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27 avr. 2018

le ventôse à Saint-Domingue en 2015

COOPÉRATION « Le Ventôse » en escale à Saint-Domingue 2015


Par Lepetitjournal République Dominicaine | Publié le 07/12/2015 à 23:00 | Mis à jour le 09/12/2015 à 16:09



« Le Ventôse », frégate de surveillance de la marine française, est amarré depuis samedi dans le port de Sansouci, à Saint-Domingue. De retour d'une mission en Colombie, le navire militaire fait une escale technique de 4 jours, notamment motivée par l'arrivée dans le pays du nouvel ambassadeur de France en août dernier. Une visite qui s'inscrit dans le cadre habituel de la coopération militaire entre la République dominicaine et les forces armées françaises basées aux Antilles.

Le programme de l'escale

ambassade de France à Santo Domingo photo JM Bergougniou

Le colonel Thierry Delbarre, attaché de défense pour la zone, que nous avons rencontré avec Yves-Pierre Pilfert, commandant du bateau (ci-contre), nous donne le programme de l'escale : « Tout d'abord, ce qu'il faut savoir, c'est qu'un bâtiment français, c'est le territoire national qui se déplace. Lors de l'escale, nous organisons ainsi un déjeuner au cours duquel l'ambassadeur de France, accompagné par le commandant du bateau, accueille des hautes autorités du pays sur ce « morceau » de territoire français. Nous reproduisons le principe, le soir, de manière un peu différente et plus ouverte, sous la forme d'un cocktail. » Le commandant du navire Yves-Pierre Pilfert ajoute que cette halte est aussi motivée par une nécessité technique : « Il faut amener de temps à autres le bâtiment à quai car c'est une petite usine qui a besoin de refaire des pleins d'essence et de petites réparations. On pourrait rester 3 semaines à 1 mois en mer mais au-delà, il faut toucher terre. » 



Dimanche et lundi, des visites pédagogiques ont été organisées à bord pour le public. Une centaine de personnes se sont ainsi succédées, par groupes de 20, pour découvrir le bateau. Parmi elles, des fonctionnaires de l'armée dominicaine dans le cadre du renforcement de la collaboration entre les 2 pays, les enfants d'une école locale (voir photo ci-contre) et des ressortissants français. « Il est important de faire connaître notre métier en s'ouvrant auprès de nos concitoyens pour qu'ils comprennent pourquoi l'état investit dans la sécurité, la défense et notamment dans la marine», explique Thierry Delbarre.

le fleuve Ozama en Santo Domingo photo JM Bergougniou

Le Ventôse et la lutte contre le narcotrafic


Le bateau revient de Colombie où il a passé deux semaines à travailler en coopération avec la marine du pays contre le trafic de stupéfiants en mer. Une mission qui représente environ la moitié des activités du Ventôse chaque année, comme le détaille son commandant : « La lutte contre le narcotrafic est notre mission prioritaire. Aux Antilles, nous nous situons, en effet, au niveau d'un hub mondial de trafic de drogue, de la cocaïne principalement, produite en Amérique du sud et exportée vers l'Europe ou entre les îles. » Dans ce contexte, le Ventôse, spécialiste de la « haute mer », a développé des compétences qui lui permettent d'intercepter des embarcations rapides, comme les « Go Fast », navires sur-motorisés utilisés par les trafiquants. Équipé d'un canon et d'artillerie, le navire est armé pour des conflits de « basse intensité » . Depuis le début de l'année, il a procédé à 5 ouvertures de feu, essentiellement dissuasives.


Avec le Germinal, le Ventôse est une des deux « frégates de surveillance » basées à Fort de France. Ses interventions se font sous l'égide du préfet de la Martinique, en collaboration étroite avec les autres services de l'état tels que les douanes, l'OCRTIS (Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants) et la gendarmerie. Cette année, 8,3 tonnes de drogue ainsi ont été interceptées en mer par l'action conjointe des services français dans la zone maritime Antilles, dont 6,3 tonnes par les frégates de la Marine nationale.

la Police à Moto photo JM Bergougniou

Entre 120 et 140 jours en mer par an

Yves-Pierre Pilfert ajoute que la mission du bateau est aussi d'« affirmer la présence de la France dans cette zone d'intérêt majeur et de soutenir les nations partenaires, comme la République dominicaine, dans le développement de leurs outils de défense. » D'autre part, lors de catastrophes naturelles, le Ventôse participe à l'assistance et au secours à la population, comme ce fût le cas pour Haïti en 2010, grâce notamment à son hélicoptère embarqué et son équipement satellite.


le port de Santo Domingo photo JM Bergougniou

Une centaine de personnes travaillent à bord du bâtiment de 80 mètres de long. Elles passent de 120 à 140 jours en mer par an, se relayant 24h/24 sur un principe de tiers et de quart. « C'est un métier où on ne dort pas beaucoup ! » conclut le commandant. Ce mardi, le Ventôse largue les amarres en direction de Fort de France où il espère arriver la semaine prochaine, permettant ainsi aux marins de passer Noël en famille.

Gaëlle Le Gall Nicolas (www.lepetitjournal.com/republique-dominicaine), mardi 8 décembre 2015.

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