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22 juin 2026

Décret dispense de recrutement 1793 an II de la République française arsenaux marine

Décret dispense recrutement Arsenaux Marine


N.° 859.

DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE,

Du 14 Mai 1793, l’an second de la république Françoise,
Qui dispense du Recrutement les Entrepreneurs, Associés, Commis, Contre-maîtres et Ouvriers des Manufactures de Toiles à voiles, des Fonderies et Manufactures d’Armes destinées au service de la Marine.

LA CONVENTION NATIONALE, après avoir entendu le rapport de son comité de salut public, décrète que les entrepreneurs, associés, commis, contre-maîtres et ouvriers des manufactures de toiles-à-voiles, des fonderies et manufactures d’armes destinées au service de la marine, sont dispensés de concourir à tous recrutemens, et tenus de continuer leurs travaux dans leurs ateliers respectifs.

Visé par l’inspecteur des procès-verbaux. Signé. JOSEPH BECKER.

Collationné à l’original: par nous président et secrétaires de la Convention nationale. A Paris, ce 15 mai 1793, l’an second de la république Françoise. 
Signé J. B. BOYER-FONFRÈDE, président; C. L. MASUYER, G. DOULCET et GENISSIEU, secrétaires.

AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE, le Conseil exécutif provisoire mande et ordonne à tous les Corps administratifs et Tribunaux, que la présente loi ils fassent consigner dans leurs registres, lire, publier et afficher, et exécuter dans leurs départemens et ressorts respectifs; en foi de quoi nous y avons apposé notre signature et le sceau de la république.

À Paris, le quinzième jour du mois de mai mil sept cent quatre-vingt-treize, l’an second de la république Françoise.
Signé GARAT. Contresigné GOHIER. Et scellée du sceau de la république.
Le directoire du département de la Drome ouï, et ce requérant le Procureur-général-syndic arrête que les présens décrets seront consignés sur ses registres, lus, publiés et affichés en cette ville; qu’il en sera adressé aux directoires de districts des exemplaires, pour être par eux consignés dans leurs registres, lus, publiés et affichés dans la ville de leur établissement, envoyés aux municipalités de leur arrondissement, pour y être de même consignés dans leurs registres, lus, publiés et affichés, et en outre par celles de campagne, publiquement lus à l’issue de la messe paroissiale. Enjoint aux administrations de districts de certifier, dans quinzaine, celle du département, de la consignation, publication et envoi aux municipalités; et aux municipalités de certifier les administrations de districts de la réception, mention faite sur leurs registres et publication des présens décrets, dans la huitaine du jour qu’ils leur auront été envoyés. À Valence, le 24 mai 1793, l’an second de la république Françoise.

Signé REGNARD, Secrétaire.

Certifié conforme à l’original.

A VALENCE, DE L’IMPRIMERIE DE JEAN-JACQUES VIRET.


Que peut-on dire de ce document?



Ce document est particulièrement intéressant pour l'histoire de la Marine française sous la Révolution, car il montre comment la Convention nationale tente de concilier les besoins militaires de la République avec ceux de l'industrie navale et de l'armement.

Le décret du 14 mai 1793 intervient dans un contexte extrêmement tendu. La France révolutionnaire est en guerre contre la Première Coalition depuis 1792. Les armées de la République ont besoin d'hommes, ce qui entraîne des campagnes de recrutement de plus en plus importantes. Cependant, la Convention reconnaît qu'un recrutement excessif risque de priver la Marine et l'industrie militaire de leur main-d'œuvre qualifiée.

Le texte dispense donc du recrutement plusieurs catégories de travailleurs :

Forage et alésage des canons encyclopédie de Diderot


les entrepreneurs ;
les associés ;
les commis ;
les contremaîtres ;
les ouvriers ;
employés dans :
les manufactures de toiles à voiles ;
les fonderies ;
les manufactures d'armes destinées au service de la Marine.

Ces personnels sont exemptés de participer aux levées d'hommes et doivent continuer à travailler dans leurs ateliers.

Cette mesure révèle l'importance stratégique de l'économie de guerre. La Convention considère qu'un ouvrier spécialisé fabriquant des voiles, des canons ou des armes est parfois plus utile à la République dans son atelier que sur le champ de bataille.

Fonte des canons encyclopédie de Diderot


Pour la Marine, les conséquences sont considérables. En 1793, les ports militaires de Brest, Rochefort, Lorient et Toulon ont besoin :
de voiles pour équiper les vaisseaux ;
de canons issus des fonderies ;
d'armes pour les équipages et les troupes embarquées ;
d'un approvisionnement continu pour soutenir les escadres.

fabrication des ancres encyclopédie de Diderot


La fabrication des voiles est particulièrement critique. Un vaisseau de ligne du XVIIIe siècle emporte plusieurs milliers de mètres carrés de toile. Les combats, les tempêtes et l'usure nécessitent des remplacements constants. Sans les manufactures de toiles à voiles, la flotte ne peut ni sortir ni maintenir ses opérations.


Le décret témoigne également de la montée en puissance du Comité de salut public. Celui-ci commence à organiser la mobilisation générale des ressources du pays. Quelques mois plus tard, en août 1793, la célèbre « levée en masse » élargira encore cette logique en mobilisant toute la société au service de la guerre.




L'aspect administratif du document est lui aussi révélateur. Après sa promulgation à Paris, le décret est transmis au département de la Drôme. Le directoire départemental ordonne sa lecture publique, son affichage et son inscription dans les registres des districts et des municipalités. Dans les communes rurales, le texte doit même être lu publiquement à la sortie de la messe paroissiale. Cela montre comment l'État révolutionnaire diffuse rapidement ses décisions à travers tout le territoire.

Pour l'histoire de Toulon, ce décret prend une résonance particulière. Quelques mois après sa publication, la ville se soulève contre la Convention et livre son port aux Britanniques et aux Espagnols (août 1793). Or Toulon est alors le principal arsenal de la Méditerranée française. Les ouvriers des arsenaux, les fabricants de voiles, les fondeurs et les armuriers constituent précisément les catégories professionnelles que la Convention cherche à préserver par ce texte.

17 avril 2026

le sac et la valise uniforme marin Marine bachi bonnet vareuse rue Royale

Le sac et la valise


La Marine va fêter ses 400 ans et le bonnet de marin, le bachi sera à l'honneur. Et sous le bachi il y a bien des pièces d'habillement.


L'uniforme désigne, en terminologie militaire, l'habit militaire en général.

Bibliothèque à l'hôtel de la Marine
© JM Bergougniou
Un uniforme est un ensemble d'effets réglementaires réservé à une catégorie de personnel appartenant à un même corps, confectionné suivant certaines
spécifications (tissu, couleur, coupe) et dont le caractère militaire et national est affirmé par des attributs ou insignes nettement définis. Il est décliné par le commandement en plusieurs tenues dont la composition est fonction des circonstances et de zones géographiques.
Un marin doit porter « la tenue prescrite » de l'uniforme du corps ou de la catégorie de personnel auquel il appartient.
Mais attention, le treillis n’est pas une tenue réglementaire dans la marine. C’est pourquoi il ne fait pas partie du sac ni du trousseau du marin sauf pour le personnel fusilier-marin et commando, plongeur-démineur et moniteur d’entraînement physique, militaire et sportif


 L'hôtel de la Marine vu de la place de la Concorde
© JM Bergougniou



La Marine a quitté son hôtel parisien pour rejoindre l’Hexagone… enfin, un autre coin de l’Hexagone.


l'hôtel de la Marine
© JM Bergougniou
Le militaire a perdu sa tenue, le civil y a gagné un jean et un polo. Mais qu'on ne s’y trompe pas : un marin reste toujours un marin. Sac sur le dos, valise à la main, il passe d’affectations en permutations, de la rue Royale au Mourillon, de Landivisiau à Mayotte, jadis de Matifou à Hao…

Reconnaissons-le : un marin est toujours très affecté par une nouvelle affectation. Même si la Marine prévoit, anticipe et organise, l’affaire n’est jamais totalement dans le sac.



Place de la Concorde vue de l'hôtel de la Marine
© JM Bergougniou

Aller n’importe quand, n’importe où, pour n’importe quoi a généré à l’État-major des jours de réflexions et de réunions, et au Commissariat de la Marine des nuits d’insomnies loin du hamac et de ses araignées réglementaires.







Un marin, c’est bleu en hiver, blanc en été et rouge au sommet du bonnet. Un véritable nuancier ambulant.


Sac de Marin
© JM Bergougniou

Il dispose d’un sac en toile forte et d’une valise en acier laqué noir, frappée d’une ancre de marine, munie d’une poignée en cuir — ou en plastique selon l’année budgétaire — fermée à clé, à cadenas ou à code… parfois les trois à la fois.

Le sac, rond, mesure un mètre de hauteur pour 400 millimètres de diamètre — soit 20 millimètres de plus que les 380 du Richelieu ou du Jean Bart, ce qui, soit dit en passant, fait toute la différence. Son col est garni d’œillets métalliques permettant d’y passer une poignée amovible et un cadenas.



Entrée rue Royale 
© JM Bergougniou

Un marin est un saisonnier qui s’ignore, variant de couleur selon son affectation à Brest, Toulon ou Moruroa, et selon les caprices du ciel, passant du gris au bleu.





Bachi
© JM Bergougniou

Nourri, logé, vêtu — et surtout très vêtu — il possède pour se vêtir :

un caban, un bonnet n°1, un bonnet n°2,

une vareuse en drap bleu n°1, une n°2,

un pantalon en drap bleu n°1, un n°2,

deux pantalons gris-bleu, deux vareuses gris-bleu,

deux jerseys, deux cols, deux tricots rayés, deux cravates,

Vareuse numéro 1 et Rayé 
© JM Bergougniou


trois ou quatre paires de chaussettes en laine,

deux shorts gris-bleu,

des chaussures hautes noires n°1 et n°2,

des chaussures de travail,

des sandales en toile pour le sport,

trois ou quatre serviettes,

une gamelle, un quart et des couverts,

une brosse à laver, une brosse à chaussures, un peigne,



Plaque à matriculer
© JM Bergougniou

une plaque à matriculer, deux ceintures,

une chaîne avec numéro matricule,

quatre mouchoirs, trois caleçons…


Et, dans les temps anciens, un slip de bain en laine, bleu, unitaille et particulièrement absorbant. Une fois mouillé, ce chef-d’oeuvre textile laissait deviner sans la moindre discrétion les oeuvres vives du matelot.


Vareuse blanche 
© JM Bergougniou



Pour les pays chauds, on ajoutait bien entendu
:

deux coiffes blanches, deux vareuses blanches, des chaussettes blanches, des cols blancs et deux pantalons blancs.


valise poignée en cuir
© JM Bergougniou








La valise, quant à elle, servait à transporter les affaires dites nobles : sous-vêtements, bonnets, serviettes, chaussettes, un pantalon, une vareuse, le nécessaire de toilette, les papiers, les photos… et tout ce qui ne trouvait plus sa place ailleurs.


Voilà donc comment, dans un minimum de place, on faisait tenir un maximum de choses.

Col bleu
© JM Bergougniou

Enfin prêt pour l’inspection du sac… sans avoir oublié, bien entendu, d’emprunter la brosse à dents d’un camarade afin de matriculer ses effets.

Merci aux anciens des arpètes pour ces souvenirs qui sentent bon la toile, le cirage et l’aventure.







02 décembre 2025

Service de renseignement aux familles Annecy Menthon-Saint-Bernard Guerre 1939-1945 Marine Indochine

Service de renseignementS aux familles Annecy Menthon St-Bernard Guerre 1939-1945 Marine

Déjà en 1914 un bureau de renseignements des familles centralise les informations relatives aux blessés, aux disparus et aux soldats français prisonniers. 

La correspondance entre la zone occupée et la zone non-occupée sont interdites depuis l'armistice du 22 juin 1940. Les autorités allemandes fixent la reprise de la correspondance interzones au 1er août 1940, mais les modalités de la correspondance familiale ne sont pas encore en place.


Les modalités de mise en place de la correspondance familiale interzones sont précisées dans la note E.P.1 du 23 septembre 1940 

utilisation de formulaires spécifiques exclusivement imprimés et mis en vente par l'administration.

interdiction d'ajouter des timbres-poste. interdiction d'ajouter des mentions en dehors de espaces prévus.

A partir du 2 juin 1941, les cartes postales ordinaires de type entier postal sont autorisées pour la correspondance interzones. 

En France les entiers suivants seront successivement utilisés :

Iris 80c - Pétain 80c - Pétain 80c avec griffe encadrée complément de taxe perçue (changement de tarif du 5 janvier 1942) - Pétain 1F20


En 1942 un service dépendant du ministère des colonies est mis en place.


Le 11 novembre, à 4 h du matin Pierre Laval, en visite à Munich, est informé de la décision de Hitler de l’occupation totale de la France. Pétain en est également informé par une lettre personnelle du Führer. À 5 h 25, Hitler ordonne à ses troupes de traverser la France pour occuper la côte de la Méditerranée et participer avec les Italiens à la « protection » de la Corse. 

À 7 h, Radio Paris diffuse « un message du Führer au peuple français » :

« […] L’Armée allemande ne vient pas en ennemie du peuple français, ni en ennemie de ses soldats. Elle n’a qu’un but : repousser, avec ses alliés, toute tentative de débarquement anglo-américain. Avec l’Armée française, ils entreprendront la défense des frontières françaises contre les attaques ennemies. »


Le 11 novembre 1942, le contre-amiral Gabriel Auphan avait donné l'ordre aux deux amiraux de Toulon de :

s'opposer, sans effusion de sang, à l'entrée des troupes étrangères dans les établissements, bases aériennes, ouvrages de la marine ;

s'opposer de même à l'entrée des troupes étrangères à bord des bâtiments de la flotte ; par des négociations locales, s'efforcer d'arriver à un accord ;

en cas d'impossibilité, saborder les bâtiments.

C'est cette dernière solution qui sera appliquée, dans la nuit du 26 au 27 novembre 1942, les amiraux André Marquis et Jean de Laborde ayant appris que les Allemands étaient sur le point de tenter un coup de main sur la flotte.

11 novembre 1942 : A la suite du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, invasion de la "zone non occupée" par les Allemands. Les Italiens occupent une grande partie du Sud-Est.

Les anciennes "zone occupée" et "zone non-occupée" porteront rapidement le nom de "Zone Nord" et de "Zone Sud".


Le courrier venant par l'étranger est censuré par les Allemands à Paris (censure "x"), à Lyon (censure "l") et à Bordeaux (censure "y").

1er janvier 1943 : L'Agence Économique des Colonies prend en charge le Service de Renseignements au Familles.

10 février 1943 : Accord des autorités allemandes pour la reprise du trafic de télégrammes familiaux entre les zones occupées et non-occupées d'une part et l'Indochine par voie radiophonique.


Carte Postale en FM - cachet sur 4 lignes Service des Renseignements aux familles
Préfecture Maritime Flamme Toulon 8-V-1943

DÉBUT 1943 : L'envoi de télégrammes par la voie officielle est possible pour les civils par l'Agence Économique des Colonies, à raison d'un message trimestriel de sept mots et pour les militaires à raison d'un message mensuel par la Direction des Services Militaires à Chamalières.


Pli privé référence 169X destiné au sous-marin Protée
ayant rallié la force X à Alexandrie


1er Juillet 1943 : La population civile d'indochine est autorisée à expédier un télégramme par mois et par famille.


PAR LE SERVICE (MILITAIRE) DE RENSEIGNEMENTS AUX FAMILLES SITUÉ A TOULON

Les familles peuvent répondre par le même canal à raison d'un message de 10 mots par mois.

Les premiers messages de 1941 sont envoyés sur carte postale Iris avec texte "au tampon". Puis ce sera des cartes pré-imprimées en franchise militaire.


Carte en FM Cachet Arrondissement maritime  de Toulon
Service des renseignements aux familles
replié Hotel des Alpes Annecy (Haute-Savoie)
Flamme CRAG 2 22-XII-1943



La Haute-Savoie se trouve d’abord en zone libre (jusqu’en novembre 1942), administrée par le régime de Vichy. Après le 11 novembre 1942, la région est occupée par l’Italie jusqu’en septembre 1943, puis par l’Allemagne.




Verso référence S.1427 de l'ingénieur mécanicien de 1ere classe à
Unité Marine Saïgon daté de Annecy le 22-12-43

Hôtel des Alpes Annecy


message d'Emile Binois Ingénieur mécanicien à Saïgon Marine
transmis par le service des renseignements aux familles
replié à Menthon St-Bernard TàD 20-4-1944



Toulon rayé remplacé par Menthon message expédié le 5-4
référence S.376


Les messages télégraphiques et les messages radio


Toulon sur Mer 10-XII-1941

Outre les courriers échangés, les marins avaient la possibilité de communiquer avec leur famille par le biais de télégrammes et de messages radio.

Les télégrammes personnels étaient acheminés (au moins durant les débuts de l’internement) via la poste égyptienne d’Alexandrie.

Référence P113 Pégase à Saïgon

De plus la note parue dans l’Ouest-Eclair évoque la possibilité de profiter d’un télégramme groupé. Celui-ci était échangé entre le Service des Renseignement aux Familles de la préfecture maritime de Toulon et le poste radiotélégraphique du navire-amiral Duquesne. 


Envoi de Toulon  SRF Toulon Préfecture maritime 18-XI-1942
Le S.R.F de Toulon retransmettait aux familles les messages reçus d’Alexandrie via un modèle d’entier postal repiqué. Le S.R.F recevait les messages à transmettre au moyen de cartes interzones ou d’un courrier en franchise.

La fin du carénage du Pégase a lieu en ,
un mois après l'entrée en guerre des Japonais.
Des négociations ont lieu pendant plusieurs mois pour permettre le retour du sous-marin
en métropole, qui est finalement prévu le 
.
Mais le débarquement allié  en Afrique du Nord 
 le  
pousse les Japonais à annuler puis à suspendre le départ


Ce mode de communication n’était pas spécifique aux messages échangés avec les marins internés à Alexandrie. En effet le S.R.F transmettait des messages avec les marins dispersés à travers le monde.


Par ailleurs le S.C.O.M (Service Central des Œuvres de la Marine) transmettait par radio-alger ou radio-tunis une sélection des messages télégraphiés. Ces émissions pouvaient être captées par le poste radiotélégraphique du navire-amiral Duquesne.

Les émissions radio ont forcément été interrompues du fait du débarquement allié en Afrique Française du Nord. Les messages télégraphiques semblent eux avoir été échangés jusqu'à la fin de l'internement.

Référence : "Messages d'Indochine" par François Chauvin dans Timbres Magazine No 44, mars 2004.  



https://francearchives.gouv.fr/fr/authorityrecord/FRAN_NP_051228


18 octobre 2025

Des cartes postales enfumées De la Marine et de l'usage du charbon

Des cartes postales enfumées 

De la Marine et de l'usage du charbon



Je voudrais lancer un appel solennel à mes amis cartophiles de la Marcophilie Navale car je n'ai jamais vu en exposition une présentation sur 
"La fumée des navires de la Marine nationale en cartes postales." 
J'espère que cet article du blog générera des vocations parmi eux pour le prochain congrès.

Par ailleurs je m'excuse par avance auprès des écolos, des malades des bronches et des poumons, aux abolitionnistes du feu de cheminée, des barbecues et des utilisateurs du charbon pour cette provocation.


La chauffe au charbon fut le seul moyen de générer de la vapeur au cours de la première guerre mondiale et de nombreuses années après. On en trouvait pratiquement partout bien que dans certains ports la qualité fut médiocre. 

La chauffe au charbon posait de nombreux problèmes, elle n'était pas toujours stable, le mâchefer pouvait se coincer entre les barreaux des grilles, il fallait des heures pour l'enlever et assurer une bonne circulation de l'air de combustion.





Une chaudière est un récipient clos à parois métalliques résistantes, destiné à transformer en vapeur l'eau qu'il contient, à l'aide de la chaleur du foyer.



Elles sont de forme cylindrique qui est celle qui résiste le mieux aux pressions intérieures et extérieures, avec le minimum d'épaisseur.




On tire des houillères anglaises trois espèces principales de charbon, dont l’une, le smokeless (qui brûle sans dégager de fumée) est très précieuse pour les opérations de guerre. Le smokeless permet en effet de chauffer sans produire ces immenses panaches de fumée noire, qui décèlent la présence des navires à 20 ou 30 milles en mer, empêchant toute surprise de jour ou la nuit par clair de lune.

  

L’Amirauté anglaise considère avec raison cette variété comme le meilleur type de charbon. M. Dawkins le désigne sous le nom significatif de « charbon de l’Amirauté. » L’Angleterre en a livré au Japon pendant la dernière guerre, mais les Russes se contentaient des qualités inférieures. Les gisemens du Pays de Galles, d’où l’on extrait ce précieux combustible, couvrent une superficie de 180 milles carrés ; la surface des terrains carbonifères de cette région atteignait elle-même à peu près 1 000 milles carrés.




Les chaudières  marine sont à foyer intérieur et peuvent être à foyers multiples, toute la chaleur absorbée par les parois qui entourent le foyer est utilisée par l'eau. La surface de chauffe est la surface des parois de la chaudière directement au contact des flammes, c'est d'elle que dépend la production de vapeur. 

Dans le but d'augmenter cette surface de chauffe sans augmenter l'encombrement, on divise le courant de fumée en obligeant les gaz à passer dans un faisceau de tubes placés dans la masse  d'eau. Les tubes sont alors appelés tubes de fumée et la chaudière est dite tubulaire.



Le charbon de terre est le combustible qui est le plus employé à cet usage. On l'utilise directement comme houille ou anthracite, et quelquefois à l'état de coke.

Les houilles  qui conviennent le mieux pour le chauffage des chaudières sont les houilles maigres ou demi grasses à courtes flammes et les houilles sèches à longue flamme.


Elles sont caractérisées par une proportion relativement faible de matières volatiles et un grand pourcentage de charbon fixe.

Par leur charbon fixe, elles donnent aux foyers qui les brûlent un volant de chaleur suffisant pour transformer en oxyde de carbone, puis en acide carbonique, la faible proportion d'hydrocarbures qui constitue leur partie volatile. Elles brûlent en donnant relativement peu de fumée, et leur emploi se recommande tout particulièrement dans les foyers que l'on veut rendre fumivores en utilisant seulement le tirage naturel des cheminées.

Les meilleurs combustible pour le chauffage des chaudières sont les Houilles maigres Cardiff-Charleroi, suivies des Houilles demi grasses.



Sources 

F. Cordier, Encyclopédie Scientifique, Chaudières et Condenseurs, Bibliothèque de Mécanique Appliquée et Génie, Paris, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Charbon_au_point_de_vue_naval

Décret dispense de recrutement 1793 an II de la République française arsenaux marine

Décret dispense recrutement Arsenaux Marine N.° 859. DÉCRET  DE LA  CONVENTION NATIONALE, Du 14 Mai 1793, l’an second de la république Franç...