Congrès de Chamalières le banc des belles-mères
Je viens de recevoir le dernier numéro de Timbres Magazine avec un long article cartophile sur les cartes postales des stations thermales.Mystère ! L'étrange phénomène constaté au fond d'une grotte chamalièroise est longtemps resté inexpliqué : pourquoi un homme pouvait-il y pénétrer sans ressentir le moindre trouble quand son chien ne tardait pas à s'asphyxier et à périr en moins de dix minutes ?
Un "étouffis" célèbre
Propriété d'un meunier qui y entreposait son vin, ce dernier avait lui même failli y mourir étouffé à trois reprises. C'est pourquoi il l'avait baptisée "l'étouffis" et ne s'y rendait qu'avec prudence. Cet "étouffis" devient célèbre à partir de 1787, après la visite de l'écrivain Lagrand d'Aussy qui parcourut l'Auvergne comme naturaliste entre 1787 et 1788.
Le gardien faisait un numéro fort bien rodé avec son chien
De là datent les premiers écrits sur la grotte du chien et les premières visites, ponctuelles. Elles ne deviendront organisées qu'un siècle plus tard, à partir de 1875 : le gardien faisait un numéro fort bien rodé avec son chien qui, une fois entré dans la grotte, ne tardait pas à tomber comme mort. Il le prenait alors dans ses bras et allait le déposer à l'extérieur où, sous les yeux des touristes ébahis, il reprenait vie avant de s'enfuir en courant.
Le célèbre banc des belles-mères. photo Fred MarquetDu gaz carbonique, plus lourd que l'air
Bien qu’entretenu, le mystère était pourtant élucidé depuis plusieurs années : du gaz carbonique, plus lourd que l'air, pénètre par des failles à l'intérieur de la grotte et stagne jusqu'à une hauteur d'environ 1,50 mètres. Au delà, aucun risque, mais en dessous, on s'évanouit en deux minutes et on périt en dix !
Un plan machiavélique pour se débarrasser de sa belle mère
A tel point qu'un ancien propriétaire avait imaginé un plan machiavélique pour se débarrasser de sa belle mère en installant, au fond de la grotte, un banc destiné à cette dernière.
Le plan échoua, la malheureuse femme parvenant à s'échapper en hurlant, mais l'histoire est restée et le banc, toujours présent, prit le nom de « banc des belles-mères ».
Pourtant le phénomène avait aussi ses vertus
Pourtant le phénomène avait aussi ses vertus : des malades venaient pour soigner arthrite, arthrose et rhumatisme tandis qu'on faisait également passer les enfants atteints de coqueluche : manquant d'air, ils se mettaient à tousser violemment, ce qui leur dégageait les bronches !
Phénomène géologique, mythes, atmosphère mystérieuse des grottes... pendant plus d'un siècle le succès de la grotte du chien, qui restera longtemps, avec la fontaine pétrifiante, une des plus célèbres attractions de l'agglomération, ne se démentira pas...
Dès la première année d'exploitation, elle attire 10.000 visiteurs
Elle était même citée dans les manuels scolaires. Jusqu'à ce que ses propriétaires la laissent à l'abandon en 1986. Il faudra que Claude et Huguette Girard, propriétaires d'autres grottes en France, la rachètent en 1994 pour qu'elle connaisse une nouvelle vie : dès la première année d'exploitation, elle attire 10.000 visiteurs.
Fermée pour manque de rentabilité
A nouveau mise en vente en 2004, elle est rachetée 187.000 € par les deux municipalités de Royat et Chamalières qui décident finalement de la fermer pour manque de rentabilité.
Depuis la grotte continue à se remplir de gaz carbonique. Jamais dérangée, le niveau y est même monté d'une dizaine de centimètres... mais comme plus aucune belle mère ne s'assoit sur son banc, on n'y a pas rapporté le moindre problème.
Le banc des Belles-Mères.
Dans une grotte du Massif Central, il existe une curiosité. Un chien entre-t-il dans cette grotte, il meurt, des émanations de gaz carbonique traînant à ras du sol. Un être humain n’est pas incommodé, le gaz carbonique ne s’élevant pas suffisamment, l’air étant plus léger. Un banc existe dans cette grotte, si vous vous y asseyez, vous ne serez pas malade mais vous respirerez malaisément ; on a nommé ce banc le banc des Belles-Mères ! Faites attention, Mesdames qui avez gendres et brus ; faites attention, soyez indulgentes, douces, prévenantes, ne critiquez pas, fermez les yeux, ne dites pas : « De mon temps, les choses allaient mieux », qu’il ne soit pas pour vous le banc des Belles-Mères.
Le Sud 23-août 1931
Femmes Françaises 15 octobre 1945








