« La révolte des Bonnets rouges et du Papier timbré ».
Faute de courriers maritimes nous parlerons aujourd'hui (avec modération) de bières bretonnes et de révoltes paysannes avec cette étiquette "Bonnets Rouges".
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| Etiquette réalisée par le dessinateur de bande dessinée Patrice Pellerin (auteur de la série L'Épervier). On y voit Sébastien Le Balp (Sébastien ar Balp), figure marquante de la révolte |
Le texte
La révolte des Bonnets rouges et du Papier timbré
Article premier : Il sera choisi six députés parmi les plus nobles (les plus honnêtes gens) de leur paroisse qui, avec quatorze paroisses unies ensemble, iront demander la liberté pour la province dès la prochaine session des États de Bretagne afin de consigner par écrit les raisons de la révolte. À leurs frais, les communautés leur fourniront à chacun un bonnet et une chemise rouges, un pantalon bleu, en plus de l'équipement qui convient à leur condition.
De quoi s'agit-il?
En 1675, sous le règne de Louis XIV, la Bretagne connaît une importante révolte populaire provoquée par de nouvelles taxes royales, notamment celle sur le papier timbré, obligatoire pour de nombreux actes officiels et notariés. La contestation commence au printemps dans les villes, à Rennes, Nantes, Saint-Malo ou Guingamp, puis gagne les campagnes de Basse-Bretagne.
Le 9 juin, autour de Châteaulin, le tocsin sonne dans une trentaine de paroisses et des bandes de paysans en armes se rassemblent. Dans le Poher, les insurgés prennent le bonnet rouge comme signe de ralliement, tandis que dans le pays bigouden certains portent le bonnet bleu.
La colère ne vise bientôt plus seulement les impôts : les révoltés s'attaquent aux abus seigneuriaux, aux notaires, aux fermiers des taxes et aux châteaux, dont ils brûlent les titres et parchemins. Le 11 juillet, près de 6 000 paysans attaquent ainsi le château de Kergoat à Saint-Hernin. Les insurgés rédigent surtout un remarquable « Code paysan », véritable programme de revendications demandant notamment la suppression de certaines charges et une justice plus équitable.
L'article premier prévoit que les quatorze paroisses unies enverront des représentants aux États de Bretagne et décrit leur tenue : bonnet et camisole rouges et haut-de-chausses bleu. Sébastien Le Balp, ancien notaire royal de Kergloff, s'impose comme le principal chef de la révolte dans le Centre-Bretagne. Il projette de réunir des milliers d'hommes avant de marcher sur Carhaix et Quimper, mais il est tué au manoir du Tymeur à Poullaouen dans la nuit précédant le grand rassemblement. Sa disparition désorganise profondément l'insurrection au moment où les troupes royales arrivent en Bretagne.
La répression est sévère : exécutions, sanctions contre les paroisses et décapitation de plusieurs clochers ayant sonné le tocsin. Certains, comme ceux de Lambour, Lanvern ou Languivoa, ne retrouveront jamais leur flèche.L'été 1675 laisse ainsi en Basse-Bretagne le souvenir durable d'une révolte à la fois antifiscale, paysanne et antiseigneuriale, dont les Bonnets rouges et le Code paysan sont devenus les symboles.


