26 mai 2026

Le centre SIROCO CAP-MATIFOU Jean Gabin Algérie Alger

 Le Centre Siroco du Cap Matifou



Berceau des fusiliers-marins et des commandos marine. Le nom « Siroco » au Cap Matifou ne vient pas directement des commandos eux-mêmes, mais du site qui existait avant leur installation.

Après le débarquement allié de 1942 en Afrique du Nord, la Marine française récupère au Cap Matifou, près d’Alger, les installations d’un ancien chantier de jeunesse appelé « Centre Siroco ». Lorsque l’École des fusiliers marins et commandos s’y installe en 1945, le nom est conservé par tradition. 

Le mot « siroco » désigne aussi le vent chaud venant du Sahara et soufflant vers la Méditerranée. Le choix initial du nom pour le camp faisait probablement référence à ce vent nord-africain, très connu dans la région. 🌬️

Avec le temps, « Siroco » est devenu un nom presque mythique chez les fusiliers marins et commandos. Le « Centre Siroco » du Cap Matifou était réputé pour ses entraînements extrêmement durs et a marqué des générations de commandos marine pendant la période 1945-1962.




À l’extrémité orientale de la baie d’Alger, face à la Méditerranée, le Cap Matifou abrita pendant près de vingt ans un lieu devenu presque légendaire dans l’histoire de la Marine nationale française : le Centre Siroco. Pour plusieurs générations de marins, ce nom évoquait les parcours d’assaut brûlés de soleil, les falaises dominant la mer, les exercices amphibies et une formation réputée parmi les plus exigeantes de l’après-guerre.

Le Centre Siroco trouve son origine durant la Seconde Guerre mondiale. À l’origine, le site appartenait aux Chantiers de jeunesse de la Marine créés sous le régime de Vichy. Après le débarquement allié de novembre 1942 en Afrique du Nord, les installations sont reprises par les Forces navales françaises libres. Un vaste centre de formation maritime y est progressivement organisé pour accueillir les recrues venues d’Algérie, du Maroc, de Tunisie et de toute l’Afrique du Nord française.


À partir de 1943, le Centre Siroco devient un immense centre d’instruction de la Marine. On y forme des mécaniciens, des timoniers, des canonniers, mais surtout des fusiliers-marins. Lorsque Lorient, détruite par les bombardements, ne peut plus accueillir l’école historique des fusiliers-marins, celle-ci est recréée au Cap Matifou en 1945. Le Centre Siroco devient alors la véritable « Mecque » des fusiliers-marins français.


Les terrains alentours se prêtent parfaitement à l’entraînement : plages pour les débarquements, reliefs escarpés pour les parcours commando, pistes d’obstacles, exercices de tir et manœuvres amphibies. C’est là que se développent les premières doctrines des futurs commandos marine français. En 1946, la Marine décide officiellement de créer des formations commandos permanentes. Plusieurs unités célèbres y voient le jour dans les années suivantes, notamment les futurs commandos Trépel, Hubert ou Jaubert.


Le Centre Siroco reste également associé à la guerre d’Algérie. La demi-brigade de fusiliers-marins (DBFM) y est entraînée avant ses opérations dans les djebels algériens. Des milliers de marins y passent chaque année, dans des stages réputés extrêmement durs physiquement.


En 1962, après l’indépendance de l’Algérie, le Centre Siroco est dissous et l’école des fusiliers-marins rejoint la Bretagne, d’abord dans des installations provisoires puis définitivement à Lorient, où elle demeure aujourd’hui.

Jean Gabin au Centre Siroco

L’histoire du Centre Siroco possède aussi une dimension presque romanesque grâce à la présence d’un instructeur très particulier : Jean Gabin.

Sous son vrai nom Jean Moncorgé, l’acteur rejoint les Forces navales françaises libres pendant la guerre. Refusant les affectations de propagande artistique proposées par les autorités françaises libres, il souhaite participer directement au combat. Après avoir servi comme canonnier sur le pétrolier ravitailleur Élorn, il est affecté comme instructeur au Centre Siroco, au Cap Matifou.


Plusieurs témoignages d’anciens marins évoquent sa présence au centre. Il y encadre les jeunes fusiliers-marins avec une réputation de discipline sévère mais juste. Les stagiaires le surnomment souvent « Pépé le Moko », référence à son célèbre film tourné avant-guerre à Alger.

La référence historique la plus solide figure dans l’étude universitaire Le Centre Siroco ou l’instruction d’une guerre à l’autre, publiée dans la Revue historique des armées :

« Un instructeur laissera une trace dans les souvenirs des jeunes engagés, le second-maître Moncorgé, plus connu sous le pseudonyme de Jean Gabin ».

Des photographies d’époque montrent également Jean Gabin encadrant des stages de fusiliers-marins au Cap Matifou en 1943 et 1944.

Après son passage au Centre Siroco, Gabin rejoint finalement le Régiment blindé de fusiliers-marins (RBFM) de la 2e DB du général Leclerc. Il participe aux combats de la poche de Colmar puis à la campagne d’Allemagne comme chef de char.

Aujourd’hui encore le nom de Siroco garde une résonance particulière. C’était un lieu d’instruction, de fraternité, de dépassement physique et d’apprentissage du combat. Un morceau d’histoire navale française suspendu entre Alger, la Méditerranée et la légende des commandos marine.


25 mai 2026

Corvette Gants Blancs 2026 la Ménagerie Ecole navale BE Chacal

Corvette Gants Blancs 2026 la Ménagerie

Les officiers de marine ont vocation à assurer des fonctions d’encadrement et de commandement au sein des unités opérationnelles : navires de combat, sous-marins, flottilles de l’aéronautique navale, commandos marine. Ils assureront dès leur arrivée dans les forces la mise en œuvre de systèmes considérés comme parmi les plus complexes conçus par l’homme. C’est la raison pour laquelle l’École navale délivre un diplôme d’ingénieur. 


Le Chacal devant Saint-Malo © JM Bergougniou
La « corvette Gants blancs » est une phase emblématique de formation des élèves-officiers, effectuée sur les bâtiments-écoles de la « Ménagerie » comme le Lion, le Lynx, le Jaguar ou le Tigre.

Pourquoi ce nom un peu théâtral, presque opéra naval en vareuse blanche ?
Parce que les élèves prennent le quart en tenue de cérémonie… avec des gants blancs. Traditionnellement, ils doivent apprendre à commander sans intervenir physiquement sur les commandes de la passerelle. Ils dirigent, observent, anticipent, donnent les ordres. Le navire devient une sorte d’échiquier mouvant dans l’Atlantique.


24 mai 2026

POM Philippe BERNARDINO Tahiti Bataillon du Pacifique Compagnon Libération Patrouilleur Outremer

POM Philippe Bernardino


Les compagnons de la Libération

BREST RIVE DROITE CC-T125271BDIS2929200 BREST


1038 personnes, cinq communes françaises et dix-huit unités combattantes sont Compagnon de la Libération. Un peu plus de 700 Compagnons ont survécu à la guerre. 270 sont nommés à titre posthume. 50, déjà Compagnons, sont morts au combat ou en service commandé avant la fin de la guerre. L'Ordre est de nouveau exceptionnellement ouvert par le général de Gaulle, qui attribue la croix de la Libération à Winston Churchill (1958) et au Roi d'Angleterre George VI (1960). Presque les trois-quart des Compagnons de la Libération sont issus des rangs de la France libre et un quart des rangs de la Résistance intérieure.


Philippe Bernardino



Né le 23 septembre 1915 à Mataiea (Tahiti), Philippe Bernardino opte pour la carrière militaire en 1936.

Dès le ralliement de l'Océanie à la France Libre en septembre 1940, il s'engage comme volontaire au corps expéditionnaire du Pacifique en formation sous la responsabilité du commandant Broche.
Il est nommé successivement caporal puis sergent, grade qu'il assume en mai 1941, date du départ des volontaires du Bataillon du Pacifique (BP 1).

El-Alamein

Philippe Bernardino participe à toutes les campagnes du bataillon et d'abord la Libye en 1942 et notamment Bir-Hakeim.
Promu sergent-chef, il est intégré ensuite au Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique (BIMP) nouvellement créé par la fusion des éléments du 1er Bataillon d'Infanterie de Marine (1er BIM) et du Bataillon du Pacifique restés opérationnels après Bir-Hakeim.

Il combat successivement à El Alamein, en Tripolitaine, en Tunisie, en Italie, et pendant la campagne de France jusqu'à la relève des Tahitiens en novembre 1944 dans les Vosges. "Type accompli du soldat énergique, courageux et sûr", il est promu adjudant et reçoit sa deuxième citation.

BREST RIVE DROITE CC-T125271BDIS2929200 BREST


Après la guerre, il effectue un séjour de trois ans à Tahiti puis, de 1949 à 1951, sert au 3ème RIC à Versailles.


Cimet!ère de l'Uranie Papeete d'après Tahiti-Info 



De 1952 à 1954 il est en Indochine et, promu adjudant-chef, titulaire de quatre citations, il est affecté à Papeete avant de prendre sa retraite en septembre 1958.
Philippe Bernardino est décédé à Papeete le 4 janvier 1963. Il a été inhumé au cimetière de l'Uranie à Papeete.




23 mai 2026

400 ans de la Marine Souvenirs réalisés par la section Ile de France Richelieu et la Marine 1626 2026 Richelieu Louis XIII

400 ans de la Marine  Souvenirs réalisés par la section Ile de France

La France dans le monde en 1626

Statue de Richelieu à Luçon © JM Bergougniou

Louis XIII règne. Richelieu monte en puissance. L’Europe est en ébullition avec la guerre de Trente Ans. Les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche encerclent littéralement la France. Au sud, l’Espagne domine les mers avec ses galions et l’or américain. Au nord, les Provinces-Unies et l’Angleterre deviennent des puissances maritimes redoutables.
La France possède deux façades maritimes stratégiques:
l’Atlantique et la Manche vers les routes commerciales du Nord et l’Amérique,
la Méditerranée face aux Espagnols et aux Barbaresques.
Mais le royaume reste avant tout terrestre. L’armée absorbe l’essentiel des moyens. La mer passe après.

Détail d'un vitrail de l'église de Brouage © JM Bergougniou


Les colonies françaises existent déjà, mais elles ressemblent encore à des graines dispersées:
Québec est fondée en 1608 par Champlain,
l’Acadie survit difficilement, quelques comptoirs apparaissent aux Antilles, le commerce avec Terre-Neuve pour la morue est vital, des pêcheurs bretons, normands et basques traversent l’Atlantique chaque année.
La France n’a pas encore d’empire colonial comparable à celui de l’Espagne ou du Portugal. Elle possède surtout des promesses.

Le roi dispose:

de quelques vaisseaux royaux,
de galères en Méditerranée,
de navires loués à des armateurs privés,
de bâtiments fournis par les ports ou les villes,
et surtout de corsaires et marchands mobilisés en cas de guerre.
La flotte royale est faible et dispersée. Certaines estimations évoquent moins de vingt véritables navires de guerre utilisables immédiatement.
Face à elle:
l’Espagne aligne des galions puissants,
les Provinces-Unies possèdent une marine marchande gigantesque,
l’Angleterre développe des navires d’artillerie modernes.
La France ressemble alors à un chantier en retard tandis que ses voisins lancent déjà des escadres océaniques.

Les ports du royaume

Brouage les remparts © JM Bergougniou

Chaque façade maritime vit presque dans son propre monde.
Sur l’Atlantique:
Brouage,
La Rochelle,
St-Malo et St-Servan © JM Bergougniou

Rochefort n’existe pas encore comme arsenal royal,
Nantes commerce surtout,
Saint-Malo arme pour la course,
Le Havre devient important.

En Méditerranée:
Marseille domine le commerce,
Toulon reste modeste mais stratégique,
les galères sont basées notamment à Marseille.
Brest n’est pas encore le géant naval qu’il deviendra sous Colbert et Louis XIV. En 1626, c’est davantage une rade remarquable qu’un grand arsenal moderne.
Construire un navire: une forêt transformée en forteresse flottante
Un vaisseau du XVIIe siècle est une cathédrale de bois.
Pour construire un grand bâtiment, il faut:
  • des milliers de chênes,
  • du pin pour les mâts,
  • du chanvre pour les cordages,
  • du goudron,
  • du fer,
des voiles en toile de lin ou de chanvre.
La marine dévore les ressources du royaume.
Un seul grand navire peut nécessiter:
plus de 2 000 chênes,
plusieurs kilomètres de cordages,
des dizaines de tonnes de fer.

Le cordage est un enjeu stratégique majeur. Sans cordes, pas de manœuvre. Sans manœuvre, un navire devient un château immobile livré au vent.

Statue de Richelieu Eglise de Brouage
© JM Bergougniou
Les voiles, elles aussi, demandent une immense industrie textile. Les ateliers de corderie et de voilerie sont les poumons invisibles de la puissance maritime.



En 1626, la marine française repose surtout sur les pêcheurs, marchands, corsaires et marins côtiers, tandis que les équipages professionnels restent peu nombreux et dispersés. La vie à bord est très dure, marquée par les maladies, la mauvaise nourriture et une discipline sévère. Les capitaines sont avant tout des hommes d’expérience plus que des officiers formés, dans une navigation encore incertaine et dépendante des éléments. Richelieu comprend alors qu’une grande puissance ne peut exister sans force navale solide. Il lance ainsi les bases d’une véritable marine royale avec arsenaux, vaisseaux, administration et organisation centralisé


Merci à Joël Moreau

22 mai 2026

Sous-Marin De Grasse 24 février 2026 barracuda Cherbourg Manche

Sous-Marin De Grasse

24 février 2026

Ce pli est arrivé dans ma boite à lettres le 18 mai 2026!

Assemblé sur le site Naval Group de Cherbourg, le De Grasse marque une nouvelle étape dans le renouvellement de la flotte sous-marine française. Quatrième exemplaire de la classe Barracuda destinée à remplacer progressivement les SNA Rubis, ce bâtiment de nouvelle génération a désormais entamé une phase intensive d’essais en mer au large des côtes atlantiques.



Le sous-marin avait quitté pour la première fois le chantier cherbourgeois le 24 février, environ neuf mois après sa sortie du hall de construction Laubeuf. Cette première campagne s’était déroulée dans les eaux proches du Cotentin avec une série de vérifications techniques menées en surface : propulsion, systèmes électriques, installations de sécurité et comportement général du navire.


Quelques jours plus tard, le De Grasse réalisait une étape toujours très observée dans la vie d’un sous-marin nucléaire : sa première plongée statique. Maintenu sur coffre devant les côtes normandes, le bâtiment a alors subi une batterie de contrôles portant notamment sur :

l’équilibrage du navire,

le fonctionnement des ballasts,

les capacités d’immersion,

la stabilité générale,

et la cohérence des masses embarquées.

Les résultats jugés satisfaisants, le nouveau SNA a ensuite pris la mer début mars pour poursuivre ses essais loin de Cherbourg, dans des zones plus vastes de l’Atlantique. Cette longue campagne associe Naval Group, la Direction générale de l’armement, TechnicAtome et les équipages de la Marine nationale afin de qualifier progressivement l’ensemble des systèmes du bâtiment avant sa future admission au service actif.

Avec près de 100 mètres de long et un déplacement supérieur à 5 000 tonnes en plongée, le De Grasse appartient à une génération de sous-marins profondément différente des Rubis qu’il remplacera. Plus volumineux, beaucoup plus automatisés et nettement plus silencieux, les Barracuda ont été conçus pour évoluer dans un environnement naval où la discrétion acoustique est devenue un facteur stratégique majeur.



Le bâtiment embarque un réacteur nucléaire K15 dérivé de celui du porte-avions Charles-de-Gaulle. Cette propulsion lui permet de rester immergé durant de longues périodes sans contrainte énergétique réelle, la limite opérationnelle étant surtout liée à l’endurance humaine et au ravitaillement de l’équipage.

Les Barracuda disposent également d’une palette de missions beaucoup plus large que leurs prédécesseurs. Ils peuvent :

  • assurer l’escorte du groupe aéronaval,
  • surveiller discrètement des zones sensibles,
  • recueillir du renseignement,
  • déployer des forces spéciales,
  • lutter contre des bâtiments de surface ou d’autres sous-marins,
  • et frapper des objectifs terrestres grâce au missile de croisière naval MdCN.

Cette capacité de frappe à longue distance constitue l’une des évolutions majeures du programme. Depuis les profondeurs, un Barracuda peut désormais engager une cible stratégique située à plusieurs centaines de kilomètres sans révéler sa position. Une faculté qui rapproche la Marine nationale des standards des grandes puissances sous-marines mondiales.

Le De Grasse rejoint progressivement les autres unités déjà lancées du programme :

le Suffren, le Duguay-Trouin, et le Tourville,

tandis que les deux derniers bâtiments de la série poursuivent leur assemblage à Cherbourg.

Sur les quais normands, chaque sortie du De Grasse rappelle l’importance stratégique retrouvée des fonds marins. Derrière l’apparente sobriété de sa coque sombre se cache un concentré de technologies parmi les plus complexes de l’industrie française : capteurs ultrasensibles, systèmes de combat numérisés, propulsion discrète et capacités d’action dans la profondeur. Un prédateur silencieux destiné à évoluer loin des regards, là où la guerre navale moderne se joue désormais dans le secret et l’invisible.

Naval group

https://www.naval-group.com/fr/presse/premiere-sortie-la-mer-pour-le-sous-marin-nucleaire-dattaque-sna-de-grasse

Marine nationale







21 mai 2026

400 ans de la Marine Dunkerque phare corsaire port Dynamo aviation maritime amiral Lhermitte 1626 2026

 Dunkerque et les 400 ans de la Marine

Le phare de St-Pol et l'amiral Lhermitte © JM Bergougniou





Dunkerque et la Marine française partagent surtout une histoire commune depuis le retour définitif de la ville à la France en 1662, lorsque Louis XIV rachète le port aux Anglais. 


Dunkerque sous Louis XIV © JM Bergougniou

Ancien repaire de corsaires, Dunkerque devient alors un port militaire stratégique du royaume, marqué par la figure populaire de Jean Bart. Pendant des siècles, la ville vit de la mer : guerre, commerce, pêche et construction navale. En 1940, l’opération Dynamo fait entrer Dunkerque dans l’histoire mondiale avec l’évacuation de plus de 330 000 soldats alliés. Aujourd’hui encore, la ville garde une forte identité maritime, profondément liée à l’histoire de la Marine nationale.

Dunkerque les fortifications  © JM Bergougniou

Depuis des siècles, la ville vit tournée vers la mer du Nord. Ici, les tempêtes, les marées et les navires font partie du paysage autant que les maisons de briques ou les cafés du port.


Dunkerque et les corsaires © JM Bergougniou


Quand Richelieu crée en 1626 une véritable Marine royale française, Dunkerque n’est pas encore française. La ville appartient alors aux Pays-Bas espagnols. Mais elle est déjà connue dans toute l’Europe grâce à ses corsaires. Ces marins, autorisés par leur gouvernement à attaquer les navires ennemis, deviennent redoutés des Hollandais et des Anglais. Les « corsaires de Dunkerque » savent parfaitement naviguer dans les eaux difficiles de la mer du Nord. Ils connaissent chaque banc de sable, chaque courant, chaque coup de vent.


Musée maritime figure de proue © JM Bergougniou

Dunkerque devient française une première fois en 1658. Cette année-là, Turenne, allié aux Anglais d’Oliver Cromwell, reprend la ville aux Espagnols après la bataille des Dunes. Mais les Anglais réclament leur part du marché : Dunkerque leur est remise. Pendant quelques années, le drapeau anglais flotte donc sur la ville.


Le retour définitif à la France a lieu en 1662. Le roi Louis XIV rachète Dunkerque au roi d’Angleterre Charles II pour cinq millions de livres. Beaucoup d’Anglais considèrent alors cette vente comme une erreur historique. Pour la France, c’est une chance immense : Dunkerque devient un grand port militaire et commercial.

Jean Bart © JM Bergougniou


Vauban renforce les fortifications et développe le port. Puis arrive celui qui reste la grande figure populaire de la ville : Jean Bart. Né à Dunkerque en 1650, fils de marin, il commence très jeune sur les bateaux. À cette époque, beaucoup de marins dunkerquois parlent flamand autant que français. Jean Bart n’est ni noble ni savant. Mais il connaît la mer mieux que personne. Pendant les guerres de Louis XIV, il mène des combats spectaculaires contre les Hollandais. En 1694, il reprend un convoi de blé capturé par l’ennemi, évitant une grave famine au royaume. Louis XIV le fait entrer dans la noblesse, mais Jean Bart reste dans la mémoire collective comme un homme du peuple devenu héros par son courage.

Cirage Jean Bart © JM Bergougniou


Pendant tout le XVIIIe siècle, Dunkerque reste un port stratégique. On y construit des navires, on arme des corsaires, on surveille les côtes anglaises. La ville vit de la mer sous toutes ses formes : commerce, pêche, guerre et construction navale.


Au XIXe siècle, le port change de visage avec la révolution industrielle. Les bassins s’agrandissent, les usines apparaissent, les quais se remplissent de charbon, d’acier et de marchandises venues du monde entier. 


Dunkerque et la grande pêche © JM Bergougniou


Beaucoup de familles vivent alors de la pêche à Islande ou à Terre-Neuve. Les campagnes de pêche durent des mois. Les conditions sont dures, parfois terribles, mais elles forgent toute une culture maritime populaire.







le phare de Saint-Pol  © JM Bergougniou

Durant la Première Guerre mondiale, Dunkerque sert de grand port de ravitaillement pour les armées alliées. La ville subit des bombardements mais continue à faire tourner le port malgré les dangers.



Le principe de la création du "Centre d'Aviation Maritime" (CAM) de Dunkerque date de décembre 1914 et devient effectif en février 1915, après un bref passage à Boulogne.

Le centre est composé des escadrilles suivantes :

Escadrille d’hydravions de patrouille

Escadrille d’hydravions de chasse

Escadrille de bombardiers terrestres

Mais c’est surtout 1940 qui marque profondément l’histoire de Dunkerque.



En mai 1940, les armées françaises et britanniques sont encerclées par l’armée allemande. Dunkerque devient le dernier accès à la mer. L’opération Dynamo est lancée le 26 mai 1940. Pendant plusieurs jours, sous les bombes et les tirs, des centaines de navires militaires et civils évacuent les soldats vers l’Angleterre.



La Royal Navy joue un rôle majeur, mais les marins français participent eux aussi à l’évacuation et surtout à la défense du périmètre autour de la ville. Beaucoup meurent pour permettre aux autres d’embarquer. Des pêcheurs, des remorqueurs, des bateaux de plaisance et des navires de commerce viennent également aider. Plus de 330 000 soldats sont finalement sauvés.

La Marine française perd 18 navires dont le Jaguar, le Chacal, l'adroit, l'Orage, la Bourrasque, le Siroco, le Foudroyant...



Dunkerque  © JM Bergougniou
La ville, elle, est dévastée. Les incendies détruisent une grande partie de Dunkerque. Le port est ravagé. Pourtant la population reste sur place autant qu’elle le peut. Les Dunkerquois connaissent alors les bombardements, les privations et l’occupation allemande. La poche de Dunkerque restera tenue par les Allemands jusqu’au 9 mai 1945, un jour après la capitulation officielle du Reich.


Le port de Dunkerque terminal  © JM Bergougniou

Après la guerre, tout est à reconstruire. Peu à peu, le port renaît. Dunkerque devient l’un des plus grands ports français. Le pétrole, l’acier, les minerais et les porte-conteneurs remplacent peu à peu les voiliers et les bateaux de pêche d’autrefois.

Sémaphore © JM Bergougniou


Aujourd’hui encore, la Marine nationale reste présente dans la mémoire de la ville. Les cérémonies autour de Jean Bart, les monuments aux marins disparus, les souvenirs de 1940 ou les vieux quartiers du port rappellent que Dunkerque a toujours vécu avec la mer.



croiseur cuirassé Dunkerque  © JM Bergougniou


Et ne pas oublier que la ville de Dunkerque a donné son nom à un croiseur cuirassé.


 Amiral Lhermitte © JM Bergougniou


Pierre Louis Lhermite, né le 20 décembre 1761 à Dunkerque (Flandre française) et mort le 22 mars 1828 dans cette même ville, est un corsaire dunkerquois et officier de marine français. Il termine sa carrière avec le grade de contre-amiral.

Marin au commerce et corsaire
Il embarque comme mousse au commerce à tout juste 9 ans (1770). Il sert sur différents corsaires pendant la guerre d’indépendance des États-Unis y compris comme capitaine (à vingt ans) de deux d’entre eux, la Gloire et le Courrier de Dunkerque. Il est blessé au combat en 1783. À la paix, il rejoint la navigation au commerce pour 10 ans essentiellement sur des bâtiments assurant le trafic entre Dunkerque et les Antilles.

Dunkerque le musée de la Marine  © JM Bergougniou



Officier de la marine républicaine
En juin 1793, il rejoint la marine de guerre comme lieutenant de vaisseau. Il sert sur le Tigre de l’escadre Van Stabel. Il participe au coup de main par lequel Van Stabel s’empare d’une part d’un convoi britannique très fortement escorté par l’escadre de Richard Howe. Toujours sur le Tigre, il fait partie de l’escorte du convoi d’Amérique que Van Stabel réussit à conduire avec succès jusqu’à Brest.

Dunkerque  © JM Bergougniou


Capitaine de vaisseau en octobre 1794, il commande le vaisseau Gasparin et participe à la désastreuse croisière du Grand Hiver. Il commande ensuite la flottille de Flessingue puis la frégate la Poursuivante de fin 1795 à 1802 avec une seule interruption fin 1797 – début 1798. Il commande ensuite le vaisseau Duguay-Trouin à Saint-Domingue dans l’escadre Villaret-Joyeuse ; il s’empare de la ville de Petit-Goave. Au Cap-Français le 24 juillet 1803, il repousse l’attaque d’une division britannique. Poursuivi par une escadre britannique au large du Ferrol en 1804, il réussit à lui échapper.

Dunkerque le port © JM Bergougniou


Amiral et préfet sous l’Empire
Il commande le Génois en Méditerranée de 1805 à 1809 notamment avec l’escadre Ganteaume (Honoré Joseph Antoine Ganteaume) lors de la campagne de Corfou en 1808. Il commande ensuite l’Albanais dans l’escadre de l’Escaut et y dirige la flottille. Il joue un rôle clé dans la défense victorieuse de Walcheren lors de la tentative de débarquement britannique de l’été 1809, ce qui lui vaut le grade de contre-amiral à la fin de l’année. Sur le Tilsit, il commande une division de l’escadre d’Anvers en 1811. Enfin il commande successivement les flottilles d’Ems et de Hambourg. La Première Restauration le laisse sans affectation mais il est préfet maritime de Dunkerque lors des Cent-Jours et mis en retraite dès le retour des Bourbons.



Malgré ses états de service sérieux, il n’est pas retenu dans la liste de l’Arc de Triomphe.
Pierre Lhermite était franc-maçon : il apparaît notamment sur le tableau de la Loge Amitié et fraternité de Dunkerque en 1799



Le centre SIROCO CAP-MATIFOU Jean Gabin Algérie Alger

  Le Centre Siroco du Cap Matifou Berceau des fusiliers-marins et des commandos marine.  Le nom « Siroco » au Cap Matifou ne vient pas direc...