Le sac et la valise
La Marine va fêter ses 400 ans et le bonnet de marin, le bachi sera à l'honneur. Et sous le bachi il y a bien des pièces d'habillement.
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| Bibliothèque à l'hôtel de la Marine © JM Bergougniou |
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| L'hôtel de la Marine vu de la place de la Concorde © JM Bergougniou |
La Marine a quitté son hôtel parisien pour rejoindre l’Hexagone… enfin, un autre coin de l’Hexagone.
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| l'hôtel de la Marine © JM Bergougniou |
Reconnaissons-le : un marin est toujours très affecté par une nouvelle affectation. Même si la Marine prévoit, anticipe et organise, l’affaire n’est jamais totalement dans le sac.
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| Place de la Concorde vue de l'hôtel de la Marine © JM Bergougniou |
Aller n’importe quand, n’importe où, pour n’importe quoi a généré à l’État-major des jours de réflexions et de réunions, et au Commissariat de la Marine des nuits d’insomnies loin du hamac et de ses araignées réglementaires.
Un marin, c’est bleu en hiver, blanc en été et rouge au sommet du bonnet. Un véritable nuancier ambulant.
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| Sac de Marin © JM Bergougniou |
Il dispose d’un sac en toile forte et d’une valise en acier laqué noir, frappée d’une ancre de marine, munie d’une poignée en cuir — ou en plastique selon l’année budgétaire — fermée à clé, à cadenas ou à code… parfois les trois à la fois.
Le sac, rond, mesure un mètre de hauteur pour 400 millimètres de diamètre — soit 20 millimètres de plus que les 380 du Richelieu ou du Jean Bart, ce qui, soit dit en passant, fait toute la différence. Son col est garni d’œillets métalliques permettant d’y passer une poignée amovible et un cadenas.
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| Entrée rue Royale © JM Bergougniou |
Un marin est un saisonnier qui s’ignore, variant de couleur selon son affectation à Brest, Toulon ou Moruroa, et selon les caprices du ciel, passant du gris au bleu.
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| Bachi © JM Bergougniou |
Nourri, logé, vêtu — et surtout très vêtu — il possède pour se vêtir :
un caban, un bonnet n°1, un bonnet n°2,
une vareuse en drap bleu n°1, une n°2,
un pantalon en drap bleu n°1, un n°2,
deux pantalons gris-bleu, deux vareuses gris-bleu,
deux jerseys, deux cols, deux tricots rayés, deux cravates,
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| Vareuse numéro 1 et Rayé © JM Bergougniou |
trois ou quatre paires de chaussettes en laine,
deux shorts gris-bleu,
des chaussures hautes noires n°1 et n°2,
des chaussures de travail,
des sandales en toile pour le sport,
trois ou quatre serviettes,
une gamelle, un quart et des couverts,
une brosse à laver, une brosse à chaussures, un peigne,
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| Plaque à matriculer © JM Bergougniou |
une chaîne avec numéro matricule,
quatre mouchoirs, trois caleçons…
Et, dans les temps anciens, un slip de bain en laine, bleu, unitaille et particulièrement absorbant. Une fois mouillé, ce chef-d’œuvre textile laissait deviner sans la moindre discrétion les œuvres vives du matelot.
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| Vareuse blanche © JM Bergougniou |
Pour les pays chauds, on ajoutait bien entendu :
deux coiffes blanches, deux vareuses blanches, des chaussettes blanches, des cols blancs et deux pantalons blancs.
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| valise poignée en cuir © JM Bergougniou |
La valise, quant à elle, servait à transporter les affaires dites nobles : sous-vêtements, bonnets, serviettes, chaussettes, un pantalon, une vareuse, le nécessaire de toilette, les papiers, les photos… et tout ce qui ne trouvait plus sa place ailleurs.
Voilà donc comment, dans un minimum de place, on faisait tenir un maximum de choses.
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| Col bleu © JM Bergougniou |
Enfin prêt pour l’inspection du sac… sans avoir oublié, bien entendu, d’emprunter la brosse à dents d’un camarade afin de matriculer ses effets.
Merci aux anciens des arpètes pour ces souvenirs qui sentent bon la toile, le cirage et l’aventure.













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