Le bagne et les Chiourmes à Toulon 1811
L’histoire du bagne de Toulon commence en 1748. Il est édifié sur le quai du Grand Rang qui sépare vieille darse et darse neuve. A la fermeture du bagne de Marseille, plus d’un millier de prisonniers, ainsi que 11 galères, sont rapatriés au bagne de Toulon.En 1811, la chiourme de Toulon désigne l'ensemble des forçats détenus au bagne de Toulon ainsi que l'administration chargée de leur surveillance.
Le mot chiourme vient du vocabulaire maritime méditerranéen. À l'origine, il désignait l'équipage de rameurs des galères. Après la disparition progressive des galères au XVIIIe siècle, le terme a été conservé pour désigner les condamnés aux travaux forcés.
À Toulon, principal arsenal militaire de la Méditerranée française, le bagne est installé depuis 1748 dans les anciens bâtiments de l'arsenal. En 1811, sous le Premier Empire, plusieurs milliers de forçats y sont détenus.
Les condamnés sont employés à :
la manutention dans l'arsenal ;
la réparation et la construction des navires ;
le transport des matériaux ;
le curage des bassins ;
divers travaux de force au profit de la Marine impériale.
Les forçats portent généralement :
une veste et un pantalon de grosse toile ;
un bonnet de couleur indiquant la nature ou la durée de la peine ;
une chaîne ou des fers, surtout lors des déplacements.
La discipline est très sévère. Les détenus sont regroupés dans de vastes salles appelées « salles de bagne ». La surveillance est assurée par des gardiens, soldats et employés de la Marine.
Le Bureau de la Chiourme, service administratif, est chargé :
d'enregistrer les condamnés ;
de tenir les matricules ;
de suivre les peines ;
de délivrer les extraits comme celui conservé ici.
En 1811, lorsque cet extrait est établi, Toulon est un port stratégique de l'Empire napoléonien. La main-d'œuvre pénale représente alors une ressource importante pour l'entretien de l'arsenal et de la flotte méditerranéenne.






