L’aviso Altaïr : de la Grande Guerre aux mers d’Extrême-Orient
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| Timbre à date TIENTSIN – 11 JANV. 1929 ( lecture probable mais non totalement certaine) |
L’aviso Altaïr appartient à une série de huit avisos de type Flower commandés par la Marine française aux chantiers britanniques pendant la Première Guerre mondiale. Construit chez Hamilton & Co à Glasgow, il est mis sur cale le 28 février 1916, lancé le 6 juillet suivant et admis au service actif le 14 septembre 1916. Déplaçant 1 470 tonnes, long de 84 mètres et capable d'atteindre 17,5 nœuds, il est considéré comme un excellent bâtiment de patrouille et d'escorte.
Dès son entrée en service, l'Altaïr est affecté aux patrouilles de Méditerranée occidentale. Pendant la Grande Guerre, il opère principalement sur les côtes de Provence et de Tunisie, où il participe à la lutte contre la menace sous-marine allemande. En 1918, il est intégré à la 8e escadrille de contre-torpilleurs de l'Armée navale aux côtés des avisos Antarès, Aldébaran, Bellatrix et Cassiopée.
Après l'armistice, il est envoyé en mer Noire en 1919. Il participe alors à la surveillance des côtes russes et à l'évacuation de réfugiés fuyant les combats de la guerre civile russe autour d'Odessa.
À partir de 1920, l'Altaïr rejoint la Division navale d'Extrême-Orient. Durant près de quinze années, il sillonne les eaux d'Asie, faisant escale à Bassorah, Bouchir, Bangkok, au Japon et sur les côtes chinoises. Sa mission consiste à protéger les intérêts français, les concessions étrangères et les ressortissants établis dans cette région alors marquée par de fréquentes crises politiques.
Son intervention la plus connue se déroule en janvier 1925 à Shanghai. Alors que les armées rivales des seigneurs de la guerre chinois s'affrontent aux portes de la ville, plusieurs milliers de soldats cherchent refuge dans les concessions étrangères. Le consul de France mobilise alors la police de la concession française ainsi qu'une cinquantaine de marins de l'Altaïr et de la canonnière Balny. Les détachements français contrôlent les accès, désarment les militaires chinois et contribuent au maintien de l'ordre. Plus de 6 000 soldats sont ainsi internés dans les concessions, évitant que les combats ne s'étendent aux quartiers étrangers.
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| rue de Shanghai vers 1925 |
Après plusieurs années de service en Extrême-Orient, l'Altaïr est placé en réserve à Saïgon en novembre 1934. Entre 1936 et 1938, il est encore employé à des missions hydrographiques en Indochine. Rayé des listes de la flotte le 8 mars 1939, il est finalement vendu à la démolition à Saïgon en 1940, mettant fin à près d'un quart de siècle de service sous pavillon français.
LE MINISTRE DE LA MARINE RÉCOMPENSE LES GLORIEUX DÉFENSEURS DE LA CONCESSION FRANÇAISE DE CHANGHAI
Paris, 8 mai. — La concession française de Changhaï a été au début de l'année 1925 le théâtre d'événements qui auraient pu avoir de graves conséquences diplomatiques. Le maréchal Tchang Sou Lin venait de remporter une victoire à Nankin et marchait vers Changhaï. Le succès de la tâche d'unification des provinces de Mouken à Changhaï paraissait ainsi assuré, quand le maréchal Tsi Tsie Yuen, ancien gouverneur de Nankin, réfugié dans la concession internationale, attaqua brusquement dans la nuit du 10 au 11 janvier le gouverneur général Tchang Yung Ming, commissaire militaire de Changhaï et ami du maréchal Tchang Sou Lin.
Tsi Tsie Yuen possédait un quartier général constitué dans les faubourgs de la ville et avait dirigé pendant les jours précédents l'armée de Sun, qui était devenue hétéroclite pour s'approcher de la concession française, position avancée au sud-est de la concession internationale. Sur la demande du consul de France, le capitaine de frégate Weverbergh prit la direction de la défense. Il avait à sa disposition une centaine de marins des bâtiments présents, l'Altaïr et le Balny, qu'il fallut débarquer en hâte et environ 400 soldats annamites et volontaires internationaux. Ceux-ci eurent à s'opposer à l'envahissement de la concession par 15 000 hommes. Ils le firent avec succès et eurent, après la journée du 12, désarmé 3 000 prisonniers.
| Tchang Sou Lin |
le 11, vers midi, les troupes de Tsi Tsie Yuen, parti blanc, prenant l'avantage, commencèrent à refouler les troupes rouges (parti de Tchang Yung Ming), tandis que sur les lisières de l'Arroyo, qui borde la concession française, se massaient déjà les troupes bleues, détachements de la 4e division du Tché-Kiang, qui s'étaient déclarées neutres dans le combat en cours et ne cherchaient qu'à fuir et à piller. Le soir, vers cinq heures, les rouges et les bleus, en pleine débandade, commencèrent à traverser l'Arroyo en jonques, avec armes et bagages, protégés par des tirailleurs qui engagèrent le combat avec les défenseurs de la concession. Ils furent d'ailleurs tous pris et désarmés par les 500 hommes du commandant Weverbergh.
La concession française était sauvée, mais elle n'échappa en somme que de peu au pillage que la cité chinoise subit à côté d'elle. L'allant des troupes, marins, tirailleurs annamites et volontaires internationaux, fut remarquable. Le ministre de la Marine vient, après avoir reçu les rapports des autorités présentes, d'accorder un certain nombre de récompenses, croix de guerre des théâtres d'opérations et témoignages officiels de satisfaction, à ceux qui se sont le plus distingués au cours de cette opération.
Les distinctions accordées sont les suivantes :
Citations à l'ordre de l'armée
Capitaine de frégate Weverbergh, commandant l'Altaïr et les troupes de la défense ;
Capitaine d'artillerie de réserve Fiori, commandant la garde municipale de Changhaï ;
Matelot chauffeur Péron, de l'Altaïr, qui, dans un engagement au cours duquel il mit en fuite neuf pillards qui l'avaient attaqué.
Citations à l'ordre de la brigade
Quartier-maître mécanicien Larrégain, du Balny ;
Matelot de 1re classe Clot, de l'Altaïr.
Témoignages officiels de satisfaction
Enseigne de vaisseau Bosvieux ;
Enseigne de vaisseau Baudouin ;
Second-maître canonnier Ghio ;
2e maître canonnier Kermagoret ;
2e maître timonier Madec ;
2e maître armurier Catherine.
— TROLLEY de PRÉVAUX Jacques Marie Charles, capitaine de frégate, du port de Toulon.
Nommé à ce commandement par un décret du 19 mars 1931 (J.O. 20 mars 1931, p. 3.140). Commandement pris à Shanghai (Chine). Forces navales de l’Extrême-Orient.







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