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21 mai 2026

400 ans de la Marine Dunkerque phare corsaire port Dynamo aviation maritime amiral Lhermitte 1626 2026

 Dunkerque et les 400 ans de la Marine

Le phare de St-Pol et l'amiral Lhermitte © JM Bergougniou





Dunkerque et la Marine française partagent surtout une histoire commune depuis le retour définitif de la ville à la France en 1662, lorsque Louis XIV rachète le port aux Anglais. 


Dunkerque sous Louis XIV © JM Bergougniou

Ancien repaire de corsaires, Dunkerque devient alors un port militaire stratégique du royaume, marqué par la figure populaire de Jean Bart. Pendant des siècles, la ville vit de la mer : guerre, commerce, pêche et construction navale. En 1940, l’opération Dynamo fait entrer Dunkerque dans l’histoire mondiale avec l’évacuation de plus de 330 000 soldats alliés. Aujourd’hui encore, la ville garde une forte identité maritime, profondément liée à l’histoire de la Marine nationale.

Dunkerque les fortifications  © JM Bergougniou

Depuis des siècles, la ville vit tournée vers la mer du Nord. Ici, les tempêtes, les marées et les navires font partie du paysage autant que les maisons de briques ou les cafés du port.


Dunkerque et les corsaires © JM Bergougniou


Quand Richelieu crée en 1626 une véritable Marine royale française, Dunkerque n’est pas encore française. La ville appartient alors aux Pays-Bas espagnols. Mais elle est déjà connue dans toute l’Europe grâce à ses corsaires. Ces marins, autorisés par leur gouvernement à attaquer les navires ennemis, deviennent redoutés des Hollandais et des Anglais. Les « corsaires de Dunkerque » savent parfaitement naviguer dans les eaux difficiles de la mer du Nord. Ils connaissent chaque banc de sable, chaque courant, chaque coup de vent.


Musée maritime figure de proue © JM Bergougniou

Dunkerque devient française une première fois en 1658. Cette année-là, Turenne, allié aux Anglais d’Oliver Cromwell, reprend la ville aux Espagnols après la bataille des Dunes. Mais les Anglais réclament leur part du marché : Dunkerque leur est remise. Pendant quelques années, le drapeau anglais flotte donc sur la ville.


Le retour définitif à la France a lieu en 1662. Le roi Louis XIV rachète Dunkerque au roi d’Angleterre Charles II pour cinq millions de livres. Beaucoup d’Anglais considèrent alors cette vente comme une erreur historique. Pour la France, c’est une chance immense : Dunkerque devient un grand port militaire et commercial.

Jean Bart © JM Bergougniou


Vauban renforce les fortifications et développe le port. Puis arrive celui qui reste la grande figure populaire de la ville : Jean Bart. Né à Dunkerque en 1650, fils de marin, il commence très jeune sur les bateaux. À cette époque, beaucoup de marins dunkerquois parlent flamand autant que français. Jean Bart n’est ni noble ni savant. Mais il connaît la mer mieux que personne. Pendant les guerres de Louis XIV, il mène des combats spectaculaires contre les Hollandais. En 1694, il reprend un convoi de blé capturé par l’ennemi, évitant une grave famine au royaume. Louis XIV le fait entrer dans la noblesse, mais Jean Bart reste dans la mémoire collective comme un homme du peuple devenu héros par son courage.

Cirage Jean Bart © JM Bergougniou


Pendant tout le XVIIIe siècle, Dunkerque reste un port stratégique. On y construit des navires, on arme des corsaires, on surveille les côtes anglaises. La ville vit de la mer sous toutes ses formes : commerce, pêche, guerre et construction navale.


Au XIXe siècle, le port change de visage avec la révolution industrielle. Les bassins s’agrandissent, les usines apparaissent, les quais se remplissent de charbon, d’acier et de marchandises venues du monde entier. 


Dunkerque et la grande pêche © JM Bergougniou


Beaucoup de familles vivent alors de la pêche à Islande ou à Terre-Neuve. Les campagnes de pêche durent des mois. Les conditions sont dures, parfois terribles, mais elles forgent toute une culture maritime populaire.







le phare de Saint-Pol  © JM Bergougniou

Durant la Première Guerre mondiale, Dunkerque sert de grand port de ravitaillement pour les armées alliées. La ville subit des bombardements mais continue à faire tourner le port malgré les dangers.



Le principe de la création du "Centre d'Aviation Maritime" (CAM) de Dunkerque date de décembre 1914 et devient effectif en février 1915, après un bref passage à Boulogne.

Le centre est composé des escadrilles suivantes :

Escadrille d’hydravions de patrouille

Escadrille d’hydravions de chasse

Escadrille de bombardiers terrestres

Mais c’est surtout 1940 qui marque profondément l’histoire de Dunkerque.



En mai 1940, les armées françaises et britanniques sont encerclées par l’armée allemande. Dunkerque devient le dernier accès à la mer. L’opération Dynamo est lancée le 26 mai 1940. Pendant plusieurs jours, sous les bombes et les tirs, des centaines de navires militaires et civils évacuent les soldats vers l’Angleterre.



La Royal Navy joue un rôle majeur, mais les marins français participent eux aussi à l’évacuation et surtout à la défense du périmètre autour de la ville. Beaucoup meurent pour permettre aux autres d’embarquer. Des pêcheurs, des remorqueurs, des bateaux de plaisance et des navires de commerce viennent également aider. Plus de 330 000 soldats sont finalement sauvés.

La Marine française perd 18 navires dont le Jaguar, le Chacal, l'adroit, l'Orage, la Bourrasque, le Siroco, le Foudroyant...



Dunkerque  © JM Bergougniou
La ville, elle, est dévastée. Les incendies détruisent une grande partie de Dunkerque. Le port est ravagé. Pourtant la population reste sur place autant qu’elle le peut. Les Dunkerquois connaissent alors les bombardements, les privations et l’occupation allemande. La poche de Dunkerque restera tenue par les Allemands jusqu’au 9 mai 1945, un jour après la capitulation officielle du Reich.


Le port de Dunkerque terminal  © JM Bergougniou

Après la guerre, tout est à reconstruire. Peu à peu, le port renaît. Dunkerque devient l’un des plus grands ports français. Le pétrole, l’acier, les minerais et les porte-conteneurs remplacent peu à peu les voiliers et les bateaux de pêche d’autrefois.

Sémaphore © JM Bergougniou


Aujourd’hui encore, la Marine nationale reste présente dans la mémoire de la ville. Les cérémonies autour de Jean Bart, les monuments aux marins disparus, les souvenirs de 1940 ou les vieux quartiers du port rappellent que Dunkerque a toujours vécu avec la mer.



croiseur cuirassé Dunkerque  © JM Bergougniou


Et ne pas oublier que la ville de Dunkerque a donné son nom à un croiseur cuirassé.


 Amiral Lhermitte © JM Bergougniou


Pierre Louis Lhermite, né le 20 décembre 1761 à Dunkerque (Flandre française) et mort le 22 mars 1828 dans cette même ville, est un corsaire dunkerquois et officier de marine français. Il termine sa carrière avec le grade de contre-amiral.

Marin au commerce et corsaire
Il embarque comme mousse au commerce à tout juste 9 ans (1770). Il sert sur différents corsaires pendant la guerre d’indépendance des États-Unis y compris comme capitaine (à vingt ans) de deux d’entre eux, la Gloire et le Courrier de Dunkerque. Il est blessé au combat en 1783. À la paix, il rejoint la navigation au commerce pour 10 ans essentiellement sur des bâtiments assurant le trafic entre Dunkerque et les Antilles.

Dunkerque le musée de la Marine  © JM Bergougniou



Officier de la marine républicaine
En juin 1793, il rejoint la marine de guerre comme lieutenant de vaisseau. Il sert sur le Tigre de l’escadre Van Stabel. Il participe au coup de main par lequel Van Stabel s’empare d’une part d’un convoi britannique très fortement escorté par l’escadre de Richard Howe. Toujours sur le Tigre, il fait partie de l’escorte du convoi d’Amérique que Van Stabel réussit à conduire avec succès jusqu’à Brest.

Dunkerque  © JM Bergougniou


Capitaine de vaisseau en octobre 1794, il commande le vaisseau Gasparin et participe à la désastreuse croisière du Grand Hiver. Il commande ensuite la flottille de Flessingue puis la frégate la Poursuivante de fin 1795 à 1802 avec une seule interruption fin 1797 – début 1798. Il commande ensuite le vaisseau Duguay-Trouin à Saint-Domingue dans l’escadre Villaret-Joyeuse ; il s’empare de la ville de Petit-Goave. Au Cap-Français le 24 juillet 1803, il repousse l’attaque d’une division britannique. Poursuivi par une escadre britannique au large du Ferrol en 1804, il réussit à lui échapper.

Dunkerque le port © JM Bergougniou


Amiral et préfet sous l’Empire
Il commande le Génois en Méditerranée de 1805 à 1809 notamment avec l’escadre Ganteaume (Honoré Joseph Antoine Ganteaume) lors de la campagne de Corfou en 1808. Il commande ensuite l’Albanais dans l’escadre de l’Escaut et y dirige la flottille. Il joue un rôle clé dans la défense victorieuse de Walcheren lors de la tentative de débarquement britannique de l’été 1809, ce qui lui vaut le grade de contre-amiral à la fin de l’année. Sur le Tilsit, il commande une division de l’escadre d’Anvers en 1811. Enfin il commande successivement les flottilles d’Ems et de Hambourg. La Première Restauration le laisse sans affectation mais il est préfet maritime de Dunkerque lors des Cent-Jours et mis en retraite dès le retour des Bourbons.



Malgré ses états de service sérieux, il n’est pas retenu dans la liste de l’Arc de Triomphe.
Pierre Lhermite était franc-maçon : il apparaît notamment sur le tableau de la Loge Amitié et fraternité de Dunkerque en 1799



13 mai 2026

ROCHEFORT - 400 ans de la Marine 5 mai 2026 Port arsenal Charente forts Enet Boyard Lupin

ROCHEFORT - 400 ans de la Marine 5 mai 2026 En descendant la Charente



L'arsenal de Rochefort installé au fond de l’estuaire de la Charente bénéficie d’une protection naturelle grâce aux marais et aux méandres du fleuve, mais cela ne suffisait pas face aux menaces anglaises.





Le premier rempart reste l’estuaire lui-même. Les navires ennemis doivent franchir le pertuis d’Antioche puis remonter la Charente sous le feu des batteries côtières. Pour renforcer cette défense, plusieurs forts s’élèvent sur les îles et les côtes.



L'entrée des cales de radoub  © JM Bergougniou
Pour contrôler l’eau et les marées, l’arsenal utilise aussi des écluses et des portes-bateaux. Ces immenses portes de bois, puis plus tard de métal, ferment les bassins afin de maintenir un niveau d’eau stable malgré les variations de la Charente. Elles permettent aux navires d’entrer ou de sortir au bon moment, selon la marée.

Le système fonctionne comme une mécanique hydraulique très précise. À marée haute, les portes s’ouvrent pour laisser entrer les vaisseaux ; ensuite elles se referment et l’on peut vider ou conserver l’eau selon les besoins des travaux.


 ancien ponton Zodiac © JM Bergougniou
L’usine Zodiac de Rochefort prolonge, à sa manière, la grande tradition maritime de la ville. Là où l’arsenal construit autrefois des vaisseaux de guerre en bois, l’industrie moderne fabrique désormais des embarcations pneumatiques connues dans le monde entier. ⚓

La marque Zodiac naît à la fin du XIXᵉ siècle dans le domaine des dirigeables et de l’aéronautique. Peu à peu, elle se spécialise dans les bateaux pneumatiques, qui deviennent célèbres grâce à leur solidité, leur légèreté et leur capacité à affronter la mer. L’entreprise installée dans l’ancien arsenal depuis 1937 ferme en 2009 après soixante-dix ans d'existence. Des générations d’ouvriers et surtout d’ouvrières y fabriquaient les célèbres bateaux pneumatiques Zodiac.

Le pont transbordeur  © JM Bergougniou
À la fin du XIXᵉ siècle, la traversée du fleuve pose un problème permanent. Il faut permettre le passage des habitants, des charrettes et des marchandises sans gêner la navigation des grands navires qui remontent encore la Charente. Un pont classique serait trop bas pour laisser passer les mâts.
Le pont transbordeur  © JM Bergougniou

L’ingénieur Ferdinand Arnodin imagine alors une solution spectaculaire : un pont métallique suspendu très haut au-dessus du fleuve. Une nacelle mobile, appelée « transbordeur », glisse d’une rive à l’autre grâce à des câbles. Les voyageurs, les voitures et même les animaux traversent ainsi la Charente au ras de l’eau pendant que les navires continuent de circuler librement.




Petit cargo sur la Charente  © JM Bergougniou
Le trafic principal concerne les produits forestiers. Le bois représente une part essentielle de l’activité : grumes, sciages, panneaux et produits dérivés transitent par les quais avant d’être exportés ou redistribués vers l’industrie régionale. Les immenses piles de bois stockées près des quais font partie du paysage portuaire actuel.

Le port traite aussi des céréales, des engrais, des matériaux de construction et différents produits industriels. Des cargaisons de sable, de granulats ou de matériaux destinés au bâtiment arrivent régulièrement par bateau afin d’alimenter les entreprises locales et régionales.


St Nazaire sur Charente Fort Lupin © JM Bergougniou

Situé sur la rive du fleuve, près de Saint-Nazaire-sur-Charente, il contrôle le passage des navires qui remontent vers Rochefort. ⚓🏰

Construit sous Louis XIV et renforcé par les ingénieurs de Vauban, le fort s’intègre dans un vaste réseau défensif destiné à empêcher les attaques anglaises contre l’arsenal royal. Ses canons croisent leurs tirs avec ceux des batteries voisines afin de verrouiller l’accès du fleuve.

Le fort présente une architecture basse et puissante, adaptée aux terrains marécageux de l’estuaire. Derrière ses murs se trouvent casernes, poudrières et plateformes d’artillerie.

Poste d'amarrage © JM Bergougniou

Le fort Lupin joue aussi un rôle pratique pour la navigation. Les grands navires de guerre, dont le tirant d’eau est important, attendent souvent la marée favorable avant de remonter vers Rochefort. Le site devient alors un point de contrôle essentiel entre mer et arsenal.

Le long des berges de la Charente d’anciens canons sont plantés verticalement dans le sol pour servir de points d’amarrage aux navires.

Fontaine royale de Lupin © JM Bergougniou

Située non loin du fort Lupin et des zones de mouillage, cette fontaine devient un point essentiel pour les marins. Les gabares et les chaloupes viennent y charger des barriques d’eau destinées aux vaisseaux du roi. À une époque où l’eau potable à bord représente une question de survie, ces points d’approvisionnement sont aussi précieux qu’un arsenal.

La fontaine se compose d’un bassin maçonné et d’un ouvrage de pierre sobre mais solide, typique des aménagements royaux liés à la marine. Elle s’intègre dans tout le dispositif militaire et logistique qui entoure Rochefort : forts, batteries, quais, magasins et zones d'attente des navires


Les carrelets  © JM Bergougniou
la pêche au carrelet est une technique de pêche traditionnelle qui consiste à capturer les poissons à l'aide d'un filet. Une installation de pêche au carrelet, appelée " pêcherie ", se compose d'un ponton en bois qui avance dans la mer sur lequel est édifiée une petite cabane en bois au toit en tôle.Le carrelet - suspendu à une armature plane située au bout de la passerelle. Le filet est mis en mouvement horizontalement, à l'aide d'un treuil.

Construit au XIXᵉ siècle, le fort de la Pointe adopte une architecture basse et massive, adaptée aux progrès de l’artillerie. Ses canons croisent leurs tirs avec ceux des autres ouvrages voisins afin d’empêcher toute flotte ennemie de pénétrer dans l’estuaire. Depuis ses positions, les soldats observent l’océan, les passes et les mouvements de navires venant du pertuis d’Antioche.
les forts à l'entrée de la Charente La Pointe © JM Bergougniou

Fort Enet © JM Bergougniou
Depuis ses murailles, les soldats surveillent les passes maritimes et croisent leurs tirs avec ceux du fort Boyard, du fort de la Pointe et des batteries de l’île d’Aix. Ensemble, ces ouvrages ferment l’accès à la Charente et empêchent les navires ennemis d’approcher Rochefort.

Le fort Enet présente une architecture militaire typique de son époque : murs épais, plateforme d’artillerie, casemates voûtées et garnison capable de vivre en autonomie.

Fouras © JM Bergougniou

À l’embouchure de la Charente, le fort Lupin et le fort Vauban de Fouras contrôlent directement le passage vers Rochefort. Fouras agit comme une véritable sentinelle tournée vers l’océan. Les tirs croisés de Fouras, de l’île d’Aix et plus tard de Fort Boyard créent une zone redoutée par les ennemis.


Fouras  © JM Bergougniou


Fort Boyard © JM Bergougniou

Au sud, sur l’île d’Aix, le fort Liédot et les batteries surveillent l’entrée de la rade. Plus au large se dresse le célèbre Fort Boyard, imaginé sous Napoléon Ier pour combler le vide entre l’île d’Aix et l’île d’Oléron. Sa construction est longue et difficile. Lorsqu’il entre finalement en service au XIXᵉ siècle, l’artillerie moderne commence déjà à le rendre moins utile.

L’île d’Aix flotte à l’embouchure de la Charente comme un petit navire immobile, posé entre Rochefort et l’Atlantique.

L'île d'Aix © JM Bergougniou

L'île d'Aix, longue de trois kilomètres à peine, elle fut pendant des siècles un verrou militaire destiné à protéger l’arsenal de Rochefort et l’accès au fleuve.

Vauban y fit renforcer les défenses, bientôt complétées par des batteries, des forts et des postes de surveillance tournés vers la mer.

Napoléon Ier y passa ses derniers jours en France en juillet 1815 avant de se rendre aux Anglais et partir vers Sainte-Hélène.



Les phares de l'île d'Aix © JM Bergougniou
Il s'agit d'un feu à secteurs (deux secteurs : blanc et rouge) utilisant quatre bloc optiques tournant autour de la source lumineuse. Cette technique est mal adaptée aux feux à secteurs et nécessite de placer le filtre rouge à grande distance de la source lumineuse pour fournir une information précise sur la limite des secteurs aux navires approchant. La tour Est, en service depuis 1889, porte le feu tandis que la tour Ouest porte le filtre permettant de générer le secteur rouge depuis 1906.
Les fortifications de l'île d'Aix © JM Bergougniou

Un écran rouge sur la balustrade de la lanterne, complété par celui posé sur la seconde tourelle construite à 15 m du phare produit un secteur rouge d’une amplitude de 15° qui couvre la longe de Boyard et les rochers d’Antioche, indiquant avec précision ces deux écueils. Ce dispositif fut installé en 1888 lors du remplacement du premier feu installé à la construction en 1840.

23 avril 2026

Toulon du génie de la navigation à Cuverville il n'y a qu'un pas Louis-Joseph Daumas sculpture

 Toulon - du génie de la navigation à Cuverville il n'y a qu'un pas

Le « Génie de la navigation » a porté, au fil des temps, le surnom de « Génie de la mer », « Génie militaire », « Génie maritime ». Il est, pour les Toulonnais, « L’Ome negre » ou « L’Homme de bronze ». Erigé en hommage à tous les marins illustres, c’est sous le sobriquet « Cuverville » qu’il est le plus souvent désigné, en raison de l’orientation d’une partie de son anatomie, ou, plus sérieusement, en souvenir du vice-amiral de Cuverville commandant de la flotte de la Méditerranée en 1895.

D’une hauteur de 3,40 mètres, il a été sculpté en 1843, sur ordre du gouvernement de Louis-Philippe 1e qui souhaitait honorer les grands navigateurs. Exposé au Salon de Paris en 1845, le « Génie de la navigation » fut érigé sur le carré du port de Toulon le 1e mai 1846, en l’honneur de la fête du roi pré-cité. En 1883, il fut ceinturé d’une grille en fer forgé.


Sur le port de Toulon, il y a une statue que tout marin connaît, même celui qui prétend ne regarder que ses jauges et ses boulons : le fameux Génie de la navigation, alias « Cuverville ». Officiellement, il pointe fièrement vers la mer, noble symbole de l’appel du large. Officieusement, pour des générations de mécaniciens, il désigne très clairement l’endroit où commencent les ennuis… pardon, la carrière.

Car il faut bien le dire, quand un jeune matelot débarquait à Toulon avec son sac encore trop propre, il suffisait de lever les yeux vers Cuverville pour comprendre le programme. Le doigt tendu semblait dire : « Toi, là… oui, toi… file donc à Saint-Mandrier, on t’attend avec des clés de 12 et des moteurs qui toussent. »

Les anciens racontaient que cette statue était en réalité le premier instructeur de la Marine. Pas besoin de discours ni de tableau noir : un simple doigt levé, et tout était clair. Direction la presqu’île, les ateliers, l’odeur d’huile chaude et les mains noires avant même la fin de la première semaine.


Le surnom « Cul-vers-ville » n’arrangeait rien à l’affaire. Les élèves mécaniciens y voyaient une forme d’humour très marin : pendant que la ville profitait des terrasses et du soleil, eux partaient là où ça chauffait vraiment… autour des moteurs. Certains juraient même que Cuverville avait été placé exprès ainsi, histoire que personne ne puisse dire qu’il ne savait pas où il mettait les pieds.

Et puis, il y avait ce moment magique du premier passage en rade. Quelqu’un montrait la statue du doigt et lançait inévitablement : « Regarde bien… c’est lui qui t’a dénoncé ! » Rires dans le groupe, sauf chez le nouveau, qui comprenait peu à peu que la plaisanterie allait durer quelques mois… voire toute une carrière.


Le génie mutilé par les bombardements de 1944


Des années plus tard, quand les anciens reviennent à Toulon, cheveux un peu plus gris et souvenirs bien graissés, ils ne peuvent s’empêcher de lever les yeux vers Cuverville. Et presque toujours, il y en a un pour lâcher en souriant : « Moi, j’en viens… et il avait drôlement bien visé ! »

Ainsi, entre humour d’escadre et souvenirs d’atelier, le doigt de Cuverville continue, imperturbable, à envoyer symboliquement vers Saint-Mandrier des générations entières de mécaniciens prêts à faire tourner les machines… et les blagues qui vont avec.



Louis-Joseph Daumas au maire de Toulon. 

Le Génie de la Navigation. 

Paris, ce 3 mai 1843. Monsieur le Maire, 

le génie en 1944
J'ai l'honneur de vous adresser cette lettre pour vous faire savoir que j'ai reçu l'arrêté du Ministre de l'Intérieur pour commencer la statue du Génie de la Navigation, érigée à la mémoire des Grands Marins, sur la place carrée du port de Toulon. 

Je vous donne ci-joint, Monsieur le Maire, les données de la statue adoptées par le Ministre : La pose droite, calme et énergique, portant sur la jambe gauche, et la droite en avant. Elle saisit de la main droite la barre du gouvernail qui dirige la coquille marine sur laquelle la statue est plantée. Le bras gauche, ployé en avant, tient un sextant; la tête, de face, et couronnée d'étoiles, plonge le regard dans l'horizon. On verra à ses pieds des attributs de marine et particulièrement la boussole. Quatre bas-reliefs décoreront le piédestal. Chacun d'eux s'harmonisera avec le sentiment de la statue, et ils détermineront dans leur ensemble les différents progrès de la navigation. 

Je me propose d'aller faire un voyage à Toulon, lorsque MM. Denis et Clapier seront au pays, afin de pouvoir, d'un commun accord, donner à la statue ses véritables dimensions, ce qui me procurera, Monsieur le Maire, le plaisir de me présenter à vous.


Le général San Martin (1778-1850) a été le libérateur
de l'Argentine, du Chili et du Pérou.







Louis-Joseph Daumas, nait à Toulon le 24 janvier 1801 et meurt à Paris le 22 janvier 1887.

Daumas étudie d'abord à l'atelier de l'arsenal de Toulon, puis, arrivé à Paris, il intègre l' Ecole supérieure des Beaux-arts en 1826 où il a David d'Angers comme professeur. À partir de 1833 il expose régulièrement dans les salons où ses travaux sont remarqués, il est surnommé Le Petit Puget. Il obtient plusieurs médailles de récompense.Il obtient plusieurs commandes officielles mais ne parvient pas à atteindre une notoriété de premier plan. 



Bien qu'inspirée par la fougue romantique, sa sculpture n'arrive pas à s'extraire d'un certain académisme. 
© Willy Ronis

au Salon de 1849, il exposa son groupe du Cavalier romain. On lui doit un fronton du palais de Compiègne : le Génie de l'Industrie et le bas-relief du portail de Saint-Thomas-d'Aquin.

Les bombardements alliés de 1944 amochant sérieusement son socle et ses bras qui furent alors stockés dans un entrepôt municipal. Heureusement, la municipalité Le Bellegou, décida en 1959 sa restauration.
En 1960, le « Génie de la navigation » fut installé dans un cadre de verdure face à la rue d’Alger. Et c’est sous la municipalité Le Chevallier qu’il reprit sa place sur le carré du port, suite à un référendum local officieux.

Sources:

Ville de La Seyne sur Mer

Patrouilleur Hauturier Jacques Trolley de Prévaux contre-amiral aéronautique navale résistant

 Jacques Trolley de Prévaux contre-Amiral Le futur patrouilleur hauturier Trolley de Prévaux, premier de la nouvelle génération de patrouill...