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14 octobre 2026

Sous-Marin Thon une histoire d'espionnage et de capot 1904 1916

Sous-Marin THON

 une histoire d'espionnage et de capot





Le Thon (Q20) est un sous-marin français de la classe Naïade, construit à l’arsenal de Toulon sous la direction de l’ingénieur du Génie maritime Gaston Romazzotti. 

Lancement du sous-marin « Thon »

Toulon, 16 mars 1904

La dépêche de Brest - 17 mars 1904

Le 19 mars sera lancé, des cales du Mourillon, le sous-marin Thon. 
Ce sous-marin est du type Naïade.

Le Courrier de la Rochelle 20 mars 1910









Mis sur cale en juin 1902 et lancé en mars 1904, il entre en service en octobre 1905. Long de 23,76 mètres, il déplace environ 70 tonnes en surface et embarque un équipage d’une treizaine d’hommes. Sa propulsion associe un moteur thermique en surface à un moteur électrique en plongée. 


Mémorial des Vosges 20-11-1908

Son armement comprend deux torpilles de 450 mm. Destiné à la défense côtière, ce petit submersible est condamné en mars 1914, avant le début de la Première Guerre mondiale.





 Son histoire connaît pourtant un dernier épisode tragique : le 10 décembre 1916, alors qu’il est remorqué vers Corfou, il coule au large du cap Bon, en Tunisie. Les circonstances précises du naufrage et l’identité du remorqueur restent à établir.

Une affaire d'espionnage concernant le capot du sous-marin

Le Petit Caporal 16 mars 1908

La bande de Toulon

Toulon, 13 mars.

Le tribunal correctionnel a rendu ce matin son jugement dans l'affaire d'espionnage et de tentative d'espionnage.

Les inculpés tombaient sous le coup de la loi du 18 août 1896.

Ont été condamnés par défaut, les accusés ayant déclaré faire défaut au cours des débats : Auguste André, courtier en miroiterie, six mois de prison et 300 francs d'amende ; Jean Blain, directeur du Comptoir général d'électricité à Marseille, un an de prison et 500 francs d'amende ; Laurent Farget, ingénieur électricien à Marseille, dix-huit mois de prison et 1,000 francs d'amende ; Gaston Crépy, ex-quartier-maître mécanicien sur les sous-marins, deux ans de prison et 1,000 francs d'amende.


André a été le moins frappé parce que c'est lui qui avait remis entre les mains de M. Vigne, commissaire spécial, les documents de Farget et de Crépy. Ces deux derniers étaient les véritables instigateurs des tentatives d'espionnage et il a été établi que Crépy avait fourni à Farget les plans du capot du sous-marin Thon.

Les quatre inculpés sont, en outre, condamnés à cinq ans d'interdiction de séjour et cinq ans de privation de droits civils et civiques.



Affectation à Bizerte 

L'appel au peuple de la Charente 20 février 1910



La Croix des Marins 03-09-1911




12 octobre 2026

Sous-marin Bonite et Thon Naïade Gaston Ramazzoti



Sous-marin Bonite et Thon

Toujours aussi provocateur notre Marius quand il commente les articles du blog... 

Aujourd'hui il nous parlera de deux sous-marins : le Thon et la Bonite... 

La Bonite (Q19), le sous-marin qui confondait plongée et abordage



La Bonite porte un nom de poisson, mais sa carrière ressemble parfois à celle d’un bélier des mers. Conçue pour défendre les rades et les ports, elle va surtout se distinguer par une série d’accidents qui lui vaudront une réputation pour le moins singulière au sein de la Marine nationale.



Entre quai percuté, cuirassé abordé, jetée rencontrée en plongée et sous-marins amis malmenés, la Bonite semble avoir eu quelque difficulté à maîtriser son environnement immédiat. Une carrière qui rappelle qu’au début du XXe siècle, la navigation sous-marine est encore une aventure technique pleine d’incertitudes.

Un sous-marin de nouvelle génération


Construite à l’arsenal de Toulon, la Bonite, portant le numéro de coque Q19, appartient à la classe Naïade, une série de petits sous-marins conçus par l’ingénieur Gaston Romazzotti. 

Gaston Romazzoti  ingénieur du Génie maritime français,
joue un rôle important dans le développement
des sous-marins
Elle est lancée le 4 février 1904 selon certaines sources, le 6 février selon d’autres, puis admise au service actif le 27 février 1905. 

Ces bâtiments sont alors désignés comme des « torpilleurs sous-marins ». Leur mission consiste principalement à protéger les rades et les ports, en s’approchant discrètement des navires ennemis pour les attaquer à la torpille.



La Bonite dispose d’une propulsion thermique en surface et électrique en plongée. Mais ces premiers sous-marins opérationnels restent des machines délicates : leur pilotage exige une coordination rigoureuse entre le commandement, les mécaniciens et l’équipage. La navigation sous la surface, sans visibilité directe sur les navires environnants, constitue un défi considérable.
1906 : des débuts pour le moins mouvementés

16 janvier 1906 : le quai est plus près que prévu

Une erreur dans la transmission de l’ordre de « marche avant » à la salle des machines conduit la Bonite à heurter son quai d’amarrage. Les ailerons et l’hélice sont endommagés. Premier incident, première réparation.

5 février 1906 : le cuirassé Suffren entre dans l’histoire


Au cours d’un exercice d’attaque sous-marine au large des îles d’Hyères, la Bonite entre en collision avec le cuirassé Suffren, navire amiral de l’escadre de la Méditerranée.

À la suite d’une erreur de position, le sous-marin fait surface à environ 30 mètres du cuirassé. Le choc survient alors que la Bonite se trouve encore à sept mètres d’immersion. Les deux bâtiments subissent des dégâts importants, mais aucune victime n’est signalée. Pour éviter de sombrer, le sous-marin largue ses plombs de sécurité. 

11 mai 1906 : la jetée de Toulon au rendez-vous

Alors qu’elle rentre en rade en plongée, la Bonite heurte l’extrémité sud de la grande jetée. L’étrave doit être remplacée et le gouvernail, faussé, réparé.

À ce stade, la Bonite semble avoir développé une aptitude particulière à rencontrer les obstacles, qu’ils soient flottants ou solidement ancrés au fond de la rade.

1907 : entre prouesse technique et plongée imprévue


28 juin 1907 : 90 mètres sous la surface

La Marine fait réaliser un essai d’immersion profonde à l’aide d’un ponton-grue. La Bonite est soumise à une profondeur de 90 mètres. Le résultat est jugé satisfaisant : la déformation de la coque ne serait que d’un millimètre. Un résultat encourageant pour une technologie encore jeune.

5 juillet 1907 : la baignade n’était pas au programme

Quelques jours plus tard, lors d’un essai d’étanchéité au bassin, le sous-marin coule à quai. Une vanne de coque est restée ouverte. Heureusement, aucun membre de l’équipage ne perd la vie et le bâtiment est renfloué.

La Bonite vient ainsi de démontrer qu’un sous-marin peut aussi effectuer une plongée sans quitter le port, même lorsque personne ne l’a demandé.

Novembre 1907 : deux abordages pour le prix d’un


Le 22 novembre 1907, au large de Toulon, la Bonite aborde en plongée le sous-marin Souffleur. Les deux bâtiments sont sérieusement endommagés.

Le Souffleur est immobilisé tandis que son équipage examine les dégâts. Mais la Bonite, rendue incontrôlable par les avaries, revient à la charge et heurte une seconde fois son camarade.

Difficile de parler d’une attaque coordonnée : les deux sous-marins français viennent de faire l’expérience d’un combat naval sans ennemi.

Cet accident illustre l’un des grands dangers des premières opérations sous-marines : deux bâtiments évoluant sous l’eau, sans visibilité directe, pouvaient se retrouver sur une même trajectoire sans parvenir à s’éviter. 

1910 : l’Alose croise la route de la Bonite


Le 4 novembre 1910, nouvel incident. La Bonite heurte en plongée le sous-marin Alose. Cette fois, les dégâts restent légers sur les deux bâtiments.




La répétition de ces collisions témoigne des difficultés rencontrées par les équipages de cette première génération de sous-marins. La maîtrise de la profondeur, de la position et de la trajectoire demeure essentielle, mais les moyens de détection et de communication sous-marines sont encore rudimentaires.

En 1910, la Bonite est intégrée à la flottille des sous-marins de la Méditerranée. Elle poursuit donc son service malgré ce palmarès d’accidents peu ordinaire. 

1914-1920 : fin de carrière pour la Bonite

La carrière opérationnelle de la Bonite prend fin à la veille de la Première Guerre mondiale. Elle est condamnée le 27 mars 1914, puis désarmée le 21 mai de la même année, selon les chronologies habituellement retenues.

Le bâtiment est finalement vendu pour démolition à Toulon le 14 avril 1920, pour la somme de 351 964 francs. Il disparaît ainsi après une quinzaine d’années d’existence, dont une bonne partie aura été consacrée aux réparations et aux essais. 

La Bonite : une conserve qui prenait l’eau ?


La Bonite appartient à cette génération pionnière qui a permis à la Marine française d’acquérir une véritable expérience de la navigation sous-marine. Ses accidents ne doivent pas faire oublier les progrès techniques accomplis à cette époque : chaque essai, chaque avarie et chaque collision apportaient des enseignements sur les limites des machines, les procédures de navigation et la formation des équipages.

Mais pour notre mascotte Marius, le bilan est tout trouvé : avec un sous-marin nommé Bonite, accompagné de son camarade le Thon, la Marine nationale avait de quoi ouvrir une conserverie flottante !Encore fallait-il que les boîtes soient étanches et que les poissons ne se cognent pas entre eux au fond de la cale…

Une nouvelle sorte de conserve ? Marius, lui, préfère vérifier la date de péremption avant de plonger.




L'Ouest-Eclair 23/11/1907

L'Ouest-Eclair 27/11/1907

L'Ouest-Eclair 5/11/1910

Navigazette

BNF Gallica 

Sous-Marin Thon une histoire d'espionnage et de capot 1904 1916

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