En fouillant dans les plis de l'aviation maritime Saint-Raphaël, j'ai retrouvé cette carte postale du 17 novembre 1917. Il est toujours intéressant de lire les courriers... le contenu nous révèle qu'un matelot mécanicien se plaint d'être malade et d'avoir une fièvre de cheval pour avoir été vacciné contre la typhoïde.
Au début de la Première Guerre mondiale, les mauvaises conditions d'hygiène dans les camps et les tranchées favorisent une grave épidémie de fièvre typhoïde. Dès les premiers mois du conflit, des dizaines de milliers de soldats sont contaminés et la mortalité est importante.
Ambulants LES ARCS A NICE17 NOV 1917
En 1917, pendant la Première Guerre mondiale, la vaccination contre la fièvre typhoïde est déjà largement utilisée dans l'armée française. Elle constitue l'une des grandes avancées de la médecine militaire.
Quelques points essentiels :
La vaccination antityphoïdique est introduite en France à partir de 1914. Elle devient obligatoire pour les militaires français dès les premiers mois de la guerre, malgré quelques réticences initiales. Le vaccin est administré en plusieurs injections (généralement trois doses). Il protège contre la fièvre typhoïde, une maladie bactérienne causée par Salmonella Typhi, transmise par l'eau ou les aliments contaminés.
La maladie provoquait de fortes fièvres, des troubles digestifs, une grande faiblesse et pouvait être mortelle en l'absence de traitement.
Grâce à cette vaccination, le nombre de cas dans l'armée française chute de façon spectaculaire : de plusieurs dizaines de milliers de cas au début de la guerre à seulement quelques centaines par an à partir de 1917.
Ce succès est considéré comme l'une des premières démonstrations à grande échelle de l'efficacité de la vaccination en milieu militaire.
Sur les livrets militaires, carnets de santé ou fiches matricules, on rencontre souvent des mentions telles que :
« Vacciné T.A.B. »
« Vaccin antityphoïdique »
« Vacciné contre la typhoïde »
avec les dates des injections.
À noter qu'en 1917, le vaccin utilisé protège essentiellement contre la fièvre typhoïde. Le vaccin T.A.B. (Typhoïde, Paratyphoïdes A et B), offrant une protection plus large, se généralise progressivement pendant et après la guerre.
Fernand Widal
Les travaux de Widal ont surtout porté sur la fièvre typhoïde, pour laquelle il développe une technique de diagnostic dès 1896, le test de Widal. Il est l'un des pionniers du diagnostic sérologique d'une maladie infectieuse grâce à l'agglutination. Pendant la Première Guerre mondiale, il met au point un vaccin qui a permis de réduire la propagation de cette maladie dans les troupes alliées.
Cette catastrophe sanitaire est en grande partie évitée grâce aux travaux de trois médecins français : André Chantemesse, Fernand Widal et le médecin militaire Hyacinthe Vincent. Dès la fin du XIXᵉ siècle, Chantemesse et son élève Widal mettent au point les premiers principes d'un vaccin à partir de bacilles tués. Hyacinthe Vincent perfectionne ensuite cette vaccination pour les besoins de l'armée et en démontre l'efficacité lors d'essais menés en Afrique du Nord.
Le 28 mars 1914, quelques mois avant le déclenchement de la guerre, la vaccination antityphoïdique devient obligatoire dans l'armée française. Dès octobre 1914, une campagne de vaccination systématique est lancée. En 1916, le vaccin est amélioré avec le vaccin TAB, qui protège également contre les paratyphoïdes A et B.
Les résultats sont spectaculaires : 45 078 cas et 5 479 décès sont recensés dans les cinq derniers mois de 1914, contre seulement 1 678 cas et 124 décès en 1917. Les historiens estiment que, sans cette vaccination, plus d'un million de soldats auraient contracté la maladie et plus de 150 000 seraient morts.
Le sauvetage de l'or de la Banque de France (1939-1940)
La souterraine Les sous-sols de la Banque de France
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, le 3 septembre 1939, la Banque de France possède l'une des plus importantes réserves d'or du monde, avec 2 168 tonnes.
Une partie a déjà été transférée à l'étranger dès 1939 afin de garantir les achats d'armement, mais l'essentiel demeure en France. L'invasion allemande rend indispensable son évacuation.
Le 16 mai 1940, alors que la percée allemande menace directement le territoire, le ministre des Finances Lucien Lamoureux ordonne au gouverneur de la Banque de France Pierre-Eugène Fournier de faire évacuer la totalité des réserves encore présentes en métropole.
Lucien Lamoureux Ministre des Finances
L'organisation est confiée au secrétaire général René Favre-Gilly, assisté des contrôleurs généraux de la Banque de France, tandis que l'Amirauté met à disposition les bâtiments de la Marine nationale et organise leur protection.
Les opérations reposent sur une logistique exceptionnelle. En quelques jours, des milliers de sacs de pièces et de caisses de lingots arrivent par trains spéciaux dans les ports de Brest, Toulon et Le Verdon. Les marins de la Marine nationale assurent le chargement à bord sous surveillance permanente.
Premier convoi : Toulon
Le regroupement des réserves destinées au premier départ s'achève le 18 mai 1940.
Le soir même, les caisses sont embarquées sur le porte-avions Béarn, sous la responsabilité du contrôleur général Barreau.
Le 19 mai 1940, le Béarn, escorté par les torpilleurs Forbin et Fortuné, quitte Toulon pour Casablanca, puis Madère, où il doit rejoindre le convoi parti de Brest avant de poursuivre sa route vers Halifax.
Deuxième convoi : Brest
À Brest, le contrôleur général Jean Faure supervise l'arrivée de l'or provenant notamment de Paris, Rennes, Vannes, Quimper et Morlaix.
Le 22 mai 1940, 224 tonnes d'or, réparties dans 4 947 caisses, sont chargées à bord du croiseur-école Jeanne d'Arc et du croiseur léger Émile Bertin.
Les deux bâtiments appareillent le jour même pour Halifax. Les archives de la Banque de France donnent le tonnage global du convoi, mais ne répartissent pas cette charge entre les deux navires.
Le convoi du Pasteur
Le 2 juin 1940, le paquebot Pasteur, qui n'a encore jamais assuré de ligne commerciale, reçoit à Brest 213,32 tonnes d'or, réparties dans 3 700 sacs, sous la responsabilité du contrôleur général Jean Poissonnier.
Le bâtiment quitte Brest le jour même. Il est escorté dans un premier temps par les contre-torpilleurs Le Triomphant et Le Milan avant de poursuivre seul sa traversée de l'Atlantique.
Le 7 juin, il arrive à Halifax. L'or est immédiatement transféré dans un train spécial à destination de la Banque du Canada à Ottawa.
Le dernier départ de Brest
Le 11 juin 1940, le croiseur Émile Bertin, commandé par le capitaine de vaisseau Battet, revient à Brest.
Sous la direction du contrôleur général Katow, il embarque 254,15 tonnes d'or, représentant environ 12 milliards de francs, réparties dans 3 986 sacs de monnaies et 796 caisses de lingots.
Le 12 juin, l'Émile Bertin appareille, précédé du contre-torpilleur Gerfaut. Après quelques heures d'escorte, le Gerfaut fait demi-tour et le croiseur poursuit seul sa route à plus de 30 nœuds afin d'échapper aux sous-marins allemands.
Il atteint Halifax le 18 juin 1940.
L'armistice bouleverse les plans
Le 17 juin, le maréchal Pétain annonce la demande d'armistice.
Halifax, le déchargement de l'or de l'Émile Bertin est interrompu par un contre-ordre de l'Amirauté française.
Quelques heures plus tard, le croiseur reçoit l'ordre de gagner Fort-de-France, en Martinique, avec son chargement.
Au même moment, le Pasteur, qui revenait de New York avec une cargaison d'artillerie, ainsi que le Béarn et la Jeanne d'Arc, transportant des avions américains, reçoivent eux aussi l'ordre de rallier les Antilles.
Le Pasteur arrive à Fort-de-France le 20 juin, le Béarn et la Jeanne d'Arc le 27 juin, tandis que l'Émile Bertin y mouille le 24 juin avec son précieux chargement. Les 254,15 tonnes d'or sont transférées au fort Desaix, où elles resteront jusqu'à la Libération.
Les derniers convois
Pendant ce temps, les réserves encore disponibles sont dirigées vers l'Afrique.
Des paquebots de la Compagnie générale transatlantique et des Messageries maritimes, notamment le Ville d'Oran, le Ville d'Alger, l'El Djezaïr, l'El Mansour et l'El Kantara, évacuent les dernières réserves vers Casablanca, Dakar puis Kayes, au Soudan français.
Une réussite exceptionnelle
En juin 1940, la répartition des réserves est la suivante :
New York : 430,64 tonnes
Ottawa : 213,32 tonnes
Londres : 226,88 tonnes
Fort-de-France : 254,15 tonnes
Kayes : 652,36 tonnes
Casablanca et Alger : 317,22 tonnes
Grâce à la Banque de France, au ministère des Finances et à la Marine nationale, l'essentiel des 2 168 tonnes d'or françaises échappe à la capture allemande. Cette opération demeure l'une des plus remarquables réussites logistiques et stratégiques de la campagne de France.
On a déjà parlé de la corvette Gants Blancs et de son escale à Gdynia en Pologne avec des plis en timbres polonais.
Joseph Conrad (1857-1924), né Józef Teodor Konrad Korzeniowski, est l'un des plus grands écrivains de langue anglaise. À l'âge de 17 ans, il quitte la Pologne pour Marseille où il débute sa carrière dans la marine marchande française. Entre 1874 et 1878, il embarque sur plusieurs voiliers français, notamment le Mont-Blanc, le Saint-Antoine, le Tremolino et le Mavis, naviguant en Méditerranée, aux Antilles et vers l'Amérique du Sud.
Monument à Joseph Conrad à Gdynia
Ces années de navigation lui permettent d'apprendre le métier de marin et de maîtriser parfaitement la langue française. En 1878, il rejoint la marine marchande britannique où il poursuit une brillante carrière jusqu'au grade de capitaine au long cours. Pendant près de vingt ans, il parcourt les mers du monde, de l'Asie du Sud-Est à l'Afrique en passant par l'océan Indien.
Installé ensuite en Angleterre, il se consacre à l'écriture en anglais, sa troisième langue après le polonais et le français. Son œuvre est profondément inspirée par son expérience maritime et par les valeurs, les dangers et les responsabilités de la vie en mer. Parmi ses romans les plus célèbres figurent Lord Jim, Typhon et Au cœur des ténèbres. Grâce à son regard de marin devenu écrivain, Conrad a donné à la littérature maritime une dimension humaine et universelle qui continue de fasciner les lecteurs du monde entier.
Lors de l'invasion de la Pologne en septembre 1939, Gdynia est occupée par l'Allemagne nazie. La ville est annexée au Reich et rebaptisée Gotenhafen (« le port des Goths ») afin d'effacer son identité polonaise. Son port devient l'une des principales bases de la Kriegsmarine en mer Baltique, servant notamment à l'entraînement des sous-mariniers allemands.
Sous-marin pris dans la glace Gotenhafen Gdynia janvier 1942
Une grande partie de la population polonaise est expulsée et remplacée par des colons allemands. En mars 1945, la ville est reprise par l'Armée rouge et retrouve son nom polonais de Gdynia.
Escadre de la Baltique 1854 Napoléon III Åland Bomarsund
Les effets de la guerre en Ukraine et de la crispation entre les États membres de l’OTAN de la région et la Russie se déploient sur la mer Baltique. Les attaques sur les gazoducs Nordstream ainsi que les dégradations sur les nombreux câbles sous marins présents en mer Baltique en sont des illustrations concrètes.
En 1854 une guerre a opposé la France et l'Angleterre à la Russie.
3 avril 1854. L’ Angleterre et la France déclarent officiellement la guerre à la Russie.
Londres et Paris promettent de respecter le commerce et la navigation des personnes privées. Les obus seront dirigés exclusivement contre les bâtiments et installations appartenant au gouvernement ennemi.
Griffe encadrée de couleur rouge ESCADRE DE LA BALTIQUE.
Timbres second empire Napoléon III à 40c
Le gouvernement russe, par l’intermédiaire du ministre des finances, déclare que tous les bateaux appartenant aux nations ennemies qui se trouvent dans les ports russes peuvent dans un espace de temps de six semaines compléter leur approvisionnement, terminer leurs réparations, et quitter sans obstacle les ports russes.
L'opération franco-britannique est conçue comme une action de diversion du théâtre principal qui se trouve en mer Noire. Elle vise à s'attaquer aux défenses de Saint-Pétersbourg, capitale de l'Empire russe mais a été finalement détournée de son but initial.
Au cours des mois de mars et d'avril 1854, l'escadre française de la Baltique est formée à l'Arsenal de Brest sous le commandement du vice-amiral Parseval-Deschênes. Elle embarque l'infanterie et l'artillerie de marine. Cette escadre met 50 jours pour atteindre l'embouchure du golfe de Finlande.
À la fin juin, les navires britanniques et français font une reconnaissance vers Kronstadt sans parvenir à engager le combat avec la Flotte de la Baltique russe. Les chefs de l'expédition décident alors de la mener vers les îles Åland.
Alors que la première bataille peut se résumer à un bref duel d'artillerie, la seconde confrontation a une tout autre ampleur. À la fin de juillet 1854, une flotte britannique de 25 navires vient entourer la forteresse en attendant l'arrivée des troupes françaises de débarquement. Les défenseurs autant que les attaquants savent que le fort ne peut pas être vaincu par les forces navales seules. En conséquence, les forces russes ont exécuté des destructions préalables dans les campagnes environnantes afin d'empêcher un siège plus que probable par les Franco-britanniques.
À partir du 8 août 1854, des troupes sont débarquées. Le contingent français est principalement constitué de deux bataillons renforcés du 51e régiment d'infanterie de ligne et d'un régiment de marche d'infanterie de marine. Les Français installent une batterie d'artillerie face à l'une des tours avancées tandis que les Britanniques font de même face à la seconde.
L'attaque débute le 13 août 1854. Alors que l'artillerie pilonne la tour auxiliaire de Brännklint, l'infanterie française l'attaque. Ses défenseurs se trouvent dans une position désespérée et replient l'essentiel de leurs forces au fort principal, ne laissant qu'un petit détachement en arrière pour superviser la démolition de la tour. Cependant les troupes françaises réussissent à la prendre avant qu'elle ne soit démolie, ce qui ne la sauve pour autant. Le 15 août, l'artillerie russe ayant ouvert le feu, un coup de canon atteint les magasins à poudre de la tour. L'explosion qui suit provoque sa destruction.
La seconde tour, Notvik, est également perdue le 15 août après que les Britanniques ont placé des canons de marine de gros calibre sur une colline qui lui fait face. Après huit heures de bombardement, ils réussissent à créer une brèche dans la fortification. Après la perte de la plupart de ses canons, le commandant de la tour se rend aux forces britanniques et françaises.
Bombardement et prise de la ville de Bomarsund.
Le bombardement de la forteresse principale commence le même jour. Avec seulement quelques canons en mesure de tirer en direction des navires, les Russes espéraient que les Français et les Britanniques attaquent sur terre. Néanmoins, la poursuite du bombardement le 16 août, sans indice d'un débarquement, il devient évident pour le commandant russes que les Britanniques et les Français ont l'intention de réduire la forteresse par un feu d'artillerie. La situation étant sans espoir, Bomarsund se rend le 16 août 1854. La reddition rapide des Russes surprit les attaquants. 2 000 hommes mettent bas les armes et se constituent prisonniers.
Le choléra qui, depuis la mi-juillet jusqu'à la prise de la forteresse, s'était concentré à bord du vaisseau l'Austerlitz, éclate alors simultanément parmi les troupes de débarquement et les escadres, causant plus de victimes que les combats.
1854, Lettre postée durant la guerre de Crimée à destination de la France, affranchissement Empire non dentelé 20 centimes bleu Y&T n°14, oblitération chiffre 121 de Kiel (Schleswig Holstein, Danemark – Denmark) avec à côté cachet à date associé du 8 septembre, cette lettre provient d’un militaire de l’Escadre de la Baltique qui l’a affranchi en timbre français, acheminement via le port de Kiel,
au verso cachet à date d’arrivée à Badonviller (Meurthe) du 11 septembre 1854, signé Calves et Carl H. Lange, une pièce mythique aussi bien pour le collectionneur de la poste aux armées françaises et du Schleswig Holstein.
La campagne de la Baltique en 1854 / travail de M. le C. F. de Frankowski - BnF Gallica
Collection Historique de la Marcophilie navale (H. Aguilera)
Carte Interzones IRIS Prix de vente 0,90 - 0,80 d'affranchissement 0,10 pour le support carton
Jusqu'au 31 juillet 1940 la correspondance entre la zone occupée et la "zone non-occupée" est interdite.
Le courrier est retourné à l'envoyeur avec des griffes diverses telles que "INADMIS / ZONE LIBRE".
26 SEPTEMBRE 1940 : Les entiers postaux réservés à la correspondance familiale, type interzones à 13 lignes, sont mis en vente dans les départements de la Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne. Leur utilisation est obligatoire pour échanger des informations entre les deux zones. Leur utilisation sera progressivement étendue à tout le territoire.
Les supports sont de diverses couleurs ainsi que l'encre d'impression.
Les cartes envoyées d'une zone à l'autre ne doivent pas comporter de timbre additionnel au départ (sous lequel des renseignements pourraient être cachés). Par contre les cartes utilisées à l'intérieur d'une même zone le peuvent. Ce sera notamment le cas lors du changement de tarif de janvier 1942 et pour les taxes de poste restante.
Les timbres-taxe qui sont apposés à l'arrivée dans la zone occupée sont admis.
Les timbres fiscaux de légalisation de signature (certificats administratifs ou médicaux) apposés au départ de la zone non-occupée par l'Administration (mairies, commissariats de police, notaires...) sont également admis en zone occupée.
L'utilisation de ces cartes à compléter ou à biffer pose de nombreux problèmes qui irritent les autorités d'occupation. Plusieurs notes sont publiées pour indiquer le mode d'emploi à respecter scrupuleusement.
Numéro du lecteur censeur
Le 12 mai 1941, un autre modèle avec texte "libre" est mis en service, l'ancien modèle peut être utilisé jusqu'au 20 mai et/ou être échangé contre une carte au nouveau modèle. Après cette date, les cartes sont retournées à l'envoyeur avec une griffe "inadmis".
Les cartes spécifiques interzones seront supprimées à compter du 1er août 1941. Le public peut encore les utiliser jusqu'au 14 août, ensuite elle sont refoulées avec une griffe "inadmis".
Service de renseignementS aux familles Annecy Menthon St-Bernard Guerre 1939-1945 Marine
Déjà en 1914 un bureau de renseignements des familles centralise les informations relatives aux blessés, aux disparus et aux soldats français prisonniers.
La correspondance entre la zone occupée et la zone non-occupée sont interdites depuis l'armistice du 22 juin 1940. Les autorités allemandes fixent la reprise de la correspondance interzones au 1er août 1940, mais les modalités de la correspondance familiale ne sont pas encore en place.
Les modalités de mise en place de la correspondance familiale interzones sont précisées dans la note E.P.1 du 23 septembre 1940
utilisation de formulaires spécifiques exclusivement imprimés et mis en vente par l'administration.
interdiction d'ajouter des timbres-poste. interdiction d'ajouter des mentions en dehors de espaces prévus.
A partir du 2 juin 1941, les cartes postales ordinaires de type entier postal sont autorisées pour la correspondance interzones.
En France les entiers suivants seront successivement utilisés :
Iris 80c - Pétain 80c - Pétain 80c avec griffe encadrée complément de taxe perçue (changement de tarif du 5 janvier 1942) - Pétain 1F20
En 1942 un service dépendant du ministère des colonies est mis en place.
Le 11 novembre, à 4 h du matin Pierre Laval, en visite à Munich, est informé de la décision de Hitler de l’occupation totale de la France. Pétain en est également informé par une lettre personnelle du Führer. À 5 h 25, Hitler ordonne à ses troupes de traverser la France pour occuper la côte de la Méditerranée et participer avec les Italiens à la « protection » de la Corse.
À 7 h, Radio Paris diffuse « un message du Führer au peuple français » :
« […] L’Armée allemande ne vient pas en ennemie du peuple français, ni en ennemie de ses soldats. Elle n’a qu’un but : repousser, avec ses alliés, toute tentative de débarquement anglo-américain. Avec l’Armée française, ils entreprendront la défense des frontières françaises contre les attaques ennemies. »
Le 11 novembre 1942, le contre-amiral Gabriel Auphan avait donné l'ordre aux deux amiraux de Toulon de :
s'opposer, sans effusion de sang, à l'entrée des troupes étrangères dans les établissements, bases aériennes, ouvrages de la marine ;
s'opposer de même à l'entrée des troupes étrangères à bord des bâtiments de la flotte ; par des négociations locales, s'efforcer d'arriver à un accord ;
en cas d'impossibilité, saborder les bâtiments.
C'est cette dernière solution qui sera appliquée, dans la nuit du 26 au 27 novembre 1942, les amiraux André Marquis et Jean de Laborde ayant appris que les Allemands étaient sur le point de tenter un coup de main sur la flotte.
11 novembre 1942 : A la suite du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, invasion de la "zone non occupée" par les Allemands. Les Italiens occupent une grande partie du Sud-Est.
Les anciennes "zone occupée" et "zone non-occupée" porteront rapidement le nom de "Zone Nord" et de "Zone Sud".
Le courrier venant par l'étranger est censuré par les Allemands à Paris (censure "x"), à Lyon (censure "l") et à Bordeaux (censure "y").
1er janvier 1943 : L'Agence Économique des Colonies prend en charge le Service de Renseignements au Familles.
10 février 1943 : Accord des autorités allemandes pour la reprise du trafic de télégrammes familiaux entre les zones occupées et non-occupées d'une part et l'Indochine par voie radiophonique.
Carte Postale en FM - cachet sur 4 lignes Service des Renseignements aux familles Préfecture Maritime Flamme Toulon 8-V-1943
DÉBUT 1943 : L'envoi de télégrammes par la voie officielle est possible pour les civils par l'Agence Économique des Colonies, à raison d'un message trimestriel de sept mots et pour les militaires à raison d'un message mensuel par la Direction des Services Militaires à Chamalières.
Pli privé référence 169X destiné au sous-marin Protée ayant rallié la force X à Alexandrie
1er Juillet 1943 : La population civile d'indochine est autorisée à expédier un télégramme par mois et par famille.
PAR LE SERVICE (MILITAIRE) DE RENSEIGNEMENTS AUX FAMILLES SITUÉ A TOULON
Les familles peuvent répondre par le même canal à raison d'un message de 10 mots par mois.
Les premiers messages de 1941 sont envoyés sur carte postale Iris avec texte "au tampon". Puis ce sera des cartes pré-imprimées en franchise militaire.
Carte en FM Cachet Arrondissement maritime de Toulon Service des renseignements aux familles replié Hotel des Alpes Annecy (Haute-Savoie) Flamme CRAG 2 22-XII-1943
La Haute-Savoie se trouve d’abord en zone libre (jusqu’en novembre 1942), administrée par le régime de Vichy. Après le 11 novembre 1942, la région est occupée par l’Italie jusqu’en septembre 1943, puis par l’Allemagne.
Verso référence S.1427 de l'ingénieur mécanicien de 1ere classe à Unité Marine Saïgon daté de Annecy le 22-12-43
Hôtel des Alpes Annecy
message d'Emile Binois Ingénieur mécanicien à Saïgon Marine transmis par le service des renseignements aux familles replié à Menthon St-Bernard TàD 20-4-1944
Toulon rayé remplacé par Menthon message expédié le 5-4 référence S.376
Les messages télégraphiques et les messages radio
Toulon sur Mer 10-XII-1941
Outre les courriers échangés, les marins avaient la possibilité de communiquer avec leur famille par le biais de télégrammes et de messages radio.
Les télégrammes personnels étaient acheminés (au moins durant les débuts de l’internement) via la poste égyptienne d’Alexandrie.
Référence P113 Pégase à Saïgon
De plus la note parue dans l’Ouest-Eclair évoque la possibilité de profiter d’un télégramme groupé. Celui-ci était échangé entre le Service des Renseignement aux Familles de la préfecture maritime de Toulon et le poste radiotélégraphique du navire-amiral Duquesne.
Envoi de Toulon SRF Toulon Préfecture maritime 18-XI-1942
Le S.R.F de Toulon retransmettait aux familles les messages reçus d’Alexandrie via un modèle d’entier postal repiqué. Le S.R.F recevait les messages à transmettre au moyen de cartes interzones ou d’un courrier en franchise.
La fin du carénage du Pégase a lieu en , un mois après l'entrée en guerre des Japonais. Des négociations ont lieu pendant plusieurs mois pour permettre le retour du sous-marin en métropole, qui est finalement prévu le . Mais le débarquement allié en Afrique du Nord le pousse les Japonais à annuler puis à suspendre le départ
Ce mode de communication n’était pas spécifique aux messages échangés avec les marins internés à Alexandrie. En effet le S.R.F transmettait des messages avec les marins dispersés à travers le monde.
Par ailleurs le S.C.O.M (Service Central des Œuvres de la Marine) transmettait par radio-alger ou radio-tunis une sélection des messages télégraphiés. Ces émissions pouvaient être captées par le poste radiotélégraphique du navire-amiral Duquesne.
Les émissions radio ont forcément été interrompues du fait du débarquement allié en Afrique Française du Nord. Les messages télégraphiques semblent eux avoir été échangés jusqu'à la fin de l'internement.
Référence : "Messages d'Indochine" par François Chauvin dans Timbres Magazine No 44, mars 2004.