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24 octobre 2026

le barrage d'Otrante Guerre 14-18 Adriatique Torpilleurs Mameluk - Fantassin sous-marin Cattaro Kotor

Le barrage d’Otrante pendant la Première Guerre mondiale

Le barrage d’Otrante est un dispositif naval allié destiné à empêcher les sous-marins austro-hongrois de quitter la mer Adriatique pour attaquer les navires marchands et les convois alliés en Méditerranée. Il se situe dans le détroit d’Otrante, entre le sud de l’Italie et les côtes albanaises, à l’entrée de l’Adriatique. 

Qui participe à ce barrage ?

La surveillance repose principalement sur les marines britannique, française et italienne. Des bâtiments de combat, notamment des contre-torpilleurs, des croiseurs et des chalutiers armés, patrouillent dans le secteur. Les Alliés utilisent également des filets, des mines et des dispositifs d’écoute pour tenter de détecter les sous-marins. À mesure que la guerre avance, les moyens sont renforcés et la coopération s’étend à d’autres marines alliées, notamment américaine.

Pourquoi ce barrage est-il nécessaire ?


L’Autriche-Hongrie possède une importante flotte de guerre dans l’Adriatique, notamment dans les ports de Cattaro (aujourd’hui Kotor, au Monténégro) et de Pola. 

Image Publicitaire Allemande 
La Guerre mondiale (1914-1918) 
La guerre sur mer N° 237 Un sous-marin fait escale à Cattaro

Haus Bergmann – Privat

Traduction du verso 
verso de l'image du sous-marin faisant escale à Cattaro
En 1914, nos sous-marins étaient exclusivement employés contre les navires de guerre.
En 1915, des sous-marins furent également envoyés en Méditerranée. La même année commença la « guerre commerciale », menée jusqu’en février 1917 selon des orientations variables.
Ce n’est que plus tard que nous nous sommes définitivement décidés à mener une guerre sous-marine sans restriction, par laquelle nous espérions mettre l’Angleterre à genoux.
Photo : Archives impériales allemandes (Reichsarchiv).
Album de collection (1 mark impérial) : disponible désormais uniquement dans le commerce du tabac.
Échange d’images : uniquement par l’intermédiaire du service d’échange d’images de cigarettes, Dresde-A. 1.

Des sous-marins allemands viennent également y prendre position pour attaquer les navires alliés en Méditerranée. Les Alliés cherchent donc à fermer cette porte maritime, à protéger leurs routes commerciales et à sécuriser les convois qui ravitaillent notamment les troupes engagées dans les Balkans et à Salonique

Le 5 juin 1916, en mer Ionienne, le contre-torpilleur Mameluck éperonne accidentellement le Fantassin

Vue du « Mameluck » en réparation le long du « Shamrock photo Marcel Horseau Vue du « Mameluck » en réparation le long du « Shamrock », bateau atelier. La tôle avant fut repliée sur le côté,  pour qu'il puisse venir en France pour y être réparé. Par l'ouverture, le commandant Venin examine la déchirure

La Marine nationale participe aux patrouilles, à la protection des navires alliés et à la chasse aux sous-marins. Des bâtiments français opèrent notamment depuis Corfou, tandis que d’autres forces alliées sont basées dans les ports italiens. Les contre-torpilleurs comme le Mameluck sont précieux pour leur vitesse et leur capacité à intervenir rapidement lorsqu’un sous-marin est repéré. Ces missions sont cependant dangereuses, particulièrement la nuit, lorsque les bâtiments poursuivent un adversaire ou manœuvrent en formation. 
Le torpilleur « Mameluck » qui dans un abordage a coulé le contre-torpilleur « Fantassin », en poursuivant un sous-marin dans les parages de Corfou.

L'Ouest-Eclair 8 juin 1916

L'Ouest-Eclair 20 juin 1916

Le torpilleur « Mameluck » qui dans un abordage a coulé le contre-torpilleur « Fantassin », en poursuivant un sous-marin dans les parages de Corfou. 


L'Ouest-Eclair 8 août 1916


Le 5 juin 1916, en mer Ionienne, le contre-torpilleur Mameluck éperonne accidentellement le Fantassin pendant une patrouille dans le canal d’Otrante. L’équipage du Fantassin est entièrement sauvé, mais le navire, gravement endommagé, se brise en deux. Devenu irrécupérable, il est achevé au canon par le Fauconneau et coule à 10 h 01.

Le Petit Parisien 8-8-1916

27 octobre 2025

TENEDOS Escadrille MF 98 T Guerre 14-18 Dardanelles France Angleterre aviation ANZAC

 TENEDOS  Escadrille MF 98 T 

Fin octobre 1914, l’Empire ottoman entre en guerre, signe secrètement un traité d’alliance avec les Puissances centrales et attaque les installations navales russes en Crimée et en mer Noire.



De plus, les Ottomans ferment les Dardanelles, un détroit naturel reliant la mer Méditerranée à la mer Noire et séparant l’Europe de l’Asie. Connu également sous le nom de détroit de Gallipoli, il constituait à l’époque la seule voie permettant aux Alliés d’approvisionner la Russie. En réponse, les Alliés ont déclaré la guerre à l’Empire ottoman et ont planifié une campagne dans le sud-est de l’Europe pour contrôler les Dardanelles.


Les Alliés, composés de troupes françaises, britanniques et ANZAC (australiennes et néo-zélandaises), cherchent à prendre le contrôle du détroit. 

Ils prévoient de débarquer à Gallipoli, de l’occuper et de bloquer les Dardanelles, empêchant ainsi les navires allemands et autrichiens de soutenir les Ottomans. Ensuite, les Alliés espèrent progresser vers le nord-est et s’emparer de Constantinople (aujourd’hui Istanbul), la capitale ottomane, située sur le Bosphore, le second détroit reliant l’Europe et l’Asie à la mer Noire.

Ténédos, en turc Bozcaada, est une île turque située dans le Nord de la mer Égée. Il s'agit de la troisième île turque par sa superficie, après Imbros (Gökçeada) et Marmara.

Comme les Britanniques, le C.E.O. bénéficie du soutien de l’aviation naissante pour mener à bien sa mission. Si les avions britanniques sont présents depuis le début de la campagne navale, les avions français ne débarquent à Ténédos que le 6 mai 1915.


L’escadrille française a quitté Lyon le 20 mars 1915, elle est commandée par le célèbre capitaine Antoine Césari, pionnier de l’aéronautique militaire d’avant-guerre et vétéran des opérations sur la Marne à l’été 1914, ce qui lui a déjà valu d’être cité dans le communiqué aux armées. 

Débarquement des caisses contenant les précieux avions MF 11 (crédits : Ennemonde Diard, archives de la Loire)


En plus de son chef, l’escadrille compte huit pilotes : le sous-lieutenant Marcel Saint-André, l’Adjudant Pierre de Beausire de Seyssel, les sergents Louis Garsonnin, Guy de Grosourdy de Saint-Pierre, Dumas, Jules Lecompte, Dubois et le Brigadier-fourrier Célestin Sanglier. Comme l’indiquent les initiales de l’escadrille (MF), celle-ci est équipée de huit Maurice Farman XI.

A l’instar du C.E.O, l’escadrille quitte Marseille à bord du paquebot Gange le 25 mars à destination de Moudros mais elle est redirigée sur Alexandrie où elle débarque une première fois le 4 avril. 



Elle reprend la mer le 29 avril pour s’installer sur l’île Ténédos où son installation est complète. En plus de leurs avions, les aviateurs français amènent avec eux du matériel photographique qui fait défaut aux Britanniques et que sera déterminant pour reconnaître les positions ottomanes avant de lancer de nouvelles offensives.

Les aviateurs sont livrés à eux-mêmes pour s’installer dans l’île à côté de leurs homologues britanniques. 

A défaut de main-d’œuvre, le déchargement des avions et du matériel est effectué par la petite centaine d’hommes qui composent l’escadrille en plus des pilotes. Faute de baraquements, les hommes s’installent sous la tente ou dans les caisses vides de leurs avions.

04 mai 2025

Prisonniers de guerre Internés allemands à Marseille WWI guerre 14-18

 Internés allemands à Marseille 1914-1918 WWI


La seule bataille de la Marne, en septembre 
1914, livra à la France 25 000 prisonniers. Quant à l’offensive franco-britannique sur la Somme, du 1er juillet au 18 septembre 1916, elle déboucha sur la capture de 55.800 prisonniers de guerre

Au total, ce sont entre 350 000 et 500 000 prisonniers dont le destin incomba aux autorités militaires françaises.


Comment gérer ces nouveaux flux, comment se comporter avec ces 
soldats ennemis, comment subvenir à leur entretien, comment optimiser leur présence ?

 Pour reprendre une expression chère à Erich Maria Remarque, les « hommes-bêtes » redevenaient des soldats. Passés ces entretiens, on les envoyait au nettoyage, à l’épouillage, préludes à une quarantaine sanitaire. Cette dernière se pratiqua notamment au lazaret des îles du Frioul.

L’afflux de prisonniers prit au dépourvu le gouvernement. Aussi ne s’étonnera-t-on pas de la diversité des locaux désignés pour les accueillir : casernes, forteresses, citadelles, écoles, usines, pénitenciers, bâtiments conventuels, bateaux, pontons, maisons particulières, furent retenus pour parer au plus pressé. Parcourons les dépôts provençaux pour en avoir confirmation. 

Dans les Bouches-du-Rhône, parmi les sites choisis, il faut citer le Dock Pinède, ponton qui formait à l’extrémité nord du port de Marseille, à 5 kilomètres du Vieux Port, à la terminaison des docks, un lieu de transit notamment pour les Bulgares qui arrivaient de Salonique et les prisonniers qui attendaient leur embarquement pour la Corse, l’Algérie ou la Tunisie.

À Marseille toujours, il y eut le camp Oddo dirigé par le capitaine Robert. Le 8 juin 1918, il comptait une trentaine de baraques Adrian qui accueillaient 1449 Allemands dont 1063 se levaient à l’aube pour aller travailler dans les docks, les usines, les gares des environs. 



On avait aussi eu recours 
à des « bastilles » plus surprenantes. La Chambre de commerce, en quête de main-d’œuvre, avait été mise à contribution, et était intervenue en transformant Le Saghalien, un ancien paquebot des Messageries maritimes en casernement d’une capacité de 1 200 lits. Elle percevait 0,25 franc par jour et par homme de la part du syndicat des entrepreneurs de manutention. 



Cette solution fut toutefois temporaire puisque Le Saghalien fut retiré du service le 10 novembre 1915 pour être sabordé à Gallipoli et servir de brise-lame réquisitionna également le fort Saint-Nicolas surplombant le Vieux Port afin, notamment, d’y claquemurer les prisonniers en attente de passage devant le conseil de guerre. Un peu plus loin, à l’Estaque, furent stationnés les hommes qui travaillaient au percement du tunnel du Rove.


À une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Marseille, sur un site 
magnifique, comprenant des ruines gallo-romaines et une ancienne commanderie des Hospitaliers, on trouvait le camp de Carpiagne, le plus important de la région avec ses 30 baraques Adrian de 80 lits chacune.

On y expédia de nombreux ressortissants de l’empire austro-hongrois. À l’ouest de Marseille, on croisait aussi des prisonniers dans les chantiers navals de Port-de-Bouc ou dans les usines chimiques de Miramas. 

D’autres encore seront affectés aux grands mas arlésiens. Plus au nord enfin, on transforma l’abbaye des prémontrés de Frigolet en un camp d’internés civils qui accueillit aussi quelques prisonniers de guerre slaves.



Après avoir expulsé les ressortissants allemands de son territoire dès la déclaration de guerre, Marseille reçoit de nombreux prisonniers, le principe étant de les éloigner des zones de combats pour décourager toute tentative d'évasion.




Dès août 1914, militaires et « otages » civils allemands arrivent à Marseille. Le rythme des convois en gare Saint-Charles s'accélère, passant de quelques centaines à plus de 4 000 fin septembre 1914.

De passage ou internés à Marseille, leur présence provoque de nombreux incidents : huées et agressions physiques s'abattent sur les convois, à tel point que les escortes sont renforcées et les transports se font la nuit.


Les prisonniers sont internés à la prison militaire du fort Saint-Nicolas, au Frioul, au camp de Carpiagne et parfois même en ville dans des locaux reconvertis, dans des conditions plus ou moins bonnes, malgré la propagande voulant montrer l'humanité des camps français en comparaison de la « barbarie teutonne » dont la presse se fait l’écho.



Par ailleurs, il est important pour les autorités de montrer à la population qu'on emploie utilement les détenus ennemis : palliant partiellement la pénurie d'ouvriers, ils sont notamment utilisés pour des corvées de manutention sur le port, dans les gares et pour de grands travaux, tel le creusement du tunnel du Rove.

08 mars 2025

Chalutier Rorqual Croiseur auxiliaire GOLO II guerre 14-18 Méditerranée torpillage

Chalutier Rorqual Torpillage du croiseur auxiliaire GOLO II


Le chalutier Rorqual est lancé en 1908 en Grande-Bretagne sous ce nom de Rorqual pour le compte de la Société des Pêcheries du Golfe de Gascogne (J. Duvergier). 
Le 11.12.1914 il est réquisitionné et conserve son nom, il est affecté en Mer Ionienne, Corfou.


Le 23.08.1917 avec le patrouilleur Géranium, participe au sauvetage des rescapés du Golo II puis en août 1917 il remorque jusqu’à Palerme le navire auxiliaire Saint-Joseph, torpillé le 28 août par le sous-marin UB-73 (KL Kurt Schapler).
Le 02.04.1919 il est  déréquisitionné, restitué.

En 1922, il est transformé et rallongé, sa longueur est portée à 51,1 m et déplace 529 t
En 1931 : il est rebaptisé Vierge de Boulogne pour le compte de l’Armement Vve F. Delpierre & Fils et immatriculé à Boulogne. Inscrit au Lloyd’s Register
1930-1939 
12.02.1940 : il fait naufrage près d’Omonville.

Ouest-Eclair 29 mars 1914

Dans la presse le Rorqual se signale pour son arraisonnement par le croiseur islandais alors qu'il pêche dans les eaux territoriales islandaises en mars 1914.






Le GOLO II



Paquebot de la Cie Fraissinet, longueur 80m, croiseur-auxiliaire en 1914. Sa dernière escale étant Naples, il est torpillé le 22/08/1917 en Méditerranée occidentale (large de Corfou) par le sous-marin UC 22, .



"Il semble que le Golo II, patrouilleur et escorteur de convois, commandé par le lieutenant de vaisseau Lorin, transportait des officiers serbes et de nombreux permissionnaires qui ralliaient l'escadre d'Orient, ainsi que le courrier de l'armée navale. Il assurait une liaison Toulon-Bizerte-Malte-Corfou, lorsqu'il reçut une torpille par bâbord, dans le compartiment des machines. 


Tandis que l'équipage et les passagers se jetaient à l'eau, une terrible détonation se fit entendre, provoquée par l'explosion des grenades d'attaque qui se trouvaient à bord. Le paquebot disparut comme une flèche, deux minutes seulement après le torpillage. Il ne resta sur la mer que quelques canots et radeaux, vite surchargés de naufragés, certains grièvement blessés. Ils dérivèrent 26 heures avant d'être recueillis par le patrouilleur Salambo et le chalutier Rorqual qui les débarquèrent à Corfou. 




On rapporte par ailleurs que 37 marins militaires et 1 officier serbe perdirent la vie dans ce naufrage et que 4 officiers serbes furent faits prisonniers par le sous-marin. Le Golo II transportait 257 personnes.






CITATION À L'ORDRE DE L'ARMÉE








Patrouilleur auxiliaire Rorqual — alors commandé par le premier maître de manœuvre Albert Louis Pierre Marie CHIFFLET —, Journal de bord n° 2/1917 — 23 juil. ~ 31 déc. 1917 — : Service historique de la Défense, Cote SSY 443, p. num. 84 et 85 


« Mercredi 22 août 1917.
...................................................................................................................................

18 h.30 — […] Fait route par ordre du C.P.C. à la recherche du Golo-II suivant une route Malte-Corfou.

Jeudi 23 août 1917.
7 h.30 — Aperçu un avion dans le N.-O.
7 h.55 — Aperçu un contre-torpilleur dans le S.-O.
8 h.30 — Donné un homme malade au Bisson [Torpilleur d'escadre Bisson, qui remorquait un avion].
10 h.00 — Aperçu les premières épaves [Point estimé : 38°30’ ~ 19°10’].
10 h.15 — Aperçu les embarcations des naufragés (2 groupes séparés).
10 h. 45 — Recueilli le 1er groupe de naufragés.
11 h. 15 — Recueilli le 2e groupe de naufragés.
12 h.00 — Route sur Corfou.
19 h.00 — Pris le chenal de sécurité.
23 h.00 — Rentré Corfou. Accosté le Tourville pour débarquer les naufragés. »

Journal officiel du 2 février 1918, p. 1.165.

J.O. 2-II-1918


— 28 août 1917 : Remorque jusqu’à Messine (Italie) le navire auxiliaire Saint-Joseph-II, avarié le même jour près de Corfou (Grèce) par une torpille lancée par le sous-marin allemand UB-73 (Kapitänleutnant Kurt SCHAPLER).

Par décision ministérielle du 29 septembre 1917 (J.O. 4 oct. 1917, p. 7.874), le témoignage officiel de satisfaction suivant fut ultérieurement décerné au commandant et à l’équipage du patrouilleur auxiliaire Rorqual, ainsi qu'au commandant et à l'équipage du patrouilleur auxiliaire Richelieu, chef de convoi.

J.O. 4-X-1917 - 







Sources :


Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, Tome II, 1870-2006, LV Jean-Michel Roche, Imp. Rezotel-Maury Millau, 2005

Répertoire des navires de guerre français, Jacques Vichot, Pierre Boucheix, refondu par Hubert Michéa, AAMM, 2003
French Warships of World War I, Jean Labayle-Couhat, Ian Allan Ltd, 1974

Ouest-Eclair


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