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27 févr. 2018

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Saint-Domingue levée de séquestres Ministère de la Marine et des Colonies 


"En 18 ans de violence, l'île aura perdu près de la moitié de sa population noire et la quasi-totalité de sa population blanche."


C'est aujourd'hui une lettre du Ministère de la Marine et des Colonies qui va servir de prétexte à cet article.



Entête du courrier du Ministère de la Marine et des Colonies

Le ministre de la Marine du 22 novembre 1799 au 29 août 1801 est Pierre Alexandre Forfait Ingénieur hydrographe. Envoyé à Brest en 1773, il y fut ingénieur des constructions navales jusqu’en 1783, date à laquelle ses talents le firent choisir pour aller remplir les mêmes fonctions à Cadix avec le comte d'Estaing.

Sceau du Ministère 

La lettre est adressée à Madame Gauban Dumont à Lézat en Ariège.
Jeanne-Josèphe Gauban-Dumont est la veuve du baron de Bryas Saint-Pol propriétaire d'une sucrerie à L'Arcahaye en Saint-Domingue (aujourd'hui en Haïti)



Le baron de Bryas, tenait avant la révolution, une sucrerie à l'Arcahaye, paroisse faisant partie du quartier de Port-aux-Princes dans la partie ouest de l'île de Saint-Domingue.

Cette paroisse était très développée comprenant 38 sucreries, 12 moulins à eau, 49 indigéneries, 25 cotonneries, 68 caféteries... La main d'oeuvre était fournie par les esclaves apportés d'Afrique.


Saint-Domingue produit plus de sucre que toutes les îles britanniques réunies. Le coton est aussi en plein essor, et la révolution du café de Saint-Domingue encore plus rapide. Saint-Domingue représente environ 50 % de l'offre mondiale pour chacun de ces trois produits. La partie française de l'île fait vivre 30 000 Blancs, qui exploitent 600 000 esclaves noirs
En 1791, la révolte des esclaves éclate. Pour la combattre, les grands planteurs signent en février 1794 le traité de Whitehall avec l'Angleterre, contre la Révolution française. Les insurgés les chassent en 1798. En 1801, l'expédition de Saint-Domingue échoue à reconquérir l'île : 20 généraux et 23 000 soldats y périssent. Les réfugiés ont principalement fui entre 1789 et 1794, puis entre 1798 et 1802.



Il s'agit d'un certificat de mise en règle pour la levée des séquestres en date en date du 14 nivôse an 9 (3 février 1801). Le chef de la Divison coloniale est Guillaume Vaivres, Boncourt sous-chef à la même division.

On ne sait pas à quelle date le baron de Bryas et sa famille a quitté l'île, s'il a pactisé avec les Anglais, si ses plantations et sa sucrerie ont été détruites lors de la révolte des esclaves.

Les informations fournies au Ministère, les documents remis semblent avoir convaincu le Ministère qui remet le précieux certificat.


À la fin de l'Ancien Régime, la colonie française de Saint-Domingue, partie occidentale d'Hispaniola, avait la réputation d'être l'économie de plantation la plus riche du monde. 
Reposant sur le travail de près d'un demi-million d'esclaves africains, ses
  • 792 sucreries,
  • 2 810 caféteries, 
  • 3 097 indigoteries et 
  • 705 cotonneries 
produisaient, en 1788, des marchandises coloniales d'une valeur de 239 millions de livres destinées aux marchés européens et nord-américains. 


Entre 1763 et 1789, les exportations de cette colonie française qui dépassaient celles des États-Unis étaient le moteur de la « révolution commerciale » française de la deuxième moitié du xviiie siècle et la source principale de la richesse d'une couche de propriétaires originaires avant tout de Nantes, Bordeaux, Paris, La Rochelle, Bayonne et la vallée de la Loire.

En 1791, après une période de guerres civiles pendant laquelle les habitants, les petits blancs, les nègres et mulâtres libres se disputèrent le pouvoir, Saint-Domingue devint le théâtre d'une insurrection des esclaves du nord de la colonie. 
Peu après le début des guerres de la Révolution, les Anglais intervinrent pour soumettre les possessions françaises des Caraïbes.

En 1793 les commissaires politiques de la République française Sonthonax et Poulverel abolissent l'esclavage à Saint-Domingue. 
Dès 1794, Toussaint Louverture s'imposa comme chef de la rébellion noire de Saint-Domingue. 
En 1798, après avoir traité avec les Anglais lors de leur départ de la colonie, alors qu'il est général de division et lieutenant général au gouvernement de la colonie, il réorganise l'économie de Saint-Domingue ruinée par la guerre en attachant les cultivateurs aux terres dans une forme de servage et en faisant revenir certains colons d'exil.




En 1802, le premier consul Napoléon Bonaparte envoya un corps expéditionnaire pour mettre un terme au projet d'autonomie du général de division Toussaint-Louverture qui s'était fait nommer gouverneur à vie de Saint-Domingue. 


Après l'échec de cette tentative de reprise en main de la colonie française et le départ de ce qui restait du corps expéditionnaire, les vainqueurs noirs de la rébellion déclarèrent l'indépendance de Saint-Domingue, sous le nom d'Haïti le 1er janvier 1804.




Saint-Dominique, située sur la partie occidentale l'ile d'Hispaniola, est une colonie française depuis 1626 jusqu'au 1er janvier 1804, date à laquelle elle devient indépendante sous le nom d’Haïti. 




Après sa découverte en 1492 par Christophe Colomb, les Espagnols colonisèrent l'île en s'intéressant principalement à l'exploitation des gisements d'or qui s'y trouvaient. Vers 1530, le « métal jaune » se raréfie : les colons concentrent alors leurs efforts sur la partie orientale, abandonnant la partie occidentale, qui devient la proie facile des pirates français, anglais ou néerlandais.

Malgré une politique de la terre brûlée, menée par le roi Philippe III, destinée à contrer leurs pillages, les boucaniers renforcent leur présence.



Les Français éliminent petit à petit leur rivaux de 1627 à 1654, se concentrent sur l'île de la Tortue au nord-ouest d'Hispaniola, sur l'île-à-Vache au sud-ouest, avant de créer sur la « grande terre » les villes de Petit-Goave en 1654, puis Port-de-Paix en 1666 et la future capitale Cap Français en 1670.

Par le traité de Ryswick en 1697, l'Espagne reconnaît le contrôle par la France du tiers occidental du territoire de l'île. Avant les Espagnols, Saint-Domingue était peuplée par des indiens Arawaks, mais a été considérablement dépeuplée par la colonisation (épidémie, réduction en esclavage), permettant ainsi l'installation des Français.





Entre 1600 et 1630, les expéditions corsaires basées au départ de l'Europe vont progressivement prendre leur base directement dans la Caraïbe, dans les secteurs abandonnés par les Espagnols, comme l'île à Vache, l'île de la Tortue ou la côte nord-ouest de Saint-Domingue. Les animaux domestiques abandonnés par les conquérants, chevaux, vaches et chiens, vivent en liberté et constituent une réserve de chasse facile pour les boucaniers









Des cultures d'exportations sont introduites. Avec elles la traite négrière, suite de l'échec relatif de la politique dite des « 36 mois » pour les engagés volontaires. La rentabilité des plantations vient d'un main d'oeuvre gratuite apportée par la traite des esclaves. L'aventure coloniale intéresse les cadets de familles nobles qui y trouvent le moyen de faire fortune dans la "terre" aux côtés des commerçants. La question raciale émerge formellement avec la question des titres de noblesse des "sangs-mêlés"


À partir de 1720, Saint-Domingue est le premier producteur mondial de canne à sucre. Au milieu du xviiie siècle, l'île exporte à elle seule autant de sucre que toutes les îles anglaises réunies et devient la principale destination des traites négrières via le commerce triangulaire. Ainsi, jusqu'en 1791, plus de 860 000 esclaves y furent importés, soit près de 45% de la totalité des esclaves importés par la France dans ses colonies (environ 2 millions).




Avant la Révolution, les produits coloniaux de Saint-Domingue représentent un tiers des exportations françaises.

L'île participe à la Révolution française de 1789. La décennie la précédant est marquée par le débat d'idée sur l'esclavage: des révoltes se multiplient, des lobbys se forment, les écrits se multiplient. Plusieurs généraux blancs, noirs et métis en sont issus : Étienne Eustache Bruix (amiral), Alexandre Dumas, André Rigaud, Toussaint Louverture.












Quelques complément d'enquêtes

14 avril. Prestation de serment par Gaspard Gauban-Dumon, Gendarme de la Garde, habitant de Lézat, comme curateur nommé par appointement du 10 avril précédent, à la substitution contenue dans le testament clos de Jacques Saint-Pol, baron de Lias, lequel avait établi sa femme, la dame Gauban-Dumon, son héritière universelle. 
— (5 décembre 1776) ; — de Jacques Saint-Pol, baron de Lias, ancien garde du corps, habitant de Lézat, qui nomme son fils Jean -Pierre Saint-Pol son héritier universel, et lui substitue l'enfant dont l'épouse de lui, testateur, était enceinte; en cas de décès de cet enfant, il substitue l'aîné des garçons ou des filles de sa sœur Jeanne Saint-Pol, mariée à Gaspard Gauban-Dumont, de Lézat; 
— de Jean Dupla, brassier, qui nomme sa Jeanne-Josephe de Saint-Pol est la femme fille son héritière universelle, et lui substitue son frère dans le cas où elle viendrait à décéder sans postérité et ab intestat, mais à la condition d'accomplir les legs de la succession


\0 juillet. Ordonnance portant la publication du testament de Jacques Saint-Pol, baron de Lias, ancien Garde-du-Corps du Roi, fait le 11 novembre 1776, et portant substitution en faveur de sa femme la dame Gauban Dumon.

Le 17 avril 1825, sous la restauration, une ordonnance du roi Charles X de France reconnait l'indépendance contre une « indemnité d'indépendance ». Le 3 juillet suivant, une escadre de 14 navires de guerre se présente devant Port-au-Prince et l'émissaire du roi, le capitaine de vaisseau de Mackau se rend à terre pour informer le président Boyer de la décision du gouvernement français et le sommer, sous peine d'une déclaration de guerre et du blocus de tous les ports haïtiens, d'accepter les conditions de l'ordonnance qui outre le paiement d'une indemnité de 150 millions de francs aux anciens colons comprend l'octroi de privilèges douaniers exclusifs au commerce français
sources :

Archives départementales de l'Ariège

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Alexandre-Laurent_Forfait

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