Affichage des articles dont le libellé est Révolution. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Révolution. Afficher tous les articles

18 juillet 2026

Port de la Montagne Toulon Le décret fondateur de l'administration civile de la Marine (14 pluviôse an II – 2 février 1794)

Port de la Montagne Toulon  décret fondateur de l'administration civile de la Marine (14 pluviôse an II – 2 février 1794)


Encore une lettre ancienne qui ne paie pas de mine bien qu'envoyée depuis Port de la Montagne.

 Nous avons déjà évoqué Bonaparte, le siège de la ville rebelle et la Marine à Toulon. On voit que le pli est adressé au citoyen Gourrhaud (?) inspecteur civil de la Marine à Marseille. Au verso un sceau de sire avec une ancre de marine.


Le sceau de la Marine de la République française


Apposé en cire rouge au verso de la lettre, ce sceau garantit l'authenticité de la correspondance et l'intégrité de son contenu. Il remplit la même fonction qu'un cachet officiel : toute rupture du sceau prouve que le courrier a été ouvert.

La légende circulaire se lit :

« MARINE DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE »

Elle remplace les anciennes légendes royales utilisées sous l'Ancien Régime et affirme la nouvelle autorité de l'État républicain. Au centre figure une ancre de marine, symbole universel de la navigation et de la puissance navale. L'ancre est représentée avec son organeau (l'anneau supérieur) et son câble ou une aussière enroulée autour de la verge. Ce motif, hérité de l'iconographie maritime du XVIIIᵉ siècle, évoque la stabilité, la fidélité au service de l'État et la force de la Marine nationale.

Dans notre cas, le sceau n'est pas un sceau personnel mais un sceau de service. Il est utilisé par les administrations dépendant du ministère de la Marine, notamment :

les agents maritimes ; les inspecteurs civils de la Marine ; les commissaires de la Marine ; les bureaux des ports militaires ; les arsenaux de Brest, Rochefort, Lorient, Toulon (Port de la Montagne), Marseille et autres établissements maritimes de l'État.

Chaque administration possédait généralement une matrice officielle conservée sous la responsabilité du chef du service ou du secrétaire principal.

La présence de la mention « République française » situe ce sceau pendant la période révolutionnaire. Il apparaît après l'abolition de la monarchie en septembre 1792 et reste en usage sous la Convention nationale puis le Directoire. Sous le Consulat et l'Empire, les sceaux évoluent progressivement et les emblèmes impériaux remplacent les symboles républicains.

Au-delà de son aspect symbolique, ce sceau avait une valeur juridique. Il certifiait que la lettre provenait bien d'une autorité officielle de la Marine et que son contenu n'avait pas été altéré. Dans une administration où circulaient des ordres militaires, des mouvements de bâtiments, des transports de matériel et des décisions financières, cette garantie était essentielle.

L'en-tête de la lettre : un symbole de la Marine révolutionnaire



L'en-tête imprimé de cette lettre illustre parfaitement la transformation de l'administration maritime française sous la Révolution. Au sommet figurent les mots « LIBERTÉ » et « ÉGALITÉ », deux des principes fondateurs de la République, auxquels est ajoutée, selon l'usage de la période de la Terreur, la devise « OU LA MORT ». Cette formule, largement employée entre 1793 et 1794 sur les documents officiels, exprime l'engagement absolu attendu des citoyens envers la République.

Au centre apparaît une allégorie féminine de la Marine. Debout, coiffée du bonnet de la Liberté, elle tient de la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien, symbole de l'affranchissement du peuple. De l'autre main, elle s'appuie sur un faisceau de licteur. Ce faisceau est constitué d'un assemblage de verges solidement liées autour d'une hache, dont le fer apparaît clairement sur le côté gauche. Hérité de la Rome antique, le faisceau symbolise l'autorité publique, la justice et la force de la loi. Cette représentation remplace les anciennes armes royales qui ornaient les correspondances de la Marine sous l'Ancien Régime. Désormais, ce n'est plus le roi qui garantit l'autorité des actes, mais la République.

À ses pieds figure l'inscription « MARINE », qui identifie clairement cette personnification comme celle de la Marine nationale.

Sous l'allégorie, la mention imprimée « Port de la Montagne » rappelle que la lettre est expédiée de Toulon, rebaptisée ainsi après la reprise de la ville aux troupes anglo-espagnoles en décembre 1793. Cette appellation, imposée par la Convention, fait référence au groupe politique de la Montagne, alors dominant.


La date est rédigée selon le calendrier républicain : « le 5e Sansculottide an II de la République française une et indivisible », soit le 21 septembre 1794, dernier jour de l'année républicaine avant le début de l'an III.


 L'emploi des jours complémentaires, appelés « Sans-culottides », souligne la volonté révolutionnaire de rompre avec le calendrier grégorien et les références religieuses.

Enfin, le numéro de correspondance, laissé manuscrit, montre qu'il s'agit d'un formulaire administratif préimprimé destiné aux services de la Marine. Ce type de papier officiel était utilisé par les agents maritimes, les inspecteurs civils, les commissaires et les autres administrations portuaires pour leur correspondance.

Une iconographie typique de l'an II

L'association de la devise « Liberté, Égalité, ou la Mort », de l'allégorie républicaine de la Marine et du calendrier révolutionnaire fait de cet en-tête un document caractéristique de l'an II de la République (1793-1794). 

Après la chute de Robespierre, la formule « ou la Mort » disparaîtra progressivement des documents officiels, remplacée par des en-têtes plus sobres sous le Directoire. Cette lettre constitue donc un témoignage remarquable de l'imagerie politique et administrative de la Marine française au plus fort de la Révolution.

L'expéditeur est l'Agent Maritime

Le décret fondateur de l'administration civile de la Marine (14 pluviôse an II – 2 février 1794)

Jean-Bon Saint-André


Le 14 pluviôse an II (2 février 1794), la Convention nationale adopte, sur le rapport de Jean-Bon Saint-André, un décret qui réorganise en profondeur l'administration civile de la Marine. 

Cette réforme intervient dans un contexte de guerre, alors que les ports militaires doivent être remis en état après les troubles révolutionnaires et la perte temporaire de Toulon. Le rapport de Jean-Bon Saint-André dénonce les abus de l'ancienne administration, héritée de l'Ancien Régime, jugée trop centralisée, coûteuse et inefficace. 

Le décret supprime les chefs principaux des bureaux civils (anciens ordonnateurs) et répartit les responsabilités entre les différents chefs de service, désormais directement responsables devant le ministre de la Marine. Chaque service reçoit ainsi une autonomie accrue, tandis que les responsabilités individuelles sont clairement définies. Cette réforme marque également l'apparition d'une nouvelle organisation dans les ports, fondée sur la collaboration entre un agent maritime, chargé de coordonner l'administration et l'exécution des décisions, et un inspecteur civil, chargé d'en contrôler l'application et la régularité. 


C'est précisément ce nouveau cadre administratif que reflète la lettre adressée au citoyen Gourbault, inspecteur civil de la Marine à Marseille, en septembre 1794. Ce document constitue ainsi un témoignage direct de la mise en œuvre de cette réforme dans les ports de la Méditerranée.

Rapport de Jean-bon-Saint-André, au nom du comité de salut public, relatif à l’organisation de l’administration civile de la marine dans les ports, lors de la séance du 14 pluviôse an II (2 février 1794) [rapport]

Tome LXXXIV - Du 9 au 25 pluviôse An II (28 janvier au 13 février 1794)

Les Sans-culottides : les fêtes de la République

À la fin de chaque année du calendrier républicain, les révolutionnaires ajoutèrent cinq journées particulières, appelées d'abord Sans-culottides, puis jours complémentaires. Elles permettaient de compléter les 360 jours des douze mois de trente jours afin de retrouver la durée réelle de l'année solaire. Lors des années sextiles, un sixième jour était ajouté : le Jour de la Révolution.

Ces journées n'étaient pas consacrées aux travaux agricoles comme le reste du calendrier. Elles étaient réservées aux fêtes civiques et à la célébration des valeurs de la jeune République. Chacune portait le nom d'une vertu : la Vertu, le Génie, le Travail, l'Opinion et les Récompenses. Elles donnaient lieu à des cérémonies publiques, des jeux, des chants, des distributions de prix aux citoyens méritants et des manifestations destinées à renforcer l'esprit républicain.

Aujourd'hui encore, ces journées constituent une curiosité de l'histoire de France et se rencontrent fréquemment dans les registres d'état civil et les archives de la période révolutionnaire (1793-1805).


Datée du 5e jour des Sans-culottides de l'an II (21 septembre 1794) cette lettre nous dévoile l'histoire de la Révolution, de la Marine, de Toulon et du calendrier révolutionnaire, je suis certain qu'elle dera date...



Les Sans-culottides étaient ainsi une période de réjouissances populaires, comparable à une fin d'année républicaine, où l'on célébrait les talents, les efforts et les valeurs civiques plutôt que les fêtes religieuses. Elles illustrent la volonté des révolutionnaires de créer un calendrier entièrement nouveau, fondé sur les principes de la République.
Nous reviendrons dans un prochain article sur le contenu de la lettre.

Sources

BnF Gallica

https://www.persee.fr/doc/arcpa_0000-0000_1962_num_84_1_34586_t1_0210_0000_10?utm_source=chatgpt.com


21 juin 2026

Décret Rebelles villes de Lyon et de Toulon Siège de Toulon Napoléon Bonaparte Révolution 1793 Port-La-Montagne

Décret contre les Rebelles Villes de Lyon et Toulon



C'est un document proposé à la vente sur un site bien connu qui m'a fait me poser quelques questions sur ces rebelles de Toulon.






Après la chute des Girondins à Paris en juin 1793, plusieurs villes se soulèvent contre la Convention montagnarde.


Vue de la ville de lyon - Siège de Lyon
en octobre 1793 musée Carnavalet.
Pour venir à bout des insurrections fédéralistes qui éclatent en Provence, le Comité de salut public y dépêche l’armée dite des « Carmagnoles », commandée par le général Jean-François Carteaux (1751-1813), qui descend la vallée du Rhône, reprend Avignon le 25 juillet 1793 et Marseille le 25 août. Dès lors, Toulon peut être assiégé, pris en tenaille entre l’armée des Alpes et les troupes venues de Marseille.


Louis-François de Précy
chef des Insurgés
par Jean-Joseph Dassy


La ville de Lyon se soulève contre le gouvernement révolutionnaire dominé par les Montagnards. Les autorités lyonnaises font arrêter puis exécuter le chef révolutionnaire local Joseph Chalier, partisan de la Terreur. La Convention considère alors Lyon comme une ville en rébellion contre la République.






Après plusieurs mois de siège, les armées républicaines reprennent la ville le 9 octobre 1793. La répression est extrêmement sévère :


Fusillades de Lyon 
exécutions de centaines de personnes ;

confiscation des biens des condamnés ;

destruction symbolique d'une partie de la ville ; changement temporaire du nom de Lyon en « Ville-Affranchie ».



À Toulon, les opposants à la Convention prennent le pouvoir et, craignant l'arrivée des armées républicaines, appellent les Britanniques à l'aide.

Amiral Hood


Le 28 août 1793, la ville et le port militaire sont remis à l'amiral britannique Samuel Hood. Les Anglais, rejoints par les Espagnols, occupent alors la rade de Toulon et une partie de la flotte française. Pour la Convention, il s'agit d'une véritable trahison nationale : le principal arsenal de la Méditerranée est livré à une puissance ennemie en pleine guerre.

Vue générale du siège de Toulon
par Sigismond Himely


Le siège de Toulon dure de septembre à décembre 1793. C'est au cours de ce siège qu'un jeune capitaine d'artillerie nommé Napoléon Bonaparte se distingue en proposant la prise des hauteurs qui commandent la rade. La chute du fort de l'Eguillette et du fort Balaguier oblige la flotte britannique à évacuer.

Toulon Sigismond Himely


Le 19 décembre 1793, Toulon est reprise par les républicains.
La répression est alors très sévère : de nombreux habitants soupçonnés d'avoir soutenu les Anglo-Espagnols sont arrêtés ;


Bonaparte au siège de Toulon 1793,
par Édouard Detaille.


plusieurs centaines de personnes sont fusillées ou guillotinées ;
les biens des émigrés, des condamnés et des personnes considérées comme rebelles sont saisis ;
des commissions révolutionnaires enquêtent sur les responsabilités locales.

C'est précisément ce qu'annonce le décret. Dès octobre 1793, avant même la reconquête de la ville, la Convention prépare déjà le cadre juridique permettant de séquestrer, confisquer et vendre les biens des futurs condamnés toulonnais, en reprenant les mesures appliquées contre les insurgés lyonnais.

Les représentants Barras et Fréron firent fusiller entre 700 et 800 personnes au Champ-de-Mars de Toulon à la fin de décembre 1793.

N°. 1765.

DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE,

Du premier jour du second mois de l'an second de la
République Française, une et indivisible,

Relatif à la Séquestration et à la Vente des Biens des Rebelles de Toulon.

LA CONVENTION NATIONALE, après avoir entendu
le rapport du comité de salut public ; décrète que les lois déjà rendues pour la séquestration, confiscation, administration, régie et vente des biens des rebelles Lyonnais, seront exécutées pour les biens des rebelles de Toulon.




Vu par l'inspecteur. 



Signé BOUILLEROT.

Collationné à l'original, par nous président et secrétaires de la Convention nationale. A Paris,
le 2.e jour du second mois de l'an second de la république, une et inivisible. 
Signé
M. BAYLE, président ; FOURCROY, Ch. DUVAL
et LOUIS (du Bas-Rhin), secrétaires.




Au Nom de la République, le Conseil exécutif provisoire mande et ordonne à tous les Corps administratifs et Tribunaux, que la présente loi ils fassent
consigner dans leurs registres, lire, publier et afficher,
et exécuter dans leurs Départemens et ressorts respec-
tifs ; en foi de quoi nous y avons apposé notre signature
et le sceau de la République. A Paris, le deuxième jour du second mois de l'an second de la République Française, une et indivisible. 
Signé PARÉ. Contresigné GOHIER. Et
scellée du sceau de la République.
Certifié conforme à l'original.




Conforme à l'exemplaire timbré du sceau de la République, certifié par le Ministre de la Justice consigné dans les registres, et déposé aux archives du Département de Vaucluse. 
A Avignon, le 25 Brumaire de la deuxième Année Républicaine.
Signé COTTIER-JULIAN, secrétaire-général.




Le 25 décembre 1793 (5 nivôse an II), la Convention nationale décide de punir symboliquement la ville pour sa rébellion et sa remise aux Anglais. Toulon perd alors son nom et devient officiellement :
Port-la-Montagne ou Port-de-la-Montagne






Ce nom fait référence à la Montagne, le groupe politique des Montagnards qui domine alors la Convention.

Le décret est célèbre pour sa formule :
« Toulon a trahi la République ; il n'y a plus de Toulon. »




La ville est ainsi rebaptisée afin d'effacer le souvenir de la trahison et de marquer son retour dans le camp républicain.



Cette appellation restera en usage jusqu'à la chute de Robespierre en juillet 1794. Après Thermidor, la ville retrouve progressivement son nom traditionnel de Toulon.


Sources
Musée Carnavalet
Le Louvre
BnF Gallica
Académie du Var

06 juin 2026

Lettre de Saint-Brieuc pour Paris 7 frimaire an 8 manufacture armes Versailles novembre 1799 chouannerie révolution Saint-Brieuc

 Les Chouans en Côtes du Nord 

St-Brieux 7 frimaire an 8

Une lettre du 7 frimaire an VIII ( 27 novembre 1799) adressée à un homme de loi à Paris depuis Saint-Brieux.

La situation en Bretagne est alors compliquée.


Le chouannage est affaire de longue durée. 
Réprimé en 1793, il est de nouveau actif en 94 et en 95, il est réveillé par le débarquement anglo-émigré de Quiberon qui échoue à faire la jonction avec le mouvement breton mais diffuse ses rescapés dans toute la péninsule.

En 1799, on en est au troisième temps de la chouannerie. Le pouvoir du Directoire est affaibli. Le moment est venu de lancer des raid-éclairs contre Coutances, Le Mans, Nantes... 

Et, le 5 brumaire de l'an VIII, contre le chef-lieu des Côtes du Nord.



Cachet  21 St BRIEUX 
taxe II décimes cachet arrivée au verso  8I
Dans la nuit du 25 au 26 octobre 1799, environ 400 Chouans attaquent Saint-Brieuc pour libérer des prisonniers royalistes. Ils surprennent la garnison républicaine, prennent l’hôtel de ville, exécutent le procureur Poulain-Corbion et délivrent 247 détenus. Le général Casabianca reste inactif. Les Chouans se retirent au matin avec peu de pertes, remportant une victoire symbolique importante dans le cadre de la Chouannerie.


St Brieuc 7 frimaire an 8

Citoyen

Les nouvelles de paix que vient de transmettre le télégraphe me donnent l’heureux espoir que mes soins vont encore redevenir fructueux à la chose qui m’est confiée. Je pars pour y aller passer quelques jours et prendre mes hauteurs pour tâcher d’y lever un nouveau ménage et réparer les dégâts que j’ai essuyés. Le fort ne s’est pas autant ressenti que je l’ai craint de ma courte absence, parce que le bois ne s’est pas encore fait sentir.

Dessin Boudriot


Je serai obligé de réarmer ceux des gardes qui ont perdu leurs fusils : quant à moi j’en ai perdu cinq et mes pistolets ; et comme il n’est pas possible d’habiter une forest sans armes, je vais emprunter un fusil, jusqu’à ce que vous me trouviez le moment favorable pour m’en faire passer un de la manufacture de Versailles. Je le voudrois à deux coups, peut être bien bronzé pour parer à la rouille, une bayonette dans la crosse, moule à balles, et surtout qu’il porte son



plomb si serré qu’à 60 pas il porte tout son coup dans une feuille de papier ; pour cela il faut que le canon soit foré un peu plus étroit de petit bout que de la culasse. Enfin, Mon cher Citoyen, vous ferez surement de votre mieux et comme pour vous.

Je voudrois aussi une paire de pistolets simples d’environ 16 à 17 pouces de canon, pour porter en poche d’habit ou à la ceinture, qui ayent des batteries qui ne ratent pas ; moyennant ces précautions et un bois domestique qui me servira, je serai en état de repousser aux instans qui me sont confiés.

J’ai écrit aux héritiers Du Cayo qu’ils peuvent venir prendre ici mille écus que j’ai en ordre de leurs compter ; je les laisse, en partant, à ma femme qui me charge de mille sincères complimens pour vous. Je suis encore en état de vous en envoyer autant, lorsque je trouverai une lettre de change, ce qui va devenir bien commun, si les nouvelles de la paix se confirment.

Je n’ai encore payé que 1650. à le compte des 3000 d’impôt de la forêt pour l’an 7 ; on m’a fait espérance des réductions, mais cela n’avance pas.



Il était tenu que la loi des otages fut reportée ; le pauvre Thomas père fut arrêté, mais personne n’ayant voulu donner dénonciation soit de la conspiration, il fut remis en liberté.

Salut, Respect et sincère amitié
Thierry

Arquebusier ordinaire du roi à partir de 1788,
Nicolas-Noël Boutet est nommé
directeur-artiste de la Manufacture de carabines
de Versailles en 1792. 

Pistolet de luxe à silex de la Manufacture de Versailles, canon en acier damas à ruban, piqueté et grisé, octogonal, légèrement tromblonné à la bouche, le tonnerre damasquiné d'or porte quatre poinçons de Boutet non lisibles (“B C” dans un carré, sur chaque pan incliné, “N B” dans un rectangle et “N B” dans un octogone sur le pan supérieur), il est damasquiné d'or et orné sur chaque pan d'un navire voguant sur les flots, le reste du canon est orné d'un semis d'étoiles d'or, calibre 15 mm rayé cheveux ; platine à corps plat ouvragée à l'arrière et signée dans un losange : “Boutet Directeur

15 mars 2022

Révolution hôtel de la Marine garde-meubles 1789 1989 Musée

Révolution à l'hôtel de la Marine 

du garde-meubles au musée 1789 1989 2022

Les 17 et 18 juin 1989, la Poste Navale Paris a réalisé un timbre à date illustré célébrant le bicentenaire de la Révolution française. Une ancre et devant le dessin de l'hôtel de la Marine place de la Concorde. Voici quelques éléments et photos recueillis lors de la visite du Ministère avec l'association des anciens marins de la Jeanne.







Le Garde-Meuble de la Couronne, appelé aussi Garde-Meuble royal, était en France, sous l'Ancien Régime
, l'administration chargée de la gestion du mobilier et des objets d'art destinés à l'ornement des demeures royales. Il désignait aussi le magasin de dépôts géré par cette administration.

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

Le Garde-Meuble est installé à l'Hôtel du Petit Bourbon jusqu'en 1758. Il est ensuite déplacé à l'hôtel de Conti (1758-1768) puis à l'hôtel des Ambassadeurs extraordinaires, aujourd'hui Palais de l'Elysée, avant de s'installer en 1772 dans un bâtiment spécialement construit, l'hôtel du Garde-Meuble, aujourd'hui l'hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris. En 1777, ses salles sont disposées pour permettre la visite des collections tous les premiers mardis de chaque mois de Pâques à la Toussaint.


Symbole de l’administration et du faste royal, les jours du Garde-Meuble sont comptés.

Deux événements marquent l’histoire du lieu :
le 13 juillet 1789, les révolutionnaires s’emparent des armes exposées dans la salle d’armes. Le lendemain, ils iront chercher des munitions à… la Bastille.
La petite histoire raconte que les premiers tirs contre la Bastille ont été tirés par des canons montés sur des affûts damasquinés en argent offerts par le roi du Siam à Louis XIV en 1684, pris la veille dans les collections royales du Garde-Meuble.
le 16 septembre 1792, le vol des bijoux de la couronne  a lieu à l'Hôtel de la Marine. Dans la nuit, une quarantaine de personnes entrent dans le salon où sont exposés les bijoux, et dérobent un butin de près de 30 millions de francs.



Dès le début de la Révolution, le roi Louis XVI quitte Versailles pour Paris.

photo JM Bergougniou

Toutes les administrations de l’État présentes à Versailles doivent donc regagner la capitale.

photo JM Bergougniou


Mais un obstacle de taille se dresse : où les installer à Paris ? Le ministère de la Marine, avec à sa tête le comte de La Luzerne et Jean-Baptiste Berthier, s’installe dans le palais abritant le Garde-Meuble en 1789.


photo JM Bergougniou


A la tête d'une administration royale qui compte plus de 100 employés, l'Intendant est en charge du mobilier des résidences royales, des tapisseries, des petites statues en bronze, des armes et des joyaux de la Couronne.




photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou

Dans un premier temps, la Marine occupe des espaces au deuxième étage et à l’ouest du premier étage. Il lui faudra moins de 10 ans avant de pouvoir occuper le bâtiment dans son ensemble. C’est le début de deux siècles de présence de cette administration dans ce palais qui portera désormais le nom d’Hôtel de la Marine. Ce n’est qu’en 2015 que le ministère de la Marine quitte le bâtiment.

photo JM Bergougniou


Surveiller la rue de Rivoli

la rue de Rivoli au travers de l'oeilleton photo JM Bergougniou

rue de Rivoli photo JM Bergougniou

C'est autour de la place de la Concorde et de l'Opéra qu'eurent lieu les derniers les combats pour la libération de Paris en août 1944.

L'Hôtel de la Marine était alors occupé par l'État-major de la Marine allemande. De nombreux soldats nazis y étaient encore retranchés, notamment dans le salon d'angle de l'appartement de l'Intendant, au premier étage. Situé à l'angle de la place de la Concorde et de la rue de Rivoli, ce dernier offre en effet une position stratégique pour observer l'arrivée des combattants français. Dissimulés derrière les volets intérieurs du bâtiment, les Allemands pouvaient observer discrètement leurs ennemis par un œilleton percé en plein milieu du volet.

Sources
Ministère des Armées
Anciens marins de la Jeanne

lettre de la république d'Argentine pour le croiseur Ecole Jeanne d'Arc 21 avril 1939 Emile Bertin Buenos-Aires

lettre de la république d'Argentine pour le croiseur Ecole Jeanne d'Arc Le quotidien L'Ouest-Éclair du 3 mars 1939 annonçe une m...