Les plis se font rares
Mais où est donc passée la Marine nationale ?

Marius s’interroge. Autrefois, les bâtiments de la Marine nationale envoyaient du courrier : une enveloppe, un timbre à date, un cachet du vaguemestre… de quoi faire battre le cœur du marcophile. Aujourd’hui : silence radio. Serait-ce devenu Secret Défense d’expédier une enveloppe ? La position du bâtiment serait-elle compromise par un malheureux cachet postal ? À moins que les enveloppes ne soient désormais classées « matériel sensible » et les timbres placés sous coffre-fort. Marius envisage une autre explication : la Marine n’aurait-elle plus de pétrole pour transporter le courrier ? Voilà qui serait fâcheux, surtout pour une lettre de vingt grammes. Peut-être le vaguemestre a-t-il été remplacé par un ordinateur, lequel, malheureusement, ne sait toujours pas oblitérer un timbre. Courriels, messageries numériques et communications sécurisées ont certes changé les habitudes ; mais pour le collectionneur, un e-mail imprimé manque singulièrement de charme. Alors Marius surveille sa boîte aux lettres. Rien. Il commence à craindre l’explication la plus terrible : la marcophilie navale aurait-elle été rayée, elle aussi, des missions opérationnelles ?