Journée du timbre 6 mars 2026 CHANTEPIE Ille et VILAINE street art
Le street art… ou l’art de squatter les murs (avec style)
S’il existe une chose presque aussi répandue sur la planète que le courrier postal, c’est bien le street art. La différence ? Le courrier arrive avec un timbre et une adresse, tandis que le street art apparaît souvent sans prévenir… et sans demander la permission à personne. Du jour au lendemain, un mur triste et gris peut se réveiller avec un gigantesque visage, un slogan mystérieux ou un dessin improbable. Surprise !
À l’origine, deux courants naissent presque en même temps. Aux États-Unis, dans les années 1960, des jeunes des quartiers populaires commencent à écrire leur surnom — leur fameux « blaze » — sur les murs et dans le métro avec bombes aérosol et marqueurs. L’objectif est simple : être vu partout. Très vite, la signature devient un art à part entière. Ainsi naissent le tag et le graffiti, où certains artistes passent plus de temps à styliser leur nom qu’à remplir leurs formulaires administratifs.
Pendant ce temps, en France, d’autres artistes ont aussi une idée : pourquoi se limiter à une toile quand la ville entière est disponible ? Des créateurs comme Gérard Zlotykamien ou Ernest Pignon-Ernest s’approprient les murs avec collages, dessins, pochoirs, craie ou mosaïques. Leur philosophie est simple : l’art doit sortir du musée et respirer l’air de la rue… même si le propriétaire du mur n’était pas forcément au courant.
Plus de soixante ans plus tard, ce mouvement artistique, autrefois considéré comme un simple gribouillage nocturne, a finalement réussi l’exploit d’entrer par la grande porte dans l’histoire de l’art. Il a même produit quelques célébrités planétaires comme Keith Haring, Jean-Michel Basquiat ou encore l’insaisissable Banksy, artiste si discret que certains soupçonnent encore les murs d’être les véritables auteurs. Mais surtout, le street art a transformé nos villes en immenses galeries à ciel ouvert, où le passant découvre, entre une boulangerie et un feu rouge, des œuvres parfois engagées, souvent surprenantes… et toujours capables de faire lever un sourcil, esquisser un sourire ou provoquer un petit moment de réflexion.
Pour ce timbre, La Poste a confié la mission à Hopare, de son vrai nom Alexandre Monteiro, né à Paris en 1989. Un choix plutôt logique : cet artiste a réussi à faire cohabiter graffiti, street art et peinture contemporaine sans provoquer de querelle de voisinage artistique. Son travail mêle précision du trait et intensité de l’émotion, avec des visages aux regards si perçants qu’on pourrait presque croire qu’ils nous observent… comme pour vérifier si, face à l’œuvre, nous regardons vraiment — ou si nous sommes simplement en train de chercher où est passée la prochaine boulangerie.Merci à Marcel D.




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