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19 mai 2026

400 ans de la Marine Toulon Balaguier Eyguillette Saint-Mandrier CIN apprentis-mécaniciens Hyères Cuers Pierrefeu Napoléon Bonaparte

 400 ans de la Marine Toulon

« Depuis 400 ans, Toulon vit au rythme de la Marine… des coups de canon, des départs en campagne, des retours de marins et des histoires de quais qu’on raconte plus facilement après le troisième verre. 

Alors une question demeure : Toulon serait-elle vraiment devenue Toulon… sans Chicago ?

Car derrière chaque grand port militaire, il y a parfois une rue chaude, quelques nuits agitées, des accordéons fatigués… et des marins venus du bout du monde avec plus d’escales que de bonnes résolutions.


Une rade pour l’arsenal de Louis XIV



La rade de Toulon © JM Bergougniou
Ebauché par Richelieu, le rôle de Toulon comme port de guerre est confirmé par Colbert pour Louis XIV. À la veille de la guerre contre la Hollande, en 1672, la Marine décide de renforcer l’armement de la Grosse tour et de Balaguier : des batteries basses sont accolées de part et d’autre des deux tours pour décupler le nombre de leurs canons, tirant au ras des flots à travers des embrasures. 



Le fort Balaguier © JM Bergougniou
À Balaguier, l’aile gauche est percée de 13 embrasures, celle de droite en compte 7. Pour parachever la protection de l’ouvrage, une enceinte à redents est construite du côté de la terre. Dans le même temps, le gouverneur de Provence, soucieux de « mettre la ville et les vaisseaux hors d’insulte », préconise de « faire une espèce de batterie à l’endroit de l’Eguillette où les vaisseaux peuvent mouiller quand ils sont entrés [dans la petite rade] et qu’ils ont passé les tours ». Construit entre 1674 et 1680, le fort de l’Eguillette est un ouvrage à deux batteries basses.


Le musée de la Marine © JM Bergougniou

C’est à cette époque que le réaménagement de l’arsenal est étudié pour accueillir une flotte de 60 vaisseaux. Après une décennie de projets, Vauban¹ est dépêché à Toulon par Colbert. Ebauché en 1679, le projet de Vauban est définitivement mis au point en 1682. Entre-temps le chantier d’agrandissement de l’arsenal vers l’ouest démarre ; il dure plus de 15 ans.

 
La préfecture maritime -l'amirauté  © JM Bergougniou
 
Durant son séjour de trois semaines (février-mars 1679), Vauban parcourt la région et la rade en tous sens. Ses observations sont admiratives : « La rade de Toulon est la plus belle et la plus excellente de la mer Méditerranée ».

Depuis plus de quatre siècles, Toulon entretient avec la Marine nationale une relation presque organique, comme si la rade battait au rythme des hélices et des marées militaires. 

La majorité © JM Bergougniou
En 1626, Richelieu pose les fondations de la puissance navale française moderne. Toulon devient alors l’un des grands ports stratégiques du royaume, puis de la République. Sa rade, souvent décrite comme l’une des plus belles d’Europe, offre un refuge naturel exceptionnel où s’abritent vaisseaux, sous-marins et bâtiments de haute mer.


Au fil des siècles, Vauban hérisse les collines et les caps de fortifications destinées à protéger l’arsenal : le fort Balaguier, le fort de l’Éguillette, le fort Saint-Louis ou encore les puissantes défenses du mont Faron composent une véritable couronne de pierre tournée vers la mer. Chaque bastion raconte une époque de siège, de guerre ou de vigilance silencieuse.


Saint-Mandrier © JM Bergougniou

Saint-Mandrier-sur-Mer occupe une place essentielle dans cette histoire maritime. La presqu’île est devenue un haut lieu de formation de la Marine nationale, notamment avec l’École des apprentis mécaniciens et plusieurs centres spécialisés. Entre pinèdes et quais militaires, Saint-Mandrier reste une sentinelle avancée à l’entrée de la petite rade.


Cuers-Pierrefeu © JM Bergougniou

Plus au nord-est, Cuers-Pierrefeu témoigne d’une autre dimension de la défense navale : l’aéronautique. La base aéronautique navale de Cuers-Pierrefeu fut l’un des premiers grands centres français dédiés aux dirigeables puis à l’aviation navale. Aujourd’hui encore, ce site historique participe aux expérimentations et au soutien technique aéronautique de la Marine.


Autour de Toulon, les batteries côtières, sémaphores, ouvrages militaires et anciennes poudrières rappellent que tout le territoire vivait autrefois au rythme des arsenaux et des escadres. De La Seyne-sur-Mer à Hyères, des îles d’Hyères jusqu’au cap Cépet, la présence maritime façonne paysages, mémoire et identité locale.


Célébrer les 400 ans de la Marine à Toulon, c’est donc célébrer une aventure humaine et stratégique exceptionnelle : celle des marins, ouvriers, ingénieurs, pilotes et familles qui ont fait de cette rade un cœur battant de la puissance maritime française. Toulon demeure aujourd’hui encore le principal port militaire français en Méditerranée, où l’histoire navigue chaque jour aux côtés du présent.


Bonaparte et Toulon

la prise de Toulon 28 frimaire an II © JM Bergougniou
En 1793, la ville est secouée par la Révolution française. Les royalistes livrent alors le port aux flottes anglaise et espagnole. Pour la jeune République, perdre Toulon signifie perdre l’un des plus grands arsenaux militaires du pays et ouvrir la Méditerranée aux ennemis.

Bonaparte au siège de Toulon © JM Bergougniou
Un jeune capitaine d’artillerie corse de vingt-quatre ans, encore peu connu, est envoyé sur place : Napoléon Bonaparte. Très vite, il comprend que la clé de la victoire ne se trouve pas dans une attaque frontale du port, mais dans la prise des hauteurs dominant la rade. Il fait installer ses batteries autour du fort de l’Éguillette et du fort Balaguier, positions stratégiques qui contrôlent l’entrée de la rade.


La  fuite précipitée des Anglais © JM Bergougniou

Sous un déluge de boulets et de fumée, les troupes républicaines reprennent progressivement les positions ennemies. La batterie surnommée « la Convention » devient l’un des symboles de cette offensive. Lorsque les Français s’emparent finalement des forts dominant la rade, la flotte anglaise comprend que le port est perdu et évacue Toulon dans la nuit de décembre 1793.

Cette victoire transforme immédiatement la destinée de Bonaparte. Promu général de brigade à seulement vingt-quatre ans, il attire l’attention des dirigeants révolutionnaires. Toulon devient ainsi le premier grand chapitre de la légende napoléonienne.

La ville gardera longtemps la mémoire de cet épisode fondateur. Les forts, les batteries côtières et plusieurs sites de la rade portent encore l’empreinte de cette campagne militaire où un jeune officier ambitieux révéla son génie stratégique. À Toulon, l’histoire de la Marine française et celle de Napoléon se croisent dans le fracas des canons, entre mer, pierre et destin impérial.

Toulon aujourd'hui

Le porte-avions Charles de Gaulle © JM Bergougniou

Aujourd’hui, Toulon est le principal port militaire français en Méditerranée et l’un des centres majeurs de la Marine nationale. La base navale accueille le porte-avions Charles de Gaulle, navire amiral de la flotte française, autour duquel s’organise le groupe aéronaval avec ses Rafale Marine, ses frégates d’escorte et ses bâtiments de soutien.

SNA entrant à Toulon © JM Bergougniou


Toulon est aussi le port d’attache des sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda, spécialisés dans les missions de renseignement, d’escorte et de protection stratégique. 


FDA Forbin et Chevalier Paul © JM Bergougniou
Les FREMM, frégates multimissions de dernière génération, assurent quant à elles la lutte anti-sous-marine, la défense aérienne et les opérations de projection.


Le contrôle de la rade de Toulon © JM Bergougniou

La rade de Toulon reste protégée par un ensemble historique de forts et de batteries côtières : fort Balaguier, fort de l’Éguillette, cap Cépet, fort Saint-Louis ou encore les ouvrages du mont Faron. Ces fortifications témoignent du rôle stratégique de Toulon depuis le XVIIe siècle.




Saint-Mandrier-sur-Mer conserve une fonction essentielle avec plusieurs écoles et centres de formation de la Marine nationale. À Cuers-Pierrefeu, les installations liées à l’aéronautique navale poursuivent des activités techniques et d’expérimentation.


La base d’aéronautique navale d’Hyères joue également un rôle majeur. Elle accueille des flottilles d’hélicoptères de la Marine nationale utilisées pour le sauvetage en mer, la lutte anti-sous-marine, le transport et les opérations spéciales. Située face aux îles d’Hyères, elle constitue un point clé des opérations aéronavales françaises en Méditerranée.

Cuverville "Allez-y moi j'en viens"
 © JM Bergougniou


Quatre siècles après Richelieu, Toulon demeure le cœur opérationnel de la puissance navale française



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