Chasseur 136
Le Chasseur 136 est un chasseur de sous-marins d'origine américaine de la classe des SC-497. Il est construit par la Donovan Contracting Company à Shelburne (Vermont). Sa quille est posée le 4 mai 1942, il est lancé le 31 août 1942 et entre en service dans l'US Navy le 16 novembre 1942 sous la désignation PC-1030. En avril 1943, il est reclassé SC-1030.
Au cours de son service sous pavillon américain, il participe aux opérations navales en Méditerranée lors de la campagne de Sicile. Endommagé à la suite d'une collision, il est remorqué à Oran, où il subit les réparations nécessaires avant de reprendre du service.
Le 2 octobre 1944, il est transféré à la Marine nationale dans le cadre des accords de Prêt-Bail (Lend-Lease). Il reçoit alors la désignation Chasseur 136 (CH 136) et rejoint la série des chasseurs de sous-marins américains remis à la France pour participer à la reconstitution de la flotte après la Libération.
Long d'environ 33,8 mètres, déplaçant près de 150 tonnes, le CH 136 est propulsé par deux moteurs Diesel entraînant deux hélices. Il atteint une vitesse d'environ 21 nœuds et embarque un équipage d'une trentaine d'hommes. Son armement comprend notamment un canon de 40 mm, des mitrailleuses de 12,7 mm et des équipements de lutte anti-sous-marine.
Les archives du Service historique de la Défense conservent un dossier consacré au bâtiment. Celui-ci renferme notamment un rapport de prise de commandement (1944), des ordres d'opérations, des rapports de travaux et des documents administratifs établis en 1945, témoignant de son activité au sein de la Marine française.

Le Chasseur 136 (CH 136) photographié à Toulon le 21 juillet 1945 par Marius Bar. Ancien SC-1030 de l'US Navy, ce chasseur de sous-marins est transféré à la Marine nationale le 2 octobre 1944 dans le cadre des accords de Prêt-Bail.
Long de près de 34 mètres et capable d'atteindre 21 nœuds, il participe à la reconstitution des forces navales françaises à la Libération. Cette photographie montre le bâtiment dans sa configuration d'origine, avec son canon Bofors de 40 mm à l'avant et ses équipements de lutte anti-sous-marine.
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| Cols Bleus N° 193 du 05-08-1949 |
Voici un texte extrait de Cols Bleus concernant une avarie survenue sur le chasseur 136
Quand le « Chasseur 102 » sort les apprentis gabiers
Les chasseurs « 102 » et « 136 » appareillent du Poulmic pour manœuvres. Vingt-quatre apprentis gabiers ont pris place à bord du « 102 ». Ils sont immédiatement incorporés dans l'équipage et traités comme les matelots.
Le lendemain, les chasseurs passent à l'aurore au large de La Hougue ; ils arrivent à 13 heures au Havre.
Puis, c'est le départ pour Rouen avec le changement de pilote à Villequier. Arrivée à 16 heures, amarrage à couple au quai Gaston-Boulet.
Pendant la traversée, les apprentis participent à un grand nombre de manœuvres. D'eux-mêmes, ils se sont mêlés à la vie du bord. Il y eut quelques « mal de mer », mais à bord d'un chasseur, cela n'a rien d'étonnant. Ils apprennent à gréer des aussières neuves, à confectionner des paillets ; aussi sont-ils très fiers de leurs premières réussites. Les corvées du bord ne leur sont pas épargnées ; ils mettent en ordre la soute de manœuvre, ils accomplissent les postes de veille et les fonctions au mouillage.
Tout cela ne les empêche pas de suivre les cours pratiques que leur donnent leurs instructeurs.
C'est à Rouen que l'accident arriva.
Au moment où le « 136 » appareillait en ligne de file derrière le « 102 », machine à 700 tours, le tronçon de l'arbre se porta vers l'arrière et l'hélice vint buter contre le gouvernail tribord. C'était l'avarie. Dans l'après-midi, le « 102 » remorque son frère au bassin aux Bois. Un scaphandrier examine l'arbre : seuls les ateliers du Havre peuvent réparer.
Alors, le lendemain, appareillage à 6 h 30. Le remorquage en flèche se révèle bientôt impossible : l'hélice tribord du « 136 » cogne sur le gouvernail.
Le remorquage à couple est décidé. Bord à bord, comme deux frères jumeaux, les chasseurs descendent la Seine. Dur travail. La moindre dérive, la moindre fausse manœuvre et les deux bâtiments se mettent au plein sur la rive.
Les apprentis aident comme ils peuvent.
À 15 heures, les chasseurs s'amarrent à Tancarville. C'est assez pour aujourd'hui.
Le lendemain, c'est encore pire : la visibilité moyenne est de 100 mètres et elle tombe vers 14 heures à 50 mètres. L'équipage du « 102 » est sur les dents. On arrive enfin à la base sous-marine du Havre, amarrage à 17 h 20. Le « 102 » fait le plein de gaz-oil. Le « 136 » fait examiner son avarie. Les ateliers du Havre sont insuffisamment outillés. Il faut aller jusqu'à Cherbourg.
On décide l'appareillage à 1 h 25 pour Cherbourg. À 8 heures, le chasseur « 136 » est largué. Il va essayer de se débrouiller tout seul, avec un moteur et une hélice. Il y arrive. Le « 102 » se tient près du « 136 », prêt à l'aider en cas de besoin.
À 13 h 15, une mine dérivante est aperçue et coulée.
Après douze heures d'une fort pénible traversée, le « 136 » s'amarre à Cherbourg. Le lendemain, le « 102 » appareille seul pour Brest. Traversée facile ; les manœuvres recommencent.
Mais le lendemain matin, c'est la « purée de pois ». On voit à peine à 10 mètres. Le « 102 » arrive au Poulmic à 11 heures et débarque ses passagers. Ceux-ci ont largement profité de leur sortie d'instruction. Toutes les péripéties de la traversée ont été pour eux des sujets d'apprentissage pratique. Quand il l'a fallu, ils ont aidé aux manœuvres.
Aussi le commandant du chasseur « 102 » adresse un rapport élogieux sur leur conduite et demande de les « sortir » de nouveau. Voici comment on forme des équipages.
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| Cols bleus n° 189 du 3 juin 1949 |
Sources
Cols Bleus n° 47 du 11-1-1946
Cols Bleus N° 193 du 05-08-1949
Cols bleus n° 189 du 3 juin 1949
SHD
CHASSEUR 136, chasseur. – Activité et opérations : ordre (1945), rapport de prise de commandement (1944), rapport de fin de travaux (1945), état de travaux
(1945), devis de campagne (1945). 1944-1945
Navypedia
Subchaser.org




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