17 avril 2026

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Le sac et la valise


La Marine va fêter ses 400 ans et le bonnet de marin, le bachi sera à l'honneur. Et sous le bachi il y a bien des pièces d'habillement.


L'uniforme désigne, en terminologie militaire, l'habit militaire en général.

Bibliothèque à l'hôtel de la Marine
© JM Bergougniou
Un uniforme est un ensemble d'effets réglementaires réservé à une catégorie de personnel appartenant à un même corps, confectionné suivant certaines
spécifications (tissu, couleur, coupe) et dont le caractère militaire et national est affirmé par des attributs ou insignes nettement définis. Il est décliné par le commandement en plusieurs tenues dont la composition est fonction des circonstances et de zones géographiques.
Un marin doit porter « la tenue prescrite » de l'uniforme du corps ou de la catégorie de personnel auquel il appartient.
Mais attention, le treillis n’est pas une tenue réglementaire dans la marine. C’est pourquoi il ne fait pas partie du sac ni du trousseau du marin sauf pour le personnel fusilier-marin et commando, plongeur-démineur et moniteur d’entraînement physique, militaire et sportif


 L'hôtel de la Marine vu de la place de la Concorde
© JM Bergougniou



La Marine a quitté son hôtel parisien pour rejoindre l’Hexagone… enfin, un autre coin de l’Hexagone.


l'hôtel de la Marine
© JM Bergougniou
Le militaire a perdu sa tenue, le civil y a gagné un jean et un polo. Mais qu'on ne s’y trompe pas : un marin reste toujours un marin. Sac sur le dos, valise à la main, il passe d’affectations en permutations, de la rue Royale au Mourillon, de Landivisiau à Mayotte, jadis de Matifou à Hao…

Reconnaissons-le : un marin est toujours très affecté par une nouvelle affectation. Même si la Marine prévoit, anticipe et organise, l’affaire n’est jamais totalement dans le sac.



Place de la Concorde vue de l'hôtel de la Marine
© JM Bergougniou

Aller n’importe quand, n’importe où, pour n’importe quoi a généré à l’État-major des jours de réflexions et de réunions, et au Commissariat de la Marine des nuits d’insomnies loin du hamac et de ses araignées réglementaires.

Un marin, c’est bleu en hiver, blanc en été et rouge au sommet du bonnet. Un véritable nuancier ambulant.



Sac de Marin
© JM Bergougniou

Il dispose d’un sac en toile forte et d’une valise en acier laqué noir, frappée d’une ancre de marine, munie d’une poignée en cuir — ou en plastique selon l’année budgétaire — fermée à clé, à cadenas ou à code… parfois les trois à la fois.

Le sac, rond, mesure un mètre de hauteur pour 400 millimètres de diamètre — soit 20 millimètres de plus que les 380 du Richelieu ou du Jean Bart, ce qui, soit dit en passant, fait toute la différence. Son col est garni d’œillets métalliques permettant d’y passer une poignée amovible et un cadenas.


Entrée rue Royale 
© JM Bergougniou

Un marin est un saisonnier qui s’ignore, variant de couleur selon son affectation à Brest, Toulon ou Moruroa, et selon les caprices du ciel, passant du gris au bleu.


Bachi
© JM Bergougniou

Nourri, logé, vêtu — et surtout très vêtu — il possède pour se vêtir :

un caban, un bonnet n°1, un bonnet n°2,

une vareuse en drap bleu n°1, une n°2,

un pantalon en drap bleu n°1, un n°2,

deux pantalons gris-bleu, deux vareuses gris-bleu,

deux jerseys, deux cols, deux tricots rayés, deux cravates,

Vareuse numéro 1 et Rayé 
© JM Bergougniou


trois ou quatre paires de chaussettes en laine,

deux shorts gris-bleu,

des chaussures hautes noires n°1 et n°2,

des chaussures de travail,

des sandales en toile pour le sport,

trois ou quatre serviettes,

une gamelle, un quart et des couverts,

une brosse à laver, une brosse à chaussures, un peigne,

Plaque à matriculer
© JM Bergougniou

une plaque à matriculer, deux ceintures,

une chaîne avec numéro matricule,

quatre mouchoirs, trois caleçons…


Et, dans les temps anciens, un slip de bain en laine, bleu, unitaille et particulièrement absorbant. Une fois mouillé, ce chef-d’œuvre textile laissait deviner sans la moindre discrétion les œuvres vives du matelot.

Vareuse blanche 
© JM Bergougniou

Pour les pays chauds, on ajoutait bien entendu
:

deux coiffes blanches, deux vareuses blanches, des chaussettes blanches, des cols blancs et deux pantalons blancs.


valise poignée en cuir
© JM Bergougniou


La valise, quant à elle, servait à transporter les affaires dites nobles : sous-vêtements, bonnets, serviettes, chaussettes, un pantalon, une vareuse, le nécessaire de toilette, les papiers, les photos… et tout ce qui ne trouvait plus sa place ailleurs.

Voilà donc comment, dans un minimum de place, on faisait tenir un maximum de choses.

Col bleu
© JM Bergougniou

Enfin prêt pour l’inspection du sac… sans avoir oublié, bien entendu, d’emprunter la brosse à dents d’un camarade afin de matriculer ses effets.

Merci aux anciens des arpètes pour ces souvenirs qui sentent bon la toile, le cirage et l’aventure.







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