SNLE Le Triomphant
HMS VANGUARD
Le Triomphant (S616) est le premier des quatre Sous-marins Nucléaires Lanceurs d'Engins (SNLE) de la classe Le Triomphant. Il constitue, avec Le Téméraire, Le Vigilant et Le Terrible, la composante océanique de la dissuasion nucléaire française. Ces sous-marins sont basés à l'Île Longue, près de Brest.
Ses principales caractéristiques sont :
Mise en service : 21 mars 1997
Chantier : Cherbourg
Longueur : 138 m
Largeur : 12,5 m
Déplacement : 12 685 t en surface, 14 335 t en plongée
Propulsion : 1 réacteur nucléaire K15
Vitesse : environ 25 nœuds (46 km/h) en plongée
Autonomie : pratiquement illimitée en énergie, avec environ 70 jours de vivres
Équipage : environ 110 à 112 marins
Le bâtiment est conçu avant tout pour la dissuasion stratégique. Il emporte aujourd'hui 16 missiles balistiques M51, ainsi que quatre tubes lance-torpilles pouvant mettre en œuvre des torpilles lourdes et des missiles antinavires pour son autodéfense.
Une collision sous la mer
La collision entre Le Triomphant et le HMS Vanguard est l'un des accidents les plus étonnants de l'histoire de la dissuasion nucléaire.
Elle s'est produite dans la nuit du 3 au 4 février 2009, probablement dans le golfe de Gascogne ou à proximité, alors que les deux SNLE étaient en plongée profonde et effectuaient une mission de dissuasion.
Le caractère exceptionnel de l'événement tient au fait que les deux bâtiments étaient parmi les sous-marins les plus silencieux jamais construits. Chacun mesurait environ 140 mètres, déplaçait plus de 14 000 tonnes en plongée et emportait 16 missiles nucléaires. Malgré l'immensité de l'Atlantique, leurs routes se sont croisées.
Mis en service en août 1993, le HMS Vanguard est le premier sous-marin de la classe Vanguard, une série de quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) dont la mission est d'assurer la dissuasion nucléaire du Royaume-Uni en emportant les missiles balistiques Trident.
Avec ses 150 mètres de longueur, ce géant des mers est presque aussi long que la cathédrale Saint-Paul de Londres. Pourtant, il accomplit sa mission dans le plus grand silence, évoluant sans être détecté lors de longues patrouilles dans les océans du globe, à des profondeurs pouvant dépasser 250 mètres.
Grâce à son réacteur nucléaire, le Vanguard peut produire lui-même son eau douce et son oxygène. Son autonomie n'est donc limitée que par la quantité de nourriture embarquée à bord.
Le HMS Vanguard est servi par deux équipages distincts qui se relaient. Pendant que l'un est déployé en mer, l'autre est en période de repos ou suit un entraînement à Faslane, en Écosse, le principal port d'attache de la flotte britannique de sous-marins nucléaires.
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| HMS Vanguard |
La réaction britannique a été assez différente de la réaction française. Les autorités de Londres ont confirmé les faits plus rapidement une fois que l'information a commencé à circuler dans la presse, mais elles ont ensuite opposé un silence presque total sur les détails opérationnels.
Concernant la Royal Navy, c'est le First Sea Lord, l'amiral Sir Jonathon Band, qui confirme officiellement l'accident le 16 février 2009. Il indique simplement que :
la collision s'est produite à très faible vitesse ;
il n'y a eu aucun blessé ;
la sécurité nucléaire n'a jamais été compromise.
Par la suite, le ministère britannique de la Défense (MoD) répète inlassablement la même ligne :
aucune atteinte à la dissuasion nucléaire ;
aucune fuite radioactive ;
une enquête interne est ouverte ;
les détails resteront classifiés pour des raisons de sécurité nationale.
Lorsque des députés interrogent le gouvernement à la Chambre des communes, la réponse est très ferme. Le ministre John Hutton déclare qu'aucune sanction disciplinaire n'a été prise, qu'un examen approfondi est en cours et que les enseignements nécessaires seront tirés. Plus tard, le gouvernement refuse même de publier un résumé de l'enquête, invoquant le secret défense.

Ce qu'a écrit la presse britannique
La presse, en revanche, a été beaucoup plus bavarde.
The Times révèle le premier que le mystérieux « objet immergé » annoncé par Paris est en réalité un SNLE britannique. Le journal insiste sur un paradoxe fascinant : les deux sous-marins étaient tellement silencieux qu'ils ne pouvaient plus se détecter mutuellement.
Le Daily Telegraph adopte un ton plus alarmiste. Il évoque un accident "aussi grave que le naufrage du Koursk" sur le plan stratégique, tout en précisant qu'il n'y avait jamais eu de risque immédiat d'explosion nucléaire. Le journal estime les réparations à plusieurs dizaines de millions de livres.
Le Guardian résume l'événement par une formule restée célèbre :
« La bonne nouvelle est que le Vanguard était pratiquement indétectable. La mauvaise est qu'il l'était un peu trop. »
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| missiles Trident |
La BBC adopte un ton beaucoup plus factuel, rappelant que les deux sous-marins naviguaient très lentement en utilisant uniquement leurs sonars passifs, ce qui explique qu'ils aient pu se croiser sans s'entendre.
La Continuous At Sea Deterrence (CASD), la permanence de la dissuasion nucléaire britannique, est en service sans interruption depuis 1969. Pour Londres, il est essentiel de ne jamais divulguer :
les zones de patrouille ;
les itinéraires ;
les méthodes de navigation ;
les performances acoustiques des SNLE.
Reconnaître qu'un sous-marin avait été localisé, ou expliquer précisément comment l'accident s'était produit, aurait fourni des informations précieuses à d'éventuels adversaires. C'est pourquoi le MoD s'est retranché derrière le secret défense à chaque question parlementaire.
Un point intrigue encore aujourd'hui les historiens navals : plusieurs anciens sous-mariniers britanniques ont laissé entendre qu'un accord de déconfliction existait entre la Royal Navy et l'US Navy pour éviter que leurs SNLE ne se croisent, mais qu'aucun mécanisme comparable n'existait avec la Marine nationale française.
Sources
https://hansard.parliament.uk/Commons/2009-03-02/debates/09030250000150/HMSVanguard?utm_source=chatgpt.com
https://hansard.parliament.uk/Commons/2010-03-30/debates/10033061000015/HMSVanguardAccidents?utm_source=chatgpt.com
https://www.theguardian.com/uk/2009/feb/17/nuclear-submarine-collision?utm_source=chatgpt.com
https://hansard.parliament.uk/commons/2009-02-25/debates/09022629000109/HMSVanguard?utm_source=chatgpt.com
https://medium.com/write-a-catalyst/how-two-nuclear-submarines-collided-in-the-middle-of-nowhere-9f84610ea768?utm_source=chatgpt.com
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