18 mai 2026

400 ans de la Marine à Paris Hôtel de la Marine Place Concorde Orly Le Bourget Trocadéro musée la pépinière

400 ans de la Marine à Paris


Paris et la Marine

Quatre siècles de puissance navale… au coeur des terres

L’Hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris, fut pendant plus de deux siècles le cœur administratif de la Marine française. Construit au XVIIIe siècle par Ange-Jacques Gabriel, il abrita le Garde-Meuble royal avant de devenir le siège du ministère de la Marine en 1789. De ses salons partirent ordres navals, expéditions lointaines et décisions stratégiques jusqu’en 2015. 


Le bâtiment traversa Révolution, Empire et guerres mondiales comme une véritable passerelle de commandement terrestre. Restauré aujourd’hui, il conserve l’élégance d’un vaisseau amiral amarré au bord de la Concorde.






Paris n’est pas un port de mer, pourtant la capitale fut pendant quatre siècles le cerveau, l’atelier et parfois même le champ de bataille de la Marine française. Ici se décidaient les expéditions, se dessinaient les navires, se fabriquaient moteurs, canons et avions. Même les crises de la capitale ont souvent vu apparaître marins, canonnières ou amiraux.

Richelieu


Au XVIIe siècle, Richelieu puis Colbert fondent la grande Marine royale. Depuis Paris et Versailles, ils créent arsenaux, ports militaires et compagnies maritimes. 










Colbert
La France commence alors à penser “océan” depuis les bureaux du pouvoir. À Versailles, Louis XIV fait même naviguer sur le Grand Canal de véritables gondoles, galères miniatures et modèles réduits armés, utilisés autant pour le prestige que pour l’expérimentation nautique. Une petite mer de parade au milieu des jardins du Roi-Soleil
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Hôtel de la marine Bougainville © JM Bergougniou


Le XVIIIe siècle devient celui des grandes expéditions scientifiques. Bougainville, La Pérouse, Fleurieu ou d’Entrecasteaux préparent leurs voyages à Paris, dans les académies, observatoires et cabinets de cartographie. La capitale devient une fabrique de savoir maritime : cartes, chronomètres, astronomie navale et hydrographie y prospèrent.

Hôtel de la marine Bougainville © JM Bergougniou
Au XIXe siècle, la Marine entre dans l’ère industrielle. Les ingénieurs du Génie maritime et de Polytechnique conçoivent cuirassés, hélices, blindages et vapeur. Dupuy de Lôme révolutionne l’architecture navale française. Les Expositions universelles de Paris exposent des maquettes de navires géants comme des palais d’acier.

Caserne La Pépinière © JM BERGOUGNIOU
Mais la Marine joue aussi un rôle militaire direct dans l’histoire de Paris.

1870 : la Marine défend Paris contre la Prusse




Pendant la guerre franco-prussienne, la Marine fournit des milliers de fusiliers marins et d’artilleurs pour défendre la capitale assiégée. Des canons de marine sont débarqués puis installés dans les forts autour de Paris. 

Les marins combattent à Saint-Denis, au Bourget, à Champigny ou à Buzenval. Les lourdes pièces navales deviennent une artillerie terrestre improvisée, faisant résonner dans Paris un tonnerre venu des ports militaires.

La Seine elle-même devient stratégique. Des embarcations militaires surveillent ponts et approvisionnements. Les ateliers parisiens fabriquent en urgence affûts, obus et équipements.

La Commune de Paris

En 1871, après la défaite contre la Prusse, certains marins participent à la répression de la Commune aux côtés des troupes versaillaises. D’autres, plus rares, rejoignent les insurgés. La Marine apparaît alors dans un rôle ambigu, reflet des fractures nationales de l’époque.

La Seine, axe militaire et industriel

Durant tout le XIXe siècle, la Seine sert d’artère industrielle pour la Marine. Des péniches transportent acier, charbon, machines et canons. À Paris et en proche banlieue se développent ateliers mécaniques et usines militaires. Les bassins de Grenelle, Javel ou Saint-Denis participent à cet immense réseau technique.

L’aéronautique navale en banlieue parisienne

Au XXe siècle, la région parisienne devient un centre majeur de l’aviation maritime et militaire. À Issy-les-Moulineaux décollent les premiers avions militaires français.
Décoration des fusiliers marins de Dixmude et Nieuport dans la cour de la Pépinière 
par l'amiral Lacaz et Ronarc'h © JM Bergougniou


À Saint-Cloud et Suresnes, Blériot puis Dassault développent appareils et prototypes.
À Argenteuil et sur les boucles de Seine apparaissent hydravions et ateliers aéronautiques.
Le Bourget devient une vitrine mondiale de l’aviation.
Boulogne-Billancourt et Renault produisent moteurs et matériels militaires.

Aéronautique maritime ORLY


L’aéronautique navale française naît largement dans cette couronne industrielle parisienne, entre usines fumantes et terrains d’aviation encore herbeux.

Les lieux symboliques
L’Hôtel de la Marine, place de la Concorde, ancien centre du pouvoir naval français.

Le musée national de la Marine au Trocadéro.
Le Grand Canal de Versailles et ses embarcations royales.



Les anciens terrains d’aviation d’Issy-les-Moulineaux.
Les usines aéronautiques de Saint-Cloud, Suresnes et Le Bourget.

Les forts de la ceinture de Paris armés de canons de marine en 1870.
Les grandes figures



Richelieu, Colbert, Suffren, Bougainville, La Pérouse, Dupuy de Lôme, les fusiliers marins de 1870, les pionniers Blériot et Dassault, puis Cousteau et les ingénieurs du nucléaire naval composent cette longue fresque.



Ainsi, Paris fut bien plus qu’une capitale administrative. Pendant quatre siècles, la ville fut un port invisible. Une rade de pierre et de papier où se préparaient voyages, batailles et inventions avant de rejoindre l’Atlantique ou la Méditerranée.


Un grand merci à Joël


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