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23 avril 2026

Toulon du génie de la navigation à Cuverville il n'y a qu'un pas Louis-Joseph Daumas sculpture

 Toulon - du génie de la navigation à Cuverville il n'y a qu'un pas

Le « Génie de la navigation » a porté, au fil des temps, le surnom de « Génie de la mer », « Génie militaire », « Génie maritime ». Il est, pour les Toulonnais, « L’Ome negre » ou « L’Homme de bronze ». Erigé en hommage à tous les marins illustres, c’est sous le sobriquet « Cuverville » qu’il est le plus souvent désigné, en raison de l’orientation d’une partie de son anatomie, ou, plus sérieusement, en souvenir du vice-amiral de Cuverville commandant de la flotte de la Méditerranée en 1895.

D’une hauteur de 3,40 mètres, il a été sculpté en 1843, sur ordre du gouvernement de Louis-Philippe 1e qui souhaitait honorer les grands navigateurs. Exposé au Salon de Paris en 1845, le « Génie de la navigation » fut érigé sur le carré du port de Toulon le 1e mai 1846, en l’honneur de la fête du roi pré-cité. En 1883, il fut ceinturé d’une grille en fer forgé.


Sur le port de Toulon, il y a une statue que tout marin connaît, même celui qui prétend ne regarder que ses jauges et ses boulons : le fameux Génie de la navigation, alias « Cuverville ». Officiellement, il pointe fièrement vers la mer, noble symbole de l’appel du large. Officieusement, pour des générations de mécaniciens, il désigne très clairement l’endroit où commencent les ennuis… pardon, la carrière.

Car il faut bien le dire, quand un jeune matelot débarquait à Toulon avec son sac encore trop propre, il suffisait de lever les yeux vers Cuverville pour comprendre le programme. Le doigt tendu semblait dire : « Toi, là… oui, toi… file donc à Saint-Mandrier, on t’attend avec des clés de 12 et des moteurs qui toussent. »

Les anciens racontaient que cette statue était en réalité le premier instructeur de la Marine. Pas besoin de discours ni de tableau noir : un simple doigt levé, et tout était clair. Direction la presqu’île, les ateliers, l’odeur d’huile chaude et les mains noires avant même la fin de la première semaine.


Le surnom « Cul-vers-ville » n’arrangeait rien à l’affaire. Les élèves mécaniciens y voyaient une forme d’humour très marin : pendant que la ville profitait des terrasses et du soleil, eux partaient là où ça chauffait vraiment… autour des moteurs. Certains juraient même que Cuverville avait été placé exprès ainsi, histoire que personne ne puisse dire qu’il ne savait pas où il mettait les pieds.

Et puis, il y avait ce moment magique du premier passage en rade. Quelqu’un montrait la statue du doigt et lançait inévitablement : « Regarde bien… c’est lui qui t’a dénoncé ! » Rires dans le groupe, sauf chez le nouveau, qui comprenait peu à peu que la plaisanterie allait durer quelques mois… voire toute une carrière.


Le génie mutilé par les bombardements de 1944


Des années plus tard, quand les anciens reviennent à Toulon, cheveux un peu plus gris et souvenirs bien graissés, ils ne peuvent s’empêcher de lever les yeux vers Cuverville. Et presque toujours, il y en a un pour lâcher en souriant : « Moi, j’en viens… et il avait drôlement bien visé ! »

Ainsi, entre humour d’escadre et souvenirs d’atelier, le doigt de Cuverville continue, imperturbable, à envoyer symboliquement vers Saint-Mandrier des générations entières de mécaniciens prêts à faire tourner les machines… et les blagues qui vont avec.



Louis-Joseph Daumas au maire de Toulon. 

Le Génie de la Navigation. 

Paris, ce 3 mai 1843. Monsieur le Maire, 

le génie en 1944
J'ai l'honneur de vous adresser cette lettre pour vous faire savoir que j'ai reçu l'arrêté du Ministre de l'Intérieur pour commencer la statue du Génie de la Navigation, érigée à la mémoire des Grands Marins, sur la place carrée du port de Toulon. 

Je vous donne ci-joint, Monsieur le Maire, les données de la statue adoptées par le Ministre : La pose droite, calme et énergique, portant sur la jambe gauche, et la droite en avant. Elle saisit de la main droite la barre du gouvernail qui dirige la coquille marine sur laquelle la statue est plantée. Le bras gauche, ployé en avant, tient un sextant; la tête, de face, et couronnée d'étoiles, plonge le regard dans l'horizon. On verra à ses pieds des attributs de marine et particulièrement la boussole. Quatre bas-reliefs décoreront le piédestal. Chacun d'eux s'harmonisera avec le sentiment de la statue, et ils détermineront dans leur ensemble les différents progrès de la navigation. 

Je me propose d'aller faire un voyage à Toulon, lorsque MM. Denis et Clapier seront au pays, afin de pouvoir, d'un commun accord, donner à la statue ses véritables dimensions, ce qui me procurera, Monsieur le Maire, le plaisir de me présenter à vous.


Le général San Martin (1778-1850) a été le libérateur
de l'Argentine, du Chili et du Pérou.







Louis-Joseph Daumas, nait à Toulon le 24 janvier 1801 et meurt à Paris le 22 janvier 1887.

Daumas étudie d'abord à l'atelier de l'arsenal de Toulon, puis, arrivé à Paris, il intègre l' Ecole supérieure des Beaux-arts en 1826 où il a David d'Angers comme professeur. À partir de 1833 il expose régulièrement dans les salons où ses travaux sont remarqués, il est surnommé Le Petit Puget. Il obtient plusieurs médailles de récompense.Il obtient plusieurs commandes officielles mais ne parvient pas à atteindre une notoriété de premier plan. 



Bien qu'inspirée par la fougue romantique, sa sculpture n'arrive pas à s'extraire d'un certain académisme. 
© Willy Ronis

au Salon de 1849, il exposa son groupe du Cavalier romain. On lui doit un fronton du palais de Compiègne : le Génie de l'Industrie et le bas-relief du portail de Saint-Thomas-d'Aquin.

Les bombardements alliés de 1944 amochant sérieusement son socle et ses bras qui furent alors stockés dans un entrepôt municipal. Heureusement, la municipalité Le Bellegou, décida en 1959 sa restauration.
En 1960, le « Génie de la navigation » fut installé dans un cadre de verdure face à la rue d’Alger. Et c’est sous la municipalité Le Chevallier qu’il reprit sa place sur le carré du port, suite à un référendum local officieux.

Sources:

Ville de La Seyne sur Mer

24 mars 2026

La Mère barbe en Jonc La Mer Jean Richepin port

 La Mère barbe en Jonc

Jean-Richepin - La Mer


En l'absence de courriers de nos marins, je continue d'explorer les trésors de GALLICA et de la Bibliothèque Nationale entre littérature et gravure.

Je relie la Mer de Jean Richepin... et j'ai trouvé une gravure illustrant un poème... une vraie publicité pour un rasoir... un texte sur les cabarets de port : entre estaminet… et maison close!


Largue l’écoute ! Bitte et bosse !

Largue l’écoute ! Gigue et jon !

Largue l’écoute ! on s’y fout des bosses,

Chez la mère Barbe-en-jonc.

C’est là qu’y a des fins drilles,

C’est là qu’y a des lurons.

L’hôtesse est si bonne fille,

Qu’elle en est presque garçon.

Largue l’écoute ! Bitte et bosse !

Largue l’écoute ! Gigue et jon !

Largue l’écoute ! on s’y fout des bosses,

Chez la mère Barbe-en-jonc.

Elle a la peau de la face

En soie ainsi qu’un cochon.

Ça s’hérissʼ quand on l’embrasse.

On se râpe à son menton.

 


Drôle de destin que celui de Jean Richepin : le voilà, sur cette photographie, sanglé dans son habit brodé d’académicien, bicorne à la main, mine grave comme un vieux commandant de port… alors qu’il est l’auteur de certaines des chansons les plus lestes du quai.



 

Publié en 1894, La Mer est un recueil qui sent davantage la cambuse que le salon. Pas de couchers de soleil sentimentaux ici : on y trouve des marins qui jurent, des tavernes qui collent aux bottes, et des patronnes solides comme des bittes d’amarrage. « La mère Barbe-en-jonc » en est le parfait exemple : une aubergiste râpeuse, moustachue comme un quartier-maître, et visiblement rompue à l’accueil des équipages assoiffés.

Dans ce poème, la mer n’est jamais loin, même à terre. Tout passe par le langage du bord : on « jette l’ancre », on « leste la cale », on « ouvre l’entrepont » — autant d’expressions qui, dans la bouche des marins, prennent vite un tour franchement coquin. C’est là tout le sel du texte : un humour de gaillard d’avant, fait de double sens, de rhum bon marché et de plaisanteries qu’on n’imprimerait pas dans les journaux bien élevés.

Et pourtant, quelques années plus tard, le même Richepin entre sous la Coupole, sabre au côté et broderies au torse, comme on le voit ici. Une belle ironie maritime : du cabaret du quai à l’Académie française, il n’y a parfois qu’un bon vent dans les voiles… et quelques verres bien tassés.



 

Publié en 1894, La Mer de Jean Richepin n’a rien d’une rêverie romantique devant un coucher de soleil sur l’horizon. Ici, la mer sent le goudron, la pipe froide et le rhum éventé. Le recueil aligne des chansons qui semblent sorties tout droit d’un gaillard d’avant : vocabulaire nautique bien serré, refrains qui cognent comme des bottes sur le pont, et portraits de marins ou d’aubergistes hauts en couleur — souvent plus rouges du nez que blancs de chemise. Richepin ne fait pas dans la dentelle : il préfère la cambuse au salon, la bordée au lyrisme, et la gaillardise aux belles manières.




Dans « La mère Barbe-en-jonc », on est clairement à quai, dans une taverne où l’on boit dru, où l’on mange gras et où l’on plaisante plus bas que la ceinture. La patronne, avec sa barbe râpeuse et son accueil musclé, semble taillée dans le même bois qu’une bitte d’amarrage : solide, peu raffinée et toujours prête à encaisser l’équipage. Les métaphores nautiques servent ici de cache-misère à des sous-entendus franchement salés — on « jette l’ancre », on « leste la cale », et chacun comprend très bien de quoi il retourne. Derrière la blague un peu crasseuse et l’exagération joyeuse, Richepin restitue avec un certain panache l’ambiance des quais et des escales de la fin du XIXᵉ siècle : un monde bruyant, gouailleur, et délicieusement peu fréquentable — bref, un coin de port comme on les aime, avec du vent dans les voiles… et du rhum dans le gosier.


06 septembre 2022

Bénin Cotonou le phare Dahomey Afrique de l'ouest Port éclairage

Bénin Cotonou le phare


Habitant pendant des années Cotonou, je suis passé je ne sais combien de fois à proximité du phare sans vraiment y prêter attention... Alors je vais essayer de me rattraper.




la station a été établie en 1910
Le premier phare, était une tour moins haute avec un plan focal à 16 mètres (52 pieds), et avait un nouveau design inhabituel et était situé au pied de la jetée principale du port. Le deuxième phare était une tour squelettique hexagonale construite en 1928. La lanterne de la tour de 1928 a été déplacée au sommet de la tour d’eau en 1968.

L’actuel phare a été mis en service le 1er septembre 1928 pour guider les navires vers le wharf.



Ce phare est actif avec un plan focal à 31 mètres (102 pieds). Signal : un éclat blanc toutes les 5 secondes. C’est une tour squelettique carrée de 26 mètres de hauteur (85 pieds) soutenant une lanterne centrée sur un réservoir d’eau carré. La structure est entièrement peinte en gris foncé.
Le support du feu est constitué par une tour métallique a section carrée de 3,80 m ancrée sur une semelle de fondation en béton armé, formant un prisme droit à base carrée de 8 m de côté et de 4 m de hauteur.


Le feu normal est constitué par une optique à éclats tournants, éclairée jusqu’en 1980 par une lampe de 1 500 W, alimentée en courant alternatif triphasé.
Depuis cette date, il est éclairé par une lampe halogène de 650 w monophasé. Le feu de secours est constitué par une optique à éclats tournants comportant 4 panneaux, éclairée par une lampe de 36 W


Le feu normal et le feu de secours présentent un caractère blanc à éclats réguliers toutes les 5 secondes, d’une intensité de 250 000 candelas et d’une portée de 25 milles marins pour le feu principal et 10 milles pour le feu de secours.

Une machine à rotation à poids, à remontage électrique, entraîne ces deux optiques montées sur un soubassement à cuve de mercure.



Une lanterne de 2 m de diamètre, équipée de glaces courbes, incolores, abrite l’appareillage du feu.
L’établissement est alimenté à partir du secteur de distribution d’électricité. En secours immédiat, le feu est alimenté à partir d’accumulateurs de 12 v - 80 Ah. En secours de longue durée, l’ensemble de l’appareillage de l’établissement est alimenté en courant alternatif triphasé à partir d’un groupe électrogène.






Le phare de Cotonou pendant la guerre de 14-18








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 « Washington, nous voilà ! » La  Belle-Poule part pour les Etats-Unis 250 ans La Belle Poule a repris le large depuis Brest pour une aventu...