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31 juil. 2016

EUROPA 30 mars 2016

EUROPA 30 mars 2016



Quelques plis reçu d'Europa il y a quelques jours et un texte sympa (2009) repris des TAAF sur la collection des timbres TAAF 


Un paradis pour “timbrés” 




Comme toutes les terres inaccessibles, les Éparses ont leurs petits souvenirs uniques : les timbres et coups de tampons qui vont avec sont une véritable


institution et font le bonheur des pas- sionnés. C’est le rituel avant chaque arrivée sur île. Réunis autour du com- mandant de bord et du vaguemestre, les touristes s’installent pour la tradi- tionnelle séance de “tamponnage”. On sait que l’envoi de courrier depuis un navire apporte son lot de tampons pit- toresques qui ne feront certes pas arri- ver le courrier plus vite, mais lui don- neront tout le “cachet” des missives lointaines. Tampon du bateau, du com- mandant, du responsable des opéra- tions, des scientifiques à bord, et même des journalistes présents... tout juste s’il reste encore de la place pour écrire une adresse !






Déjà 600 timbres émis par les Taaf

Le temps de l’escale, le courrier est débarqué sur l’île dans sa malle postale pour oblitération par le gendarme de l’étape, qui porte la casquette de gérant postal sur les Éparses. Le courrier dûment tamponné une nouvelle fois “in situ” remontera à bord et fera le trajet jusqu’à la Réunion, où il sera remis au centre de tri avant de repren- dre la voie postale “normale.” Les Taaf et la philatélie, c’est une longue histoire. Pas moins de 600 timbres ont été émis, essentiellement pour les îles sub- antarctiques, depuis 1955. 


À endroits rares, timbres rares, et les collection- neurs l’ont bien compris. Les Taaf aussi, puisque cette marotte leur permet de récolter chaque année 1,5 million d’eu- ros, soit 6 % de leurs recettes annuel- les ! Aussi mettent-elles un soin tout particulier à la confection des timbres et tampons oblitérateurs.

Roger Venturini, Lorrain retraité de l’éducation nationale, fait partie de ces fondus de “marcophilie” (le fait de col- lectionner les coups de tampons sur les timbres et enveloppes) prêts à faire le voyage pour s’envoyer, et envoyer aux copains, quelques cartes postales mémorables. “En fait, je suis plus “taa- fiste” que “philatéliste”. Pour moi, c’est avant tout un moyen de faire durer le voyage”, explique ce grand connais- seur. “J’aimais le côté unique de la faune, de la flore, de ces îles. J’ai décou- vert les îles australes il y a 30 ans et depuis, je collectionne ce qui me per- met d’en savoir plus.” Pour Roger, l’in- térêt de ces “coups de tampons” est justement de pouvoir retracer tout le déroulement d’un voyage. “Grâce aux tampons, on sait qui était à bord, du cuisinier au scientifique, quel était le calendrier du bateau, ses escales. En regardant un tampon, on se demande de qui il s’agît, qu’est-ce qu’il faisait à bord... Ça m’a permis ainsi de me faire des notions d’astronomie, d’océanolo- gie, grâce à de tampons de scientifiques repérés sur du courrier.”






Pour Roger, secrétaire d’une association de philatélistes spécialistes des pôles, l’UFPP-SATA, qui compte 450 membres en France, “la philatélie est surtout un prétexte pour vivre ma passion pour ces îles inaccessibles par avion de ligne. Paul-Émile Victor, que j’ai eu la chance de rencontrer, avait compris très vite l’intérêt que les îles australes pouvaient trouver dans la philatélie, et ce dès l’époque où seuls les hivernants demandaient l’envoi de courrier.” Si des pièces historiques peuvent atteindre 3 000 à 4 000 euros aux enchères, ce n’est en tout cas pas pour une prétendue valeur marchande que la plupart de ces “timbrés” s’intéressent à cet art. Car on parle bien d’art lorsque les Taaf






Pour Roger, grand collectionneur de timbres et tampons des Taaf, cette passion est avant tout “un moyen de faire durer le voyage.”

privilégient pour la réalisation des tim- bres la “taille-douce” au “offset”, ou font travailler des graveurs réputés comme l’illustrateur Claude Andréotto. Trois, quatre semaines après leur retour, nos voyageurs retrouveront ces petits bouts “d’ailleurs” en ouvrant leur boîte aux lettres. Une sensation qui vaut tout l’or du monde.  S.G.



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