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20 mai 2017

L'Ecole Navale à Fort Lamalgue Toulon Clairac Royan Saintes demi brigade L'Armagnac bataillon FFI 1943 1944

L'Ecole Navale de Fort Lamalgue à Clairac 1943 1944



Ce sont deux lettres de Marie Louis Robert FUMAT Médecin principal en 1943 à l'Ecole navale repliée à Toulon qui vont servir de fil rouge.

Entré en service en 1919, il est médecin de 2e classe en 1924, médecin de 1ère classe en 1928, médecin principal en 1937. C'est à ce grade que nous le retrouvons à l'Ecole navale repliée à Toulon puis à la demi brigade "L'Armagnac" de Clairac à Saintes en 1944.
L'Ecole navale de Brest à Dakar et à Toulon

Evacués de Brest, les élèves de l'école navale (promotion 1939) arrivent à Dakar le 23 juin 1940. Promus enseignes de vaisseau le 15 juillet suivant, ils sont affectés dans les unités et l'école est dissoute.




En novembre 1940 il est décidé que l'école sera réouverte à Toulon au fort Lamalgue. Mais des travaux sont nécessaires et l'école ouvre effectivement le 22 octobre 1941 pour cent élèves provenant du concours de l'année (il n'y avait pas eu de concours en 1940).





Le 8 octobre 1942 l'Ecole accueille les élèves (89) reçus au concours de 1942. Mais après l'invasion de Toulon le 27 novembre 1942,  tous les élèves sont renvoyés dans leurs foyers.



L'Ecole navale au fort Lamalgue


Pli en date du 27 x 1943 Toulon sur Mer flamme 
à cette date, l'Ecole navale est à Clairac. Il semblerait donc qu'un échelon soit resté à Toulon après l'arrivée des troupes allemandes et après le rappel de la promotion 42.
Les Allemands à Toulon
27 novembre 1942 : l'école navale dort dans son casernement du Fort LAMALGUE, il y a là deux promotions, celle de 1941 - 102 "bordaches-, 20 élèves ingénieurs - celle de 1942 de 115 "fistots" tout juste arrivés début octobre.
 4h30 du matin : un réveil brutal ; bruits de bottes sur le port, des automitrailleuses allemandes manoeuvrent dans la cour qui est pleine de "feldgrau".

Des officiers instructeurs, encadrés par des soldats allemands ordonnent aux élèves de s'habiller et d'emporter leurs sacs et leurs sabres. Les élèves officiers, en tenue de sortie, sont dirigés vers la caserne de Grignan toujours encadrés par les soldats allemands. 
Le 1er décembre, l'Ecole navale est "démobilisée", mise en congé d'armistice, les élèves des deux promotions sont "renvoyés" dans leurs foyers.

cachet du vaguemestre de l'Ecole navale Toulon 27 X 1943

Les élèves de la promotion 1941 sont rappelés au service et affectés dans la gendarmerie maritime, aux marins-pompiers, dans les ports, les chantiers de jeunesse ou peuvent poursuivre des études dans des écoles comme Polytechnique, Sup Elec. 
Chantier de jeunesse en Auvergne


D'autres entent dans la résistance ou tentent de rejoindre les forces maritimes au combat, en Afrique du Nord, via l'Espagne.


En mai 1943, la promotion 1942 est à son tour rappelée, répondant à cet appel 66 "fistots" et 25 élèves ingénieurs mécaniciens, sont accueillis à Clairac, petite ville du Lot et Garonne, au sud de Tonneins.

Pourquoi Clairac? 


Cette localité de 2400 habitants dont le Maire Maurice Baril est un ancien officier, offre des locaux d'accueil, loin de la mer, mais hors de la présence de l'occupant : il n'y a ni garnison ni Kommandantur, les plus proches se trouvent à Marmande et Villeneuve sur lot. Un plan d'eau important sur le Lot permet une instruction maritime sommaire. 



S'installe donc plus de 300 marins dont :

un groupe de commandement
  • C.V. Lacaille d'Esse Cdt
  • C.F. Beaussant second
  • un encadrement composé des C.C. Vauteris et Delord, de l'ingénieur mécanicien Percher
  • une compagnie formée par les élèves officiers
  • une compagnie d'équipage , officiers mariniers et marins à l'effectif de 200 hommes




L'Etat-major et la compagnie d'équipage s'installe à l'abbaye dont la terrasse domine la rivière.
Les élèves logent au domaine de Castille sur la route de Tonneins. Tout le monde est en uniforme. Officiers et marins de l'encadrement font rejoindre leurs familles.


Le matériel nécessaire à l'Ecole a suivi... 

Le quartier-maître mécanicien Guy Lajoie arrive avec plusieurs camarades à pénétrer dans l'arsenal occupé par les Allemands. Cette équipe charge 7 wagons de matériels variés, entre autres des machines de démonstration et 7 canots et amène le tout à "bon port" à Clairac.




Un courrier du 27 x 1943 portant l'empreinte du vaguemestre de l'école navale et le tampon Service à la Mer est adressé par le docteur FUMAT(école navale) a sa femme en Dordogne.

Jean Faget responsable local des FFI "apprend que les Allemands ont reçu l'ordre de neutraliser tout ce qui ce qui pourrait devenir offensif dans la région. Les 300 officiers et marins de l'Ecole navale sont bien placés pour recevoir les premières vagues d'arrestation.
Décision est prise de faire prendre le maquis à toute l'Ecole. 

Il est décidé de rejoindre le maquis du Néracais. Les 35 km entre Clairac et le Mas d'Agenais sont parcourus de nuit, à pied. Départ est fixé au 14 août à 22 heures. Une douzaine de résistants du groupe SULTAN guide la troupe. 
La troupe est accueilli au château de la Lisse à 8 km au sud de Nérac après passage de rivière et de la voie ferrée gardée par des Mongols!

Sans armes (quelques pistolets et grenades) la troupe va vivre la vie du maquis.Quelques uns de ses membres intégrerons les FFI.

Les Allemands abandonnant la vallée de la Garonne, la troupe se rend à la caserne Niel à Toulouse pour y être équipée avec du matériel canadien en provenance d'Algérie.

Le bataillon de l'Ecole navale est constitué.

Pli de Saintes 16 X 1944 Demi brigade L'Armagnac Bataillon Ecole navale 


demi brigade l'Armagnac bataillon Ecole navale

Le bataillon comprend un groupe de commandement, une compagnie d'élèves et une compagnie de marins qui reçoit un armement individuel et collectif - mitrailleuses allemandes, mortiers US de 81. 




Le 10 septembre, après avoir traversé Bordeaux, le bataillon est mis en position d'attente à Parempuyre  pour faire face aux Allemands repliés à la pointe de Grave.
Quinze jours après, le bataillon est rattaché à la demi brigade "L'ARMAGNAC"  qui regroupe sur le front de Royan des éléments FFI du Sud-Ouest (bataillon Rolland, bataillon du Gers, bataillon de Bigorre).

Du 14 octobre à début janvier 1945, le bataillon de l'Ecole navale tient un secteur de la rive droite de la Seudre, à la hauteur de Marennes.

Début 1945 l'Ecole navale est ramenée à Clairac le 22 janvier et l'unité est dissoute le lendemain.




Le second pli expédié par le Docteur FUMAT porte la mention manuscrite 
demi brigade armagnac Bataillon Ecole navale Saintes Charente-Maritime . Le tampon Service à la Mer est apposé et F.M. pour la Franchise militaire. La flamme KRAG est à la date du 16 X 1944 SAINTES CHARENTE MAR.



Vous pouvez lire le compte-rendu de l'activité de l'Ecole navale dans les régions de Clairac, Bordeaux, Toulouse et la Seudre grâce au lien ci-dessous

http://ecole.nav.traditions.free.fr/pdf/EN44_compterendu.pdf


CV De Marie Louis Robert FUMAT
Il est mentionné dans l'annuaire de la Marine de 1956

Né le 1er octobre 1901 à Souillac (Lot)

Officier de la Légion d'honneur
Entre en service en 1919
Médecin de 2e classe le 31 décembre 1924
Médecin de 1ère classe le 17 avril 1928
Médecin principal le 1er septembre 1937
Médecin en chef de 2e classe le 27 mai 1944
Médecin en chef de 1ère classe le 1er juillet 1952
Ecrivain

Traitement par la soude caustique de l'ulcus gastrique ainsi que des ulcérations gastriques et des états hyperchlorhydriques travail du laboratoire de clinique du professeur Cassaët

École navale. 1944. Soins d'urgence et hygiène navale et coloniale : Par M. le 
médecin en chef Fumat

Merci à Jean-Christophe Rouxel

à Claude Arata
à Rosine Duet

Sources :




https://www.ecole-navale.fr/L-Ecole-navale-a-Clairac-pendant.html

http://ecole.nav.traditions.free.fr/ecoles_19401945.htm



La commune a abrité les officiers de l’École navale en exil pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’histoire de l’École navale s’est révélée mouvementée. Un premier exil amène les officiers à Toulon. En novembre 1942, la flotte française y est sabordée, contraignant les dirigeants à démobiliser les élèves qui retournent dans leurs foyers. Rapidement, ils sont rappelés. Ainsi, en mai 1943, ce sont 66 fistots (Élèves officiers de première année, NDLR) et 25 élèves ingénieurs-mécaniciens de la promotion 1942, qui répondent à l’appel. Près de 300 marins s’installent à Clairac, commune de 2 400 âmes. Une localisation qui pourrait en surprendre plus d’un. Il se trouve que Clairac offre une position intéressante : certes, pas de littoral mais le plan d’eau sur le Lot permet aux élèves de recevoir une instruction maritime sommaire. Mais surtout, l’occupant allemand y est totalement absent ; ni garnison, ni Kommandantur ne viendront troubler les activités de l’École navale. L’état-major et la Compagnie d’équipage sont installés à l’Abbaye tandis que les élèves dorment au Domaine de Castille. Les officiers sont quant à eux logés au château de Bireboy.
Une cohabitation sereine
C’est toute la population clairacaise qui participe à l’intégration des marins dans la vie locale. 
Ainsi, ils peuvent se ravitailler dans les fermes. L’accueil se fait sans hésitation. Mme Lajoie, clairacaise, se souvient. « Ils mettaient de l’animation dans le village, ça a permis de dynamiser l’économie aussi. Et puis, il faut dire qu’ils étaient assez impressionnants avec leurs uniformes et leurs gants blancs. » Elle se souvient parfaitement de cette période. Comme beaucoup d’autres à l’époque, elle a même épousé l’un des marins de l’École, Guy Lajoie. 
Même si les moments de convivialité ne manquent pas, l’École navale est avant tout un lieu d’instruction. L’entraînement physique se poursuit sur le plan d’eau : remontée du Lot sur environ cinq kilomètres, à la voile, à l’aviron ou même à la nage. Comment les Allemands peuvent-ils laisser un tel entraînement s’effectuer ? En vérité, ils pensent autoriser un centre de formation maritime dirigé par d’anciens officiers de marine et non une école militaire.
Rapidement, l’entraînement militaire ne suffit plus aux élèves de l’École navale. Ils veulent défendre leur pays, leurs valeurs et combattre l’occupant. 
« Ils étaient remontés contre l’ennemi et très patriotes », explique Mme Lajoie. Le 15 juin 1944, une dizaine de marins et de gendarmes maritimes de l’École rejoignent le maquis néracais. Le 14 août, c’est toute l’École navale qui déserte Clairac pour rejoindre Le Mas-d’Agenais. Les Allemands ont, en effet, reçu l’ordre de neutraliser tout élément pouvant devenir offensif. Clairement visés, les élèves partent rejoindre la Résistance, sans ordre formel du capitaine de vaisseau Lacaille d’Esse, qui ferme les yeux. Après diverses péripéties, l’École navale est rapatriée à Clairac le 22 janvier 1945 et l’Unité est dissoute le lendemain. Elle sera réinstallée au Poulmic à Brest. Certains, par contre, resteront à Clairac… à vie.
A LA UNE CLAIRAC

Publié le 06/08/2013 à 0h00 par clémentine vergnaud


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