Saint-Pierre et Miquelon patrouilleur Fulmar 400 ans de la Marine nationale
"On avait convenu avec le commandant du Fulmar qu'on allait faire un timbre pour fêter le 400e anniversaire avec le privilège de Saint-Pierre et Miquelon qui fabrique ses propres timbres. On a mis en route tous les éléments et tous les astres se sont bien alignés. La Collectivité territoriale par le biais de la commission philatélique, la marine nationale avec François Mauger, le commandant du Fulmar, et l'artiste Raphaële Goineau, qui est aussi peintre de la Marine, qui a fait le timbre et la Poste s'est chargée de l'édition et de la commercialisation", précise Jacques Bouwet, directeur du service postal de Saint-Pierre-et-Miquelon.
La présence de la Marine nationale à Saint-Pierre-et-Miquelon est ancienne et revêt une importance stratégique particulière. Situé à seulement 25 km de Terre-Neuve, l'archipel constitue le seul territoire français en Amérique du Nord et permet à la France d'exercer sa souveraineté sur une vaste zone économique exclusive dans l'Atlantique Nord-Ouest.
Aujourd'hui, cette présence repose principalement sur le patrouilleur Fulmar, unique unité permanente de la Marine nationale stationnée en Amérique du Nord. Basé à Saint-Pierre depuis 1997, il assure des missions de souveraineté, de surveillance des pêches, de police de la navigation, de secours en mer et d'assistance aux navires en difficulté. Son équipage d'une douzaine de marins intervient sur une zone maritime immense, couvrant notamment les Grands Bancs de Terre-Neuve.
L'histoire maritime de l'archipel est intimement liée à celle de la Marine française. Depuis l'époque de la Nouvelle-France, les bâtiments de l'État ont protégé les flottilles de pêche et affirmé la présence française dans ces eaux disputées. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Pierre-et-Miquelon fut l'un des premiers territoires d'Amérique à rallier la France Libre lors du célèbre débarquement du 24 décembre 1941.
XVIIe siècle : protéger les pêcheries françaises
Dès le début du XVIIe siècle, les marins français fréquentent les bancs de Terre-Neuve, parmi les plus riches zones de pêche du monde. Les navires venus de Normandie, de Bretagne et du Pays basque utilisent les havres de Saint-Pierre et de Miquelon comme mouillages et bases de ravitaillement. La Marine royale assure alors principalement la protection des pêcheurs contre les corsaires et les navires ennemis, notamment anglais et hollandais. Les bâtiments du roi escortent les convois de pêche et participent à l'affirmation de la présence française dans cette région stratégique de l'Atlantique Nord.
XVIIIe siècle : rivalité franco-britannique
Au XVIIIe siècle, Saint-Pierre-et-Miquelon se trouvent au cœur de la rivalité entre la France et la Grande-Bretagne pour le contrôle de l'Amérique du Nord. Après le Traité d'Utrecht, la France perd Terre-Neuve mais conserve certains droits de pêche. Les îles changent plusieurs fois de souveraineté au gré des conflits. La Marine royale intervient régulièrement pour transporter des colons, ravitailler l'archipel et défendre les installations françaises.
Le Traité de Paris restitue Saint-Pierre-et-Miquelon à la France, qui y établit une petite garnison et une présence navale destinée à soutenir la pêche morutière. Des frégates et corvettes assurent la liaison avec la métropole et surveillent les eaux de pêche. Durant la Guerre d'indépendance des États-Unis, les Britanniques occupent à nouveau les îles avant leur restitution définitive à la France en 1783.
XIXe siècle : la « marine des bancs »
Au XIXe siècle, la présence navale française se stabilise. Saint-Pierre devient la capitale de la grande pêche française à Terre-Neuve. Chaque année, plusieurs centaines de navires de pêche fréquentent l'archipel. Pour encadrer cette activité considérable, l'État entretient une station navale permanente.
Des avisos, canonnières et bâtiments hydrographiques de la Marine nationale sont déployés pour :
protéger les pêcheurs français ;
faire respecter les droits de pêche accordés par les traités ;
assurer des missions de police maritime ;
porter assistance aux navires en difficulté ;
effectuer des relevés hydrographiques et cartographiques.
À partir du Second Empire puis sous la Troisième République, la « Division navale de Terre-Neuve » devient un élément essentiel de la présence française dans l'Atlantique Nord. Les commandants de cette station navale jouent souvent un rôle diplomatique auprès des autorités britanniques de Terre-Neuve.
Une présence liée à la souveraineté
Pendant ces trois siècles, la Marine française n'a pas seulement une fonction militaire. Elle est l'instrument principal de la souveraineté française dans l'Atlantique Nord. Sans sa présence régulière, il aurait été difficile de maintenir les droits de pêche français et de conserver Saint-Pierre-et-Miquelon comme territoire français face à la puissance britannique.
Merci à Joël
Cols bleus











































