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22 octobre 2026

Le Mameluk - Un nom sur la mer Torpilleur contre torpilleur guerre 1914 1939 fourragère citations Spahi Hardi

Le Mameluk, torpilleur d’escadre

Les mamelouks sont des soldats-esclaves d'origine non musulmane (souvent turque ou circassienne) formés en milices d'élite au service des souverains musulmans. Ils ont pris le pouvoir en Égypte et en Syrie de 1250 à 1517 (Sultanat mamelouk), puis ont inspiré un corps de cavaliers célèbre sous Napoléon Ier

Le nom aurait été donné par la suite à un bâtiment de la flotte Impériale.

5 bâtiments de la Marine (Impériale, Nationale) auraient porté le nom de Mameluk, nous n'évoquerons que les deux derniers. Pas d'enveloppes ni de plis de ces bâtiments.

  • Le contre-torpilleur Mameluk, de la classe Spahi, en service de 1909 à 1928.
  • Le torpilleur Mameluk, de la classe Le Hardi, admis au service en 1940 et sabordé à Toulon le 27 novembre 1942.

Durant la Première Guerre mondiale, le contre-torpilleur Mameluck opère en Méditerranée et dans l’Adriatique, où il participe notamment au sauvetage des naufragés du vapeur Amiral-Hamelin en octobre 1915.

Le 14 décembre 1917, il recueille environ 710 survivants du croiseur Châteaurenault, torpillé par le sous-marin allemand UC 38, puis participe à la destruction de celui-ci avec le Lansquenet.

Distinctions : deux citations à l’ordre de l’armée et attribution de la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre, récompensant sa conduite au combat et son courage lors des opérations de sauvetage.


ATTRIBUTION DE LA FOURRAGÈRE À DES BÂTIMENTS DE LA MARINE MILITAIRE


M. Piétri a décidé que les bâtiments en constructions suivants : Casque, Lansquenet, Mameluk, Commandant-Bory, Commandant-Rivière, auront droit au port de la fourragère qui avait été attribuée pendant la guerre aux bâtiments portant les mêmes noms.

De même le sous-marin Requin aura droit à cette distinction portée par le cuirassé garde-côtes Requin.

En prenant cette décision, le ministre a précisé que le port de la fourragère appartiendrait désormais à tout bâtiment de combat à quelque catégorie qu'il appartienne, portant le nom d'un navire ayant à l'origine bénéficié de cette distinction.

NOMS DONNÉS À DES BÂTIMENTS DU PROGRAMME NAVAL


M. Piétri, ministre de la Marine, a décidé que les trois torpilleurs de la tranche 1936 du programme naval porteront les noms de Casque, Lansquenet et Mameluk.

Rappelons qu'en janvier dernier, le ministre de la Marine avait donné les noms suivants à un certain nombre de bâtiments :

- Aux deux torpilleurs de la tranche 1935 : Fleuret et Épée ;

- Aux deux sous-marins du contingentement 1936 : Cérès et Pallas ;

- Aux quatre dragueurs des contingents 1934 et 1935 : Chamotte, Élan, Gazelle et Chevreuil ;

- Aux quatre dragueurs du contingent 1936 : Commandant-Bory, Commandant-Duboc, Commandant-Rivière et Commandant-Delage.

Le ministre avait d'autre part donné aux trois hydravions de croisière type Latécoère 302 les noms de Guillaud, Cavellier-de-Cuverville et Mouneyres.    

Ouest-Eclair 6-5-1936


Le Mameluk est un torpilleur d’escadre de la classe Le Hardi, construit à Nantes par les Ateliers et Chantiers de la Loire à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Lancé en 1939, il appartient à une génération de bâtiments particulièrement rapides, conçus pour accompagner les nouveaux cuirassés français. Long d’environ 117 mètres, il déplace près de 1 800 tonnes à charge normale et peut dépasser 37 nœuds grâce à ses puissantes turbines. 

Le Mameluk Type Spahi
Son armement principal comprend six canons de 130 mm en trois tourelles doubles, complétés par des tubes lance-torpilles et une défense antiaérienne. Il porte initialement le grand indicatif de coque T 105, particulièrement visible sur les photographies de l’époque. 

le Mameluk de Type Spahi
Après l’armistice de juin 1940, le Mameluk reste sous l’autorité de la Marine de Vichy et rejoint notamment Toulon. Sa carrière opérationnelle est finalement très courte : le 27 novembre 1942, lors de l’entrée des forces allemandes dans Toulon, son équipage participe au sabordage de la flotte française afin d'empêcher la capture des bâtiments. 

Le Mameluk est ainsi sabordé avec une grande partie de l’escadre. Renfloué par les Italiens en 1943, il ne retrouve jamais une véritable carrière opérationnelle et son épave est finalement démantelée après la guerre



le matin du 27 novembre 1942, est le suivant :
- Vers 4 h 30 : les troupes allemandes pénètrent dans Toulon et cherchent à s’emparer des installations portuaires et des navires.
- Vers 5 h 30 : l’ordre général de sabordage est transmis par l’amiral Jean de Laborde depuis le Strasbourg. Les équipages mettent en œuvre les mesures préparées : ouverture des prises d’eau, destructions des équipements et évacuation des bâtiments, selon les consignes propres à chaque navire.

02 juillet 2026

Aéronautique navale aviation maritime Saint-Raphaël fièvre typhoïde Fernand Widal Hyacinthe Vincent guerre 1917

Aéro Saint-Raphaël

vaccin contre la typhoïde 

En fouillant dans les plis de l'aviation maritime Saint-Raphaël, j'ai retrouvé cette carte postale du 17 novembre 1917. Il est toujours intéressant de lire les courriers... le contenu nous révèle qu'un matelot mécanicien se plaint d'être malade et d'avoir une fièvre de cheval pour avoir été vacciné contre la typhoïde.

Au début de la Première Guerre mondiale, les mauvaises conditions d'hygiène dans les camps et les tranchées favorisent une grave épidémie de fièvre typhoïde. Dès les premiers mois du conflit, des dizaines de milliers de soldats sont contaminés et la mortalité est importante.


Ambulants LES ARCS A NICE17 NOV 1917
En 1917, pendant la Première Guerre mondiale, la vaccination contre la fièvre typhoïde est déjà largement utilisée dans l'armée française. Elle constitue l'une des grandes avancées de la médecine militaire.

Quelques points essentiels :

La vaccination antityphoïdique est introduite en France à partir de 1914.  Elle devient obligatoire pour les militaires français dès les premiers mois de la guerre, malgré quelques réticences initiales.   Le vaccin est administré en plusieurs injections (généralement trois doses).  Il protège contre la fièvre typhoïde, une maladie bactérienne causée par Salmonella Typhi, transmise par l'eau ou les aliments contaminés.
La maladie provoquait de fortes fièvres, des troubles digestifs, une grande faiblesse et pouvait être mortelle en l'absence de traitement.

Grâce à cette vaccination, le nombre de cas dans l'armée française chute de façon spectaculaire : de plusieurs dizaines de milliers de cas au début de la guerre à seulement quelques centaines par an à partir de 1917.
Ce succès est considéré comme l'une des premières démonstrations à grande échelle de l'efficacité de la vaccination en milieu militaire.

Sur les livrets militaires, carnets de santé ou fiches matricules, on rencontre souvent des mentions telles que :

« Vacciné T.A.B. »
« Vaccin antityphoïdique »
« Vacciné contre la typhoïde »
avec les dates des injections.

À noter qu'en 1917, le vaccin utilisé protège essentiellement contre la fièvre typhoïde. Le vaccin T.A.B. (Typhoïde, Paratyphoïdes A et B), offrant une protection plus large, se généralise progressivement pendant et après la guerre.


Fernand Widal
Les travaux de Widal ont surtout porté sur la fièvre typhoïde, pour laquelle il développe une technique de diagnostic dès 1896, le test de Widal. Il est l'un des pionniers du diagnostic sérologique d'une maladie infectieuse grâce à l'agglutination. Pendant la Première Guerre mondiale, il met au point un vaccin qui a permis de réduire la propagation de cette maladie dans les troupes alliées.

Cette catastrophe sanitaire est en grande partie évitée grâce aux travaux de trois médecins français : André Chantemesse, Fernand Widal et le médecin militaire Hyacinthe Vincent. Dès la fin du XIXᵉ siècle, Chantemesse et son élève Widal mettent au point les premiers principes d'un vaccin à partir de bacilles tués. Hyacinthe Vincent perfectionne ensuite cette vaccination pour les besoins de l'armée et en démontre l'efficacité lors d'essais menés en Afrique du Nord.



Le 28 mars 1914, quelques mois avant le déclenchement de la guerre, la vaccination antityphoïdique devient obligatoire dans l'armée française. Dès octobre 1914, une campagne de vaccination systématique est lancée. En 1916, le vaccin est amélioré avec le vaccin TAB, qui protège également contre les paratyphoïdes A et B.

Les résultats sont spectaculaires : 45 078 cas et 5 479 décès sont recensés dans les cinq derniers mois de 1914, contre seulement 1 678 cas et 124 décès en 1917. Les historiens estiment que, sans cette vaccination, plus d'un million de soldats auraient contracté la maladie et plus de 150 000 seraient morts.

Sources

Institut Pasteur

Wikipedia

29 juin 2026

Le sauvetage de l'or de la Banque de France 1939 1940 Guerre Marine nationale Emile Bertin Béarn Pasteur Gerfaut

Le sauvetage de l'or de la Banque de France (1939-1940)


La souterraine Les sous-sols de la Banque de France

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, le 3 septembre 1939, la Banque de France possède l'une des plus importantes réserves d'or du monde, avec 2 168 tonnes. 

Une partie a déjà été transférée à l'étranger dès 1939 afin de garantir les achats d'armement, mais l'essentiel demeure en France. L'invasion allemande rend indispensable son évacuation.



Le 16 mai 1940, alors que la percée allemande menace directement le territoire, le ministre des Finances Lucien Lamoureux ordonne au gouverneur de la Banque de France Pierre-Eugène Fournier de faire évacuer la totalité des réserves encore présentes en métropole. 


Lucien Lamoureux Ministre des Finances 

L'organisation est confiée au secrétaire général René Favre-Gilly, assisté des contrôleurs généraux de la Banque de France, tandis que l'Amirauté met à disposition les bâtiments de la Marine nationale et organise leur protection.



Les opérations reposent sur une logistique exceptionnelle. En quelques jours, des milliers de sacs de pièces et de caisses de lingots arrivent par trains spéciaux dans les ports de Brest, Toulon et Le Verdon. Les marins de la Marine nationale assurent le chargement à bord sous surveillance permanente.


Premier convoi : Toulon


Le regroupement des réserves destinées au premier départ s'achève le 18 mai 1940.



Le soir même, les caisses sont embarquées sur le porte-avions Béarn, sous la responsabilité du contrôleur général Barreau.




Le 19 mai 1940, le Béarn, escorté par les torpilleurs Forbin et Fortuné, quitte Toulon pour Casablanca, puis Madère, où il doit rejoindre le convoi parti de Brest avant de poursuivre sa route vers Halifax.




Deuxième convoi : Brest

À Brest, le contrôleur général Jean Faure supervise l'arrivée de l'or provenant notamment de Paris, Rennes, Vannes, Quimper et Morlaix.



Le 22 mai 1940, 224 tonnes d'or, réparties dans 4 947 caisses, sont chargées à bord du croiseur-école Jeanne d'Arc et du croiseur léger Émile Bertin.



Les deux bâtiments appareillent le jour même pour Halifax. Les archives de la Banque de France donnent le tonnage global du convoi, mais ne répartissent pas cette charge entre les deux navires.


Le convoi du Pasteur



Le 2 juin 1940, le paquebot Pasteur, qui n'a encore jamais assuré de ligne commerciale, reçoit à Brest 213,32 tonnes d'or, réparties dans 3 700 sacs, sous la responsabilité du contrôleur général Jean Poissonnier.







Le bâtiment quitte Brest le jour même. Il est escorté dans un premier temps par les contre-torpilleurs Le Triomphant et Le Milan avant de poursuivre seul sa traversée de l'Atlantique.




Le 7 juin, il arrive à Halifax. L'or est immédiatement transféré dans un train spécial à destination de la Banque du Canada à Ottawa.


Le dernier départ de Brest



Le 11 juin 1940, le croiseur Émile Bertin, commandé par le capitaine de vaisseau Battet, revient à Brest.

Sous la direction du contrôleur général Katow, il embarque 254,15 tonnes d'or, représentant environ 12 milliards de francs, réparties dans 3 986 sacs de monnaies et 796 caisses de lingots.




Le 12 juin, l'Émile Bertin appareille, précédé du contre-torpilleur Gerfaut. Après quelques heures d'escorte, le Gerfaut fait demi-tour et le croiseur poursuit seul sa route à plus de 30 nœuds afin d'échapper aux sous-marins allemands.

Il atteint Halifax le 18 juin 1940.


L'armistice bouleverse les plans

Le 17 juin, le maréchal Pétain annonce la demande d'armistice.


Halifax, le déchargement de l'or de l'Émile Bertin est interrompu par un contre-ordre de l'Amirauté française.

Quelques heures plus tard, le croiseur reçoit l'ordre de gagner Fort-de-France, en Martinique, avec son chargement.

Au même moment, le Pasteur, qui revenait de New York avec une cargaison d'artillerie, ainsi que le Béarn et la Jeanne d'Arc, transportant des avions américains, reçoivent eux aussi l'ordre de rallier les Antilles.



Le Pasteur arrive à Fort-de-France le 20 juin, le Béarn et la Jeanne d'Arc le 27 juin, tandis que l'Émile Bertin y mouille le 24 juin avec son précieux chargement. Les 254,15 tonnes d'or sont transférées au fort Desaix, où elles resteront jusqu'à la Libération.

Les derniers convois

Pendant ce temps, les réserves encore disponibles sont dirigées vers l'Afrique.



Des paquebots de la Compagnie générale transatlantique et des Messageries maritimes, notamment le Ville d'Oran, le Ville d'Alger, l'El Djezaïr, l'El Mansour et l'El Kantara, évacuent les dernières réserves vers Casablanca, Dakar puis Kayes, au Soudan français.


Une réussite exceptionnelle

En juin 1940, la répartition des réserves est la suivante :


New York : 430,64 tonnes

Ottawa : 213,32 tonnes

Londres : 226,88 tonnes

Fort-de-France : 254,15 tonnes

Kayes : 652,36 tonnes

Casablanca et Alger : 317,22 tonnes


Grâce à la Banque de France, au ministère des Finances et à la Marine nationale, l'essentiel des 2 168 tonnes d'or françaises échappe à la capture allemande. Cette opération demeure l'une des plus remarquables réussites logistiques et stratégiques de la campagne de France.

Sources

Banque de France

Marine nationale

Avec la complicité de l'IA ChatGPT


09 juin 2026

La Ménagerie à Gdynia mai 2026 Joseph Conrad marin et romancier Gotenhafen Pologne guerre Ecole navale Gants Blancs

La Ménagerie à Gdynia mai 2026

corvette Gants Blancs

On a déjà parlé de la corvette Gants Blancs et de son escale à Gdynia en Pologne avec des plis en timbres polonais.



Joseph Conrad (1857-1924), né Józef Teodor Konrad Korzeniowski, est l'un des plus grands écrivains de langue anglaise. À l'âge de 17 ans, il quitte la Pologne pour Marseille où il débute sa carrière dans la marine marchande française. Entre 1874 et 1878, il embarque sur plusieurs voiliers français, notamment le Mont-Blanc, le Saint-Antoine, le Tremolino et le Mavis, naviguant en Méditerranée, aux Antilles et vers l'Amérique du Sud.

Monument à Joseph Conrad à Gdynia
Ces années de navigation lui permettent d'apprendre le métier de marin et de maîtriser parfaitement la langue française. En 1878, il rejoint la marine marchande britannique où il poursuit une brillante carrière jusqu'au grade de capitaine au long cours. Pendant près de vingt ans, il parcourt les mers du monde, de l'Asie du Sud-Est à l'Afrique en passant par l'océan Indien.

Installé ensuite en Angleterre, il se consacre à l'écriture en anglais, sa troisième langue après le polonais et le français. Son œuvre est profondément inspirée par son expérience maritime et par les valeurs, les dangers et les responsabilités de la vie en mer. Parmi ses romans les plus célèbres figurent Lord Jim, Typhon et Au cœur des ténèbres. Grâce à son regard de marin devenu écrivain, Conrad a donné à la littérature maritime une dimension humaine et universelle qui continue de fasciner les lecteurs du monde entier.





Lors de l'invasion de la Pologne en septembre 1939, Gdynia est occupée par l'Allemagne nazie. La ville est annexée au Reich et rebaptisée Gotenhafen (« le port des Goths ») afin d'effacer son identité polonaise. Son port devient l'une des principales bases de la Kriegsmarine en mer Baltique, servant notamment à l'entraînement des sous-mariniers allemands. 

Sous-marin pris dans la glace Gotenhafen Gdynia janvier 1942


Une grande partie de la population polonaise est expulsée et remplacée par des colons allemands. En mars 1945, la ville est reprise par l'Armée rouge et retrouve son nom polonais de Gdynia.

15 décembre 2025

Escadre de la Baltique 1854 Napoléon III Bomarsund Åland Russie guerre Crimée

 Escadre de la Baltique 1854 Napoléon III Åland Bomarsund


Les effets de la guerre en Ukraine et de la crispation entre les États membres de l’OTAN de la région et la Russie se déploient sur la mer Baltique. Les attaques sur les gazoducs Nordstream ainsi que les dégradations sur les nombreux câbles sous marins présents en mer Baltique en sont des illustrations concrètes.
En 1854 une guerre a opposé la France et l'Angleterre à la Russie. 


3 avril 1854. L’ Angleterre et la France déclarent officiellement la guerre à la Russie.

Londres et Paris promettent de respecter le commerce et la navigation des personnes privées. Les obus seront dirigés exclusivement contre les bâtiments et installations appartenant au gouvernement ennemi.

Griffe encadrée de couleur rouge ESCADRE DE LA BALTIQUE.
Timbres second empire Napoléon III à 40c 

Le gouvernement russe, par l’intermédiaire du ministre des finances, déclare que tous les bateaux appartenant aux nations ennemies qui se trouvent dans les ports russes peuvent dans un espace de temps de six semaines compléter leur approvisionnement, terminer leurs réparations, et quitter sans obstacle les ports russes. 




L'opération franco-britannique est conçue comme une action de diversion du théâtre principal qui se trouve en mer Noire. Elle vise à s'attaquer aux défenses de Saint-Pétersbourg, capitale de l'Empire russe mais a été finalement détournée de son but initial.


Au cours des mois de mars et d'avril 1854, l'escadre française de la Baltique est formée à l'Arsenal de Brest sous le commandement du vice-amiral Parseval-Deschênes. Elle embarque l'infanterie et l'artillerie de marine. Cette escadre met 50 jours pour atteindre l'embouchure du golfe de Finlande.




À la fin juin, les navires britanniques et français font une reconnaissance vers Kronstadt sans parvenir à engager le combat avec la Flotte de la Baltique russe. Les chefs de l'expédition décident alors de la mener vers les îles Åland.

Alors que la première bataille peut se résumer à un bref duel d'artillerie, la seconde confrontation a une tout autre ampleur. À la fin de juillet 1854, une flotte britannique de 25 navires vient entourer la forteresse en attendant l'arrivée des troupes françaises de débarquement. Les défenseurs autant que les attaquants savent que le fort ne peut pas être vaincu par les forces navales seules. En conséquence, les forces russes ont exécuté des destructions préalables dans les campagnes environnantes afin d'empêcher un siège plus que probable par les Franco-britanniques.

À partir du 8 août 1854, des troupes sont débarquées. Le contingent français est principalement constitué de deux bataillons renforcés du 51e régiment d'infanterie de ligne et d'un régiment de marche d'infanterie de marine. Les Français installent une batterie d'artillerie face à l'une des tours avancées tandis que les Britanniques font de même face à la seconde.


L'attaque débute le 13 août 1854. Alors que l'artillerie pilonne la tour auxiliaire de Brännklint, l'infanterie française l'attaque. Ses défenseurs se trouvent dans une position désespérée et replient l'essentiel de leurs forces au fort principal, ne laissant qu'un petit détachement en arrière pour superviser la démolition de la tour. Cependant les troupes françaises réussissent à la prendre avant qu'elle ne soit démolie, ce qui ne la sauve pour autant. Le 15 août, l'artillerie russe ayant ouvert le feu, un coup de canon atteint les magasins à poudre de la tour. L'explosion qui suit provoque sa destruction.



La seconde tour, Notvik, est également perdue le 15 août après que les Britanniques ont placé des canons de marine de gros calibre sur une colline qui lui fait face. Après huit heures de bombardement, ils réussissent à créer une brèche dans la fortification. Après la perte de la plupart de ses canons, le commandant de la tour se rend aux forces britanniques et françaises.

Bombardement et prise de la ville de Bomarsund.

Le bombardement de la forteresse principale commence le même jour. Avec seulement quelques canons en mesure de tirer en direction des navires, les Russes espéraient que les Français et les Britanniques attaquent sur terre. Néanmoins, la poursuite du bombardement le 16 août, sans indice d'un débarquement, il devient évident pour le commandant russes que les Britanniques et les Français ont l'intention de réduire la forteresse par un feu d'artillerie. La situation étant sans espoir, Bomarsund se rend le 16 août 1854. La reddition rapide des Russes surprit les attaquants. 2 000 hommes mettent bas les armes et se constituent prisonniers.

Le choléra qui, depuis la mi-juillet jusqu'à la prise de la forteresse, s'était concentré à bord du vaisseau l'Austerlitz, éclate alors simultanément parmi les troupes de débarquement et les escadres, causant plus de victimes que les combats.




1854, Lettre postée durant la guerre de Crimée à destination de la France, affranchissement Empire non dentelé 20 centimes bleu Y&T n°14, oblitération chiffre 121 de Kiel (Schleswig Holstein, Danemark – Denmark) avec à côté cachet à date associé du 8 septembre, cette lettre provient d’un militaire de l’Escadre de la Baltique qui l’a affranchi en timbre français, acheminement via le port de Kiel, 



au verso cachet à date d’arrivée à Badonviller (Meurthe) du 11 septembre 1854, signé Calves et Carl H. Lange, une pièce mythique aussi bien pour le collectionneur de la poste aux armées françaises et du Schleswig Holstein.


La campagne de la Baltique en 1854 / travail de M. le C. F. de Frankowski - BnF Gallica

Collection Historique de la Marcophilie navale  (H. Aguilera)


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