27 mars 2026

Le Chasse-Marée hors-série n°4 Les Trésors de la Marine

Le Chasse-Marée hors-série n°4 Les Trésors de la Marine

J'ai reçu hier un très beau numéro hors-série n°4 de la revue Le Chasse-marée qui célèbre  les trésors de la Marine  et les 400 ans de la Marine nationale. 

Très belle publication et comme d'habitude de très belles photos. A lire absolument.




Toulon PA Charles de Gaulle © JM Bergougniou





BREST



Brest la préfecture maritime © JM Bergougniou

 © JM Bergougniou

Brest le musée de la marineAmiral François Joseph Paul de Grasse 



Brest le musée de la marin



Cherbourg 






Cherbourg querqueville Ecole des fourriers © JMBergougniou



Cherbourg déconstruction à l'Arsenal © JMBergougniou



Cherbourg Cité de la Mer Le Redoutable  © JMBergougniou



Tatihou © JMBergougniou


Cherbourg le fort  de l'ouest © JM Bergougniou




Fort Central  dit Fort de Querqueville © JM Bergougniou


ROCHEFORT


Rochefort Musée de la Marine figure de proue 
 © JM Bergougniou


Rochefort porte de l'arsenal © JM Bergougniou


Rochefort La corderie royale vue de la Charente © JM Bergougniou




Rochefort musée de la Marine figure de proue Sphinx
 © JM Bergougniou



Rochefort musée de la Marine Poupe du vaisseau "Le Royal Louis"
 © JM Bergougniou


Rochefort musée de la Marine trousse de chirurgien
 © JM Bergougniou


TOULON

Toulon atlante Pierre Puget © JM Bergougniou



Toulon atlante Pierre Puget © JM Bergougniou


Toulon Préfecture maritime © JM Bergougniou



Fort de l'Eguillette © JM Bergougniou

Fort du Mourillon © JM Bergougniou


Fort Balaguier © JM Begougniou


Tour Royale © JM Bergougniou


Toulon © JM Bergougniou

air et Mer

Breguet Br.1050 Alizé © JM Bergougniou


Vought F-8 Crusader © JM Bergougniou


Lockheed P-2 Neptune © JM Bergougniou






26 mars 2026

BRF Jacques Stosskopf Ponta Delgada Açores Martinique Fort de France DLD février mars 2026

BRF Jacques Stosskopf

Escale aux Açores et à Fort-de-France


L’Ambassadrice de France au Portugal, Hélène Farnaud-Defromont, s’est rendue aux Açores les 23 et 24 février, accompagnée de Stéphane Boubeker et de Diane Fattelay, respectivement chef de la mission de défense et cheffe du service économique de l’Ambassade.


V SPID 10297 LA POSTE 21 FEV. 2026

Lors de la première journée à Sao Miguel, l’Ambassadrice a pu échanger et partager des convergences fortes s’agissant de la nécessaire prise en compte des spécificités des régions ultramarines au sein de l’UE avec Manuel Bolieiro, Président de la région autonome des Açores. Une visite de l’usine du groupe Bel, groupe français de fabrication de fromages, était aussi organisée, en plein cœur des pâturages açoréens, lesquels assurent près de la moitié de la production de fromages et lait du Portugal. Enfin, la soirée aura permis d’aller à la rencontre des français des Açores à l’occasion de l’escale à Punta Delgada du bâtiment ravitailleur de force, Jacques Stosskopf.


La journée du 24 février était quant à elle consacrée à la visite des différentes installations spatiales sur l’île de Santa Maria en la présence du représentant du Secretariat Regional dos Assuntos Parlamentares e Communidades (SRAPC). Outre la visite de l’agence spatiale portugaise en présence du Vice-président de l’agence, M. Eduardo Ferreira, cette journée aura aussi permis de visiter le RAEGE (réseau atlantique des stations de géodynamiques et d’espace), le téléport du site de Thales Açores qui apporte un appui précieux aux agences européennes spatiale (ESA) et de la surveillance maritime (EMSA), ainsi qu’au lancement des fusées Ariane, et enfin la visite du site de lancement de Malbusca par Mara Pourré, cheffe de l’Atlantique Spaceport Consortium (ASC). Au cours de cette journée, Mme l’Ambassadrice aura été également reçue par Mme Bárbara Chaves, maire de Vila do Porto.


Ce déplacement aura permis de renforcer les liens entre la France et le territoire des Açores et de constater l’engagement des acteurs portugais, publics comme privés, en matière de stratégie spatiale portugaise.

Arrivé en Martinique après six jours de mer depuis Ponta Delgada aux Açores, 

ce géant de 30 000 tonnes restera à quai jusqu'à ce mardi 10 mars. Sa taille imposante en fait le deuxième plus grand navire de la Marine nationale, juste derrière le porte-avions Charles de Gaulle.

Arrivé aux premières heures jeudi matin (5 mars) à Fort de France, le BRF Jacques Stosskopf fait actuellement escale en Martinique. Ce navire de la marine nationale est un bâtiment ravitailleur. Il est en période d’essai en attendant sa mise en service cet été.


V SPID 10297 LA POSTE 5 MARS 2026

Avec ses 194 mètres de long et ses 31 000 tonnes, le BRF "Jacques Stosskopf" n'est pas passé pas inaperçu à Fort-de-France. Ce navire de la Marine nationale permet aux bâtiments de guerre de poursuivre leurs missions en mer grâce à des ravitaillements rapides en carburant, vivres et munitions.

Il en impose. Amarré sur le quai de l'hydrobase, le bâtiment ravitailleur de forces (BRF) “Jacques Stosskopf” (du nom d'un grand ingénieur du Génie maritime français, résistant  maritime exécuté pendant la Seconde Guerre mondiale, NDLR.) a rejoint Fort-de-France, cette semaine. À bord, c'est une véritable fourmilière qui vit dans ce navire flambant neuf.

Ce navire de la Marine nationale est commandé par le capitaine de vaisseau Sébastien Fajon. Sa mission est essentielle : ravitailler les bâtiments de guerre en carburant, vivres et munitions afin de permettre à une flotte de rester opérationnelle en mer sur de longues durées.

Le navire peut stocker 13 000 m³ de carburant et les délivrer à un débit pouvant atteindre 600 m³ par heure par tuyau. Avec deux lignes de ravitaillement simultanées, il est possible de ravitailler un porte-avions en seulement trois heures. Les palettes de vivres ou de matériel sont quant à elles transférées par des systèmes dédiés. "Un bon ravitaillement doit être rapide. Pendant cette phase, les navires sont vulnérables. 


https://pt.diplomatie.gouv.fr/fr/deplacement-de-lambassadrice-aux-acores

https://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/faitsdivers/le-brf-jacques-stosskopf-un-colosse-de-la-marine-nationale-a-fort-de-france-1071010.php

https://la1ere.franceinfo.fr/martinique/video-marine-le-batiment-ravitailleur-de-forces-brf-jacques-stosskopf-en-visite-en-martinique-1678191.html



25 mars 2026

La Triomphante Pierre Loti Japon Nagasaki Madame Chrysanthème

La Triomphante Pierre Loti

Madame Chrysanthème


C’est à bord du cuirassé La Triomphante que Pierre Loti arrive au Japon en 1885. Lancé en 1877, ce navire appartient à la Marine française engagée en Extrême-Orient à la suite de la guerre franco-chinoise, dans un contexte d’expansion coloniale.






La Triomphante
 est un bâtiment typique de son époque, à la charnière entre deux mondes : encore équipé de voiles mais propulsé à la vapeur, doté d’une coque blindée et d’une artillerie moderne. Conçu pour les campagnes lointaines, il permet à la France de maintenir une présence militaire durable en Asie.


Après les opérations militaires, le navire participe à ce que l’on appelle la « présence navale » : montrer le pavillon, protéger les intérêts français et multiplier les escales dans les ports ouverts aux étrangers, comme Nagasaki. Ces escales sont aussi des moments de rencontre — mais dans un cadre très inégal, marqué par la domination occidentale.



Pour Loti, La Triomphante n’est pas seulement un moyen de transport : c’est le point de départ d’un regard. Officier d’une puissance impériale, il découvre le Japon depuis cette position particulière, ce qui influence profondément la vision qu’il en donne dans Madame Chrysanthème.

Dans Madame Chrysanthème de Pierre Loti, le mariage temporaire peut être considéré comme une forme proche de prostitution, car il repose essentiellement sur l’argent et sur une durée limitée. 

Dès le début, le narrateur présente ce mariage comme un simple projet pratique et non comme un engagement sentimental : « Moi, disais-je, aussitôt arrivé, je me marie… ». Cette décision rapide montre que l’union n’a rien de romantique. De plus, il envisage de choisir son épouse selon des critères physiques, comme s’il s’agissait d’un objet : « Je la choisirai jolie. — Elle ne sera pas plus haute qu’une poupée. » Cette manière de parler réduit la femme à une marchandise que l’on sélectionne.


Création © JMB
L’argent joue un rôle central dans cette relation, ce qui rapproche ce mariage d’une transaction commerciale. Le narrateur sait qu’il devra payer pour cette union et pour l’entretien de sa femme, ce qui transforme le mariage en contrat financier plutôt qu’en union affective. Cette dimension économique donne l’impression que la femme est « louée » pour une période déterminée, comme dans une relation proche de la prostitution. 




Le mariage temporaire apparaît donc comme une illusion de respectabilité qui masque une relation marchande et profondément inégalitaire entre un homme étranger riche et une jeune femme dépendante économiquement. Ainsi, Pierre Loti met en évidence une relation fondée sur l’intérêt et l’argent plutôt que sur l’amour, révélant un regard exotisant et dominant sur la culture japonaise.


24 mars 2026

La Mère barbe en Jonc La Mer Jean Richepin port

 La Mère barbe en Jonc

Jean-Richepin - La Mer


En l'absence de courriers de nos marins, je continue d'explorer les trésors de GALLICA et de la Bibliothèque Nationale entre littérature et gravure.

Je relie la Mer de Jean Richepin... et j'ai trouvé une gravure illustrant un poème... une vraie publicité pour un rasoir... un texte sur les cabarets de port : entre estaminet… et maison close!


Largue l’écoute ! Bitte et bosse !

Largue l’écoute ! Gigue et jon !

Largue l’écoute ! on s’y fout des bosses,

Chez la mère Barbe-en-jonc.

C’est là qu’y a des fins drilles,

C’est là qu’y a des lurons.

L’hôtesse est si bonne fille,

Qu’elle en est presque garçon.

Largue l’écoute ! Bitte et bosse !

Largue l’écoute ! Gigue et jon !

Largue l’écoute ! on s’y fout des bosses,

Chez la mère Barbe-en-jonc.

Elle a la peau de la face

En soie ainsi qu’un cochon.

Ça s’hérissʼ quand on l’embrasse.

On se râpe à son menton.

 


Drôle de destin que celui de Jean Richepin : le voilà, sur cette photographie, sanglé dans son habit brodé d’académicien, bicorne à la main, mine grave comme un vieux commandant de port… alors qu’il est l’auteur de certaines des chansons les plus lestes du quai.



 

Publié en 1894, La Mer est un recueil qui sent davantage la cambuse que le salon. Pas de couchers de soleil sentimentaux ici : on y trouve des marins qui jurent, des tavernes qui collent aux bottes, et des patronnes solides comme des bittes d’amarrage. « La mère Barbe-en-jonc » en est le parfait exemple : une aubergiste râpeuse, moustachue comme un quartier-maître, et visiblement rompue à l’accueil des équipages assoiffés.

Dans ce poème, la mer n’est jamais loin, même à terre. Tout passe par le langage du bord : on « jette l’ancre », on « leste la cale », on « ouvre l’entrepont » — autant d’expressions qui, dans la bouche des marins, prennent vite un tour franchement coquin. C’est là tout le sel du texte : un humour de gaillard d’avant, fait de double sens, de rhum bon marché et de plaisanteries qu’on n’imprimerait pas dans les journaux bien élevés.

Et pourtant, quelques années plus tard, le même Richepin entre sous la Coupole, sabre au côté et broderies au torse, comme on le voit ici. Une belle ironie maritime : du cabaret du quai à l’Académie française, il n’y a parfois qu’un bon vent dans les voiles… et quelques verres bien tassés.



 

Publié en 1894, La Mer de Jean Richepin n’a rien d’une rêverie romantique devant un coucher de soleil sur l’horizon. Ici, la mer sent le goudron, la pipe froide et le rhum éventé. Le recueil aligne des chansons qui semblent sorties tout droit d’un gaillard d’avant : vocabulaire nautique bien serré, refrains qui cognent comme des bottes sur le pont, et portraits de marins ou d’aubergistes hauts en couleur — souvent plus rouges du nez que blancs de chemise. Richepin ne fait pas dans la dentelle : il préfère la cambuse au salon, la bordée au lyrisme, et la gaillardise aux belles manières.




Dans « La mère Barbe-en-jonc », on est clairement à quai, dans une taverne où l’on boit dru, où l’on mange gras et où l’on plaisante plus bas que la ceinture. La patronne, avec sa barbe râpeuse et son accueil musclé, semble taillée dans le même bois qu’une bitte d’amarrage : solide, peu raffinée et toujours prête à encaisser l’équipage. Les métaphores nautiques servent ici de cache-misère à des sous-entendus franchement salés — on « jette l’ancre », on « leste la cale », et chacun comprend très bien de quoi il retourne. Derrière la blague un peu crasseuse et l’exagération joyeuse, Richepin restitue avec un certain panache l’ambiance des quais et des escales de la fin du XIXᵉ siècle : un monde bruyant, gouailleur, et délicieusement peu fréquentable — bref, un coin de port comme on les aime, avec du vent dans les voiles… et du rhum dans le gosier.


22 mars 2026

MISSION PROMÉTHÉE (1987-1988) Protection du détroit d'Ormuz 1987 1988 porte-avions Clemenceau Iran Pétrole

MISSION PROMÉTHÉE (1987-1988)

Protection du détroit d'Ormuz 1987 1988



L’opération Prométhée (1987-1988) s’inscrit dans un contexte international marqué par la guerre Iran-Irak et par une dégradation profonde des relations entre la France et la République islamique d’Iran depuis la révolution de 1979. Au-delà de la seule question de la sécurité maritime dans le golfe Persique, cette opération traduit avant tout une volonté politique française d’affirmer sa position sur la scène internationale et de défendre ses intérêts face à un acteur perçu comme hostile. Les tensions sont alors multiples : attentats sur le sol français, prises d’otages au Liban, affrontements indirects liés aux engagements français aux côtés de l’Irak et opposition plus large à la politique iranienne dans la région.



Dans ce contexte, le déploiement naval français répond officiellement à la nécessité de protéger la navigation commerciale et de garantir la liberté de circulation dans une zone stratégique essentielle au commerce mondial, notamment pour le transport des hydrocarbures. Cependant, cet objectif affiché masque en partie une stratégie plus large de pression diplomatique. Il s’agit de signifier à l’Iran que la France est prête à défendre ses intérêts et à répondre à toute provocation, tout en évitant une confrontation directe. L’opération relève ainsi d’une logique de « diplomatie navale coercitive », combinant démonstration de force et recherche de désescalade.

La décision d’engager une force navale importante, structurée autour du porte-avions Clemenceau et intégrée à la Task Force 623, témoigne de cette volonté d’affirmation stratégique. Avec trente-trois navires de guerre mobilisés, la France déploie l’un de ses dispositifs militaires les plus significatifs depuis la crise de Suez. Cette présence militaire vise autant à sécuriser les flux maritimes qu’à renforcer la crédibilité politique et militaire française dans une région où les États-Unis dominent largement le rapport de force. En se positionnant comme acteur autonome capable d’intervenir, la France entend préserver son rang de puissance moyenne à vocation mondiale et affirmer son indépendance stratégique.


Le choix du nom « Prométhée » revêt lui-même une dimension symbolique. Figure de défi et de transgression dans la mythologie grecque, Prométhée incarne celui qui ose s’opposer à l’ordre établi pour défendre une cause qu’il juge légitime. Ce parallèle souligne la posture française : une puissance qui, sans s’aligner totalement sur les États-Unis, entend néanmoins s’opposer aux actions iraniennes et défendre ses propres intérêts, quitte à prendre des risques calculés.



Sur le terrain, l’opération se traduit par une présence militaire continue dans la zone, avec des missions d’escorte de navires marchands, de surveillance et d’interception. Mais au-delà de ces actions concrètes, c’est surtout le signal politique qui importe. La France montre sa capacité à projeter des forces loin de son territoire, à coordonner ses actions avec ses alliés occidentaux tout en conservant une autonomie de décision, et à maintenir une pression constante sur un adversaire sans franchir le seuil de l’affrontement direct.

L’évolution des opérations en 1988, marquée par une montée des tensions entre les États-Unis et l’Iran, renforce encore cette dimension politique. La coopération ponctuelle avec les forces américaines, notamment autour du porte-avions USS Enterprise, illustre un rapprochement tactique dans un contexte de crise, tout en maintenant une distinction dans les objectifs et les modalités d’action. La France cherche ainsi à peser dans l’équilibre régional sans se laisser entraîner dans une escalade incontrôlée.



Le bilan de l’opération, avec plus d’un an de déploiement et des dizaines de navires marchands escortés sans incident majeur, confirme l’efficacité du dispositif. Mais son importance dépasse largement le cadre militaire. Prométhée constitue un instrument de gestion de crise, permettant à la France de défendre ses intérêts, de restaurer sa crédibilité face à l’Iran et de participer à la stabilisation d’une zone stratégique. Elle illustre la manière dont la puissance navale peut être utilisée comme levier politique, dans une logique de dissuasion, de pression et de négociation implicite.

En définitive, l’opération Prométhée apparaît moins comme une simple mission de protection maritime que comme une démonstration de volonté politique. Elle s’inscrit dans une stratégie globale visant à contenir l’influence iranienne, à défendre les intérêts français et à affirmer le rôle de la France comme acteur international capable d’agir de manière autonome dans un environnement de crise.

SOURCES 

COLS BLEUS

BNF GALLICA


21 mars 2026

C'est le pompon Bachi et marin Savez-vous où ils sont fabriqués? Marine nationale

 C'est le pompon




Le pompon rouge des marins, c’est un peu comme les rustines de vélo : petit, discret, mais absolument indispensable. Et attention, on ne parle pas d’un simple accessoire fantaisie. Non non. C’est du réglementaire, du validé Marine nationale, du poil de laine sous haute autorité.

À l’origine, le pompon, c’était le petit luxe des chevaux de fête. Une déco chic qui pendouillait avec panache. De là viennent « se pomponner » (se faire beau comme pour une inspection) et « c’est le pompon » (quand on dépasse les limites… même celles du règlement).

Puis arrive mars 1858. La Marine impériale tranche net : tous les marins devront porter un bachi avec une boule rouge bien visible au sommet. Pas de discussion, pas de fantaisie : rouge garance, centré, aligné. Dans la Marine, même les pompons ont une tenue irréprochable.




Avant ça, c’était un peu le bazar organisé. Les marins tricotaient eux-mêmes leur bonnet, façon atelier embarqué, et ramenaient les fils au sommet. Résultat : une touffe plus ou moins ronde… parfois artistique, parfois franchement douteuse. Disons que la discipline n’était pas encore montée jusqu’au sommet du crâne.

Mais le pompon n’est pas qu’un détail esthétique pour faire joli sur le pont. C’est aussi un équipement quasi stratégique. Dans les coursives basses, où le plafond adore surprendre les inattentifs, il sert d’amortisseur. Oui, le pompon est officiellement un airbag capillaire.




Dans les années 60, le pompon devient même une star : on le retrouve sur des porte-clés publicitaires. Comme quoi, même en civil, il garde son petit côté réglementaire.

Côté fabrication, pas question d’aller voir ailleurs. Le pompon est made in France, à La Chartre-sur-le-Loir, où des mains expertes perpétuent un savoir-faire quasi sacré. Chaque pièce est roulée, taillée, égalisée avec une précision qui ferait pâlir un adjudant-chef. Taille impeccable, poids contrôlé (moins de 15 grammes), allure irréprochable : inspection validée.


Et tous les pompons ne sont pas rouges ! Bleu chez les scouts marins, vert dans certaines marines africaines… mais le rouge français reste le plus emblématique. Le plus… réglementaire, évidemment.


Et puis, il y a LA tradition. Celle qu’on ne trouve dans aucun manuel militaire… mais que tout le monde connaît. 
Toucher le pompon d’un marin porterait bonheur.

Entre discipline impeccable, tradition bien huilée et petite stratégie de charme…

Mais attention, pas n’importe comment. Il faut le caresser délicatement — avec respect, on est quand même sur un élément d’uniforme — et en échange… c’est le marin qui gagne une bise. Oui oui. Le règlement officieux est très clair là-dessus.



Étrangement, cette superstition fonctionne surtout en présence de jolies civiles. Une pure coïncidence, bien sûr. Les marins, eux, ne feraient jamais ça pour améliorer leurs chances… voyons.


20 mars 2026

Les Cétacés La Rochelle 13 mars 2026 rorqual baleine à bosse béluga orque

Les Cétacés La Rochelle 13 mars 2026



Encore méconnus, les cétacés fascinent depuis l’Antiquité. Déjà, Aristote avait observé qu’ils possédaient des poumons et se reproduisaient comme les mammifères. Malgré les avancées considérables de la cétologie, ces animaux restent mystérieux : vivant exclusivement en mer, ils apparaissent rarement à la surface et fréquentent peu les zones côtières.

Baleine à bosse au large de Mayotte © JM Bergougniou

Les cétacés se divisent en deux grands sous-ordres : les mysticètes, dotés de fanons, et les odontocètes, pourvus de dents. Parmi ces derniers, la famille des delphinidés regroupe 37 espèces, allant de l’imposante orque aux petits dauphins des mers australes.


Baleine à bosse © T.A.A.F.

Présente dans presque tous les océans du globe, l’orque est un redoutable prédateur vivant en groupes matriarcaux. Son régime alimentaire est extrêmement varié, du hareng jusqu’aux grandes baleines. Le cachalot, immortalisé par Moby Dick d’Herman Melville, est le plus grand des odontocètes : les mâles peuvent atteindre 18 mètres de long. Capables de plonger à plus de 1 000 mètres de profondeur, ils capturent notamment de grands calmars, parfois longs de plus de 3 mètres. Leur organisation sociale repose sur des groupes de femelles, plus petites que les mâles.

Rorqual de Bryde Dans le Saint-Laurent Québec
© JM Bergougniou
Très sociables eux aussi, les bélougas — souvent appelés baleines blanches — sont des prédateurs opportunistes. Mesurant environ 5 mètres, ils vivent dans les mers arctiques, souvent à proximité des banquises, ce qui explique leur couleur claire. Comme leurs cousins les narvals, ils ne possèdent pas d’aileron dorsal.

Cachalot dans les mers australes ©T.A.A.F.
Le sous-ordre des mysticètes comprend quant à lui 15 espèces, dont la plus célèbre est la baleine à bosse. Se nourrissant de petits poissons et de crustacés, elle se reproduit dans les eaux chaudes des archipels tropicaux, près des côtes où elle attire de nombreux observateurs. Également appelée mégaptère en raison de ses longues nageoires pectorales, elle est réputée pour ses chants spectaculaires.

Bélougas vers Tadoussac Québec
© JM Bergougniou


Bien que certaines espèces soient encore chassées et que l’industrialisation des océans représente une menace croissante, les baleines à bosse, les bélougas, les cachalots et les orques ne sont pas actuellement considérés comme directement menacés de disparition.

Orque devant Crozet © T.A.AF.


Merci à René de Dompierre



400 ans de la Marine Dunkerque phare corsaire port Dynamo aviation maritime amiral Lhermitte 1626 2026

 Dunkerque et les 400 ans de la Marine Le phare de St-Pol et l'amiral Lhermitte © JM Bergougniou Dunkerque et la Marine française partag...