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5 août 2018

CORFOU 1916 hôpital Achilleion villa Sissi hôpital marine nationale Impératrice d'Autriche Elisabeth

CORFOU 1916 hôpital Achilleion villa Sissi

Je reviens sur l'article SOS paru hier et concernant l'identification d'une carte postale. Un grand merci à Gérard Claude qui m'a apporté le principal des renseignements.



L'Impératrice Sissi Elisabeth d'Autriche





"il s'agit peut être de l'hôpital militaire Français installé en 1916 dans le palais de Sissi à Corfou (Grèce). A l'époque (et aujourd'hui encore) il s'appelait Achilleion et s'orthographiait tantot achilleon tantot achilleion" Georges Claude













Achille au talon d'argile, fils de de Pélée et de Thétis est un héros de la guerre de Troie. Pour lui assurer l'invulnérabilité , sa mère le trempe dans le Styx en le tenant par le talon. Eduqué par le centaure Chiron il apprend les arts de la guerre, la musique et la médecine



Il combat Hector héros des Troyens mais n'échappe pas à la flèche tirée par Pâris, elle atteint le talon...





L’Achilleion ou Achilléon est un palais néoclassique de style pompéien situé en périphérie du village de Gastouri, dans le district municipal d’Achilleio, sur l’île grecque de Corfou.


le drapeau français flotte sur l'Achilleion 




Construit en 1889-1891 en l’honneur du héros homérique Achille par l’impératrice Élisabeth d’Autriche-Hongrie (plus connue sous le surnom de « Sissi »), il est racheté par le Kaiser Guillaume II d’Allemagne en 1907 puis occupé par les troupes françaises et serbes, qui en font un hôpital militaire, pendant la Première Guerre mondiale.




L’île grecque de Corfou



est occupée le 11 janvier 1916 sans solliciter l’avis du gouvernement grec forcé de s’incliner devant le fait accompli.

L’île de Corfou devient ainsi une base majeure pour la marine française et le commandant de vaisseau NOËL, commandant le CAM de Bizerte, suggère d’y installer un CAM, ce qui est accepté par décision ministérielle du 6 avril 1916.

Deux détachements partent de St Raphaël et le centre est officiellement crée le 1er mai 1916, sous les ordres du LV LARROUY

L'Hôpital




L'Achilléion transformé en hôpital franco-serbe Le nouveau coin de territoire grec qui vient d'être occupé par l'Entente est un des plus beaux de l'Hellade, avec ses horizons dorés, ses silhouettes molles, ses groupes d'oliviers immenses et tortueux à l'ombre desquels les filles, l'urne sur la tête, viennent encore, gracieuses et puissantes évocations des Panathénées, puiser l'eau aux fontaines antiques.



L'Achilléion est le joyau de cette somptueuse couronne. Il dresse ses blanches galeries et ses terrasses étagées au sommet d'un coteau touffu, à 145 mètres au-dessus de la petite rade de Gastari, à l'entrée de qui dort l'île de Pondikrnonisi ; îlot aux longs cyprès, dont la forme de barque a donné naissance à la fameuse légende homérique du bateau phéacien changé en rocher par le trident irrité de Neptune et qui inspira Bœcklin dans son Ile des morts. Au delà une presqu'île boisée puis un étroit bras de mer, et dans le fond les crêtes rougeâtres, dénudées et rocheuses de l'Albanie.


L'impératrice d'Autriche, qui avait fait l'acquisition du terain dès 1860, le transforma en un parterre de fleurs et y construisit l'élégante villa gréco-romaine due aux plans de Corditi. Le palais contient 128 pièces, parmi lesquelles 8 salons de marbre. Un immense escalier de 100 marches de marbre rouge descend jusqu'à la mer, passant non loin du temple où rêvait la figure du poète Heine. Tout allait de pair avec ce luxe : le jardin et sa décoration floraire ne coûtèrent pas moins de 80 millions.



Guillaume II, arriva à Corfou en 1907, neuf ans après la fin tragique de la souveraine. Il fit aussitôt l'acquisition de l'Achilléion, où il changea peu de chose sauf qu'il fit dispa' raître la statue de Heine, jugé trop mauvais Allemand pour figurer dans l'entourage impérial. En revanche il munit le palais de tout ce qui pouvait en augmenter le confortable, une machine électrique fut même chargée de distribuer la lumière partout, et jusque dans des fleurs lumineuses désormais disséminées dans tous les bosquets. Cette installation, le travail des imaginations aidant, devint immédiatement le signe d'une transformation de l'Achilléion en base militaire et navale. On est d'autant plus enclin à le soutenir aujourd'hui que ces considérations peuvent légitimer l'occupation de l'île et de son château.


« Administré par le Service de santé militaire jusqu’au 16 décembre 1917, puis par le Service de santé de la Marine jusqu’à sa fermeture, 1er juin 1919, l’Hôpital de l’Achilléion a pris le nom d’Hôpital Tribondeau, le 23 octobre 1918, en l’honneur du médecin principal de la Marine Louis TRIBONDEAU, médecin traitant, chef du Laboratoire de Bactériologie, décédé dans cet hôpital le 19 septembre 1918, victime de son dévouement au cours de l’épidémie de grippe (Ordre n° 279 du 23 octobre 1918, du vice-amiral GAUCHET, Commandant la 1re Armée Navale). »



En 1918-1919, la grippe dite espagnole sévit avec une particulière virulence dans les ports, les dépôts des équipages et certaines escadres. Un des espoirs de la bactériologie maritime, le médecin principal Tribondeau en fut une des victimes.


LOUIS TRIBONDEAU 
1872-1918 
Médecin principal de la marine 
Coauteur de la loi « Bergonié-Tribondeau » 


Le 19 Septembre 1918 disparaissait à Corfou, dans le palais de l’Achilléion transformé en hôpital maritime, le médecin principal Louis Tribondeau, à l’âge de 45 ans, emporté par la grippe espagnole.
Non seulement la marine perdait un médecin d’une grande valeur, mais encore la disparition de « ce savant modeste », selon l’ordre du jour du vice-amiral Gauchet, était une perte pour la faculté de médecine de Bordeaux, pour l’école pastorienne et pour la médecine française. 



En Novembre 1917, il est désigné pour l’hôpital maritime de Corfou, comme chef de service de bactériologie et du service des fiévreux. Il s’y dépense sans compter jusqu’au jour fatal où il sera emporté par « une maladie contractée en service, en prodiguant ses soins aux malades de l’armée navale » selon les termes de la citation à l’ordre de l’armée.
Le vice-amiral, commandant en chef de la 1e armée navale, décide que l’hôpital de l’Achilléion sera désormais appelé « Hôpital Tribondeau ». 



Sources

SERVICE DES ARCHIVES MEDICALES HOSPITALIERES DES ARMEES

La guerre mondiale quotidien illustre 14 janvier 1916

Archives nationale

Registre 1434 : Hôpital militaire de l'Achilleion, île de Corfou (Grèce)

Registre 1435 : Hôpital militaire de l'Achilleion, île de Corfou (Grèce)

http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_tribondeau_louis.htm

http://mboudry.fr/spip31b/spip.php?article148


« L’Hôpital Tribondeau, ancien Hôpital de l’Achilléion », Thèse pour le doctorat de médecine, présentée et soutenue publiquement, le lundi 22 décembre 1919, devant la Faculté de médecine et de pharmacie de l’Université de Bordeaux, Année 1919~1920, n° 34, Imprimerie A. Saugnac & E. Drouillard, Bordeaux, 1919, 37 p.


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