure, discutant avec le lieutenant de vaisseau DAILLIERE qui l’avait suivi, il glissa, manqua un échelon et se retrouva dans le vide cramponné au montant. Il dut son salut à la réaction immédiate de DAILLIERE qui prévint HEBRARD, aux commandes, qui réduisit vivement les gaz et passa en vol lent à 90 kilomètres à l’heure.
Quarante ans plus tard son fils rappelait à Jean GUITOU l’événement « J’ai été ravi de votre lettre qui rappelle le temps où nous étions jeunes ; une séance  impromptue de barre fixe volante, à la vitesse fantastique de 140 kilomètre à l’heure était faisable et vous l’avez prouvé…

Voila ce qu’était en ces temps reculés la vie des « pingouins* ».

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

*Pingouins : surnom donné aux personnels de l’aéronautique Navale
La peau de bouc : « avoir par maladresse laissé tombé une dame* dans la mer »

*Dame (pour les non-initiés) appareil servant à appuyer l’aviron sur la fargue  (bordage supérieur d’un canot au dessus de la lisse de plat-bord dans lequel se fixent les dames).


Les mots du Général 


 Un vieux ministre savonne gentiment la planche d’un jeune collègue. A l’en croire les scrupules n’étouffent pas le nouveau venu. Il n’a pas d’honnêteté intellectuelle. Ni morale. Ni…
Le Général l’interrompt.

Voilà qui est… réconfortant ? Je croyais (coup d’œil glacé sur l’accusateur) les ministres capables de rien ? Ca change d’en avoir un capable de tout !

03 décembre 2021

Valéry Giscard d'Estaing et la revue navale Toulon 1976

Valéry Giscard d'Estaing et la revue navale Toulon 1976

Le président Giscard d'Estaing est mort il y a un an le 2 décembre 2020, en 1976 il avait assisté à la revue navale entre Nice et Toulon

Un timbre pour Giscard 

C'est une tradition que La Poste respecte à chaque décès d'un président de la République française : un an après sa mort, un timbre à son effigie est édité. C'est le cas aujourd'hui concernant Valéry Giscard d'Estaing, disparu le 2 décembre 2020 . Quelque 495 000 exemplaires sont mis à la vente depuis le lundi 22 novembre, à 1,28 euro, soit le tarif d'un timbre pour une lettre prioritaire.


TàD mécanique circulaire, libellé TOULON NAVAL , HL 18 H, en date du 11-7-1976, flamme temporaire illustrée à droite « 11 JUILLET 1976 / MEDITERRANEE / REVUE NAVALE / par le Président de la / REPUBLIQUE FRANCAISE ».
Couronne du TàD identique au T 3

Flamme émise à l’occasion de la revue navale passée à Toulon par le Président Valéry Giscard d’Estaing. On reconnaît dessinés sur cette flamme, la silhouette d’un porte-avions, d’un escorteur d’escadre, d’un pétrolier ravitailleur, de trois aéronefs et des Armes (emblème) du président de la République.

 C'EST DONC, COMME IL SE DOIT, A TOULON, EN RADE DES VIGNETTES, QUE S'ACHEVE CETTE GRANDE REVUE NAVALE, AU-COURS DE LAQUELLE LA MARINE NATIONALE A FAIT LA DEMONSTRATION DE SES MOYENS ET DE SA QUALITE. 

DE SES MOYENS : CEUX D'ENTRE VOUS QUI ONT ASSISTE TOUT A L'HEURE AU DEFILE ONT PEUT-ETRE ETE FRAPPES PAR SON IMPORTANCE, ET POURTANT IL FAUT SAVOIR QU'IL NE COMPTAIT QUE LE TIERS ENVIRON DU TONNAGE DE COMBAT DE LA MARINE FRANCAISE. DE SA QUALITE : JE VEUX DIRE LA QUALITE DES PERSONNELS.

 Maintenant QUE JE LES AI QUITTES, JE VEUX RENDRE HOMMAGE A CEUX QUI COMMANDENT ET A CEUX QUI SERVENT SUR LES BATIMENTS DE NOTRE MARINE NATIONALE. J'AI ETE IMPRESSIONNE PAR LEUR CAPACITE, PAR LEUR JEUNESSE, PAR LEUR COMPETENCE ET PAR LEUR DISCIPLINE, QUI S'INSCRIVENT DANS LA GRANDE TRADITION DE LA REPUBLIQUE ET DE LA MARINE. VOUS VOUS SOUVENEZ PEUT-ETRE, MONSIEUR LE MAIRE, QU'IL Y A UN PEU PLUS_DE DEUX ANS, C'ETAIT LE 27 AVRIL 1974, DANS UNE REUNION QUE JE TENAIS AU THEATRE DE TOULON, VOUS Y FAISIEZ ALLUSION ET D'AILLEURS J'ETAIS ARRIVE EN RETARD ET JE M'EN EXCUSE - MAIS JE N'ETAIS PAS ENCORE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE -,

(LOU MOMEGE / RADIO FRANCE)




 DANS CETTE REUNION DONC, EN VOTRE PRESENCE ET AVEC VOTRE SOUTIEN, J'AVAIS EXPRIME MA CONFIANCE DANS L'AVENIR DE CE PORT MILITAIRE, DONT L'HISTOIRE DEPUIS DES SIECLES ILLUSTRE LES GRANDS FAITS D'ARMES DE NOS FORCES NAVALES. ET AUJOURD'HUI, DEUX ANS PLUS TARD, JE VIENS VOUS DIRE QUE CETTE CONFIANCE ETAIT JUSTIFIEE ET RESTE LA MEME : LA PRESENCE DE LA MARINE FRANCAISE EN MEDITERRANEE REVET AUJOURD'HUI UNE IMPORTANCE NOUVELLE ET CETTE EVOLUTION CONSTITUE POUR TOULON ET POUR LE VAR UNE CHANCE SUPPLEMENTAIRE ET NECESSAIRE D'EXPANSION. ET AINSI, D'INSTINCT, MONSIEUR LE MAIRE, JE PRENDRAI LE MEME PLAN QUE VOUS : D'ABORD, LA PRESENCE DE LA MARINE FRANCAISE EN MEDITERRANEE ET ENSUITE SA CONTRIBUTION AU DEVELOPPEMENT DE LA REGION TOULONNAISE




Sous la présidence du Chef de l'Etat, M. Valéry Giscard d'Estaing, la revue navale rassemblera à Nice le 11 juillet, trente cinq bâtiments (dont les deux porte-avions, le Colbert, trois frégates) et plus de quarante aéronefs de l'Aéronautique navale. Cette importante manifestation, organisée par l'amiral Tardy, commandant en chef en Méditerranée, aura, à coup sûr, un prestigieux retentissement à l'échelon national.


Afin de donner au pays une idée aussi exacte que possible des activités de la Marine, il a été décidé que la FOST serait présentée au public, mettant ainsi l'accent sur sa contribution essentielle à la dissuasion nucléaire.


Enfin de très nombreuses escales de bâtiments de la Marine nationale sont prévues dans les ports français (voir cartes « opération 50 escales » pages 24 et 25) et cette action sera encore intensifiée au cours des week-ends précédant le déroulement de la revue navale.


mais aussi

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_diamants
sources

Cols Bleus 19-06-1976


01 décembre 2021

Notre Dame du Châtelet pêche ravitaillement guerre 39-45 poisson Saint-Malo Morue Terre-Neuve goélette

Notre Dame du Châtelet


Dans les semaines qui suivirent la défaite, la mise en place d’un système de ravitaillement permettant d’approvisionner les marchés urbains, accompagné d’un système de rationnement, consistant à répartir de manière rationnelle et égalitaire l’ensemble des denrées disponibles, apparaissait comme l’une des missions les plus urgentes pour le nouveau régime de Vichy


Les cartes de rationnement sont instaurées à partir de l’automne 1940 suivant un système qui fournit de 1 200 à 1 800 calories par jour et par personne, selon l’âge, les activités et le lieu de résidence : huit catégories ont été fixées.



À Paris, avec ses tickets de rationnement, un adulte peut acheter 275 grammes de pain par jour. Par semaine, il peut acquérir 350 grammes de viande avec os, 100 grammes de matières grasses et 70 grammes de fromage. Par mois, ses tickets lui donnent droit à 200 grammes de riz, 500 grammes de sucre et 250 grammes de pâtes.

Au cours de l’année 1941, la question du ravitaillement apparut comme la source de grief essentielle et fut sans doute le facteur principal du processus de détachement de l’opinion du régime du Maréchal

« Dès le mois de juillet 1941, la lune de miel était finie. Les plaintes se faisaient plus nombreuses, en matière de ravitaillement surtout, et le prestige du Maréchal ne suffisait plus à faire passer les rutabagas

La pêche est autorisée dans une étroite bande côtière de 3 milles de 9h00 à 18h00 et qu’elle est interdite dès 1940 en Manche et totalement en Bretagne en 1944, les pêcheurs soufrent du manque de gas-oil et de glace et ils sont soumis à de restrictions draconiennes de sortie, ils encourent les foudres de l’armée allemande s’ils contreviennent aux ordres...

Mars 1941




DE BAYONNE A LA PALLICE SEPT VOILIERS MALOUINS vont armer
pour Terre-Neuve 

Deux autres, partant du Midi, pourraient les rejoindre, et ce serait bien tout..
un terre-neuvier largue ses voiles au sortir du port
Saint-Malo, 10 mars (de notre rédaction locale). Comment savoir, à Saint-Malo, si les bateaux allaient partir pour Terre-Neuve cette année encore, en dépit de toutes sortes de difficultés?
Nos armateurs ne sont-ils pas dispersés dans les ports du sud, de Bordeaux à Marseille au moins ?
Aussi bien leur décision définitive dépendait-elle de la réponse donnée par l'Amirauté de France à leur demande, vieille de plusieurs semaines et sollicitant des garanties correspondant à une période exceptionnellement délicate.



Glatre veut vendre ses bateaux - mai 1942



Tout vient à point qui sait attendre, dit-on. Le proverbe s'est vérifié une fois de plus. Ayant obtenu des satisfactions légitimes, sinon entières, nos armateurs d'hier se sont consultés à travers le pays. Voilà comment leur décision ne date que d'hier et a été rapportée par M. Chevalier, armateur de l'Angélus, retour de Bordeaux où est son voilier
Une tradition maintenue le départ n'aurait pas lieu avant quelques semaines encore.




Combien de bateaux reprendront la route habituelle ? les  sept voiliers de chez nous au moins, qui sont l' « Atlanta qui se trouve à Port nec actuellement à Bordeaux: « Notre-Dame-du-Châtelet », mouillé à La Pallice, mais non encore donné comme partant certain: l' Izarra le « Bassilour ». le Martin-Pêcheur et le Cancalais tous actuellement au port de Bayonne le "Cancalais» n'étant encore donné que comme partant probable.

L' « Atlanta qui se trouve à Port-de-Bouc, arme également, mais II faut encore attendre.Ne parlons pas Ici du chalutier les côtes du Maroc.
Nous sommes loin de esmpte avec autrefois et même av*o oes dernières années. Cependant, c'est une tradition malntcnoe et on geste de courage, Que l'armement malouin fait en ce printemps 1941. si l'on songe aux risques qui sont venus s'ajouter à ceux de la traversée.



Bien entendu, Il n'est pas question d'armer les chalutiers consommateurs de mazout, et dont les prises sont encore pins recherchées Que celles des voiliers.
Le problème du ravitaillement des équipages
Mais dira peut-être le profane, pourquoi tant de temps et de tergiversations?
C'est qu'il est une question d'importance et qu'il fallait résoudre en même temps que celle des assurances de guerre, des garanties contre la perte d'une campagne, etc. Cette question est celle du ravitaillement. Comment constituer avec des tickets de 90 grammes strictement comptés les provisions de viande nécessaires à un équipage qui trime dur et autres gréments de cambuse ?


 Le problème a été résolu dans un sens satisfaisant. Le ministère du Ravitaillement a accordé les dérogations nécessaires à la préparation native d'une campagne et a habilité judicieusement, comme répartiteurs et contrôleurs aux vivres. les administrateurs de quartiers qui sont les mieux placés pour connaitre des Intérêts en jeu et qui se sont toujours efforcés d'ailleurs, de concilier les règlements avec les desiderata Jus lllics des pêcheurs.
Souhaitons donc et c'est ce que nous fa sons en terminant que des difficultés de transporta n'entravent pas l'approvisionnement de nos voiliers, qui n'ont plus longtemps devant eux avant l'essor. Souhaitons aussi qu'au terme de cette seconde campagne de guerre, nos terreneuvas. auxquels nous pensons, puissent regagner tous les bassins désertés de Saint-Malo et de Saint-Servan







Notre-Dame du Châtelet Coulée.


A 4 h 15, le 15 mai 1941, le trois mâts Notre Dame du Châtelet est coulé par l'U-43 de 45 coups de canon de pont et de coups de feu AA à environ 400 miles à l'ouest d'Ouessant.

Lüth soupçonnait le navire de signaler la position des sous-marins aux forces alliées, tandis que certains des survivants pensaient qu'ils avaient été attaqués par un sous-marin britannique.



Notre-Dame- du Châtelet à quai à Saint-Malo
La veille, le voilier avait rencontré le sous-marin italien Cappellini par 47 ° 42N / 13 ° 56W. Les dix survivants ont abandonné le navire en trois doris: deux hommes ont été récupérés par le sous-marin italien Otaria le 23 mai, trois hommes ont été secourus par le chalutier français Petite Bernadette au large de Belle-Île le 24 mai et les cinq hommes restants ont atteint l'archipel des Berlengas au large du Portugal le 28 mai, après avoir navigué env. 600 miles dans leur doris.

Les survivants ont rapporté qu'ils avaient été attaqués sans avertissement et que leurs doris avaient été mitraillés alors qu'ils abandonnaient le navire. 


L'archipel des Berlengas est un groupe d'îles granitiques au large des côtes du Portugal, dans l'océan Atlantique. Situées à une dizaine de kilomètres du cap Carvoeiro, elles sont visibles depuis la ville de Peniche.



c


Sources :

https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2007-2-page-199.htm

L'Ouest-Eclair

30 novembre 2021

Joséphine Baker Panthéon 2021 du music-hall au Panthéon

Joséphine Baker

Une étoile noire : Joséphine Baker.


 Joséphine Baker n’entre pas en scène comme tout le monde. C’est dans les combles des « Folies-Bergère » qu’elle accède pour descendre dans une trappe mystérieuse. Une boule fleurie, pesant 1.000 kilos, suspendue à vingt mètres au-dessus de l’orchestre, descend lentement, vers les spectateurs. Ua boule s’ouvre et Joséphine Baker danse-son « charleston » effréné. Appolo-Journal 1927

Quelques instants avec Joséphine Baker

Je n'avais pas revu cette fantasque fille au corps brun depuis que La Revue Nègre nous l'avait révélée gambillant avec frénésie des danses rapides et enfiévrées qui sentaient le soleil, la guerre et l'amour.

Aujourd'hui elle est devant moi, nue dans une

tunique tramée de sinueux dessins, les cheveux collés au crâne, la bouche peinte, droite et sombre comme un cyprès.


Autour de nous, un bruit du diable règne dans le studio. Les phares électriques s'allument et s'éteignent comme pris de folie, les régisseurs courent de tous côtés, le metteur en scène s'enroue à force de crier et les figurants courbent l'échiné sous l'orage.

Nous sommes près des appareils, calmes comme eux au milieu de cette ardeur déchaînée...

Miss Baker laisse tomber sur moi son oeil semblable à un soleil noir, ses lèvres gonflées et écàrlates s'entr'ouvrent :

— « Une interview »... oh ! comme c'est... terrible !...

— « Mais non, mais non », chuchote auprès d'elle un jeune homme brun impeccablement vêtu — le mari de la vedette — qui porte des petites moustaches et ressemble à Adolphe Menjou. « Vous savez bien : Madame vous posera des questions, vous n'aurez qu'à répondre, c'est très facile... »


Joséphine Baker esquisse une grimace et sa bouche se tord drôlement. Facilement agitée, elle se balance sur un pied et saisit l'autre dans sa main fine.

— Miss Baker !... tonne une voix, please...

Ses longues paupières violettes se plissent et un rayon qui rit glisse de ses yeux à travers ses cils. Elle saute :

— Excuse... il faut travailler... tout à l'heure vous me verrez...

Et elle court s'engouffrer dans la foule de figurants qui s'écarte et se referme sur elle.

Je m'installe près de l'estrade où le metteur en scène domine la situation. Des faisceaux de lueurs se dirigent vers le décor qui représente l'intérieur d un cabaret. La foule s'amuse, les hommes lutinent les femmes qui poussent des cris aigus.


Coup de sifflet. Sur un balcon de bois peint qui traverse le décor, de fougueux musiciens entament un jazz folâtre. Partout, la lumière éclate et dans le fond, apparaît, les jarrets durs, les pieds frémissants, la danseuse noire qui fait courir tout Paris.

Son corps d'un dessin pur, ferme et nerveux est agité de trémoussements comiques.

Elle gonfle les joues, écarte les narines, roule les yeux, choque les genoux, tape des mains.

— « You... You... You... chante-t-elle d'une voix suraiguë.

Danse du ventre. Grand écart.

Dans le bain de lumière, ses cheveux, ses sourcils, ses prunelles, sa chair d'ambre étincellent...

Adolphe Menjou — pardon !... le mari de l'étoile," — admire les souples mouvements de bête sauvage de sa femme. II a l'air satisfait.

— « You... You... You...

lettre adressée à Joséphine Baker  des USA Los Angeles 30-11 1946
La folle .danseuse tourbillonne, se déchaîne, se multiplie. Elle est plus trépidante que le jazz.

Coup de sifflet. C'est fini. Les lumières s'éteignent. Lés figurants se groupent par petits paquets autour dès tables jonchées de confettis

Miss Baker adresse une grimace à un vieux monsieur coiffé d'un chapeau de papier, puis l'air sage et, l'oeil doux, elle rejoint son mari qui l'attend devant une bouteille de champagne.


Carte postale de Buenos Aires signée Joséphine Baker 


Son sourire en éventail m'appelle? Je m'approche.

Elle s'assoit, les jambes écartées, les mains pendantes.

—- Elle s'est couchée à cinq heures ce matin, me dit son mari, et levée à neuf. Ce n'est pas tout à fait assez dormir.

— Vous devez être bien fatiguée, dis-je bêtement à la noire vedette.

Un rire enfantin, un roulement d'yeux :

— Moâ ?... jamais, jamais fatiguée, je dors bien...

Puis un grand soupir en remuant la tête comme un balancier :

— Oh !i l'interview !...


— Elle est née à St-Louis, coupe son mari qui tient sur ses genoux un chien minuscule, elle est venue à Paris avec La Revue Nègre...


v —— Vous aimez St-Louis ?

— No !... Il fait froid... J'aime Paris plus que l'Amérique...

— Elle vient d'acheter deux hôtels particuliers, continue son interprète et beaucoup, beaucoup de chiens...

Je regarde la minuscule bête qui tremble de tous ses membres :

— Vous en avez plusieurs comme celui-là ?

' Elle plante son doigt au bout de son petit nez aux narines expressives :

—. Est-ce que vous allez me demander quel jour, à quelle heure et à quelle « minioute » je suis née ?...

— Elle est adorable, minaude à côté de moi une imitation de Mae Murray.

Mais aimable soudain comme une mondaine qui offre le thé :

— Je tourne « le Sourine » des Tropiques. Très intéressant « for me ». Le cinéma est un vrai « enchanteress »...

— Vous avez l'intention de continuer à faire du cinéma ?

-— Oui, si j'ai du « souccess »... '

La vile flatterie chère à l'interviewer mé pousse.

Je voudrais tant m'attirer un de ces si jolis sourires

en éventail !

— Cela ne fait pas de douté*

Mais elle tape Sur ses genoux nus et ses sourcils brillants se joignent.

— Vous ne pouvez pas savoir plus que moâ !..,. Personne ne peut dire si j'aurai du « souccess »... J'aime le cinéma, voilà* Je voudrais beaucoup* beaucoup en faire...

— Vous allez au cinéma quelquefois ? ,

— Pas souvent ; je n'ai 'pas le temps. Mais je suis « very en-joyèd » quand j'y vais...

^^ Qu'est-ce que vous y aimez ?

Elle remue de nouveau la tête comme un balancier, les mains sur les cuisses ambrées :

—- Tout... tout... tout...

—- Jo, dit son mari, Madame veut dire : aimezvous Mary Pickford, Lil...

—' Je ne connais pas Mary Pickford ni les autres. Quand je vais au cinéma, je vois toujours de jolies « figoures », de biens jolies « figoures », ils me plaisent tous...

Grand geste circulaire et gonflement des joues.

— Miss Baker 1... Miss Baker !... appelle-t-on. Je me hasarde à dire :

 — Ah ! je vais encore vous voir danser !,..

— Oh ! ce ne doit pas être bien « enchanteress » pour vous !... puisque vous m'avez déjà vue !... c'est pareil... encore pareil...

Puis le sourire en éventail réapparaît, le regard devient caressant et tendre :

—■ Excuse... je ne peux répondre que oui ou non à une interview... c'est comme ça. Mais vous pouvez dire que j'aime la France, le music-hall, la danse, le cinéma, les chiens...

— Miss Baker !...

Une pirouette. Je ne vois plus que l'épaisse ténèbre des cheveux, les belles épaules, les longues jambes....

— « You... You... You... »

La voix suraiguë... L'éclatante lumière... ,Ja frénétique musique... ,

Et, après une cabriole déhanchée et diabolique, la plus extravagante des vedettes entraîne tous les figurants dans une tumultueuse farandole...

. Marianne ALBY.  Cinéa 01-11-1927




Joséphine, « petite » caporal


Dès son retour de la zone des armées, Joséphine Baker a dû s'aliter par suite d'un refroidissement. Durant quelques jours, elle a effectué près du front une tournée en compagnie de Maurice Chevalier, tournée de music-hall qui a donné du bien-être et de la joie à quelques milliers de poilus.

Son succès fut immense, la célèbre artiste chantait inlassablement et distribuait des quantités de paquets de cigarettes aux soldats, spectateurs d'un jour ! Partout elle reçut des ovations et des insignes personnels. Mais ce qui lui donna le plus de plaisir ce fut sa promotion comme caporal dans un régiment d'artillerie en action sur le front.

Et malgré la fièvre, Joséphine Baker nous répétait en souriant: « Ah ! que je suis fière d'avoir une telle récompense... deux petits galons... »

Paris-Midi 15-11-1939

Joséphine n'est pas contente. Il parait qu'on la présente un peu partout comme appartenant à l'armée américaine. Or, Joséphine Baker est française et, depuis quatre ans, fait partie d'une formation féminine de l'armée française, comme d'ailleurs elle nous l'a confié dans une interview. Mais elle tient à ce qu'on le répète. Voilà qui est fait.   France-Soir 19-10-1944

Joséphine BAKER AUXILIAIRE DE L’ARMÉE DE L’AIR RACONTE SES "CAMPAGNES” 




JOSEPHINE BAKER a retrouvé un de ses amours, Paris. Paris auquel elle n’a cessé de penser depuis 1941 et au cours de toutes ses « campagnes » en Afrique du Nord. Car Joséphine Baker n’est pas revenue à Paris dans le somptueux, quoique léger costume qu’elle arborait aux Folies- Bergères, mais en uniforme réglementaire de lieutenante des Auxiliaires de l'Armée de l’Air française.



Alors, adieu chansons, danses et plumes d’autruche ? Eh oui ! Joséphine a bien fredonné quelques refrains en Afrique du Nord — et surtout le célèbre couplet de « Mon Bonheur » : « Une petite chaumière en France, c'est tout ce dont on a besoin » — mais elle a, avant tout, voulu servir militairement la France, sa patrie. En compagnie d’autres artistes françaises : Françoise Rosay, Germaine Sablon, Alice Delycia et de quelques dizaines de volontaires, elle a connu, à Oran, la stricte vie de caserne et les liaisons souvent dangereuses par route ou par air, dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres. Vie exaltante, bien faite pour plaire à la trépidante artiste ! Qui parlait de la nonchalance des créoles ? Joséphine Baker a fait mentir le dicton, elle qui se grise du parfum d'aventure et frémit d’aise à côtoyer le danger. Quand on a découvert le sens immense et magnifique du mot "servir", on ne s’habitue pas facilement du train- train quotidien. Joséphine, elle, est prise tout entière par sa Mission et oublie tout ce qui ne s’y rapporte pas. Ses habitudes parisiennes, sa villa, sa vie artistique ? Rien ne l’émeut, qui ne soit le sort de la France.

Aussi n’envisage-t-elle pas de rentrée artistique avant que le sol national en soit entièrement libéré. Paris, une seconde fois, la laissera partir vers son destin, avec ses trois fétiches : "Sac-à-puces", un petit chat recueilli dans une ruelle oranaise, « Mitraillette », un adorable chiot, et le fer de mulet que lui donna, à Casablanca, l’infirmière qui la soigna lors de la grave maladie qui faillit l'enlever à notre admiration...
Globe 05-11-1944

L'Opéra et le siège de Paris Le Gaulois Le journal du siège de Paris 1870

L'Opéra Garnier 1870

On va quitter la marine, les bateaux, les mers australes pour découvrir un aspect méconnu d'un monument parisien peuplé de petits rats... En fouillant les sites des archives nationales, j'ai trouvé ce texte sur l'Opéra Garnier de Paris qui servit, en 1870, à bien d'autres choses que sa destination première.



Sa construction est abandonnée en 1870 à cause de la guerre contre la Prusse. Le bâtiment est alors transformé en réserve militaire de nourriture et de paille. Ce n'est qu'après un incendie accidentel à l'Opéra Pelletier en 1873 que le projet de Charles Garnier est repris.

Journal
 du siège de Paris 

C'était jadis une question de savoir quand se ferait l"inauguration du nouvel Opéra. Eh bien ! la voilà faite, et d'une façon que personne n'avait prévue, l'architecte pas plus que les autres.

L'Opéra sert à tout en ce moment, sauf peut-être à faire de la musique. On ne saurait imaginer les usages divers auxquels l'architecte a plié son monument.


Au sommet, il a placé un observatoire, un télégraphe et un appareil éclairant. 
En bas, tout à fait en bas, dans les caves sur lesquelles s'appuie le dernier dessous, il a, creusant un vaste trou dans la cuvette du béton, fait jaillir une rivière, qui emplit cet immense réservoir, qui donnera des milliers de litres d'eau pour les besoins journaliers et pour le fonctionnement des pompes à incendie.

Dans les divers étages de dessous, il a logé les archives et la bibliothèque de l'Opéra, d'énormes approvisionnements de toute sorte ; il n'a écarté que la paille et le foin, qui lui ont paru bien compromettants en cas de bombe ; mais du blé, mais de la farine, mais des conserves alimentaires, mais du vin, il y a dans ces vastes et noirs espaces de quoi nourrir une armée pendant un mois.

D'un autre côté sont les provisions de guerre. Pas de poudre, par exemple; la poudre est plus dangereuse encore que le foin; mais des montagnes de boulets et de prodigieuses quantités d'équipements militaires.

Au-dessus, une ambulance toute prête qui attend des blessés. Plus haut, dans les foyers, des cuisines que Gargantua n'eût pas désavouées ; car la moitié de l'Opéra appartient à des troupes qui y baraquent, tandis que, sur les côtés, la garde nationale y fait l'exercice toute la journée.


C'est le pandœmonium de la guerre que ce monument élevé aux arts de la paix, et ce n'est pas là un des moindres étonnements de ce Paris assiégé, qui serait si curieux à observer, s'il était possible de conserver, en de si terribles extrémités, le philosophique sang-froid d'un La Bruyère ou d'un La Rochefoucauld.

Brigade prévôtale de TAPA Estonie V SPID B 468 lynx

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