Antoine Bruny d'Entrecasteaux
En 1714, Raymond Bruni, trésorier de France, acquit le marquisat d'Entrecasteaux et prêta hommage pour cette terre seigneuriale. Son fils, Jean-Baptiste de Bruni, marquis d'Entrecasteaux, fut président à mortier du parlement de Provence. De son mariage avec Dorothée de Lestang-Parade, il eut cinq enfants, dont trois fils. L'aîné suivit les traces de son père, le second entra dans la Compagnie de Jésus et le troisième devint marin.
Le 4 juillet 1754, le chevalier d'Entrecasteaux est reçu garde de la marine et fait son apprentissage sous la direction de son parent, le bailli de Suffren, alors lieutenant de vaisseau. Il prend une part active à la guerre de Sept Ans sur la Pomone et sur le Brave. Sa conduite à la bataille de Minorque (1756), où La Galissonnière défait l'escadre anglaise de l'amiral Byng, lui valut le grade d'enseigne. Après le désastreux traité de Paris, qui fit perdre à la France le Canada et les dix-neuf vingtièmes de son empire des Indes (1763), il sert sur l'Hirondelle que commandait Chabert, et se fait remarquer par son aptitude aux travaux hydrographiques. Six ans plus tard, quand le maréchal comte de Vaux est chargé de soumettre la Corse, l'enseigne reçoit le commandement d'un petit bâtiment, l'Espion, avec mission d'intercepter toute communication entre les côtes de l'île et l'extérieur 21 mars 1769).Si La Fayette et Rochambeau ont été les héros de ces luttes, il est juste de rappeler que notre marine, bien qu'occupée dans l'Inde, contribua d'une façon efficace, sinon brillante, au succès de l'expédition. Chevalier de Saint-Louis depuis le 28 juin 1775, d'Entrecasteaux avait navigué en 1776 sous les ordres du capitaine de vaisseau Suffren. Appelé au commandement d'un navire en 1778, il convoya avec la frégate la Mignonne plusieurs bâtiments marchands de Marseille dans les Échelles du Levant
L'étendue de son savoir, la droiture de son jugement et l'intégrité de son caractère le désignèrent à l'attention du maréchal de Castries, ministre de la Marine, qui lui confia le poste de directeur adjoint des ports et arsenaux. Il eut alors pour chef direct M. de Fleurieu, qui avait arrêté le plan des opérations navales de la guerre de l'Indépendance, et qui traçait, à cette époque, l'itinéraire de l'expédition de la Boussole et l'Astrolabe. A ce savant devait être confié le soin d'organiser le voyage à la recherche de Lapérouse, qu'entreprit en '1791 l'ancien directeur adjoint.
En 1791, il est chargé par Louis XVI de partir à la recherche de Lapérouse

Louis XVI donnant ses instructions à La Pérouse, 29 juin 1785, Nicolas Monsiau (1817
A la recherche de LA PEROUSE

Le 28 mai 1791, d'Entrecasteaux reçut du ministre de la Marine, qui était alors M. Thévenard et non pas M. de Fleurieu, comme le croit M. de Rossel, une lettre conçue dans les termes les plus flatteurs Nous en détachons les principaux fragments
LA RECHERCHE.
MM. BRUNY-D'ENTRECASTEAUX chef de division, commandant l'expédition, fait contre-amiral.LIEUTENANTS.
D'HESMIVY-D'AURIBEAU, fait capitaine de vaisseau.DE ROSSEL. De CHÉTIN.LA FRESNAYE DE SAINT-AIGNAN.SINGLER DE WELLE.WILLAUMEZ CHIRURGIEN MAJOR RENARD.AUMONIER VENTENAT, chanoine régulier, naturaliste.
ÉLÈYES ET VOLONTAIRES.
MÉRITE, volontaire, fait enseigneACHARD DE BONVOULOIR, élève, fait enseigne.DE LONGUERUE, élève, fait enseigne.FORESTIER, fait volontaire.DE LAMBERT (Henri), fait volontaire.DESLACS (Hippolyte), fait volontaire.
INGÉNIEUR, SAVANS, ARTISTE ET JARDINIER.
BEAUTEMPS-BEAUPRÉ, ingénieur-hydrographe.L'ABBÉ BERTRAND, astronome débarqué au cap de Bonne-Espérance.LA BILLARDIÈRE, naturaliste.DESCHAMPS, naturaliste.PIRON, dessinateur.LA HAYE, jardinier-botaniste.
LIEUTENANTS.
DENIS DE TROBRIAND.LA SEINIE.LAGRANDtÈRE.DE ILUZANÇAY.LA MOTTE DU PORTAIL.LE GRAND.CHIRURGIEN-MAJOR. JOANET.AUMONIER. PIERSON, bénédictin, astronome.
ÉLÈVES ET VOLONTAiRES.
LEIGNEL, volontaire, fait enseigne.JURIEN, volontaire, fait enseigne.DE BoYNES, élève, fait enseigne.FILTZ, fait volontaire.
INGÉNIEUR, SAVANTS ET ARTISTE.
JOUVENCY, ingénieur-géographe.RICHE, naturaliste.BLAVIEN, naturaliste, débarqué au cap de Bonne-Espérance.ËLY, dessinateur, débarqué au cap de Bonne-Espérance.
Le voyage étant prévu pour trois ans, l’avitaillement s’avère une opération minutieuse. 350 tonneaux de vivres sont chargés sur chaque bateau, ainsi que 1 000 tonnes de matériel et des objets destinés à être échangés lors des escales. De 1785 à 1788, les frégates parcourent tous les océans du globe, avant de faire toutes deux naufrage.
Le 16 février, il quitta le Cap, où il eut à déplorer la perte de l'astronome Bertrand, mort à la suite d'une chute, puis il côtoya l'extrémité sud de l'Afrique jusqu'à la baie de Lagoa.
Le canal de Mozambique dépassé, l'amiral pensait gouverner directement, par le nord de la Nouvelle-Guinée pour atteindre les îles de l'Amirauté. Mais, ne se trouvant, le 6 mars, que par 44° longitude est et 35° latitude sud, il vit qu'il lui serait impossible avec de mauvais voiliers d'aller au delà de Timor avant le renversement de la mousson. II prit donc parti d'atteindre les îles de l'Amirauté par le sud de l'Australie.Le 28 mars, à deux heures et demie, l'île était en vue. Son sommet qui n'avait pas encore été déterminé paraissait couvert de nuages.
« A mesure que nous approchions, ils nous parurent produits par une très épaisse fumée; nous ne tardâmes pas à voir des flammes c'est dans la partie du nord que l'embrasement étoit le plus fort; mais le vent, qui souffloit du nord-ouest, poussoit la flamme dans le sud-est, et nous apercevions distinctement les progrès de l'incendie par les traces de fumée et de feu que l'on voyoit s'étendre successivement sur toute la partie orientale de l'ile.
Cet incendie, sur une terre inhabitée, fit conjecturer à quelques personnes que ce feu ne pouvoit être qu'un signal fait par des malheureux qu'un naufrage auroit fait aborder à cette île, et qu'ils demandoient du secours mais il étoit évident que cette masse de feu étoit trop considérable pour faire supposer que l'incendie eût commencé au moment où nous avions été aperçus; d'ailleurs un pareil signal, fait au hasard, étoit inutile dans des parages où il est si rare qu'il passe des navires. | Photo JM Bergougniou |





































