01 octobre 2026

Glorieuses Îles Eparses BSAOM Champlain 18-7-2026

 Glorieuses Îles Eparses BSAOM Champlain 18 juillet 2026

Encore des enveloppes n'importe quoi.... TàD des Glorieuses,cachet du vaguemestre d'Europa, position de Juan de Nova... puis encore les cachets des vaguemestres des Eparses...


Après 3 mois passés à terre, l’aspirant Hugo a participé à une ultime campagne d’un mois sur le Champlain. Le BSAOM a effectué le parcours classique d’une tournée de ravitaillement des îles Éparses en touchant Europa, Juan de Nova et les Glorieuses. C’était la première fois que le protocole d’observation des cétacés de l’association Globice était mis en œuvre dans le cadre de la mission Bougainville à bord du Champlain.

Quinze baleines à bosse ont été observées durant les périodes de transit. L’équipage a activement contribué à la veille et à l’observation de la mégafaune marine.

Sur le « front micro-planctonique », à l’autre extrémité du spectre de taille des organismes marins, huit prélèvements ont été réalisés, un par jour en ZEE française lorsque les conditions météorologiques étaient favorables. Les échantillons récoltés sont de qualité, ils complètent la moisson 2025-2026 dans le sud-ouest de l’océan Indien.






30 septembre 2026

Marion Dufresne OP2 2026 Kerguelen 25-9-2026

Marion Dufresne OP2 2026 Kerguelen 25-9-2026


Du 25 au 29 août 2026, le Marion Dufresne a effectué sa deuxième escale de l'année (dans le cadre de la rotation logistique OP2) sur l'archipel des Kerguelen.



Passation de pouvoir : Cette escale a été officiellement marquée par le changement de direction du district. Gwenola François a succédé à Lillian Labarre pour devenir la nouvelle cheffe de district de Kerguelen



Olivier Poivre d’Arvor, écrivain, philosophe et diplomate français est né le 30 juillet 1958 à Reims. Actuellement ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes ainsi qu’envoyé spécial du président de la République pour la Conférence des Nations Unies sur l'Océan, il consacre une grande partie de son action publique à la protection de l'environnement, au climat et aux enjeux géopolitiques maritimes


Les équipes ont réalisé le ravitaillement matériel de la base de Port-aux-Français et procédé à la relève importante des personnels scientifiques et techniques.













500 ans de la découverte de l'île d'Amsterdam 1522 TAAF 2022 Raphaële Goineau Paris Philex Elcano

500 ans de la découverte de l'île d'Amsterdam TAAF 1522-2022

Il aura fallu quatre années à ces enveloppes pour revenir d'Amsterdam (TAAF)... Le bloc et le timbre célébraient les 500 ans de la découverte de l'île de la Nouvelle-Amsterdam le 18 mars 1522. Tout arrive à qui sait attendre!


L’expédition partie en 1519 cherchait à atteindre les îles aux épices par l’ouest, en contournant l’Amérique. Après les Moluques, Elcano poursuit le retour vers l’ouest, à travers l’océan Indien, puis autour de l’Afrique. Le Victoria, chargé notamment de clous de girofle, accomplira ainsi une circumnavigation complète. 



Juan Sebastián Elcano après la mort de Magellan prend le commandement du Victoria. Il achève, avec ses compagnons, le premier tour du monde. 
Originaire de Getaria, au Pays basque espagnol, Elcano est déjà un marin expérimenté lorsqu’il rejoint en 1519 l’expédition de Magellan, comme maître à bord de la Concepción.  Sa date de naissance reste incertaine : les documents des TAAF indiquent souvent 1476, tandis que la Real Academia de la Historia retient vers 1487. Il meurt dans le Pacifique le 6 août 1526, au cours d’une nouvelle expédition vers les Moluques. 


Martin-de-Viviés Amsterdam © JM Bergougniou
Le 18 mars 1522, les marins aperçoivent une terre isolée et élevée dans le sud de l’océan Indien. Le pilote Francisco Albo en consigne l’observation : une île située vers 37° 50′ de latitude sud, dont il estime le pourtour à environ six lieues. Vue du navire, elle lui paraît sans arbres et inhabitée. Ce témoignage est précieux : la découverte attribuée à Elcano est celle d’un équipage, dont Albo conserve la trace écrite. Ámsterdam, isla elemental


Martin-de-Viviés Amsterdam station Météo © JM Bergougniou
Il s’agit d’un repérage depuis la mer : selon le récit publié par la Fondation Elkano, les tentatives pour débarquer échouent et le navire poursuit sa route. Les navigateurs ne réalisent donc ni exploration de l’intérieur ni installation sur l’île. Elcano ne lui donne pas le nom d’Amsterdam ; ce nom sera attribué au siècle suivant par un navigateur hollandais. Les TAAF précisent également que l’île demeure sans nom à l’issue de son passage en 1522. Ámsterdam, isla elemental
l'île d'Amsterdam TAAF © JM Bergougniou



l'île d'Amsterdam TAAF © JM Bergougniou
Après encore plusieurs mois de navigation, le Victoria atteint Sanlúcar de Barrameda le 6 septembre 1522, avec Elcano et dix-sept autres survivants, puis Séville le 8 septembre. Le bloc des TAAF de 2022 rappelle donc une rencontre fugitive avec Amsterdam au cours d’un voyage majeur : la première circumnavigation achevée et documentée de l’histoire.


Les otaries d'Amsterdam © JM Bergougniou
Le 23 juin eut lieu l'émission philatélique hors programme célébrant les 500 ans de la découverte de l’île Amsterdam. 
Originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon, Raphaële Goineau, artiste peintre officielle de la Marine, réalise depuis son archipel des timbres et blocs depuis 1990, et notamment pour les TAAF.


Elle dédicacera le 23 juin sur l’espace TAAF du Salon Paris-Philex sa dernière création qui représente, devant les mythiques falaises d’Entrecasteaux, le portrait de Juan Sebastián Elcano, officier de Fernand de Magellan, et son navire le Victoria, découvrant le 18 mars 1522 une terre
devenue depuis l’île Amsterdam.  
D’une valeur de 1,50 €, le timbre est présenté dans un bloc d’un timbre, imprimé en offset à 20 000 exemplaires. Le bloc mesure 165 × 100 mm, et le timbre 52 × 31 mm.

25 septembre 2026

Bonnets Rouges« La révolte des Bonnets rouges et du Papier timbré ». 1675 Sébastien Le Balp

 « La révolte des Bonnets rouges et du Papier timbré ».

Faute de courriers maritimes nous parlerons aujourd'hui (avec modération) de bières bretonnes et de révoltes paysannes avec cette étiquette "Bonnets Rouges".

Etiquette réalisée par le dessinateur de bande dessinée Patrice Pellerin
(auteur de la série 
L'Épervier).
On y voit Sébastien Le Balp (Sébastien ar Balp),
figure marquante de la révolte

Le texte 

La révolte des Bonnets rouges et du Papier timbré

Article premier : Il sera choisi six députés parmi les plus nobles (les plus honnêtes gens) de leur paroisse qui, avec quatorze paroisses unies ensemble, iront demander la liberté pour la province dès la prochaine session des États de Bretagne afin de consigner par écrit les raisons de la révolte. À leurs frais, les communautés leur fourniront à chacun un bonnet et une chemise rouges, un pantalon bleu, en plus de l'équipement qui convient à leur condition.

De quoi s'agit-il?

En 1675, sous le règne de Louis XIV, la Bretagne connaît une importante révolte populaire provoquée par de nouvelles taxes royales, notamment celle sur le papier timbré, obligatoire pour de nombreux actes officiels et notariés. La contestation commence au printemps dans les villes, à Rennes, Nantes, Saint-Malo ou Guingamp, puis gagne les campagnes de Basse-Bretagne. 


Le 9 juin, autour de Châteaulin, le tocsin sonne dans une trentaine de paroisses et des bandes de paysans en armes se rassemblent. Dans le Poher, les insurgés prennent le bonnet rouge comme signe de ralliement, tandis que dans le pays bigouden certains portent le bonnet bleu. 

La colère ne vise bientôt plus seulement les impôts : les révoltés s'attaquent aux abus seigneuriaux, aux notaires, aux fermiers des taxes et aux châteaux, dont ils brûlent les titres et parchemins. Le 11 juillet, près de 6 000 paysans attaquent ainsi le château de Kergoat à Saint-Hernin. Les insurgés rédigent surtout un remarquable « Code paysan », véritable programme de revendications demandant notamment la suppression de certaines charges et une justice plus équitable. 

L'article premier prévoit que les quatorze paroisses unies enverront des représentants aux États de Bretagne et décrit leur tenue : bonnet et camisole rouges et haut-de-chausses bleu. Sébastien Le Balp, ancien notaire royal de Kergloff, s'impose comme le principal chef de la révolte dans le Centre-Bretagne. Il projette de réunir des milliers d'hommes avant de marcher sur Carhaix et Quimper, mais il est tué au manoir du Tymeur à Poullaouen dans la nuit précédant le grand rassemblement. Sa disparition désorganise profondément l'insurrection au moment où les troupes royales arrivent en Bretagne. 

La répression est sévère : exécutions, sanctions contre les paroisses et décapitation de plusieurs clochers ayant sonné le tocsin. Certains, comme ceux de Lambour, Lanvern ou Languivoa, ne retrouveront jamais leur flèche. 

L'été 1675 laisse ainsi en Basse-Bretagne le souvenir durable d'une révolte à la fois antifiscale, paysanne et antiseigneuriale, dont les Bonnets rouges et le Code paysan sont devenus les symboles.

19 septembre 2026

L'école des pilotesde la Flotte Saint-Servan Saint-Malo Ille & Vilaine

L’École des pilotes de la Flotte à Saint-Servan

Aujourd'hui occupé par l'Enim, le bâtiment a connu plusieurs vies

Le bâtiment principal a été érigé en 1804. À sa création sous le Premier Empire, ce n'est absolument pas une école, mais une annexe utilitaire de la Marine nationale.

Le rôle initial : Le site sert de petit arsenal de réparation, de stockage maritime et de base pour l'Inscription maritime. Le long bâtiment de granit est flanqué de sa cale de radoub (bassin de carénage) creusée au pied de la Pointe des Corbières. Les ouvriers et charpentiers de la Marine y entretiennent les navires militaires légers naviguant en Manche.

Saint-Servan  l'Anse de Solidor © JM Bergougniou


1867 – 1965 : La transformation en École des Pilotes de la Flotte  
Le grand tournant pour le bâtiment a lieu en 1867. L'École de pilotage de la Marine nationale (créée initialement à Honfleur en 1862 par décret impérial) cherche des locaux plus adaptés et s'installe définitivement dans l'arsenal de Saint-Servan. Le bâtiment est alors réaménagé pour sa nouvelle fonction avec une restructuration intérieure : les anciens volumes de stockage de l'arsenal sont transformés en dortoirs pour les élèves, en bureaux pour l'état-major de la Marine, et en salles de cours. C'est là que les futurs timoniers et pilotes étudient l'hydrographie, la cartographie et l'art de lire les chenaux et courants côtiers.

les bâtiments del'ancien arsenal © JM Bergougniou


L'enceinte militaire fortifiée intègre également les vestiges de la chapelle Sainte-Victoire, incluse dans le périmètre de vie de l'école.
Un ancrage pour les navires-écoles : Le bâtiment sert de base à terre directe pour les équipages des navires-écoles successifs ancrés dans l'anse Solidor (l'Ancre, le Chamois, le cutter Mutin, ou le Bisson). Les élèves alternent entre cours théoriques dans les salles de l'arsenal et campagnes pratiques en mer.

Le régime spécial des gens de mer

L’Enim doit sa vocation et son nom à Colbert. Alors secrétaire d’État de la maison de Louis XIV, il fonde en 1673 le fonds des invalides de la marine. Son successeur et fils Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, signe l’ordonnance de subsistance des femmes et des familles en 1675 et instaure la pension des marins en 1689. À partir de cette date, les gens de mer sont progressivement dotés d’un statut social particulier, qui sera restructuré en 1945 au moment de la généralisation de la sécurité sociale.

La tour Solidor construite entre 1369 et 1382  © JM Bergougniou


L’origine de l’institution remonte à 1862. Une décision ministérielle du 23 mai 1862, prise sous le ministère de Prosper de Chasseloup-Laubat, organise la formation de pilotes destinés à la Marine. Les premiers élèves sont alors installés à Honfleur, et une première campagne d'instruction est effectuée en 1863 à bord de l’aviso Bisson. Après diverses réorganisations, un décret du 11 juillet 1882 crée une école de pilotage unique pour la Flotte.

L'école finit par être solidement implantée à Saint-Servan, alors commune distincte de Saint-Malo. À partir de 1890, son enseignement à terre est installé dans un ancien bâtiment de la Marine, construit initialement comme magasin de l'arsenal de Saint-Servan. L'établissement occupe progressivement une plus grande partie de l'immeuble et devient pour les Servannais « l'École de pilotage ».


Sa mission était très particulière : elle ne formait pas simplement des hommes capables de conduire un bâtiment dans l'entrée d'un port. Le pilote de la Flotte devait devenir un spécialiste de la navigation côtière, des atterrages, des courants, des passes et des dangers du littoral. Une biographie conservée par le Mémorial national des marins décrit une formation pouvant durer environ quatre ans, effectuée à la fois à terre et surtout à la mer. Le pilote pouvait ensuite conseiller le commandement et les officiers de quart des bâtiments de guerre.


LE MINISTRE DE LA MARINE à Messieurs les Vice-Amiraux commandant en chef, Préfets maritimes; Officiers généraux, supérieurs et autres commandant à la mer.

Direction militaire des Services de la Flotte; — Service du Personnel militaire de la Flotte : Bureau des Equipages de la Flotte.

Paris, le 10 mars 1913.

Au sujet du maintien de la valeur professionnelle des pilotes de la Flotte.

Dans le but d'assurer le maintien de la valeur professionnelle des pilotes de la Flotte, ainsi que d'entretenir et de développer les connaissances que ce personnel a acquises à l'École de pilotage, j'ai décidé, qu'à l'exception de ceux en disponibilité, de ceux présents à l'Ecole, ou l'ayant quittée depuis moins de six mois ou désignés pour y accomplir un stage de revision, les pilotes de la Flotte seront astreints à effectuer, tous les trois mois, un exercice écrit de pilotage. 


Les sujets de ces exercices, choisis par le commandant de l'Ecole de pilotage, et approuvés par le contre-amiral commandant la Division des écoles de l'océan, seront envoyés, dans les premiers jours de chaque trimestre, aux commandants des forces navales ou des bâtiments isolés, sur lesquels sont embarqués des pilotes de la Flotte.



La liste des documents dont les intéressés pourront ou devront faire usage, ainsi que tous autres renseignements jugés utiles par le commandant de l'Ecole de pilotage, seront joints aux textes des sujets d'exercices, qui devront être traités simultanément à bord de tous les bâtiments, le deuxième vendredi de chaque trimestre, ou le jour de l'arrivée au mouillage si le bâtiment est à la mer à cette époque. Les dossiers des réponses seront adressés par les commandants des forces navales ou des bâtiments isolés au contre-amiral, commandant la Division des écoles de l'Océan, pour correction et notation par les soins de l'Ecole de pilotage.



Les notes données par l'Ecole de pilotage seront communiquées aux intéressés par la voie hiérarchique. Elles ne donneront lieu à aucun classement, étant donné qu'il ne s'agit nullement dans l'espèce d'un examen ou d'un concours entre les pilotes, mais d'un simple exercice de spécialité, particulièrement nécessaire pour ceux des pilotes qui, embarqués sur des bâtiments fréquentant presque toujours les mêmes parages, sont dans l'impossibilité de s'entretenir dans la pratique des autres parages qu'ils doivent également connaître.

Pour l'établissement des notes semestrielles, les officiers appelés à noter les

pilotes de la Flotte devront tenir compte, dans la mesure qu'ils jugeront convenable, des notes ainsi décernées trimestriellement par l'Ecole de pilotage.

Le Ministre de la Marine, PIERRE BAUDIN.


18 septembre 2026

1951 PTT Bulletin officiel BO- Flottille amphibie Indochine sud 1949 Mandats-cartes

La Poste navale en Indochine 
1951 PTT Bulletin officiel BO 

Poste Navale 1-7-1949





Le courrier des militaires et des marins d’Indochine : une mise au point de la Poste en 1951

Le 10 juillet 1951, le Bulletin officiel des P.T.T. publie une note consacrée à la centralisation du courrier adressé aux militaires et aux marins stationnés en Indochine. Ce texte, publié page 129, rappelle les dispositions d’une circulaire du 21 septembre 1949 et permet de comprendre l’organisation particulière du courrier à destination du Corps expéditionnaire et de la Marine en Extrême-Orient. Deux circuits devaient être clairement distingués. Les correspondances dont l’adresse comportait un numéro de secteur postal devaient être dirigées vers le B.C.M. « C » à Paris, Bureau central militaire chargé notamment du courrier destiné à l’Indochine. En revanche, les lettres dont l’adresse était suivie de la mention « Poste navale française » devaient être acheminées vers le bureau de Paris-Naval. Cette distinction était importante, car les services de la Poste navale avaient constaté que certains bureaux ou expéditeurs dirigeaient indistinctement vers le B.C.M. « C » « la totalité du courrier militaire et naval pour l’Indochine ». Les lettres destinées aux marins étaient alors envoyées dans un circuit qui n’était pas celui prévu par la réglementation. Elles devaient être réorientées, ce qui, selon le Bulletin officiel, avait pour conséquence « d’infliger un retard aux correspondances mal dirigées ». 
L’administration demande donc aux services postaux de renseigner correctement les usagers et de rappeler les règles établies en 1949. 

Pour l’histoire postale, ce document est particulièrement précieux : il démontre officiellement que le courrier militaire et le courrier naval à destination de l’Indochine ne suivaient pas nécessairement le même circuit. La mention « Poste navale française » constituait ainsi une véritable indication d’acheminement vers Paris-Naval. Elle permettait ensuite au service naval de faire parvenir la correspondance au marin concerné, même lorsque son bâtiment ou son lieu d’affectation n’apparaissait pas clairement dans l’adresse. 
Ce BO apporte enfin une précaution essentielle pour l’étude marcophile : la présence d’un militaire ou d’un marin comme destinataire ne suffit pas à identifier le service postal utilisé. L’adresse, le bureau de centralisation, le parcours du pli et son oblitération doivent être étudiés séparément. Pour les correspondances de marins servant en Indochine au début des années 1950, cette note du 10 juillet 1951 constitue donc une source réglementaire de premier ordre.



BO des P.T.T. 1951, p. 529 — Mandats-cartes de la Poste militaire et de la Poste navale

Ce document est  très intéressant. Il s'agit de la circulaire du 5 décembre 1951, document 311, CCA 83, concernant le « délai de conservation en instance des mandats-cartes émis par les bureaux de la Poste Militaire et de la Poste Navale ».



Le texte institue une dérogation aux règles générales : les mandats-cartes originaires des bureaux de la Poste militaire et de la Poste navale, lorsqu'ils sont mis en instance au bureau destinataire, ne doivent être renvoyés au bureau d'émission qu'après trois mois, alors que le délai ordinaire était plus court.

C'est un détail administratif qui nous apprend quelque chose de très concret sur les conditions de service des militaires et des marins : l'administration tenait compte des délais particuliers de transmission et de retrait du courrier et des mandats provenant des réseaux militaires et navals. Un marin embarqué ou déplacé d'un bâtiment à l'autre ne pouvait évidemment pas retirer un mandat avec la même facilité qu'un particulier résidant à une adresse fixe.

17 septembre 2026

biscuit de mer et pain de munition Toulon et sa boulangerie

biscuit de mer et pain de munition

Je reviens sur un article précédent qui parlait des approvisionnements à Toulon et de la cherté des produits dont le prix du pain de munition. Ma curiosité m'a poussé jusqu'à la boulangerie de l'arsenal et à découvrir un nouveau nom sur la Mer : 


JOYEUSE (Jean-Baptiste-Xavier), agronome et naturaliste français qui vivait au XVIIIe siècle. 

Il fut, en qualité de commissaire de la marine, chargé de la surveillance des vivres de la marine. Dans cette position, il chercha les moyens de perfectionner les procédés de fabrication des salaisons, de conserver sans altération l’eau douce des navires, de préserver le biscuit des vers, de garantir le blé des charançons, etc. On lui doit les ouvrages suivants : 

Histoire des charançons, avec des moyens pour' les détruire (Avignon, 1768) ; 

Exposition de la nouvelle agriculture (1772) ; 

Histoire des vers gui s’engendrent dans le biscuit (1778).




A Toulon, la situation alimentaire des marins doit être replacée dans le cadre du fonctionnement de la Marine à la fin du XVIIIe siècle. Le matelot ne paie normalement pas son repas individuellement : la Marine lui fournit une ration réglementaire, comprenant notamment pain ou biscuit, vin, viande ou lard, morue et légumes secs. Les vivres sont délivrés collectivement à l’équipage et préparés à bord. La ration constitue donc une prestation liée au service, et non une dépense quotidienne à la charge du marin.



Les officiers relèvent d’un système différent. Leur alimentation est organisée séparément, autour de la table des officiers, avec des rations et allocations correspondant à leur grade. Il ne faut donc pas opposer simplement des matelots « nourris gratuitement » à des officiers qui auraient payé leurs repas : les deux catégories bénéficient d’un régime alimentaire réglementé, mais selon des modalités différentes.



En mars 1800, l’approvisionnement revêt une importance particulière à Toulon. Le port et son arsenal préparent les bâtiments et constituent les stocks nécessaires aux prochains embarquements. La Marine dispose notamment d’importantes installations de boulangerie destinées à produire le biscuit de mer, indispensable aux longues campagnes. Dans ce contexte, la remarque de Jean-François Comma selon laquelle « le pain de munition est cher » prend tout son intérêt. Elle ne signifie probablement pas qu’il doit acheter lui-même sa ration quotidienne, mais peut témoigner de la cherté des approvisionnements et des difficultés qui accompagnent alors les préparatifs navals.

La boulangerie de l’Arsenal de Toulon : nourrir les marins de la flotte



Dans un grand arsenal maritime, il ne suffisait pas de construire, d’armer et de réparer les vaisseaux : il fallait aussi nourrir quotidiennement des milliers d’hommes. À Toulon, principal port militaire français de la Méditerranée, cette nécessité explique l’existence d’importants services chargés des vivres. Magasins de farine, réserves alimentaires, caves, ateliers et boulangerie formaient une infrastructure indispensable au fonctionnement de la flotte. Derrière les quais encombrés de canons, de cordages, de bois et de voiles, une activité beaucoup plus familière se déroulait donc chaque jour : on pétrissait la farine, on entretenait les feux et on enfournait le pain destiné aux hommes de la Marine.

Une véritable industrie au service de la flotte


La boulangerie de l’Arsenal ne doit pas être imaginée comme celle d’un village simplement agrandie. Elle appartenait à une organisation administrative et logistique considérable. Toulon pouvait accueillir simultanément les équipages des bâtiments présents dans la rade, les ouvriers de l’arsenal, les soldats et les personnels des différents services de la Marine. Lors des préparatifs d'une escadre ou d'une campagne, les besoins augmentaient brutalement. L'approvisionnement devait être prévu longtemps à l'avance : acheter et stocker les grains ou les farines, contrôler leur qualité, éviter l'humidité et les insectes, disposer du combustible nécessaire et organiser une production régulière.



Les fours constituaient le cœur de cette installation. De grandes quantités de pain pouvaient y être cuites successivement, ce qui exigeait une organisation précise du travail. Le chauffage d'un four maçonné demandait du temps et beaucoup de combustible. Une fois la température obtenue, les braises étaient retirées ou réparties selon le type de four, la sole était préparée, puis les pains étaient enfournés à l'aide de longues pelles. Les fournées se succédaient suivant les besoins de l'arsenal et des bâtiments.



Autour des fours travaillaient boulangers, aides et manutentionnaires. Mais derrière eux intervenait toute une chaîne d'approvisionnement : fournisseurs de grains et de farine, meuniers, voituriers, magasiniers, employés chargés des vivres et agents de l'administration maritime. Un simple morceau de pain distribué à un matelot était ainsi le résultat d'une organisation qui commençait parfois très loin de Toulon.


Du pain pour le port, du biscuit pour la mer

Il faut cependant distinguer le pain consommé à terre ou pendant les premiers jours d'une navigation du biscuit de mer, indispensable aux campagnes prolongées. Le pain ordinaire se conservait mal dans l'atmosphère chaude et humide d'un navire. Pour les traversées et les longues campagnes, la Marine embarquait donc des aliments capables de résister au temps, parmi lesquels le biscuit occupait une place essentielle.


Ce biscuit n'était pas le biscuit sucré que nous connaissons aujourd'hui. Il s'agissait d'un pain très sec, composé principalement de farine et d'eau et préparé de manière à contenir le moins possible d'humidité. Correctement conservé, il pouvait être gardé pendant des mois. Il était rangé à bord avec beaucoup de précautions, car l'eau, les moisissures et les insectes constituaient des ennemis permanents.

Pain et biscuit répondaient ainsi à deux besoins différents. Le premier appartenait à l'alimentation quotidienne des hommes présents dans le port et pouvait également être embarqué pour une consommation rapide. Le second constituait une véritable réserve stratégique permettant à un bâtiment de rester longtemps en mer sans ravitaillement.


Des fours qui ne devaient jamais manquer


Le four à pain était donc aussi important pour un arsenal que les magasins de cordages ou les ateliers de réparation. Une escadre pouvait disposer de magnifiques vaisseaux et de centaines de canons : sans eau et sans vivres, elle ne pouvait appareiller.



Cette importance explique l'attention portée par l'administration de la Marine aux approvisionnements. Les quantités nécessaires étaient calculées en fonction du nombre d'hommes et de la durée prévue des campagnes. La farine devait être conservée dans de bonnes conditions et les distributions surveillées. Une mauvaise récolte, une hausse du prix des grains, un retard dans les transports ou une farine avariée pouvaient avoir des conséquences immédiates sur le fonctionnement du port.

À Toulon, cette question prenait une dimension particulière. La ville et l'arsenal constituaient un immense centre de consommation. Lorsque plusieurs bâtiments étaient préparés simultanément, il fallait réunir en peu de temps des provisions considérables. Le pain permet ainsi de découvrir une face moins spectaculaire mais fondamentale de l'histoire navale : celle de la logistique.


Le feu au cœur de l’Arsenal


Une grande boulangerie présentait également un danger évident : le feu. Dans un arsenal rempli de bois, de goudron, de cordages, de voiles et de matières combustibles, la présence de fours fonctionnant quotidiennement exigeait d'importantes précautions. Les fours étaient construits en maçonnerie épaisse et les locaux devaient être conçus pour limiter les risques d'incendie.

Le combustible représentait lui-même une part importante du fonctionnement de la boulangerie. Avant même de produire une miche, il fallait donc approvisionner l'Arsenal en farine mais aussi en bois destiné aux fours. L'alimentation des marins dépendait ainsi directement des campagnes environnantes, des voies de transport et des fournisseurs travaillant pour la Marine.

Quand l’escadre se prépare


Imaginons Toulon à la veille du départ d'une escadre, à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle. Sur les quais, les charpentiers terminent une réparation. Les calfats travaillent sur une coque. Des tonneaux roulent vers les bâtiments. Des ballots de toile, des cordages et des pièces de rechange sont embarqués. Les fournisseurs arrivent avec leurs charrettes.

Pendant ce temps, dans les bâtiments des vivres, l'activité est tout aussi intense. Les sacs de farine sont déplacés, pesés et comptés. Les boulangers travaillent devant les fours chauffés depuis plusieurs heures. Les fournées se succèdent. Une partie des provisions doit nourrir immédiatement les hommes ; une autre doit permettre aux navires de vivre loin de leur port d'attache.

Chaque bâtiment emporte en effet une petite société flottante : officiers, matelots, soldats, canonniers, charpentiers, calfats et autres spécialistes. Tous doivent manger chaque jour. Pour une escadre réunissant plusieurs milliers d'hommes, les quantités deviennent considérables.

Une autre manière de raconter l’histoire maritime

Les anciens fours de Toulon nous rappellent finalement une évidence souvent oubliée lorsque nous admirons les grands vaisseaux de guerre : un navire ne navigue pas seulement avec des voiles et des canons, mais avec des hommes qu'il faut nourrir.

Derrière les victoires navales, les campagnes lointaines et les grandes expéditions se trouvait donc une immense organisation terrestre. Le boulanger de l'Arsenal appartient à cette histoire au même titre que le charpentier, le voilier, le cordier ou le tonnelier. Sans lui, pas de pain ; sans provisions, pas d'équipage capable de tenir la mer ; et sans équipage, même le plus puissant des vaisseaux serait resté immobile dans la rade.

La boulangerie de l'Arsenal de Toulon constitue ainsi un remarquable témoignage de cette histoire quotidienne de la Marine. Ses fours racontent moins les batailles que les milliers de gestes nécessaires pour rendre celles-ci possibles. Ils nous conduisent des champs de blé jusqu'aux magasins de l'Arsenal, puis des fournils de Toulon jusqu'aux tables des équipages embarqués en Méditerranée.


Sources

Plan et Façades de la Boulangerie de la Marine de Toulon]- tiré de la liasse intitulé plan et profil de la ville de toulon communiquée en Dépôt des Fons le 5 février 1822

La description architecturale est très précise : il subsiste sept des huit fours de cette aile. La grande salle de service est divisée en deux nefs voûtées d'arêtes ; les bouches des fours sont encadrées de briques et couvertes en plein cintre. Les conduits de fumée sont encore lisibles dans la maçonnerie.



Glorieuses Îles Eparses BSAOM Champlain 18-7-2026

  Glorieuses Îles Eparses BSAOM Champlain 18 juillet 2026 Encore des enveloppes n'importe quoi.... TàD des Glorieuses,cachet du vaguemes...