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1 déc. 2013

Souvenirs du centenaire du Passage de la Curieuse Kerguelen TAAF 1913 - 2013

Centenaire du Passage de la Curieuse Kerguelen 1913


La seconde expédition de Raymond Rallier du Baty arrive aux Kerguelen, à bord du ketch la Curieuse, le 22 octobre 1913. 

Pour cette expédition à but scientifique, le commandant est secondé par le capitaine Jean Loranchet et par le lieutenant Saint-Lanne-Gramont, complété par un équipage de quatre hommes: Henri Boudoux, Yves André, Louis Rabre et Albert Seyrolle.







Après des études en hydrographie à Nantes, il offre ses services à Jean-Baptiste Charcot, qui part en 1903 pour sa première expédition au pôle Sud. Engagé comme matelot, il assiste néanmoins les scientifiques. Pendant ce séjour, Charcot baptise un îlot du nom de Rallier du Baty.



Au retour, il obtient son diplôme de capitaine au long cours.
En 1907, il monte sa première expédition, à bord d'un ketch de 45 tonneaux acheté à Boulogne, qu'il rebaptise le J.B. Charcot dont son frère Henry Rallier du Baty sera le capitaine. Il atteint les îles Kerguelen en mars 1908 (en mouillant à Port-Christmas), dont il dresse la première carte exacte.




Il y retournera en 1913 à bord de La Curieuse, mais l'expédition, qui devait s'achever en 1918, est interrompue en 1914 en Australie. En effet Raymond Rallier de Baty, apprenant que la France est en guerre, décide de rentrer défendre son pays.
Mobilisé, il sera pilote d'hydravion au centre d'aviation maritime de Dunkerque, et fondera le centre d'hydravion du Havre.


Après la guerre, il est capitaine de navire La Tanche qui mène des expéditions scientifiques et techniques visant à mieux comprendre le comportement des poissons pour mieux les pêcher, pour le compte du Conseil international pour l'exploration de la mer1.






En 1925, il acquiert à Locmiquélic (Morbihan) l'île de l'ancien couvent des récollets, appelée Sainte-Catherine.
Il meurt le 7 mai 1978 à Talant (Côte-d'Or). Il est enterré au cimetière de Kerdeff à Locmiquélic.




Albert Seyrolle fit partie de l'expédition de Raymond Rallier du Baty lors du voyage de circumnavigation de la Curieuse de juillet 1912 à décembre 1914. Ses fonctions à bord, comme matelot, ne le destinaient pas à jouer un rôle prépondérant, et il resta toujours dans l'ombre de son capitaine et de son second Jean Loranchet. Pourtant l'énorme travail qu'il fournit, tant à bord qu'à terre à Kerguelen, contribua au succès de l'expédition tant sur le plan de la navigation que sur celui des travaux cartographiques.


Aîné de sept enfants, dont deux décèdent en bas âge, il naît dans le Cantal à la Drulhe près de Maurs. Très jeune, il perd ses parents d'origine modeste et est élevé par un oncle et une tante. Il fréquente l'école de Maurs, puis après quelques études, il devient clerc de notaire à Bagnac sur Célé dans le Lot à quelques kilomètres de Maurs.










En 1905, il embarque comme matelot sur le vapeur de commerce La France affecté à la ligne de l'Amérique du Sud. Il n'effectue que deux voyages à bord de ce navire, car le 18 octobre 1906, il s'engage dans la marine nationale. Matelot timonier, il sert successivement sur le Brennus, le Hoche puis le d'Iberville, avant d'être affecté à la 2ème flottille des torpilleurs de la Méditerranée en juin 1908 à Bizerte, puis à la Sème flottille de sous-marins de la Méditerranée en octobre 1910. Quartier-maître de 2ème classe, il quitte Bizerte le 22 octobre 1911 et est rendu à la vie civile, étant en fin de contrat.





Il a alors 26 ans et apprend que l'on recrute pour l'expédition de la Curieuse. Intéressé par une telle aventure et libre de tout engagement, il se porte volontaire et est retenu pour faire partie de l'équipage de 9 membres dont 3 officiers au long cours. Partie de Boulogne sur Mer le 15 juillet 1912, pour un périple de 5 ans ayant pour but d'explorer les îles inhabitées de l'océan indien et du pacifique dans l'hémisphère sud, l'expédition s'arrête le 24 décembre 1914 à Sydney en raison de la guerre. Albert Seyrolle fait le voyage en entier, et chose assez exceptionnelle pour un matelot, il tient un " journal de mer " d'une écriture fine et régulière au crayon pour résister à l'eau de mer. Chaque jour, il note ses activités et la vie du bord, ses travaux à terre.


 La monotonie des jours est rompue par de nombreuses digressions et réflexions dans lesquelles il nous livre ses pensées, ses soucis, ses idées bien arrêtées, mais aussi de véritables descriptions poétiques sur les paysages et les animaux rencontrés. De nombreux dessins -d'excellente qualité- illustrent ce journal. A l'évidence, Albert Seyrolle, qui possède un bon niveau d'instruction, est isolé de ses compagnons d'équipage sur le plan psychologique, mais aussi des officiers sur le plan hiérarchique. Son journal devient un peu son confident, et la lecture et les travaux cartographiques un dérivatif dans les moments de solitude. Ses qualités intellectuelles et artistiques n'échappent pas au capitaine Rallier du Baty ni à Jean Loranchet qui lui demandent de les accompagner dans leurs excursions à terre, parfois de plusieurs jours, pour effectuer des observations à l'horizon artificiel, des relevés topographiques et autres travaux cartographiques.



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