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1 juil. 2017

Bâtiments internés en Turquie Jean-Mic

Bâtiments internés en Turquie Jean-Mic 

Les clauses de l'Armistice prévoient que les navires français se trouvant à l'étranger doivent regagner les ports français. certains commandants de navires de commerce préférèrent être internés dans des pays neutres plutôt que de voir leur navire être utilisé par les Allemands.
Puis, à la suite du conflit anglo-franco-français au Levant au printemps 1941, les navires fidèles au Maréchal, militaires ou civils sont internés en Turquie afin qu'ils ne puissent être utilisés par les Allemands s'ils retournent en France. Il en est de même des pilotes ne voulant pas rejoindre la France pétainiste.






Trace d'encre rouge absence de la bande de censure  numéro censeur (6846)  et numéro d'enregistrement (171025)

Le courrier au départ de Turquie reçoit la plupart du temps une griffe encadrée faite localement avec fautes d'orthographe (Internées). Il y a plusieurs types.






Lettre  d'un marin à bord du "Jean-Mic" interné à Erdek en Turquie pour l'Amirauté Française de Vichy, oblitérée "BEYOGLU / ISTANBUL" 27/2/43, griffe encadrée "SERVICE DES BELLIGERENTS / INTERNEES", franchise bleue " MARINE NATIONALE / SERVICE A LA MER / (ancre)". 

Censure turque avec croissant (faible)  Divers numéro de censeurs (6905 - 510)


JEAN MIC, arraisonneur dragueur, ex chalutier réquisitionné, AD 293.

Réquisitionné à Nice le 24 septembre 1939.
En armement à Toulon au mois de novembre 1939 pour constituer avec l'AVOCETTE (AD 291) et le MASSALIA (AD 292) la 52ème section de dragage. Sur décision de l'amirauté la 52ème section est affectée à Beyrouth, la division navale du Levant étant démunie de dragueurs de mines.
Incorporé au sein d'un convoi comprenant outre la 52ème section, des bâtiments de servitude, le JEAN MIC appareille de Toulon le 8 décembre 1939.
Les trois bâtiments arrivent à Beyrouth le 24 janvier 1940 après une relâche en Corse puis à Bizerte (départ 1er janvier 1940) et diverses escales.

Le 8 juillet 1940, le commandant de la division navale du Levant ordonne au capitaine de frégate GIRAUD-JORDAN, commandant la direction du port de Beyrouth, de prendre le commandement de tous les petits bâtiments disponibles et d'appareiller avec eux le soir même pour Alexandrette. Tous les bâtiments concernés, dont le JEAN MIC, appareillent à partir de 20 heures. Le JEAN MIC accompagné du MASSALIA arrive à Alexandrette le 10 juillet à 01 heure.

Le jour même le général turc commandant la division d'Alexandrette demande le désarmement de tous les bâtiments : débarquement des armes portatives, des culasses et lunettes des canons, des culasses et pistons des mitrailleuses et mise sous scellés des postes de TSF.
Le 11 juillet les autorités turques exigent également le débarquement des munitions. Le commandant GIRAUD-JORDAN refuse mais le 12 juillet, il reçoit de l'attaché naval français en Turquie, des instructions pour exécuter cette demande.
Dans le même temps les turcs ont constitué une "commission de désarmement" qui après avoir contrôlé la réalisation des mesures prescrites, donne aux bâtiments français, le 22 juillet, l'ordre d'appareiller pour la baie d'Ayas jugée plus sûre. Le JEAN MIC appareille le 24 juillet à 13 heures et mouille en baie d'Ayas en fin d'après-midi vers 18 heures.

Cependant aucun ravitaillement n'est prévu pour nos bâtiments en baie d'Ayas et après de longs pourparlers, l'attaché naval français obtient que ces petits bâtiments soient envoyés à Erdek en mer de Marmara. Mais pour effectuer cette traversée il faut d'abord les faire transiter par Alexandrette pour s'y ravitailler en combustible et en eau.
Avec quatre autres bâtiments, le JEAN MIC rallie Alexandrette le 9 septembre. Il en appareille le 16 septembre 1940 à 5 heures 30 à la remorque du MARIUS CHAMBON. La traversée qui ne doit être effectuée que de jour va durer du 16 septembre au 4 octobre au matin. Tous les bâtiments vont rester à Erdek jusqu'au 8 novembre 1943, date à laquelle ils sont vendus a réméré à la Turquie.
Contrairement aux clauses prévues par ce type de vente, il semble qu'aucune de ces unités n'ait fait l'objet d'un rachat par la France.

Commandants successifs :

- 24.11.1939 : premier maître de manœuvre (R) BODÉRÉ
- 06.02.1940 : maître pilote de la flotte (R) ROUSSAC
- ??? : maître de manœuvre ROUSSY
- ??.12.1940 : premier maître de manœuvre HELLIET
- 28.10.1941 : premier maître de manœuvre GORAGUER. 


Source : Le théâtre méditerranéen du 2 septembre 1939 au 9 novembre 1942, par le capitaine de frégate CAROFF (Service historique de la marine - 1960).


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