Les Chouans en Côtes du Nord
St-Brieux 7 frimaire an 8
Une lettre du 7 frimaire an VIII ( 27 novembre 1799) adressée à un homme de loi à Paris depuis Saint-Brieux.
La situation en Bretagne est alors compliquée.
Le chouannage est affaire de longue durée.
En 1799, on en est au troisième temps de la chouannerie. Le pouvoir du Directoire est affaibli. Le moment est venu de lancer des raid-éclairs contre Coutances, Le Mans, Nantes...
Et, le 5 brumaire de l'an VIII, contre le chef-lieu des Côtes du Nord.
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| Cachet 21 St BRIEUX taxe II décimes cachet arrivée au verso 8I |
St Brieuc 7 frimaire an 8
Citoyen
Les nouvelles de paix que vient de transmettre le télégraphe me donnent l’heureux espoir que mes soins vont encore redevenir fructueux à la chose qui m’est confiée. Je pars pour y aller passer quelques jours et prendre mes hauteurs pour tâcher d’y lever un nouveau ménage et réparer les dégâts que j’ai essuyés. Le fort ne s’est pas autant ressenti que je l’ai craint de ma courte absence, parce que le bois ne s’est pas encore fait sentir.
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| Dessin Boudriot |
Je serai obligé de réarmer ceux des gardes qui ont perdu leurs fusils : quant à moi j’en ai perdu cinq et mes pistolets ; et comme il n’est pas possible d’habiter une forest sans armes, je vais emprunter un fusil, jusqu’à ce que vous me trouviez le moment favorable pour m’en faire passer un de la manufacture de Versailles. Je le voudrois à deux coups, peut être bien bronzé pour parer à la rouille, une bayonette dans la crosse, moule à balles, et surtout qu’il porte son
Je voudrois aussi une paire de pistolets simples d’environ 16 à 17 pouces de canon, pour porter en poche d’habit ou à la ceinture, qui ayent des batteries qui ne ratent pas ; moyennant ces précautions et un bois domestique qui me servira, je serai en état de repousser aux instans qui me sont confiés.
J’ai écrit aux héritiers Du Cayo qu’ils peuvent venir prendre ici mille écus que j’ai en ordre de leurs compter ; je les laisse, en partant, à ma femme qui me charge de mille sincères complimens pour vous. Je suis encore en état de vous en envoyer autant, lorsque je trouverai une lettre de change, ce qui va devenir bien commun, si les nouvelles de la paix se confirment.
Je n’ai encore payé que 1650. à le compte des 3000 d’impôt de la forêt pour l’an 7 ; on m’a fait espérance des réductions, mais cela n’avance pas.






