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4 juil. 2016

Journée nationale du vin chaud Paris Mars 1940 Les Halles Ministère de l'Agriculture

 Journée nationale du vin chaud 


Dimanche 3 mars 1940

Une carte postale en F.M. pour nous donner un peu d'optimisme mais tout d'abord un retour en arrière durant la Grande Guerre


Le conflit entre l'Allemagne et la France commença le 3 août 1914. Avant la fin du mois, les viticulteurs du Midi offraient 200 000 hectolitres pour les soldats partis au front. Car cette guerre, qu'on appelle « grande guerre dès 1915 », a rapidement été perçue comme un « événement exceptionnel, quelque chose d’épique qui relevait de la grande histoire ». Parallèlement à cette prise de conscience, le vin de France fut réquisitionné des politiques aux poètes pour devenir partie prenante d'un patriotisme cocardier. 

Quatre fonctions lui ont été assignées entre 1914 et 1918. Il va être, tout d'abord, un fortifiant qui doit soutenir le juste combat des poilus. Théodore Botrel, dans Rosalie, illustre ce rôle imparti au vin en plaçant son injonction guerrière « Nous avons soif de vengeance » entre ces deux vers « Verse à boire ! » et « Buvons donc de la gloire à pleins bidons ! ».



Autre fonction impartie au vin, celle d'un produit du terroir issu du sol de la France sacralisée et envahie. 
Dans son Ode au Pinard, Max Leclerc déclame 
« Salut ! Pinard pur jus de treilles,/ Dont un permissionnaire parfois / Nous rapporte une ou deux bouteilles / C’est tout le pays qui vit en toi ».

Dans un pays où l'esprit cocardier a servi de base à l'union sacrée, le vin est le symbole qui distingue « la civilisation française de la barbarie germanique ». 

Jean Richepin s'est complu à mettre en exergue « Le Barbare au corps lourd mû par un esprit lent / Le Barbare en troupeau de larves pullulant / Dans l’ombre froide, leur pâture coutumière / Tandis que nous buvons, nous, un vin de lumière / À la fois frais et chaud, transparent et vermeil».

Puis, la France victorieuse, ce « vin de guerre » devint le vecteur de sa gloire militaire. 

Henri Margot, un des poètes amateurs inspirés par la guerre, commit un sonnet glorifiant Le Pinard en écrivant 


« Joyeux à boire / Emplissant nos quarts jusqu’au bord / Tu nous as donné la Victoire ». C'est ce que célèbre à la une Le Journal d'Aubenas et de Vals-les-Bains dans son édition du samedi 24 juin 1916, en publiant ce poème : 
« Ô pinard d'espérance ! / Vois mes bras noueux et mon cœur serein / Tu donnes la vaillance / À tes amoureux pinard divin / .../ La bière gonfle la panse / C'est le breuvage d'outre-Rhin / Donnez-nous du vin de France / Le père de l'Esprit sain. / S'il coûte trop cher, qu'importe, / Je dis – c'est pas un canard - / Que pour jeter à la porte / Le Boche, il faut du pinard / ... / Pinard de la Victoire / Viens je veux baiser tes petits glouglous / Aux beaux jours de la gloire, / Nous boirons un coup, encore un coup ».




Le pinard c'est de la vinasse
Ça réchauffe par où c'que ça passe,
Vas y bidasse, 1, 2, remplis mon quart, 3, 4,
Vive le pinard, vive le pinard.

Sur les chemins de France et de Navarre,
Le soldat chante en portant son barda,
Une chanson aux paroles bizarres
Dont le refrain est "Vive le pinard !"

Dans la montagne culbute la bergère
De l'ennemi renverse le rempart,
Dans la tranchée fous-toi la gueule par terre
Mais nom de Dieu ne renverse pas le pinard.

https://www.youtube.com/watch?v=A6g2IB3F_mE



La seconde guerre mondiale débute par un hiver très rude. 


A compter du 30 décembre 1939, une vague de froid accompagnée d’une tempête de neige déferle d’un seul coup sur l’Est et le Nord de la France, et l’on passe de -2° à -20° en 24h à Dijon et Nancy ! 

la France de l’Est (qui n’est pas encore occupée) surveille l’éventuelle arrivée de l’ennemi dans un froid polaire.


 le mois de janvier 1940 est le plus froid depuis l’année 1838… Au plus bas, le thermomètre descend jusqu’à –24° à Metz, -22° à Clermont-Ferrand, -21° à St Quentin, -20° à Valenciennes, -18° à Lyon, -17° à Rennes, -15° à Paris et –3° à Antibes. 

Durant 10 jours (du 16 au 27 janvier), la neige recouvre presque toute la France, et de nombreux cours d’eau sont gelés (Isère, Rhône à Tain-L’Hermitage). 
Et pour lutter contre le froid, rien de tel que le vin chaud...

E

Journée du vin chaud

La journée est organisée le dimanche 3 mars 1940 aux Halles de Paris sous l'égide du ministre de l'Agriculture
"Une nouvelle journée nationale organisée par l'"oeuvre du vin chaud au soldat" a connu aujourd'hui le même succès que les années précédentes. La première avait été inaugurée à la gare de l'Est à Paris le 23 novembre dernier en présence du ministre de l'Agriculture.
Les dames du club franco-américain des "gourmettes" se sont fait un plaisir et un honneur de verser de leurs mains le vin chaud aux valeureux défenseurs de la Patrie. Cette distribution gratuite est financée par la vente d'un timbre ce qui permet à tout Français de s'associer à cette oeuvre charitable."

carte postale envoyée le 24-2-1940 expédié du SP 56






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