Elle ne sera jamais un nom sur la mer
Hortense David de la Marine communaliste
Après la Semaine sanglante, elle est arrêtée et emprisonnée à Versailles, où le photographe Ernest Eugène Appert réalise son célèbre portrait, dans lequel elle apparaît en tenue de marin. Lors de ses interrogatoires des 6 mars et 4 avril 1872, Hortense David conteste cependant les témoignages affirmant qu’elle aurait tiré au canon contre les troupes gouvernementales.
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| Barricade de la rue Royale avec l'église de la Madeleine en fond |
Son affaire est conservée au Service historique de la Défense à Vincennes, cote GR 8 J 120. Jugée par le 4e conseil de guerre, elle est condamnée le 16 avril 1872 aux travaux forcés à perpétuité. Son parcours constitue un témoignage remarquable sur la participation directe de femmes aux combats de la Commune et sur leur présence dans l’artillerie fédérée.
Sa fiche indique qu'elle fut poursuivie notamment à propos de l'incendie des Tuileries et qu'elle fut condamnée le 16 avril 1872 aux travaux forcés à perpétuité ; une autre notice du même musée précise que sa condamnation est liée à sa participation aux combats aux côtés de l'artillerie.
Le relevé nominatif des dossiers des condamnés de la Commune confirme précisément : « MACHU née DAVID, Hortense, Aurore — BB 24/762 ». Commune 1871
À la maison centrale d’Auberive, où elle purge sa condamnation aux travaux forcés à perpétuité prononcée le 16 avril 1872, son comportement est jugé excellent. Le directeur la décrit comme très obéissante, travailleuse et bonne élève, estimant qu’elle s’était laissée entraîner pendant la Commune. Il intervient à plusieurs reprises en faveur d’une réduction de peine, notamment parce qu’elle a des enfants. Mais les sources fondées sur BB/24/762 sont explicites : « elle n’obtint aucune remise de peine ».
Hortense n’est évidemment pas restée emprisonnée jusqu’à sa mort. En 1893, elle est revenue à Paris, exerce toujours le métier de brossière et habite 5 rue des Panoyaux ; elle meurt à l’hôpital Tenon.
Selon d'autres sources
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| Barricade o l'angle de la place de la Concorde et de la rue St-Florentin Musée Carnavalet |
Hortense, Aurore Machu, veuve David. Née le 28 août 1836 à Reims (Marne), morte le 31 mars 1893 à Paris (XXe arr.)
Hortense Machu était veuve de Jean Baptiste Alfred David, mère de deux enfants ; on dit d’elle en 1871 que « séparée de fait de son mari elle vivait en concubinage ou se livrait à la prostitution ».
Brossière, elle devint cantinière sous la Commune de Paris ; elle concouru à la défense de la barricade de la rue Royale (VIIIe arr.) ; vêtue en marin, elle tirait le canon place de la Concorde, ou bien restait tranquillement assise sous la voûte du ministère de la Marine quand elle ne manœuvrait pas les mitrailleuses. Elle fut portée en triomphe par ses camarades à l’Hôtel de Ville, félicitée pour son adresse et son courage.
SOURCES : Arch. Nat., BB 24/762. — E. Thomas, Les Pétroleuses, op. cit., p. 205. — État civil de la Marne et de Paris. — Notes de Didier Pillon.
https://maitron.fr/spip.php?article64954
photo prise à la prison des Chantiers à Versailles en 1871 par Ernest Charles Appert.
© CC0/ Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris
Elle meurt en 1893 à Paris.
Eugène-Léon Appert, né le 30 mars 1830 à Châteauroux et mort le 4 mars 1905 à Médan, et Ernest-Charles Appert, né le 10 septembre 1831à Châteauroux et mort le 15 janvier 1890 à Paris, sont des photographes français célèbres pour leurs clichés de la Commune de Paris de 1871
Sources
Musée Carnavalet Ville de Paris
Portrait d'Aurore Hortense David (née Machu), brossière et cantinière, pris à la prison des Chantiers à Versailles. Membre de la Commune de Paris en 1871.
Appert, Ernest Charles , Photographe




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