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15 septembre 2026

Echange de prisonniers : Un courrier de Levacher sur les prisonniers anglais à Nantes en 1801Saumur Nantes

Echange de prisonniers sous le consulat (1801)

François Levacher a réalisé une carrière d'officier d'administration au sein de la Marine royale puis impériale, naviguant entre les grands ports de la Manche et de l'Atlantique. 

D'abord en poste au Havre, ses compétences de gestionnaire l'amènent ensuite à exercer ses fonctions au sein de l'arrondissement maritime de Brest. Il termine sa carrière à Nantes, où il occupe le poste stratégique de commissaire principal et chef du service de la Marine. Il est officiellement admis à la retraite le 2 août 1807, cédant alors sa place au commissaire Giraud après des décennies passées au service de l'intendance navale française. 

marque postale linéaire 42 NANTES LOIRE-INFERIEURE taxée 3 décimes
La distance entre Nantes et Saumur est d’environ 111 km
 à vol d’oiseau et d’au moins 125–130 km
par voie terrestre, selon l’itinéraire.
En février 1801, la France du Premier Consul Bonaparte est toujours en guerre avec la Grande-Bretagne, malgré les négociations qui conduiront quelques mois plus tard aux préliminaires de paix de Londres.
Dans cette guerre maritime, des milliers de marins et de soldats capturés sont détenus de part et d’autre de la Manche, et leur entretien devient une lourde charge pour les deux pays.
La France rassemble notamment des prisonniers britanniques à Saumur, ville utilisée comme dépôt et point de regroupement avant leur transfert vers les ports.
Cette fonction n’est pas nouvelle : dès 1780, cent prisonniers anglais de Saumur devaient être conduits à Morlaix pour être échangés contre cent prisonniers arrivant de Plymouth.
En 1801, Saumur remplit encore cette fonction : une correspondance du mois de juin évoque explicitement des prisonniers anglais conduits vers Saumur.
C’est dans ce contexte que François Levacher, commissaire principal de la Marine à Nantes, écrit au maire de Saumur le 26 pluviôse an IX, soit le 15 février 1801.

Il lui demande de suspendre le départ vers Nantes des prisonniers anglais dont il avait précédemment demandé l’envoi.
La raison est très précise : Levacher indique qu’il possède déjà à Nantes « le nombre suffisant » pour expédier « le second parlementaire qui est en armement ».
Le « parlementaire », appelé cartel ship par les Britanniques, est un bâtiment spécialement employé pour transporter des prisonniers destinés à être rendus ou échangés entre puissances ennemies.
Le principe recherché est celui de la réciprocité, généralement homme contre homme, même si les échanges réels furent souvent déséquilibrés et provoquèrent de nombreuses contestations.

La lettre de Levacher révèle donc une véritable chaîne administrative : prisonniers britanniques rassemblés à Saumur → ordre de transfert → Nantes → embarquement sur un parlementaire → retour vers la Grande-Bretagne.
Elle montre surtout que Nantes participe directement à ces échanges au début de 1801 et que le bâtiment mentionné par Levacher n'est pas le premier puisqu'il parle du « second parlementaire ».
Ces opérations se déroulent alors que les relations franco-britanniques commencent à évoluer vers la paix : les préliminaires de Londres seront finalement signés le 1er octobre 1801.
Après cet accord, l'échelle change complètement : une source britannique indique que la Grande-Bretagne libère alors environ 14 000 prisonniers français, sans attendre la ratification définitive ; le 23 octobre, un premier bâtiment en ramène 160 à Boulogne.


La France est alors toujours en guerre avec la Grande-Bretagne et de nombreux marins britanniques capturés sont détenus dans différents dépôts de l'intérieur du pays. Quelques jours auparavant, le 21 pluviôse, Levacher avait demandé au maire de faire conduire à Nantes des prisonniers anglais présents à Saumur certainement en vue d'un échange. 

Le contexte politique

En 1801 (an IX), la France du Consulat traverse une période de transition critique : Napoléon Bonaparte vient de prendre le pouvoir et réprime durement l'opposition républicaine jacobine après l'attentat de la rue Saint-Nicaise. Parallèlement, malgré la guerre maritime qui fait rage avec l'Angleterre, les deux puissances maintiennent des canaux logistiques via des bâtiments parlementaires pour s'échanger les marins capturés. 

Dans ce contexte, la vallée de la Loire et le port de Nantes deviennent des couloirs stratégiques ultra-surveillés pour le transit à haute tension de ces prisonniers politiques et de guerre.



Donc dans cette nouvelle lettre, il suspend leur départ : Nantes possède désormais suffisamment de prisonniers pour « expédier le second parlementaire qui est en armement ». Le terme parlementaire désigne ici un bâtiment autorisé à se rendre auprès de l'ennemi, notamment pour transporter et échanger des prisonniers de guerre. 


Le document révèle ainsi l'organisation très concrète de ces échanges : rassemblement des captifs dans un port, préparation d'un navire et négociations avec les autorités britanniques. La mention d'un « second parlementaire » laisse supposer qu'une première opération avait déjà été organisée peu auparavant. 


LE COMMISSAIRE principal de Marine, au maire de Saumur

les prisonniers sont au fort

Si les Prisonniers anglais que je vous ai invité Citoyen, par ma lettre du 21, à faire partir pour Nantes et que je ne croyais pas être ceux que je vous ai envoyés dernièrement, ne sont pas encore en route, je vous prie de surseoir à leur départ jusqu’à ce que je vous en fasse ultérieurement la demande, attendu que j’ai le nombre suffisant pour expédier le second parlementaire qui est en armement. J’ai l’honneur de vous saluer.

Levacher


16 janvier 2024

Courrier transporté par Estafette depuis l'Angleterre GB pour Paris 1830 Lavalette commissaire général des Postes directeur ANGL.EST.

Courrier en provenance d'Angleterre ANGL EST. par Estafette


Antoine-Marie Chamans, comte de Lavalette sera nommé commissaire général des Postes le 17 novembre 1801 puis il deviendra directeur général des Postes le 19 mars 1804 (jusqu'en 1815) lors de l'avènement de l'empire. Il est à l'origine de la création des estafettes mises en place le 15 août 1805. Il s'agit de messagers à chevaux spécialement dédiés au transport du courrier impérial. Les maîtres de Poste ont la charge de cette organisation en envoyant des postillons de relais en relais afin de transporter un portefeuille fermé à clef dont Napoléon et Lavalette ont chacun une clef.

Ce service d'estafettes sera maintenu après la chute de l'Empire jusqu'en 1872 et d'autres lignes seront même créées par exemple entre Paris et Le Havre en 1818.

Taxe 1/2 soit 1 shilling 2 pence
pour le trajet de Londres à Douvres
La Convention de poste signée le 14 juin 1833 entre la Grande-Bretagne et la France règle les modalités pratiques d'échange du courrier, mais n'intervient pas au niveau d'un tarif postal commun. Les taxes restent celles appliquées par chacun des deux pays suivant sa réglementation propre.

Côté anglais, le tarif de la lettre simple (une feuille scellée de moins d'une once) pour Calais est fixé à 1 shilling et 2 pence, notés en noir 1/2 sur cette lettre de 1830. 
Cette taxe mécontente les usagers, qui la trouvent trop élevée, la mettent en comparaison avec le tarif intérieur de 8 pence entre London et Dover (52 Geo III c.88), et qui s'étonnent qu'il soit exigé 6 pence en sus uniquement pour passer le Channel (The Metropolitan, mai 1834).



Cachet à date 23 octobre 1850
Côté français, la vieille loi du 4 messidor an 10 (23 juin 1802), faisant suite à la convention postale franco-anglaise de la même année, fixe à 6 décimes, dont 2 décimes de port de mer, la taxe devant être perçue à Calais sur les lettres venant d'Angleterre. Ceci, sans préjuger du tarif intérieur français (article 3).

S'y ajoute donc le tarif de la lettre simple appliqué depuis 1828 (loi du 15 mars 1827), ce qui fait, pour une lettre pesant moins de 7,5 grammes, pour l'intérieur du pays, 10 décimes sur une distance comprise entre 601 et 750 kilomètres.




La mention ANGL. EST., créée pour justifier la surtaxe facultative, est devenue inutile, mais elle continue d'être appliquée au moins durant l'année 1834.

L'addition de ces diverses taxes donne un total de 19 décimes pour la partie française, soit près du double du port requis pour une lettre simple entre Calais et Lyon. Ajoutés aux 14 pence, ou 14 décimes, de la partie anglaise, le montant total s'élève à 3 francs et 30 centimes. Ce qui n'est pas donné ...





http://histoirepostale.com/histoire/napoleon_et_la_poste_aux_armees.html#:~:text=L'estafette%20partait%20et%20arrivait,ne%20co%C3%BBtait%20pas%203%20francs.


https://collections.forumgratuit.org/t17686-estafette



« Quand le pays de Rennes tissait les voiles des navires » H Porteu - de lin et de chanvre

« Quand le pays de Rennes tissait les voiles des navires »  Du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, les campagnes situées à l’est et au sud-est de Rennes fu...