03 décembre 2025

Correspondance armée Toulon juin 1915 Franchise Militaire Artillerie front de mer

 Correspondance des armées Toulon artillerie de front de mer

« Partout où l’on se battra, il y aura des canonniers marins. Il y aura la Marine, devrais-je dire, car tous les corps de la marine militaire et marchande rivalisent de zèle pour vous fournir des cadres et des soldats. 


Les cadres!

Ce sont des officiers de vaisseau (de l’active et de la réserve), des officiers des équipages, des officiers mécaniciens, des ingénieurs du génie maritime et de l’artillerie navale, des ingénieurs hydrographes, des commissaires, des professeurs d’hydrographie, des administrateurs, des capitaines et lieutenants au long cours et au cabotage; tous gens de cœur, et techniciens émérites. Des canonniers ! Ce sont des matelots ou d’anciens matelots, et c’est tout dire! Leur bravoure, leur tenue, l’amour de leur matériel sont légendaires dans les Armées; ils y sont l’exemple du soldat! 

Général Buat



Le 5e arrondissement maritime dont le port chef-lieu est Toulon, préfecture maritime et place de guerre dont la défense est vitale pour la Marine : 

« L’importance de Toulon, au point de vue maritime, résulte de son emploi : 

  • comme base d’opérations navales, 
  • comme abri pour escadres, 
  • comme base de ravitaillement et centre de construction. » 



Toulon doit à cette particularité d’être sous un commandement mixte. La place est en effet commandée par le vice-amiral préfet maritime, qui est à la fois préfet maritime, gouverneur et commandant d’armes. 

Dans sa fonction de gouverneur, il est secondé par un général adjoint ayant la haute main sur la défense terrestre, les batteries de côte et les troupes de la Guerre affectées à la place et par un contre-amiral, commandant le front de mer, ayant autorité sur les défenses fixes (estacades, mines, éclairage, etc.) et les flottilles côtières. 

Cet enchevêtrement de compétences est la conséquence du décret du 18 septembre 1904, modifié par le décret du 15 mars 1912.


Le front de mer de Toulon s’étend d’est en ouest entre le cap Nègre (4 km à l’est du Lavandou) et la sèche d’Alon (4 km à l’ouest de Bandol) . 



Il comprend les ouvrages des îles (Port-Cros et Porquerolles), de la rade d’Hyères (Brégançon, Mauvanne et Giens), de Carqueiranne, de Cépet, des Sablettes (presqu’île de Saint-Mandrier) et des passes (petite et grande rades de Toulon). 

Toutes ces batteries appartiennent à la Guerre et sont d’une conception ancienne : les matériels et positions sont issus des travaux de la commission d’études pour la défense du littoral de 1888, révisés par la note ministérielle du 10 juillet 1905. Cette vétusté est illustrée par l’approvisionnement en poudres et munitions : à l’exception des ouvrages de la Croix des-Signaux et de Cépet, toutes les batteries sont approvisionnées en poudre noire…



Les défenses de Toulon sont établies en trois secteurs et un « noyau central ». Ce dernier regroupe l’arsenal et la ville, surplombée au nord par le Faron. Il correspond à une vision étendue de la ville telle qu’elle existe depuis les travaux de Vauban. 


Les ouvrages du mont Faron lui appartiennent, formant une barrière géographique et militaire contre toute attaque de terre provenant du nord. Autour de ce noyau central se développent trois secteurs rayonnant depuis la rade. Le secteur 3, compris entre Bandol et le fond de la petite rade, regroupe notamment les ouvrages de la presqu’île de Saint-Mandrier, de Sicié, de Six-Fours et du Cerveau. Plus à l’ouest, le secteur 2 comprend le mont Caume et le Croupatier. Enfin, vaste secteur oriental, le 1re s’étend du Coudon au Cap-Nègre, embrassant la Colle Noire, Giens, la rade d’Hyères et les îles.




L’organisation défensive de la place de Toulon est classée en attaques provenant de la mer ou de la terre, les premières étant de quatre types :


Le bombardement de l’arsenal et des navires en rade pourrait être entrepris par des navires évoluant, tant à l’ouest, du côté de la Pointe Nègre, qu’au sud, vers Sicié ou Cépet, ou encore à l’est, vers la Colle Noire. Afin de s’en protéger, il est nécessaire de disposer d’ouvrages battant le large vers Sicié et Cépet, interdisant le mouillage tant au sud de la Colle Noire qu’à l’ouest de Six-Fours.

L’attaque directe de l’arsenal et des navires en rade par une flottille de torpilleurs et de destroyers. Contre cette menace, il faut disposer d’une artillerie secondaire à tir rapide défendant les passes, notamment à partir de la presqu’île de Cépet, laquelle commande aussi bien la Grande Rade que le sud du cap Cépet.

Le blocus de la place par une force navale supérieure stationnant en rade d’Hyères. Il est donc essentiel d’en interdire le mouillage par des batteries à grande puissance et maintenir libre l’accès à la rade de Toulon d’où pourront surgir les flottilles de torpilleurs et sous-marins tentant de harceler des bâtiments stationnant vers les îles.

Le débarquement aux ailes, c’est-à-dire la mise en œuvre d’une force expéditionnaire soit à l’est vers Bormes et Hyères, soit à l’ouest vers Bandol et Sicié.

Le risque majeur demeure une attaque combinant ces quatre types d’opérations pour investir la place et neutraliser les forces navales françaises. Tirant la leçon de l’attaque japonaise menée sur Port-Arthur avant la déclaration de guerre, l’état-major français estime que :

« Les défenses du port doivent, en conséquence se trouver à tout moment, en mesure de s’opposer à une pareille entreprise, sans qu’on ait à exécuter des travaux exigeant un temps que l’ennemi pourrait ne pas accorder. […] Contre une attaque par mer, qui se produirait immédiatement, la Place disposera :

  • des batteries de côtes ;
  • des éléments de la défense maritime comprenant :
  • la défense fixe (barrage des passes et torpilles) ;
  • la défense mobile (torpilleurs et sous-marins) ;

les moyens d’information (sémaphores, postes de reconnaissance de jour et de nuit – feux de reconnaissance – poste de surveillance avancée – postes d’entrée de rade – bâtiments d’arraisonnement affectés en permanence ou temporairement au service de la reconnaissance, postes de TSF).


La défense des ailes, particulièrement la rade d’Hyères et les îles, revêt un caractère très sensible. La crainte d’un débarquement dans cette zone, d’un investissement des îles ou encore de la constitution d’une base arrière en rade pour conduire un blocus, puis une attaque par terre et par mer de la place, amène l’état-major de Toulon (Marine et Guerre) à organiser très sérieusement la défense du secteur compris entre le cap Nègre et la presqu’île de Giens :


−Dès la « période de tension politique » la surveillance du littoral est exercée par des détachements de douaniers positionnés au cap Nègre, au Lavandou, aux Bormettes, aux salins d’Hyères et aux Pesquiers. Cette surveillance est complétée par un réseau de communication comprenant les sémaphores, les postes téléphoniques des douanes et ceux « des ouvrages et bureaux civils les plus voisins20 ». L’infanterie dispose à ce moment d’une compagnie au Lavandou, une aux Salins et une de renfort à la Londe. Cette surveillance est complétée par la « garde des points importants du littoral » par un groupe spécial de réservistes territoriaux :



le sémaphore du cap Sicié ;
le phare et le sémaphore du cap Bénat ;
le phare du Titan sur l’île du Levant ;
les guérites d’atterrissement de la plage de l’Avis (île du Levant), de la plage de l’Aiguade (Porquerolles), de la Tour Fondue (presqu’île de Giens) et de l’anse de la Tripe (cap Bénat) ;
le sémaphore, le phare et le poste de TSF de Porquerolles.

02 décembre 2025

Service de renseignement aux familles Annecy Menthon-Saint-Bernard Guerre 1939-1945 Marine Indochine

Service de renseignementS aux familles Annecy Menthon St-Bernard Guerre 1939-1945 Marine

Déjà en 1914 un bureau de renseignements des familles centralise les informations relatives aux blessés, aux disparus et aux soldats français prisonniers. 

La correspondance entre la zone occupée et la zone non-occupée sont interdites depuis l'armistice du 22 juin 1940. Les autorités allemandes fixent la reprise de la correspondance interzones au 1er août 1940, mais les modalités de la correspondance familiale ne sont pas encore en place.


Les modalités de mise en place de la correspondance familiale interzones sont précisées dans la note E.P.1 du 23 septembre 1940 

utilisation de formulaires spécifiques exclusivement imprimés et mis en vente par l'administration.

interdiction d'ajouter des timbres-poste. interdiction d'ajouter des mentions en dehors de espaces prévus.

A partir du 2 juin 1941, les cartes postales ordinaires de type entier postal sont autorisées pour la correspondance interzones. 

En France les entiers suivants seront successivement utilisés :

Iris 80c - Pétain 80c - Pétain 80c avec griffe encadrée complément de taxe perçue (changement de tarif du 5 janvier 1942) - Pétain 1F20


En 1942 un service dépendant du ministère des colonies est mis en place.


Le 11 novembre, à 4 h du matin Pierre Laval, en visite à Munich, est informé de la décision de Hitler de l’occupation totale de la France. Pétain en est également informé par une lettre personnelle du Führer. À 5 h 25, Hitler ordonne à ses troupes de traverser la France pour occuper la côte de la Méditerranée et participer avec les Italiens à la « protection » de la Corse. 

À 7 h, Radio Paris diffuse « un message du Führer au peuple français » :

« […] L’Armée allemande ne vient pas en ennemie du peuple français, ni en ennemie de ses soldats. Elle n’a qu’un but : repousser, avec ses alliés, toute tentative de débarquement anglo-américain. Avec l’Armée française, ils entreprendront la défense des frontières françaises contre les attaques ennemies. »


Le 11 novembre 1942, le contre-amiral Gabriel Auphan avait donné l'ordre aux deux amiraux de Toulon de :

s'opposer, sans effusion de sang, à l'entrée des troupes étrangères dans les établissements, bases aériennes, ouvrages de la marine ;

s'opposer de même à l'entrée des troupes étrangères à bord des bâtiments de la flotte ; par des négociations locales, s'efforcer d'arriver à un accord ;

en cas d'impossibilité, saborder les bâtiments.

C'est cette dernière solution qui sera appliquée, dans la nuit du 26 au 27 novembre 1942, les amiraux André Marquis et Jean de Laborde ayant appris que les Allemands étaient sur le point de tenter un coup de main sur la flotte.

11 novembre 1942 : A la suite du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, invasion de la "zone non occupée" par les Allemands. Les Italiens occupent une grande partie du Sud-Est.

Les anciennes "zone occupée" et "zone non-occupée" porteront rapidement le nom de "Zone Nord" et de "Zone Sud".


Le courrier venant par l'étranger est censuré par les Allemands à Paris (censure "x"), à Lyon (censure "l") et à Bordeaux (censure "y").

1er janvier 1943 : L'Agence Économique des Colonies prend en charge le Service de Renseignements au Familles.

10 février 1943 : Accord des autorités allemandes pour la reprise du trafic de télégrammes familiaux entre les zones occupées et non-occupées d'une part et l'Indochine par voie radiophonique.


Carte Postale en FM - cachet sur 4 lignes Service des Renseignements aux familles
Préfecture Maritime Flamme Toulon 8-V-1943

DÉBUT 1943 : L'envoi de télégrammes par la voie officielle est possible pour les civils par l'Agence Économique des Colonies, à raison d'un message trimestriel de sept mots et pour les militaires à raison d'un message mensuel par la Direction des Services Militaires à Chamalières.


Pli privé référence 169X destiné au sous-marin Protée
ayant rallié la force X à Alexandrie


1er Juillet 1943 : La population civile d'indochine est autorisée à expédier un télégramme par mois et par famille.


PAR LE SERVICE (MILITAIRE) DE RENSEIGNEMENTS AUX FAMILLES SITUÉ A TOULON

Les familles peuvent répondre par le même canal à raison d'un message de 10 mots par mois.

Les premiers messages de 1941 sont envoyés sur carte postale Iris avec texte "au tampon". Puis ce sera des cartes pré-imprimées en franchise militaire.


Carte en FM Cachet Arrondissement maritime  de Toulon
Service des renseignements aux familles
replié Hotel des Alpes Annecy (Haute-Savoie)
Flamme CRAG 2 22-XII-1943



La Haute-Savoie se trouve d’abord en zone libre (jusqu’en novembre 1942), administrée par le régime de Vichy. Après le 11 novembre 1942, la région est occupée par l’Italie jusqu’en septembre 1943, puis par l’Allemagne.




Verso référence S.1427 de l'ingénieur mécanicien de 1ere classe à
Unité Marine Saïgon daté de Annecy le 22-12-43

Hôtel des Alpes Annecy


message d'Emile Binois Ingénieur mécanicien à Saïgon Marine
transmis par le service des renseignements aux familles
replié à Menthon St-Bernard TàD 20-4-1944



Toulon rayé remplacé par Menthon message expédié le 5-4
référence S.376


Les messages télégraphiques et les messages radio


Toulon sur Mer 10-XII-1941

Outre les courriers échangés, les marins avaient la possibilité de communiquer avec leur famille par le biais de télégrammes et de messages radio.

Les télégrammes personnels étaient acheminés (au moins durant les débuts de l’internement) via la poste égyptienne d’Alexandrie.

Référence P113 Pégase à Saïgon

De plus la note parue dans l’Ouest-Eclair évoque la possibilité de profiter d’un télégramme groupé. Celui-ci était échangé entre le Service des Renseignement aux Familles de la préfecture maritime de Toulon et le poste radiotélégraphique du navire-amiral Duquesne. 


Envoi de Toulon  SRF Toulon Préfecture maritime 18-XI-1942
Le S.R.F de Toulon retransmettait aux familles les messages reçus d’Alexandrie via un modèle d’entier postal repiqué. Le S.R.F recevait les messages à transmettre au moyen de cartes interzones ou d’un courrier en franchise.

La fin du carénage du Pégase a lieu en ,
un mois après l'entrée en guerre des Japonais.
Des négociations ont lieu pendant plusieurs mois pour permettre le retour du sous-marin
en métropole, qui est finalement prévu le 
.
Mais le débarquement allié  en Afrique du Nord 
 le  
pousse les Japonais à annuler puis à suspendre le départ


Ce mode de communication n’était pas spécifique aux messages échangés avec les marins internés à Alexandrie. En effet le S.R.F transmettait des messages avec les marins dispersés à travers le monde.


Par ailleurs le S.C.O.M (Service Central des Œuvres de la Marine) transmettait par radio-alger ou radio-tunis une sélection des messages télégraphiés. Ces émissions pouvaient être captées par le poste radiotélégraphique du navire-amiral Duquesne.

Les émissions radio ont forcément été interrompues du fait du débarquement allié en Afrique Française du Nord. Les messages télégraphiques semblent eux avoir été échangés jusqu'à la fin de l'internement.

Référence : "Messages d'Indochine" par François Chauvin dans Timbres Magazine No 44, mars 2004.  



https://francearchives.gouv.fr/fr/authorityrecord/FRAN_NP_051228


01 décembre 2025

Cancale Daniel De la Touche de la Ravardière Brésil Maragnan Maranhão

 Daniel de la Touche de La Ravardière au Brésil


Daniel de la Touche de La Ravardière part de Cancale accompagné de Jean Mocquet, botaniste  »garde du cabinet et des singularités du cabinet du roi » charge de noter la richesse des cultures, de la végétation et de la faune.

Daniel de la Touche de la Ravardière © JM Bergougniou


Après des difficultés de navigation, ils arrivent le 8 avril 1604 en vue de la Rivière des Amazones,  »à peu près d’un degré en deçà de la ligne ». C’est l’Équateur, la ligne équinoxiale. Ils sont accueillis par les indiens Caripous, Jean Mocquet note :  »Ils sont hardis et belliqueux, courtois et libéraux, et ont la face fort gaie. Basanés comme les Toupinambous qui vivent au Maragnan, ils sont plus beaux, plus vifs, plus gais » mais ces indiens sont les ennemis mortels des Caraïbes. La Ravardière et Mocquet longent la côte jusqu’à la mi-août, découvrant les richesses de la nature et les coutumes des indiens. Jean Mocquet étudie la flore, découvre le  »bois-brésil », le bois d’aloès, les cultures (maïs, patates, plantain, ananas, miel…), la diversité des animaux (perroquets, singes paresseux…).

Cancale le port de la Houle © JM Bergougniou


Grace à Yapoco, fils d’un roi Caribou, La Ravardière et Jean Mocquet approfondissent leurs connaissances sur les coutumes des diverses tribus telles que les anthropophages, les sans terre. Ils explorèrent la rivière Cayenne, mais devant l’hostilité d’une partie de la population des Caraïbes, et les tensions entre les tribus, ce sera le retour à Cancale. A bord, La Ravardière emmenait deux jeunes indiens caraïbes, deux frères qui ne survécurent pas. Ils arrivèrent le 15 août 1604.




Henri IV, fort satisfait des découvertes faites par Jean Mocquet et La Ravardière, concéda a La Ravardière le titre de  » Lieutenant général en la terre d’Amérique, depuis l’Amazone jusqu’à l’île de la Trinité ». Charles des Vaux, ami de La Ravardière, resté depuis 1604 au Maragnan, rentre en France où reçu par Henri IV, il vante les richesses du pays brésilien. Le Roi confie à La Ravardière une nouvelle mission pour explorer l’île de Maragnan et sa région de l’Equateur.


Partis de Cancale, le 10 juillet 1609, à bord de l’Esprit, accompagnés du Choisy (cent tonneaux et plusieurs dizaines de soldats), La Ravardière et des Vaux arrivent en vue de la côte vers la mi-septembre. Fait de dunes et de marécages, il est difficile d’aborder. Remontant vers le nord-ouest, c’est la découverte d’une large baie qui reçoit plusieurs fleuves. L’ile de Maragnan (40 kms de long sur 20 kms de large) est située dans cette vaste baie, encadrée par deux larges rivières, Anil et Abacanga. Le relief de l’île forme un abri naturel, avec un promontoire faisant forteresse. La Ravardière et Des Vaux reçoivent un bon accueil des indiens Tupinambas et de leur chef, Japy-Ouassou. Ils explorent les rivières et les fleuves, visitant les principaux villages, étudiant coutumes, habitats et cultures.

Cancale le port de la Houle © JM Bergougniou
En six mois, ils rassemblent 12 000 personnes dans le Maragnan, pour fonder une future colonie. La Ravardière  »souhaitait créer une cité nouvelle, une société réunissant les qualités des uns et des autres, bannissant leurs défauts. Il ne veut pas chasser les naturels, mais vivre avec eux. » Fin mars, mission terminée, Daniel de la Touche de La Ravardière et Charles des Vaux rentrent à Cancale, accompagnés de deux indiens qui apportaient l’hommage de leur chef à Henri IV. Ils ne survivront pas au voyage.

Fin mai, à leur arrivée, ce fut l’annonce de l’assassinat d’Henri IV, le 14 mai 1610.


https://www.breizh-info.com/2023/06/19/221525/de-cancale-a-la-riviere-des-amazones-histoire-des-choses-memorables-en-deca-de-la-ligne-de-lequateur-la-ligne-equinoxiale-les-annees-1604-1610/

29 novembre 2025

Marine en Afrique Occidentale Française Aéronautique Navale à Dakar novembre 1941 Cuers Pierrefeu courrier

Marine en Afrique Occidentale Française  Aéronautique Navale à Dakar novembre 1941

carte Interzones Pétain 1f20

La BAN Dakar-Ouakam était située à 20 km environ au nord-ouest de Dakar, sur la pointe de la presqu’île du Cap Vert, près des Almadies. 

Avant la seconde guerre mondiale ces terrains servaient aux appareils d’Air France, l’armée de l’air s’y installa en juillet 1940 en même temps que l’aéronautique navale


lettre de la BAN Dakar pour Cuers 
Les « Martin 167F » de la flottille 3F furent les premiers hôtes de la base, relevés par  ceux de la 2F à compter de mai 1941. La flottille 2F partagera les installations avec les avions de la compagnie « Air France » et un escadron de chasse de  l’armée de l’air. En septembre 1943, la 2F deviendra la 2FB armée en « Wellington » jusqu’en 1953


lettre de la BAN Dakar pour Cuers 
L'Afrique Equatoriale ralliée, l'Afrique Occidentale est la deuxième étape projetée par Winston Churchill et le général de Gaulle pour éviter que les Allemands ne concrétisent leur projet d'occuper Dakar. Une expédition constituée de 2 000 hommes des FFL (Forces françaises libres) - un bataillon de Légion étrangère et une compagnie de fusiliers marins, huit bâtiments - de douze navires de guerre et de deux bataillons de marine britanniques, quitte Liverpool le 31 août 1940. L'escadre se présente devant Dakar le 23 septembre.



Le général de Gaulle tente d'obtenir pacifiquement le ralliement des populations. Des tracts sont largués à cet effet sur la ville et une délégation conduite par le capitaine de frégate Thierry d'Argenlieu est débarquée afin de remettre une lettre invitant le gouverneur Boisson à se rallier, sans succès.

23/25 septembre 1940 : échec, devant Dakar, de la tentative anglo-gaulliste  de ralliement de l’AOF à la France Libre (opération « Menace »).

Pour éviter que la flotte française tombe aux mains des Allemands, l’Angleterre avait détruit une escadre dans la rade de Mers el Kébir (3 juillet 1940). Une partie importante de la flotte mouille à Dakar, notamment le cuirassé Richelieu qui, avec le Jean Bart, est ce que la flotte française a de plus puissant. La ville dispose de moyens militaires considérables, de batteries côtières appuyées de plusieurs escadrilles d’aviation. 



La flottille 2F est crée à Bizerte durant l'Automne 1940. Elle est équipée avec treize Glenn-Martin 167, basée en Afrique du Nord, puis, dès Juin 1941 à la BAN de Dakar. Elle assure les missions de reconnaissance au-dessus du detroit de Gibraltar et de Freetown.

En 1941, Dakar constitue un point stratégique majeur pour la France de Vichy. La base aéronavale y joue un rôle essentiel pour : les liaisons militaires internes L’Aéronautique navale entretient des liaisons aériennes vers : Port-Étienne et Saint-Louis (Afrique occidentale), Conakry, Casablanca, Et parfois vers la métropole via des routes longues et détournées, contournant les zones contrôlées par les Alliés.

Transport du courrier militaire

Le courrier est transporté par : avions militaires (Latécoère 298, Potez 29, parfois CAMS/Laté 301), navires relevant de la Marine nationale, en particulier dans les liaisons transatlantiques depuis la métropole jusqu’en Afrique du Nord puis AOF.

Cachet de service : “Marine Nationale – Service à la mer” en haut à droite 

Il s’agit d’un cachet réglementaire utilisé par les unités en activité dans les territoires d’outre-mer. Il authentifie l’origine militaire et est indispensable en période d’armistice, car les commissions italienne et allemande surveillaient étroitement le courrier naval.

On lit clairement le cachet rouge : « Aéronautique Navale de Dakar – MARINE en Afrique Occidentale Française »

Ce type de cachet administratif est typique du courrier officiel militaire, particulièrement utilisé par les formations navales stationnées au Sénégal pendant la période du régime de Vichy (1940-1942).

Il s’agit d’un cachet de franchise militaire, permettant l’envoi sans affranchissement… mais ici des timbres ont été ajoutés.

Acheminement « PAR AVION »

Le grand marquage oblique PAR AVION indique que la lettre a été envoyée par courrier aérien — ce qui est cohérent, car : Dakar disposait d’une importante plate-forme aérienne, héritée de l’aéropostale, Les liaisons Dakar ↔ Afrique du Nord restèrent actives après 1940,

Le courrier militaire vers la métropole transitait souvent via Casablanca → Marseille (zone non occupée).

Dakar → Casablanca → Marseille → Cuers (Var).

En novembre 1941, la surtaxe aérienne Dakar–France est encore en vigueur, d’où l’usage des timbres malgré le cachet de franchise militaire

Tarif postal novembre 1941 La combinaison des timbres : 50c rouge 5c noir 5 francs bleu donne un affranchissement de 5,55 F. Cela correspond bien à un courrier avion AOF → métropole fin 1941, sachant que : la franchise militaire couvre le port de base, pas la surtaxe aérienne, payable en timbres civils coloniaux. On a donc ici un courrier militaire par avion parfaitement réglementaire.



L’EGAN Cuers-Pierrefeu est en 1941 une école restée sous contrôle du régime de Vichy, soumise aux limitations de la commission d’armistice italienne/allemande.

Mission de l’EGAN en 1941 : formation des pilotes et observateurs, entraînement au vol maritime et observation, formation des mécaniciens aéronautiques.


https://memorial-national-des-marins.fr/g/3496-base-aeronautique-navale-dakar-bel-air-2f#:~:text=Base%20a%C3%A9ronautique%20navale%20Dakar%20%2D%20Bel%20Air%20(2F)%20%2D%20A%C3%A9ronavale&text=Elle%20fut%20%C3%A9quip%C3%A9e%20avec%20treize,de%20Gibraltar%20et%20de%20Freetown.


28 novembre 2025

Croiseur Duguay-Trouin Force X Alexandrie Marseille RP Marine Nationale S.L.O.M. guerre 39-45

Croiseur Duguay-Trouin Marseille RP Marine Nationale S.L.O.M. Force X

Encore une carte qui peut paraître insignifiante et sans intérêt cependant... elle parle de la Force X, d'Alexandrie, des oeuvres de la Marine et de la circulation du courrier.

De la création du SCOM

Le sentiment de reconnaissance nationale à l’égard des marins et de leurs familles, entretenu par les nombreux amiraux en poste dans les différents ministères et secrétariats d’État, à l’État-major, à Vichy, débouche sur la création du Service central des Oeuvres de la marine (SCOM). 

Cet organisme s’appuie sur des associations privées déjà existantes avant-guerre et « dont le développement est indispensable ». Il s’agit en premier lieu de l’Association pour le développement des oeuvres sociales maritimes (ADSOM), créée à Paris le 7 juin 1939 pour venir en aide aux « personnels civil, militaire et ouvrier du département » et qui fonctionne dès le début du conflit sous la présidence de l’amiral Grandclément


TàD MARSEILLE RP DEPART 13-11-1941 Cachet Rouge S.L.O.M.Marseille  

Et dans le coin gauche en haut Cachet rouge "Répondez (2 mots rayés) à cette carte par une carte ou lettre de moins de 5 grammes à l'adresse ci-dessous sans omettre le numéro" Ici le numéro 402021

date d'envoi 7-10-41

Le Croiseur Duguay-Trouin

La Force X est constituée d'un cuirassé de 26 500 tonnes (Lorraine), de trois croiseurs de 10 000 tonnes (Duquesne, Tourville, Suffren), d'un croiseur de 7 500 tonnes (Duguay-Trouin), de trois torpilleurs de 1 500 tonnes (Basque, Forbin, Fortuné) et d'un sous-marin de 1 500 tonnes (Protée).



 

Commandée par le vice amiral Godfroy, elle quitte Toulon le 25 avril 1940. Elle est au complet à Alexandrie le 24 mai, où elle voisine avec une escadre britannique commandée par l'amiral sir Andrew Cunningham de la Mediterranean Fleet, et y est bloqués à la suite de l'armistice du 22 juin 1940.Elle est immobilisé ensuite à Alexandrie en 1941-1943

Les décrets du 4 août 1940 sur les associations d’entraide et du 10 novembre 1940 portant création du SCOM remettent en lumière l’intérêt que la Marine porte à tout son personnel, militaire ou civil, et son souci de lui ménager en toutes circonstances une assistance efficace. Le Service des œuvres « a déjà atteint sous l’énergique impulsion des chefs de notre armée de mer un développement et une activité qui pourraient servir de modèles à d’autres groupements». 



Les bureaux du service central sont installés à Vichy sous la direction de l’amiral Gensoul, présenté dans la presse comme le héros de Mers-el-Kebir alors que, en coulisse, il est ostracisé par les membres du gouvernement. 

Des services locaux des oeuvres de la marine (SLOM) sont créés dans tous les ports de quelque importance. Très rapidement, le service travaille avec l’ADOSM dont le but est « d’apporter assistance sous toutes ses formes, aux personnels civils, militaires et ouvriers de la marine et à leurs familles, de contribuer également à la création et au développement de tous les organismes d’assistance, d’hygiène, d’éducation et d’entraide ». En fait, si l’association est privée, les cadres sont tous des officiers de la marine nationale et elle bénéficie du soutien actif du ministère de la Marine. 

Sources

https://envelopmer.blogspot.com/2016/03/la-force-x-alexandrie-amiral-godfroy.html

Les pêcheurs bretons durant la Seconde Guerre mondiale     Jean-Christophe Fichou

Histoire de la Poste Navale Jacques Mériaux 


27 novembre 2025

Aviso Colonial D'Entrecasteaux 1941 carte interzones IRIS 80cts Marseille Gare entier postal

 Aviso Colonial D'Entrecasteaux 1941


Une carte postale inter-zones entier postal IRIS en provenance de l'Aviso colonial D'Entrecasteaux. La carte a été écrite le 13 novembre 1941. La flamme Marseille Gare est en date du 18-XI-1941. On peut supposer que le navire est à Dakar à cette date car le scripteur parle de la forte chaleur. De plus il mentionne l'envoi de savon, d'huile et de café.

Le premier janvier 1941, la centralisation et l'acheminement du courrier de la Marine est assurée par la section étranger du bureau civil Marseille Gare qui était un centre de tri à fonctions postales restreintes.  Au second trimestre 1941 est créée dans ce bureau une section Marine qui assure jusqu'en novembre 1942, la réception des plis parvenant d'unités ou de marins  stationnés à l'étranger ou aux colonies.

Je ne sais reconstituer le circuit de cette carte. A-t-elle voyagé depuis Dakar par bateau ou avion (pas de taxe aérienne) pour arriver à Marseille? Si vous avez une idée?

A compter du 1er août 1940, les autorités allemandes interdisent le service postal entre la zone libre et la zone occupée. Cependant, cette situation ne pouvait durer indéfiniment, l'Administration met en service à partir du 26 septembre des cartes postales interzones avec figurine au type Iris vendues 90 centimes : 80 centimes pour le port et 10 centimes pour le carton. 


Carte inter zone IRIS flamme Marseille Gare 18 X 1941

Le nom de D'Entrecasteaux, successivement porté par un aviso mixte à hélice lancé en 1858 et par un croiseur pour stations lointaines de 1896, est attribué à un aviso colonial lancé en 1931 faisant partie d'une série de neuf bâtiments identiques qui avaient été prévus pour pouvoir, éventuellement, mouiller des mines.

Affecté à la division de l'Atlantique du début de 1933 à juillet 1939, il fait de nombreuses croisières dans la mer des Antilles et accomplit de multiples missions en Atlantique, de Terre-Neuve à la Terre de Feu.


Chères maman et sœur. Je ne comptais pas vous écrire avant bien longtemps, et pour une raison que je ne puis vous donner. Je suis de retour à mon dernière étape, ce qui me permet de vous donner de mes nouvelles avant mon départ d'ici, c'est-à-dire environ 3 semaines. je vous avais expédié un colis d'huile, savon, café. Mais je ne ne cesse s'il vous parviendra. Puisque les colis de 10 kilos sont arrêtés en France au profit du secours national. A part ça ? Je suis en bonne santé malgré la forte chaleur, il se doit. Pas en être de même pour vous pour la chaleur. Dans une de tes lettres, tu me parlais que tu avais joint la photo. De gens à cette lettre, mais. Tu as du l'oublier, il n'y avait rien dedans. J'espère avoir du courrier demain. Continue d'écrire, car maintenant je ne sais pas combien de temps nous allons être ici. Je vous embrasse bien fort.

La Guerre de 1939 le trouve au Maroc et il participe jusqu'à l'armistice de juin 1940 aux patrouilles et escortes de convois en Atlantique. Rentré à Toulon en mai 1941 pour un grand carénage, il reprend son service d'escorteur à Dakar.


En février 1942, il se rend à Madagascar avec un cargo et le sous-marin Bévéziers. Il subit l'attaque anglaise du 5 mai 1942 à Diégo-Suarez. Après 36 heures de combat, il s'échoue et fait explosion après avoir subi de lourdes pertes de personnel.

Renfloué, il appareille en avril 1944 et finit par atteindre Bizerte où il fut désarmé, puis condamné en octobre 1948.


Histoire de la Poste Navale   Jacques Mériaux  Editions Bertrand Sinais 

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