27 mai 2026

SNA PERLE déconstruction à Cherbourg sous-marin nucléaire d'attaque Toulon

 SNA PERLE départ pour reconstruction à Cherbourg


Un grand pavillon tricolore flottant entre ses mâts, une dernière silhouette noire glissant dans la rade au lever du jour. Ce mercredi 20 mai au matin, le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Perle a quitté la base navale pour ne plus jamais y revenir. Après 33 ans passés au service de la France, le bâtiment met le cap sur Cherbourg, où il sera retiré du service actif puis désarmé.

Revenu brièvement en rade des Vignettes dans l’après-midi pour débarquer quelques passagers embarqués le matin, le sous-marin est ensuite reparti, cette fois pour de bon. Un départ que la Marine nationale a tenu à saluer publiquement, évoquant sur le réseau social X un bâtiment qui aura servi « au service de la France ».


 Après trente-trois ans passés à jouer à cache-cache sous les océans, le dernier Rubis de sa génération a mis le cap vers Cherbourg pour son ultime mission : finir en puzzle métallique géant sous les chalumeaux des démolisseurs. C'est l'Améthyste qui sera le dernier SNA de la classe Rubis


La Perle devant Balaguer d'après photo Francis Jacquot

On imagine presque les mouettes de la rade lancer un dernier « salut vieux frère ! » pendant que le sous-marin glissait hors du port, fier malgré ses rides de tôles et ses milliers d’heures passées dans les profondeurs. Car le Perle, ce n’était pas seulement un tas d’acier nucléaire. C’était un vétéran. Un survivant même. 



En 2020, après l’incendie qui avait éventré son avant, beaucoup le croyaient promis à la casse. Mais la Marine lui avait offert une seconde vie digne d’un film de science-fiction naval : on lui avait greffé le nez du Saphir, son cousin désarmé. Une opération Frankenstein version arsenaux de Cherbourg.



Revenu à flot en 2023 contre toute attente, le Perle avait repris la mer avec l’élégance cabossée des vieux aventuriers. Un peu rafistolé, certes, mais toujours capable de filer discrètement sous les vagues pendant que le reste du monde dormait tranquille au-dessus.



Cette fois pourtant, pas de retour prévu. À Cherbourg, les ouvriers ne l’attendent pas avec une caisse à outils mais avec des plans de déconstruction. Le vieux sous-marin va être démonté morceau par morceau, comme on démonte une légende après le dernier rappel. On imagine déjà les anciens sous-mariniers lever leur verre :



« Adieu la Perle. Tu finis en morceaux… mais quelle sacrée histoire tu laisses derrière toi. »


Et pendant que les nouveaux géants de la classe Suffren prennent la relève, quelque part dans la rade de Toulon, il manque désormais une silhouette noire à l’appel. Un vide discret. Presque silencieux. Exactement comme un sous-marin.


Merci à Paul Roy

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