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19 déc. 2016

Chalutier Goéland II 2eme escadrille de la Manche

Chalutier Goéland II 2eme escadrille de la Manche 


La guerre est gourmande de bâtiments. 

Il faut être présent sur la façade maritime pour contrecarrer les attaques de la marine impériales notamment les menaces sous-marines. Il faut construire de petits bâtiments et procéder à l’armement de petits navires, dragueurs de mines, patrouilleurs et escorteurs anti sous-marins. 

Des bâtiments civils de la pêche et du commerce sont en outre réquisitionnés et transformés pour renforcer le dispositif de défense côtière et la chasse aux sous- marins.

Une cinquantaine de bateaux de pêche ont été coulés le long des côtes de l'Atlantique et de la Manche pendant la Première Guerre mondiale, faisant près de 250 morts, selon un inventaire établi par l'association « Aux Marins » mais celui-ci est cependant loin d'être exhaustif, beaucoup de pêcheurs ayant péri sous le feu ennemi, au large des côtes, sans qu'on le sache forcément.

« C'est une des rares fois où on va parler des marins pêcheurs dans la guerre et la première fois qu'on va leur rendre hommage de cette manière », se félicite Pierre Léaustic.


Concernant le Goëland II, il y a souvent confusion avec un autre chalutier dénommé Goëland et construit en Grande-Bretagne le King Hakon

GOELAND II deuxième escadrille de la Manche  DIEPPE SEINE INFERIEURE  11 mai 1915
Le Goëland II est construit aux Pays-bas. Sa construction commence en 1906 à Rotterdam et il est mis à flot le 25 août.



Il servira en Manche et Mer du Nord dans la 2e escadrille de la Manche
Caractéristiques : 268 t ; 41,29 x 6,61 x 3,81 m ; 478 cv.
Symbole de coque : F 665.
Armement : I de 75 mm + I de 47 mm.





Le 2 août, à 23 h, le contre-amiral Rouyer, commandant de la 2e escadre légère – l’escadre de la Manche –, reçoit l’ordre d’appareiller dans la nuit et d’interdire à deux escadres allemandes qui ont quitté le canal de Kiel le passage du pas de Calais, « à l’exclusion des eaux territoriales anglaises ». Dès le premier jour de la guerre, 24 navires sont solidement embossés, tous feux éteints, devant Boulogne. Par ailleurs, le colonel comte Daru, gouverneur militaire de la place, décrète l’état de siège. Tous les chalutiers boulonnais sont réquisitionnés. Les bateaux à vapeur sont envoyés combattre sur les bancs de Flandre, ou bien opérer en Méditerranée, où certains s’illustreront, à l’instar du Nord Caper qui, le 5 novembre 1915, prendra à l’abordage une goélette turque, ou du Vega, qui recevra la croix de guerre. La grande pêche est arrêtée. Les voiliers ne sortent que deux heures par jour. La 2e division de sous-marins de Calais arrive au port afin de participer au barrage entre le banc du Colbart et la côte, avec les torpilleurs français, rejoints, le 4, par des britanniques, puis avec les chalutiers boulonnais transformés en patrouilleurs et en dragueurs de mines. Dès le 5, le dispositif allié, dont Boulogne est l’un des principaux points, est mis en place en Manche pour barrer le Détroit. Il est une application de la convention franco-anglaise du 10 février 1913 qui prévoit un partage des responsabilités en cas de guerre contre l’Allemagne : en Manche orientale, la Royal Navy exerce le commandement sur les forces maritimes françaises et britanniques.



Chalutier français Goéland construit aux Pays-Bas en 1906 immatriculé à Boulogne sous le numéro B 3039. Numéro de chantier 180.
20.11.1914 : réquisitionné à Boulogne et renommé Goéland II
10.1918 : figure à l’effectif des forces navales de la Zone des Armées du Nord (ZAN). Division des flottilles de la Mer du Nord, CV Bréart de Boisanger, chef de la division.

La division est composée de :
Escadrille de contre-torpilleurs, CF de Parseval, chef d’escadrille
Flottille des torpilleurs de Dunkerque, CF Martin, commandant la flottille
2ème escadrille de patrouille, CF Chevassus, commandant l’escadrille
6ème escadrille de patrouille, CF de Lartigue
Front de mer de Nieuport, CC Renaux, commandant le front de mer
Aviation maritime de Dunkerque, LV Tenot, commandant l’aviation



Boulogne et la guerre en Manche


Le port est la clé de voûte du barrage tendu devant les sous-marins ennemis qui, dès septembre 1914, montrent leurs périscopes en Manche. Fin novembre, on met à l’essai un barrage de protection confectionné de filets de pêche tendus sur deux lignes de dix kilomètres chacune et maintenus en place par des chalutiers escortés de torpilleurs. Or les submersibles ennemis mouillent des mines de nuit. Le 4 février 1915, les Allemands déclarent d’ailleurs « zone militaire » les eaux baignant les côtes anglaises. Les chalutiers réquisitionnés sont armés d’un canon de 47 millimètres et équipés de la TSF. Sous les ordres du commandant de la Division de la Manche, le capitaine de vaisseau Merveilleux du Vignaux, basé à Boulogne, ils livrent, par groupes de quatre ou cinq, un combat méconnu contre les U-Boote.

Dès mars 1915, les dragueurs tracent en permanence, au milieu des champs de mines allemands, des routes entre la France et l’Angleterre, et le long de la côte, de Dunkerque au Havre, pour permettre l’indispensable trafic. Des hydravions basés à Boulogne et deux petits dirigeables installés à Rinxent appuient les patrouilleurs dans leurs périlleuses missions. Le commandant Merveilleux du Vignaux dispose de 24 chalutiers, de 10 dragueurs chargés des routes côtières, de 8 petits torpilleurs et de 5 sous-marins ; avec les flottilles anglaises, notamment la Dover Patrol (patrouille de Douvres), il doit s’opposer à toute tentative d’embouteillage du port de Boulogne et à tout débarquement sur le littoral septentrional, et assurer la sécurité des couloirs de Gris-Nez à Dunkerque et de Gris-Nez à Barfleur. C’est surtout sur Boulogne que se porte le principal effort des U-Boote qui veulent profiter de la présence en rade de nombreux navires attendant la marée pour pénétrer dans le port. Dans la nuit du 20 au 21 décembre 1915, ils réussissent à couler les transports anglais Bedford et Huntley, et, le 4 mars 1916, l’Hermatrix. Les chalutiers boulonnais, dont l’armement est renforcé (2 pièces de 16, 2 de 14 et 4 de 10), sont parmi les rares au combat sur les bancs de Flandre, tandis que 22 dragueurs basés à Boulogne dégagent le chenal d’accès du port. On y ramène le 2 avril 1916 l’épave du Sussex, un paquebot-poste torpillé par l’U-18 le 24 mars, à 13 milles de la côte anglaise.

L’évolution du conflit fait que Boulogne prend de plus en plus d’importance, travaillant en liaison avec la patrouille de Douvres. En mai 1916, la Division de la Manche est renforcée par 20 harenguiers à voile de Boulogne et de Fécamp réquisitionnés avec leurs équipages.
16Le 26 octobre 1916, 12 contre-torpilleurs attaquent les harenguiers qui gardent les filets de mines anti-sous-marines, coulent le transporteur Queen et le chalutier boulonnais Montaigne entre le Gris-Nez et Calais. L’amiral Ronarc’h, commandant supérieur de la Marine des armées du nord, renforce alors le dispositif. Mais du 23 décembre au 18 janvier 1917, le port est quand même embouteillé par suite de la tempête qui a provoqué l’échouement entre les jetées du grand vapeur Araby. C’est le début de la guerre sous-marine « à outrance ». À partir de mars 1917, le trafic des transports de troupes et de matériel militaire, qui ne peut être interrompu à aucun prix, se fait sous escorte à travers le Détroit : 12 chalutiers opèrent sur les bancs de Flandre et 23 autres naviguent entre le cap Gris-Nez et Dunkerque. Le long de la côte, les navires, obligatoirement groupés en convois, sont protégés par 14 chalutiers armés et surveillés par avions et dirigeables : le système est efficace puisque les pertes sont pratiquement nulles.

Devant la recrudescence des attaques de sous-marins, qui préoccupent la population, l’amiral Bacon, commandant la Dover Patrol, fait poser en décembre 1917 deux barrages de mines, l’un entre le banc du Colbart et Folkestone, l’autre entre le Colbart et le Gris-Nez. Aux deux portes, la ligne française étant située au Cran aux Œufs et protégée par la batterie des Ridens, chalutiers et torpilleurs de Boulogne assurent la surveillance. La nuit, les barrages sont balisés par des bateaux-feux et une soixantaine de patrouilleurs, moins puissants que ceux de Folkestone et du Gris-Nez, mais armés de projecteurs. Ces illuminations doivent, en principe, interdire aux sous-marins le franchissement des barrages immergés. L’ensemble paraît efficace, car trois destroyers allemands tentent un raid dans la nuit du 14 au 15 février 1918. L’adversaire ne parvient plus à mouiller autant de mines le long de la côte (310 au premier semestre 1917, mais 210 au second). En définitive, le grand barrage du Détroit s’avère plus opérant que le filet métallique initial tendu par les Britanniques, soutenu par des bouées et descendant jusqu’au fond de la mer.

Mais il faut faire face à une difficulté supplémentaire : les hivers très rigoureux. Les houillères du Nord et du Pas-de-Calais sont presque toutes occupées par l’ennemi et on manque de charbon. Comme on l’avait fait en février 1916, mais à une plus vaste échelle, on décide d’aller chercher du charbon en Angleterre. Après la campagne du hareng, une cinquantaine de harenguiers armés d’un canon de 47 ramènent de Poole, puis de Grimsby à Boulogne le précieux combustible, indispensable à la flottille de guerre et à la population. Ce nouveau trafic s’opère par convois de trois à six harenguiers, transportant chacun de 200 à 250 tonnes par voyage. Des navires de toute la région participent à cet effort. À Boulogne, à la différence d’autres ports, les bateaux ne sont pas réquisitionnés, mais mis à disposition par les armateurs, notamment Mory et Cie. En 1917, ses harenguiers et ceux de toute la côte amènent 30 444 tonnes de charbon à Boulogne et plus de 8 000 tonnes à Calais. L’année suivante, ils feront mieux encore. Cet approvisionnement est toutefois réalisé au prix de la perte de 18 navires de Mory et Cie, dont 15 coulés avec leur chargement. Mais la bataille du charbon sera gagnée.

Au printemps 1918, l’armée allemande lance plusieurs offensives, vers Amiens, la Lys et Ypres, qui visent au-delà Dunkerque et les ports de la Manche. Le 27 mai, Clemenceau, président du Conseil, envisage l’évacuation du port de Boulogne comme en septembre 1914. On commence donc à vider les hangars de leurs marchandises, et l’état-major de la Région se replie à Amiens puis à Beauvais. Les grands hôpitaux anglais sont rapatriés. Les inscrits maritimes sont envoyés à Cherbourg et les jeunes Boulonnais des classes 1919 à 1921 sont regroupés. Des prières solennelles sont dites à la cathédrale. On creuse des abris sous les remparts pour la population. L’autel Torlonia de la basilique est protégé avec précaution.

Sources 


Histoire de Boulogne sur mer  Alain Lottin

Aux Marins




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