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24 juin 2026

Saint-Pierre et Miquelon patrouilleur Fulmar 400 ans de la Marine nationale Commandant Bourdais RHM Centaure

 Saint-Pierre et Miquelon patrouilleur Fulmar 400 ans de la Marine nationale



"On avait convenu avec le commandant du Fulmar qu'on allait faire un timbre pour fêter le 400e anniversaire avec le privilège de Saint-Pierre et Miquelon qui fabrique ses propres timbres. On a mis en route tous les éléments et tous les astres se sont bien alignés. La Collectivité territoriale par le biais de la commission philatélique, la marine nationale avec François Mauger, le commandant du Fulmar, et l'artiste Raphaële Goineau, qui est aussi peintre de la Marine, qui a fait le timbre et la Poste s'est chargée de l'édition et de la commercialisation", précise Jacques Bouwet, directeur du service postal de Saint-Pierre-et-Miquelon.



La présence de la Marine nationale à Saint-Pierre-et-Miquelon est ancienne et revêt une importance stratégique particulière. Situé à seulement 25 km de Terre-Neuve, l'archipel constitue le seul territoire français en Amérique du Nord et permet à la France d'exercer sa souveraineté sur une vaste zone économique exclusive dans l'Atlantique Nord-Ouest.

Aujourd'hui, cette présence repose principalement sur le patrouilleur Fulmar, unique unité permanente de la Marine nationale stationnée en Amérique du Nord. Basé à Saint-Pierre depuis 1997, il assure des missions de souveraineté, de surveillance des pêches, de police de la navigation, de secours en mer et d'assistance aux navires en difficulté. Son équipage d'une douzaine de marins intervient sur une zone maritime immense, couvrant notamment les Grands Bancs de Terre-Neuve.



L'histoire maritime de l'archipel est intimement liée à celle de la Marine française. Depuis l'époque de la Nouvelle-France, les bâtiments de l'État ont protégé les flottilles de pêche et affirmé la présence française dans ces eaux disputées. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Pierre-et-Miquelon fut l'un des premiers territoires d'Amérique à rallier la France Libre lors du célèbre débarquement du 24 décembre 1941.

XVIIe siècle : protéger les pêcheries françaises

Dès le début du XVIIe siècle, les marins français fréquentent les bancs de Terre-Neuve, parmi les plus riches zones de pêche du monde. Les navires venus de Normandie, de Bretagne et du Pays basque utilisent les havres de Saint-Pierre et de Miquelon comme mouillages et bases de ravitaillement. La Marine royale assure alors principalement la protection des pêcheurs contre les corsaires et les navires ennemis, notamment anglais et hollandais. Les bâtiments du roi escortent les convois de pêche et participent à l'affirmation de la présence française dans cette région stratégique de l'Atlantique Nord.

XVIIIe siècle : rivalité franco-britannique


Au XVIIIe siècle, Saint-Pierre-et-Miquelon se trouvent au cœur de la rivalité entre la France et la Grande-Bretagne pour le contrôle de l'Amérique du Nord. Après le Traité d'Utrecht, la France perd Terre-Neuve mais conserve certains droits de pêche. Les îles changent plusieurs fois de souveraineté au gré des conflits. La Marine royale intervient régulièrement pour transporter des colons, ravitailler l'archipel et défendre les installations françaises.

Le Traité de Paris restitue Saint-Pierre-et-Miquelon à la France, qui y établit une petite garnison et une présence navale destinée à soutenir la pêche morutière. Des frégates et corvettes assurent la liaison avec la métropole et surveillent les eaux de pêche. Durant la Guerre d'indépendance des États-Unis, les Britanniques occupent à nouveau les îles avant leur restitution définitive à la France en 1783.

XIXe siècle : la « marine des bancs »


Au XIXe siècle, la présence navale française se stabilise. Saint-Pierre devient la capitale de la grande pêche française à Terre-Neuve. Chaque année, plusieurs centaines de navires de pêche fréquentent l'archipel. Pour encadrer cette activité considérable, l'État entretient une station navale permanente.

Des avisos, canonnières et bâtiments hydrographiques de la Marine nationale sont déployés pour :

protéger les pêcheurs français ;

faire respecter les droits de pêche accordés par les traités ;

assurer des missions de police maritime ;

porter assistance aux navires en difficulté ;

effectuer des relevés hydrographiques et cartographiques.

À partir du Second Empire puis sous la Troisième République, la « Division navale de Terre-Neuve » devient un élément essentiel de la présence française dans l'Atlantique Nord. Les commandants de cette station navale jouent souvent un rôle diplomatique auprès des autorités britanniques de Terre-Neuve.

Une présence liée à la souveraineté

Pendant ces trois siècles, la Marine française n'a pas seulement une fonction militaire. Elle est l'instrument principal de la souveraineté française dans l'Atlantique Nord. Sans sa présence régulière, il aurait été difficile de maintenir les droits de pêche français et de conserver Saint-Pierre-et-Miquelon comme territoire français face à la puissance britannique.


Merci à Joël

Cols bleus

30 mai 2026

Patrouilleur Fulmar Mission Grand Nord Mission Acadie Boston 2026 Canada Nouvelle Ecosse Annapolis SPM


Patrouilleur Fulmar Mission Grand Nord Mission Acadie Boston

Dans le cadre de la mission "Acadie 2026", le patrouilleur de la Marine nationale, basé à Saint-Pierre et Miquelon, a effectué une grande navigation dans les Maritimes avec plusieurs escales techniques et symboliques au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard.


A l’occasion des 400 ans de la Marine nationale, cette mission fut placée sous le signe de l’amitié et des liens historiques et culturels forts qui unissent la France et l’Acadie. Retour sur la première visite de la Forteresse de Louisbourg et de Port-Royal, ou encore les escales à Saint John (NB) et Charlottetown (IPÉ), ainsi que le mouillage à Annapolis Royal (NS), berceau de la présence française au Canada.

Le capitaine de corvette François Mauger et le consul général Bertrand Cahuet ont eu l’honneur de recevoir à bord, deux ministres de la Province du Nouveau-Brunswick, la députée de Saint John, la présidente de la SANB, le directeur général de l'Arcf, ainsi que le public de la région pour la visite du bâtiment militaire.


Une rencontre avec les autorités du Port de Saint John a par ailleurs été organisée à l'occasion de cette escale. 

https://ca.diplomatie.gouv.fr/fr/le-fulmar-acheve-sa-grande-mission-dans-les-maritimes


Avec son équipage de 12 autres marins, le commandant et capitaine de corvette a eu l’occasion de visiter aussi Sydney au Cap-Breton et Saint-Jean (N.-B.). Il s’est rendu à Charlottetown après Annapolis. Ils étaient à Annapolis du samedi 25 avril jusqu’au lundi 27. 


Il s’agit probablement du premier navire de France à entrer dans le bassin historique de Port-Royal depuis 1904, alors que la région célébrait le tricentenaire de l’arrivée des Français sur ce continent et le dévoilement du monument de Pierre Dugua de Mons sur le site historique de Fort-Anne.

Pierre Dugua de Mons à Québec


Richard Laurin, propriétaire de l’entreprise des tournées Novacadie située près d’Annapolis, a reçu un courriel du commandant François Mauger, le 19 avril, demandant si le site d’Annapolis Royal serait ouvert pour une visite et si Richard pourrait partager ses connaissances. Il avait été référé par le Consul de France à Moncton.

En avant, la crieuse de ville Christine Connollyy, la mairesse Amery Boyer et le commandant François Mauger avec, à droite, le guide Richard Laurin entourent les marins présents à la réception de la mairie d’Annapolis. 

Richard a alors communiqué avec la mairesse, Amery Boyer, pour que cette entrée mémorable au port se fasse en bonne et due forme. Il a offert ses services de guide.



Dès le débarquement d’un premier groupe vers 16 h, le samedi 25, avec la crieuse de ville d’Annapolis, Christine Connolly, le guide a fait une tournée des abords du Fort-Anne pour donner un survol rapide de l’histoire de la région. Ensuite, avec la mairesse, ils sont allés aux environs du site du premier moulin à eau au nord du continent, celui du sieur de Poutrincourt dès 1607.  

Le 26, après la visite à tour de rôle du Lieu historique national de l’Habitation de Port-Royal, le guide les a menés le long de la route Évangéline vers la région de Belle-Isle, où ils ont été accueillis par Charlie et Jennifer Thibodeau. Ils ont appris davantage au sujet de l’histoire de l’Acadie avant de se rendre à la réception chez la mairesse.

La crieuse Christine Connolly, vêtue de son accoutrement d’époque (armoiries de la reine Anne), a alors accueilli le groupe à la résidence. «Le Fulmar, avec son équipage de 13 marins, peut être un des plus petits patrouilleurs français, mais sa portée sur l’Océan atlantique est immense», a-t-elle prononcé. 

«Ici, sous vos pieds, est née la langue française en Amérique du Nord et l’histoire tumultueuse du peuple acadien qui a commencé ici à Port-Royal. Nous vous invitons donc à marcher ici où vos compatriotes ont fait leurs premiers pas, ont planté les premiers grains, les premières vignes, ont construit le premier moulin et ont établi des relations amicales avec le peuple mi’kmaq. Ce lieu est le berceau de notre nation.»

Le commandant Mauger a expliqué le travail du patrouilleur à Saint-Pierre-et-Miquelon. «Nous avons deux grandes missions comme patrouilleur», a expliqué le commandant Mauger

La première est de servir de Garde côtière aux iles de Saint-Pierre-et-Miquelon et la deuxième de représenter la France en Amérique-du-Nord. Les missions du patrouilleur de service public Fulmar sont la protection (patrouille, action de souveraineté) et le service public (secours en mer, police de la navigation, police des pêches, assistance aux zones isolées) en Atlantique du Nord-Ouest. Le navire peut s’appareiller en une heure en cas de force majeure.

«Ici, nous gardons un contact avec la communauté acadienne et francophone et avec les écoles francophones, surtout [Étoile de l’Acadie] à Sydney. On présente la marine française à beaucoup d’écoles», a-t-il précisé.

Le patrouilleur de service public Fulmar, anciennement Jonathan, est un ancien bateau de pêche acquis par la Marine française qui sert de patrouilleur stationnaire remplissant les fonctions de protection des zones économiques exclusives et de service public à Saint-Pierre-et-Miquelon avec sa population de 6 000 personnes.

Le chalutier Jonathan, lancé en 1991, a été acheté en 1996 par la Marine nationale grâce à la volonté du nouveau président de l’État à l’époque, Jacques Chirac, qui visait la présence permanente d’un patrouilleur armé par la Gendarmerie maritime de Saint-Pierre-et-Miquelon pour faire face à la fin du moratoire de sept ans sur la pêche à la morue.

Les 12 autres marins qui accompagnent le commandant Mauger sont: Élise de Feuardent, Olivier Senelle, Jérôme Matusik, Clément LeBras, Guillaume Segond, Hervé Le Berre, Guillaume Tron, Nicolas Porcheron, Bruno Nongue, Guillaume Barreau, Mattéo Italiani et Corentin Guittot

Merci à Joël Moreau

https://lecourrier.com/nos-communautes/nos-communautes-vallee-de-lannapolis/2026/05/01/le-patrouilleur-francais-fulmar-en-visite-annapolis-royal/

Publication de Consulat Général de France dans les Provinces Atlantiques

Marine nationale

06 janvier 2026

Aviso à roues "GASSENDI" Terre-neuve Morue Arthur de Gobineau

Aviso à roues "GASSENDI"


"Le banc de Terre-Neuve n’est en aucune façon une étendue de sable plus ou moins couverte d’eau. C’est la pleine mer, et les navires flottent sans crainte au-dessus et le traversent dans tous les sens. On y trouve trente, quarante, quatre-vingts brasses et davantage. Mais autour de ces profondeurs qui restent toujours à peu près les mêmes dans une étendue de cent lieues, la sonde n’obtient plus de fond. On a conclu avec raison, ce semble, que les bancs étaient de vastes plateaux sous-marins entourés de plaines encore plus déprimées." Arthur de Gobineau


Construction, missions et présence aux pêcheries de Terre-Neuve

Construit à Brest en 1842, l’aviso à roues Gassendi illustre une phase décisive de l’évolution navale française, à la charnière entre la propulsion traditionnelle à voile et l’adoption progressive de la vapeur. Appartenant à la génération des navires de type Véloce — désignation générique pour les bâtiments rapides à roue latérale — il est conçu pour exécuter des missions de liaison, d’escorte côtière et de présence navale plutôt que le combat de ligne, grâce à une machine à vapeur de puissance modérée et une voilure auxiliaire.

Fiche technique

Type : aviso à roues (paddle steamer) Construction : Brest, 1842 Propulsion : machine à vapeur entraînant deux roues à aubes + gréement auxiliaire Déplacement : env. 800 tonnes Longueur : env. 55 m Vitesse : 10-12 nœuds Armement : canons de petit calibre Équipage : ~130 marins La propulsion à roues offre une meilleure manœuvrabilité en eaux peu profondes ou le long des côtes, mais reste fragile par rapport aux hélices modernes.

En 1860 commandé par M. de Montaignac de Chauvence, capitaine de vaisseau, il transporte le comte Arthur de Gobineau. (auteur d'un ouvrage intitulé voyage à Terre Neuve)

Un rôle élargi : présence aux pêcheries de Terre-Neuve


Les Terre-Neuvas français, embarqués depuis des ports comme Saint-Malo ou Fécamp, pratiquent dès le printemps la pêche aux bancs de morue au large de l’île de Terre-Neuve, précieuse ressource pour les marchés métropolitains et coloniaux. La France maintient une présence navale dans ces zones pour prévenir les conflits avec d’autres nations, soutenir ses marins pêcheurs face aux rigueurs climatiques et assurer l’ordre sur ce qui constitue une extension maritime de ses droits économiques. Dans ce contexte, des bâtiments comme Gassendi sont déployés — parfois par rotation — pour assurer des missions de souveraineté, escorter les flottilles pêcheuses, et servir d’intermédiaires entre armateurs, pêcheurs et autorités maritimes. Ces opérations s’inscrivent dans la politique navale du XIXᵉ siècle, qui voit la Marine nationale soutenir non seulement la stratégie militaire, mais aussi la protection des intérêts économiques français outre-mer. Fin de carrière Avec l’essor des navires à propulsion à hélice et les progrès techniques rapides du second XIXᵉ siècle, les avisos à roues deviennent rapidement obsolètes. Après plus de vingt ans de service, le Gassendi est radié en 1865, marquant la fin d’une étape transitoire dans la modernisation de la flotte française.

"Sur ces plateaux abondent les mornes. Toutes les fois que le vapeur de guerre le Gassendi qui nous portait s’arrêta pour sonder, les amateurs de pêche laissèrent filer d’énormes lignes, et les désœuvrés suivirent ces opérations avec le plus vif intérêt, mais on ne prit rien. Cependant le Gassendi faisait de la route malgré le temps, et, au milieu du vingtième jour depuis son départ de Brest, on découvrit au loin une espèce de brouillard plus opaque que de coutume, et qui n’occupait qu’une petite place dans le sud-ouest. C’était l’île Saint-Pierre, et un peu plus loin Miquelon." Arthur de Gobineau


Mission à Terre-Neuve


En 1859-1860, Le Gassendi se rend à Terre-Neuve dans le cadre d’une mission officielle liée aux pêcheries de Terre-Neuve, sous les ordres d’une commission mixte franco-britannique chargée de délimiter et d’inspecter les zones de pêche françaises et britanniques sur la côte de Terre-Neuve.
de Saint-Julien côte du Petit-Nord à Marseille
Par le Marquis de Guines, Q.D.C. Que Dieu Conduise 

Déroulement de la mission 23 avril 1859 : départ de Brest. Le Gassendi se rend d’abord à Saint-Pierre-et-Miquelon, important port-base de la pêche française en Atlantique Nord, avant de faire une escale à Sydney (île du Cap-Breton, Nouvelle-Écosse) pour s’approvisionner en charbon.

Vue de Saint-Pierre. — Dessin de Le Breton
d’après une photographie


"Quand nous fûmes mouillés dans la rade, en dedans du cap à l’Aigle et vis-à-vis de l’île aux Chiens, le panorama de Saint-Pierre se découvrit libéralement à nous, et d’un seul coup d’œil nous pûmes inventorier tout ce que cette résidence offrait de remarquable. Dans le fond, en face de nous, un groupe de maisons en bois à un étage, presque toutes noircies par l’âge et surtout les pluies ; une habitation un peu plus haute, ressemblant assez bien à la demeure d’un bon bourgeois dans les environs de Paris, moins les sculptures que le goût moderne y ajoute, mais bien et dûment garnie des inévitables persiennes vertes : c’est la demeure du commandant de l’île ; plus loin le clocher d’une église assez jolie, en bois comme tout le reste ; en face du gouvernement, un petit port intérieur qui porte le nom très-usité dans ces contrées de barachoix, où se réfugient les goëlettes quand la rade n’est pas tenable, ce qui arrive assez souvent et surtout l’hiver, puis une manière de fortin dont l’usage réel ne paraît être autre que celui de donner des canons à prendre à un ennemi quelconque ; enfin à droite et à gauche des cases éparses et des graves ou plages artificielles, construites en cailloux, où sèche la morue." Arthur de Gobineau

Lettre taxée à  7 decimes en France.
6 decimes pour une lettre de 8 gr
200‐300 km au tarif du 24‐4‐1806 + 1 decime taxe de mer.
Colonies par La Rochelle

17 juin 1859 : arrivée sur la côte de Terre-Neuve. Le navire entre dans la baie Saint-Georges (sur la côte ouest dite French Shore) où la commission mixte commence officiellement sa mission, en présence de représentants britanniques. L’importance de ce voyage est qu’il s’inscrit dans les efforts diplomatiques entre la France et la Grande-Bretagne pour clarifier les droits de pêche français sur le French Shore, une zone déjà définie par une longue série de traités (Utrecht 1713, Versailles 1783, Paris 1815, etc.) mais sujette à tensions.

lettre de Champaga pour St. Brieuc, (voie du commerce) .
Taxée à 10 decimes pour une lettre de 15 gr
Colonies par St-Malo. 9 sept. 1825

Assistance aux pêches et aux pêcheurs L’assistance par des bâtiments français aux pêcheurs près de Terre-Neuve est une tradition bien antérieure et s’est développée au cours du XIXᵉ siècle.

Contexte des pêcheries françaises La pêche de la morue sur les bancs de Terre-Neuve et du Golfe de Saint-Laurent était depuis le XVIᵉ siècle une activité majeure pour les marins français, surtout bretons et normands, qui venaient chaque printemps pour une saison de pêche intensive. Saint-Pierre-et-Miquelon servait de base logistique essentielle (provisions, abris, appâts) pour ces campagnes.

lettre du Cap-Rouge pour St-Brieuc taxée à  9 decimes
dont un decime de mer Pays d'Outremer 
Cachet d'entrée Bordeaux août 1832

Les pêcheurs français exploitaient à la fois le « Grand Banc », plus éloigné, et la pêche sédentaire le long des côtes de Terre-Neuve, notamment sur ce que l’on appelait le French Shore — une portion de côte attribuée aux Français par traités, malgré des contestations avec les autorités britanniques et terre-neuviens. Rôle des bâtiments français dans l’assistance

LETTRE DE PETITES-OIES pour le Légué
Taxée à 4 decimes (3 decimes au tarif du 1‐7‐54 et un decime taxe de mer.
Via St. Pierre & Miquelon 14/JUIL./1858)
Cachet arrivée rouge Col. Fra St Nazaire


Les bâtiments de la Marine française envoyés dans ces parages (comme Le Gassendi, mais aussi d’autres avisos et croiseurs au fil des décennies suivantes) avaient souvent pour missions de : surveiller et défendre les droits de pêche français face aux navires britanniques ou aux tensions locales ; fournir de l’assistance aux pêcheurs français en mer : aide en cas de difficultés, rapatriement, informations nautiques et météorologiques ;

Pêche de la morue sur le grand banc de Terre-Neuve. —
Les embarcations longent les lignes. — Dessin de Le Breton

rappeler ou faire appliquer les accords conclus entre la France et la Grande-Bretagne concernant la pêche ; servir de point de contact diplomatique avec les autorités britanniques et terre-neuviens pour régler les problèmes qui surviennent sur zone. dai.mun.ca Ce rôle d’« assistance » n’était donc pas limité à la seule aide matérielle aux pêcheurs mais englobait un grand spectre d’actions administratives, diplomatiques et protectrices favorisant l’exercice pacifique de la pêche française dans les zones attribuées.

Sources

pour lire le livre d'Arthur de Gobineau 

https://fr.wikisource.org/wiki/Voyage_%C3%A0_Terre-Neuve_(Arthur_de_Gobineau)

heritage.nf.ca
Project Gutenberg
Gallica BnF
Mail from the French Shore of Newfoundland (1737-1906) de James R. Taylor & Henk Slabbinck

18 décembre 2025

Les Agences Postales Navales Marine nationale PTT

 Les Agences Postales Navales 


Les A.P.N. ont été créées par un arrêté interministériel (marine, P.T.T.) du 18 avril 1923, suivi d’une instruction ministérielle portant organisation et fonctionnement de ces établissements postaux secondaires : ces textes furent publiés par l’administration postale la même année mais, curieusement, ne parurent dans le bulletin officiel de la Marine qu’en 1926. Cette instruction fut actualisée sur des points de détail par une circulaire de 1935 et deux de 1938.

L’article premier de l’instruction précisait :

L’A.P.N. porte le nom du bâtiment à bord duquel elle est s’installée.

Une A.P.N. peut être installée à bord de tout bâtiment dont l’effectif réglementaire atteint au moins le chiffre de 500 hommes.

En cas de baisse des effectifs, l’agence pouvait être fermée, quitte à être rouverte si ce chiffre était de nouveau atteint. Elle pouvait aussi avoir un fonctionnement intermittent pour des raisons opérationnelles (agence d’escadre, d’assistance des pêches par exemple). 

L’A.P.N. était accessible à tout l’équipage dans le sens très large de l’ensemble des hommes séjournant à bord, passagers compris. En cas de déplacement d’une force navale, les bâtiments ne possédant pas d’A.P.N. pouvaient, par l’intermédiaire de leurs vaguemestres respectifs, effectuer leurs opérations postales dans l’une des agences existant à bord du ou des bâtiments qui les accompagnaient (par exemple le ravitailleur Jules Verne posséda une agence bien que n’ayant que 250 hommes d’équipage, car il hébergeait en permanence les équipages de sous-marins dont il était le bâtiment base).

Pour la période de l’entre-deux-guerres, les A.P.N. étaient des établissements de l’administration française des P.T.T. qui, ainsi que le prévoyait le texte de 1923, furent rattachées à la Recette principale des P.T.T .de la Seine, rue du Louvre à Paris.

Leur gérance était assurée par un officier-marinier ou un quartier-maître vaguemestre assermenté, ayant obtenu la mention d’aptitude aux fonctions postales après un stage dans une recette principale. L’agent postal effectuait les opérations postales prévues par l’administration des P.T.T. Il était donc compétent pour vendre les timbres-poste, recevoir au guichet des recommandés, émettre et payer des mandats, expédier et distribuer des correspondances, servir des comptes courants postaux. 

Le gérant était pécuniairement responsable de l’existant de la caisse de l’agence, il devait rendre compte par quinzaine de ses opérations postales au receveur de la Seine pour la période de l’entre-deux-guerres. 




En cas d’absence ou d’indisponibilité du gérant l’agence était provisoirement fermée par décision du commandant de l’unité qui désignait un vaguemestre en remplacement. Le bâtiment fonctionnait alors au plan postal comme s’il n’y avait pas d’A.P.N. à bord.

Chaque agence utilisait comme matériel postal personnalisé un ou plusieurs TàD portant en partie supérieure de la couronne le nom de l’agence et, en partie inférieure, une ancre de marine. Pour la période de l’entre-deux-guerres les TàD furent tous hexagonaux à traits discontinus. Nom de l’agence et ancre de marine se retrouvaient dans les griffes horizontales utilisées pour les recommandés et les mandats.


Les agences postales de certaines unités furent amenées à utiliser également des marques non postales entrant dans le cadre de propagande de la marine, ayant pour but d’accroître le nombre des engagements dans les équipages de la flotte.

Trente-neuf Agences Postales Navales furent créées de 1923 à la déclaration de guerre de 1939. Leur durée de vie fut variable, essentiellement en fonction de la carrière du bâtiment à bord duquel elles étaient installées.

🛡️ CUIRASSÉS

  1. BRETAGNE
  2. PROVENCE
  3. VULCAIN
  4. COURBET
  5. PARIS
  6. LORRAINE
  7. JEAN-BART
  8. VOLTAIRE
  9. DIDEROT
  10. WALDECK-ROUSSEAU
  11. CONDORCET
  12. OCÉAN
  13. DUNKERQUE
  14. STRASBOURG


⚔️ CROISEURS & CROISEURS-CUIRASSÉS

JULES-MICHELET

EDGAR-QUINET

LAMOTTE-PICQUET

JEANNE-D’ARC

DUGUAY-TROUIN

DUQUESNE

TOURVILLE

PRIMAUGUET

SUFFREN

FOCH

COLBERT

DUPLEIX

ALGÉRIE

ÉMILE-BERTIN

LA-GALISSONNIÈRE

JEAN-DE-VIENNE

MARSEILLAISE

GLOIRE

GEORGES-LEYGUES

MONTCALM


🎓 NAVIRES ÉCOLES & SPÉCIALISÉS

JEANNE-D’ARC (Croiseur-école)

COMMANDANT-TESTE (Transport d’aviation)

JULES-VERNE (Ravitailleur)


✈️ PORTE-AVIONS & TRANSPORTS

BÉARN (Porte-avions)

RHIN (Transport)

Sources

Marcophilie navale collection historique

08 août 2025

Appareillage du Patrouilleur outre-mer (POM) Teriieroo a Teriierooiterai du port de Mata’Utu Wallis et Futuna juillet 2025

Appareillage du Patrouilleur outre-mer (POM) Teriieroo a Teriierooiterai du port de Mata’Utu

Pas d'enveloppe et de tampon mais une gentille carte postale de Wallis et Futuna où le Tio  est en escale. Quelques détails sur l'activité.

Un grand merci à Marie et une grosse bise.


Appareillage du Patrouilleur outre-mer (POM) Teriieroo a Teriierooiterai du port de Mata’Utu Après une escale de cinq jours, le Patrouilleur outre-mer (POM)Teriieroo a Teriierooiterai retourne en Polynésie française.



   
Dimanche 6 juillet, à l'occasion de l'ouverture au public du bâtiment, 200 visiteurs sont montés à bord.
Mardi 8 juillet, plusieurs marins ont participé à la cérémonie en hommage aux policiers morts dans l'exercice de leurs fonctions.

Mercredi 9 juillet, le patrouilleur a largué les amarres aux alentours de 9h00 pour quitter le port de Mata’utu et les eaux wallisiennes.
          
Merci au Commandant et à son équipage pour cette escale !
Bon vent et bonne mer !  

Mission AQUARIUS


Pour la première fois, le POM Teriieroo a Teriierooiterai a réalisé des opérations de "boarding", consistant à monter à bord de navires de pêche dans le cadre de missions de police des pêches et en application d’accords régionaux entre États du Pacifique Sud. Le drone SMD-M a été utilisé en environnement opérationnel pour localiser des bâtiments ciblés, en amont d’éventuelles inspections. Ces opérations ont été menées aussi bien en haute mer que dans les zones économiques exclusives de la Polynésie française, de Wallis-et-Futuna, ou dans des ZEE étrangères. Le POM Teriieroo a Teriierooiterai assure ainsi la surveillance dans la zone.

Autre objectif majeur de cette mission, le POM a eu l’occasion d’effectuer une reconnaissance des atolls des Tokelau, territoire isolé de la Nouvelle-Zélande et très concerné par les problématiques de montée des eaux (point culminant des atolls à seulement 3m au-dessus du niveau de l’océan) et de dérèglement climatique. Ces reconnaissances d’atolls ont permis de mieux comprendre leur fonctionnement et leurs besoins, rétablir des liens avec la France et étudier leur géographie et leurs infrastructures (pour d’éventuelles missions d’Humanitarian Assistance and Disaster Relief (HADR) si une catastrophe naturelle venait à les toucher).

Enfin, que ce soit sous le contrôle opérationnel des Forces armées en Polynésie française (FAPF), des Forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC) ou d’ALPACI (Commandant la zone Asie-Pacifique), le POM Teriieroo a Teriierooiterai a conclu sa première année sur le territoire polynésien avec une mission réussie. Il s’inscrit définitivement dans le paysage des FAPF comme étant un moyen incontournable pour assurer des missions de souveraineté et de protection des intérêts nationaux dans les espaces maritimes du Pacifique.

Merci Marie

06 décembre 2024

BSAOM CHAMPLAIN Iles Eparses Juan de Nova T.A.A.F. 10-11-2024 mission Bougainville

BSAOM CHAMPLAIN Iles Eparses Juan de Nova T.A.A.F. 10-11-2024


Mission Bougainville 
Des officiers Biodiversité engagés pour 12 mois dans la Marine nationale pour une exploration sans précédent du microbiome océanique planétaire au coeur du système Terre.

Nous proposons une mission pilote visant à mettre en œuvre les capteurs frugaux de Plankton Planet sur 3 Bâtiments de Soutien et d’Assistance Outre Mer BSAOMs de la Marine, pour une mesure du microbiome océanique réalisée durant 2 an dans les océans Pacifique et Indien par 10 étudiants de l’Alliance Sorbonne Université engagés comme Officier Biodiversité Volontaire Aspirant (VOAs). Ce projet pilote se déroulera en 2 phases, de juillet 2022 à août 2025, et permettra non seulement de valider et démontrer la pertinence de l’approche, mais aussi de répondre à des questions fondamentales en océanographie biologique.

Le 27 septembre dernier, nous nous sommes mis en route pour Maputo, la capitale du Mozambique. Nous y avons rejoint le Champlain et l’équipage A afin d’embarquer pour notre toute première mission !



Il s’agissait d’une Tournée de Ravitaillement des Îles Eparses (TRDI), pendant laquelle nous avons livré des vivres et des matières premières aux régiments de l’armée de terre présents sur place. 




Sur l’île d’Europa et Juan de Nova, nous avons aussi rencontré les agents TAAF qui s’occupent de la conservation des îles. L’occasion idéale pour présenter notre mission, échanger sur leurs travaux et prendre de bons contacts pour la suite.

À mi-parcours nous avons fait escale à Nosy Be, une petite île au nord de Madagascar. Nous avons profité de ces jours à terre pour faire visiter le Champlain à une classe de 3ème et présenter notre rôle de VOA biodiversité.

Ce premier mois d’embarquement était synonyme d’adaptation à tous les niveaux. Nous avons pris nos marques dans l’équipage de l’ASP Laurine, accompli nos premières missions d’officier communication et participé à plusieurs interventions de police des pêches au large de Mayotte.

Après 30 jours de mer, nous posons le pied sur l’île Intense pour la première fois ! Nous y avons retrouvé Noan Le Bescot, dernièrement sur le Bougainville avec l’équipe Tahiti, pour commencer notre passation scientifique. À l’issue de cette formation opérationnelle, l’ASP Romain et l’ASP Laurine rembarqueront ensemble pour 1 mois de mission avec l’équipage B du Champlain./



Pour en savoir plus sur la mission Bougainville

https://mission-bougainville.fr

https://mission-bougainville.fr/installation-sur-le-champlain-a-la-reunion-en-video/

https://mission-bougainville.fr/les-objectifs/

Merci à Monsieur le Médecin général pour le pli



Bonnets Rouges« La révolte des Bonnets rouges et du Papier timbré ». 1675 Sébastien Le Balp

  « La révolte des Bonnets rouges et du Papier timbré ». Faute de courriers maritimes nous parlerons aujourd'hui (avec modération) de bi...