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11 octobre 2026

Toulon l'Observatoire de la Marine astronomie abbé Grégoire

 Toulon - l'Observatoire de la Marine




L’histoire de l’Observatoire de la Marine de Toulon est particulièrement intéressante : il ne servait pas seulement à observer les astres. Il participait à la navigation, à la détermination de l’heure exacte et aux travaux scientifiques nécessaires au fonctionnement d’un grand port militaire.



Le 25 juin 1795, pendant la Révolution française, l’abbé Grégoire prend la parole devant les députés de la Convention nationale. Il rappelle cette formule attribuée à Thémistocle, homme d’État et stratège grec de l’Antiquité : « Qui maîtrise la mer maîtrise aussi la terre. »



Par cette citation, il veut convaincre les députés qu’une marine puissante est indispensable à la France. Il propose donc de créer un organisme scientifique chargé d’aider la Marine à progresser, notamment dans les domaines de la navigation et de l’astronomie : le futur Bureau des longitudes.


Cercle de réflexion de Borda


L’astronomie est une science essentielle à cette époque. Elle permet d’établir des mesures précises, mais elle est surtout indispensable aux marins pour se repérer en mer et calculer leur longitude, c’est-à-dire déterminer leur position géographique.

L’abbé Grégoire prend l’Angleterre en exemple. Les Anglais ont compris que, sans progrès en astronomie, il était impossible de développer efficacement le commerce maritime et la marine de guerre. Ils ont donc investi des sommes considérables pour faire avancer cette science.

Pour Grégoire, la France doit suivre leur exemple. Les succès remportés par la marine anglaise, notamment pendant la guerre de 1761, montrent qu’une flotte supérieure à celle de l’adversaire peut souvent décider de l’issue d’une guerre.

Au XVIIIe siècle, le seul observatoire français installé dans un port et officiellement consacré à la Marine se trouve à Marseille.

Il a été fondé en 1702 par les Jésuites, avec l’aide financière de la Marine. Il est installé dans la montée des Accoules, sur les hauteurs de la ville, afin de bénéficier d’un emplacement favorable aux observations astronomiques.

Après le départ des Jésuites, sa direction est confiée à un astronome civil, Guillaume Saint-Jacques de Silvabelle (1722-1801). L’établissement reste placé sous la responsabilité du ministère de la Marine.

Octant


L’observatoire dispose alors d’un bâtiment imposant et d’instruments scientifiques de grande qualité. Mais, lorsque la Révolution française commence, il est en très mauvais état. Son directeur, vieillissant, peine à maintenir l’établissement à son niveau d’excellence.

En 1796, le chevalier de Borda et l’astronome Jérôme Lalande proposent de créer un observatoire de la Marine à Toulon. Le projet est soutenu par le Bureau des longitudes, nouvellement créé, qui cherche à développer les connaissances astronomiques utiles aux marins.



Le Bureau propose d’abord le poste de directeur à l’astronome d’Angos, ancien officier et correspondant de l’Académie, qui entretient depuis plusieurs années des relations scientifiques avec Lalande. Celui-ci le considère comme un ami et un excellent observateur. D’Angos refuse cependant le poste. Le Bureau se tourne alors vers Flaugergues, un astronome installé à Viviers, qui possède son propre observatoire.

Le ministre lui ordonne de se rendre rapidement à Toulon pour préparer la création de l’établissement. Il doit travailler avec les responsables de la Marine afin de trouver un emplacement adapté et de déterminer s’il faut construire un nouveau bâtiment ou en aménager un existant.

Cet observatoire doit avoir trois fonctions principales : faire progresser l’astronomie, former les marins aux observations nécessaires à la navigation et conserver le matériel scientifique utilisé à bord des navires. Les instruments doivent notamment comprendre des horloges et des montres marines, des compas, des quarts de cercle et des cercles astronomiques. Le matériel doit pouvoir être vérifié, entretenu et embarqué sur les navires de l’État selon les besoins.

Chronomètre de marine

Le ministre souhaite également installer une petite bibliothèque spécialisée en astronomie, géométrie et physique. Les marins pourraient y étudier sous la direction de l’astronome responsable de l’établissement.



Le choix de l’emplacement est important. L’observatoire doit être situé près du port, facilement accessible aux marins et bénéficier d’une vue dégagée, notamment sur l’horizon maritime.

Plusieurs sites sont envisagés, mais le plus prometteur semble être le donjon de l’ancienne maison des Jésuites, alors utilisé comme hôpital de la Marine. Ce lieu avait déjà accueilli un observatoire astronomique au XVIIIe siècle, dirigé par le père Laval. Cependant, cet établissement avait progressivement périclité et, à la fin du siècle, il n’en restait plus rien.

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