La Marine nationale dans les Terres australes et antarctiques françaises
Une présence aux confins du monde depuis les grandes explorations
Depuis quatre siècles, la Marine française trace ses routes sur toutes les mers du globe, des rivages tempérés aux océans les plus austères. Dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), situées à plus de 13 000 kilomètres de la métropole, son rôle s’inscrit dans cette longue histoire maritime faite d’exploration, de science et d’affirmation de souveraineté.
Dès le XVIIIe siècle, les marins français participent aux premières prises de possession des îles australes. En 1772, lors des expéditions menées par Kerguelen de Trémarec et Marion Dufresne, des officiers et équipages érigent des marques symboliques de souveraineté. À Kerguelen, une bouteille contenant un parchemin officiel est déposée en baie de l’Oiseau.
Dans l’archipel Crozet, une pyramide de pierres est élevée sur l’île de la Possession par Julien Crozet, second de Marion Dufresne. Ces gestes simples, accomplis dans des paysages battus par les vents, constituent les premiers témoignages matériels de la présence française dans ces terres isolées.
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| L'arche des Kerguelen © JM Bergougniou |
Dans ces territoires isolés, la Marine assure aussi des fonctions logistiques essentielles. Elle transporte les équipes scientifiques, ravitaille les installations humaines et maintient un lien vital entre la métropole et ces îles lointaines. Sans ces missions maritimes, aucune présence durable n’aurait été possible dans ces régions soumises à des conditions climatiques extrêmes.
Aujourd’hui encore, les vestiges laissés par ces expéditions — cairns de pierre, plaques de souveraineté, bases d’observatoires ou structures abandonnées — constituent une mémoire tangible de l’action maritime française. Ils témoignent de la persévérance des marins qui, au fil des siècles, ont contribué à inscrire la France dans l’histoire des terres australes.
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| Plan de Port Jeanne d'arc levé par l'Antarès |
Aux confins du monde austral, là où les vents sculptent les côtes et où l’horizon semble infini, la trace de la Marine nationale demeure inscrite dans la pierre, dans les archives et dans la mémoire collective. Elle rappelle que l’histoire maritime de la France ne s’écrit pas seulement sur les routes fréquentées, mais aussi dans ces espaces lointains où la mer demeure un défi permanent.












































