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20 mai 2015

Tomber de Charybde en Scylla T-23 HMS Charybdis torpilleur Alsacien


Tomber de Charybde en Scylla Histoire de l'Alsacien et du HMS Charybdis

Au titre des dommages de guerre, la Marine nationale récupère en 1946 un certain nombre de navires qui serviront à reconstituer la flotte détruite durant la guerre. 




Elle récupérera notamment un torpedoboote le T-23 construit à Elbling aujourd'hui Elblag dans le nord de la Pologne. Le T-23 deviendra le torpilleur  Alsacien D 604.
Il coulera le HMS Charybdis sur les côtes nord de la Bretagne dans la nuit du 22 au 23 octobre 1943.




Le HMS Charybdis est le nom anglais pour Charybde de l'expression Charybde et Scylla.
Cette expression est employée depuis le XIVe siècle, mais elle remonte à l'Antiquité.

Jean de la Fontaine l'a utilisée dans "la vieille et les deux servantes" () où il conte l'histoire de deux servantes qui, étant dérangées dès le chant du coq par leur patronne, crurent bon d'égorger l'animal. Hélas, une fois l'animal passé de vie à trépas, la vieille, craignant de laisser passer l'heure du réveil, n'arrêtait plus de les déranger.



A l'origine Charybde et Scylla auraient été deux dangers du détroit de Messine, entre l'Italie et la Sicile, le premier étant un tourbillon, le second un écueil.
Les marins qui cherchaient à éviter le premier allaient périr en s'écrasant sur le second.



Le T-23 qui deviendra l'Alsacien dans la marine nationale en 1946


Présents dans la Mythologie, Scylla était présenté comme une créature monstrueuse à plusieurs têtes () et Charybde comme un monstre qui, trois fois par jour, aspirait dans d’énormes tourbillons les eaux du détroit avec les bateaux qui y naviguaient, puis les recrachait ().
Dans l'Odyssée, Ulysse, qui vient à peine d'échapper aux chants des sirènes, doit tenter de se glisser entre ces deux grands dangers. Mais il y perdra 6 compagnons dévorés vivants par Scylla.











Lorsque l'on visite le cimetière de Dinard, rue du Douet-Fourche, on n'imagine vraiment pas les multiples histoires qu'il peut renfermer. C'est en se promenant le long des allées que l'on découvre toutes ses richesses. 


Sa date de création
Ce cimetière est né en 1881. Il a été agrandi en 1927. Il se divise en trois : la partie centrale (la plus ancienne) et les côtés. Au total, il renferme 5 106 concessions.

D'anciens maires
Plusieurs anciens maires de Dinard sont inhumés au coeur de ce lieu. Tous, à leur façon, ont modelé la ville au fil des années passées.Louis Lhotelier, maire de 1876 à 1900, est ainsi aux origines de la construction des halles. Il favorisa, également, des travaux à vocation hygiéniste comme des projets d'assainissement.Paul Crolard, maire de 1908 à 1919 (date à laquelle il démissionne pour raisons de santé), puis de 1927 à 1930, est l'initiateur de la célèbre promenade du Clair de lune et du musée de la mer.



HMS Charybdis

Angleterre et Belgique

Comme en écho au jumelage avec Newquay (Cornouailles anglaise), le cimetière de Dinard possède aussi un carré anglais. Cet endroit rend hommage aux morts de la catastrophe du HMS Charybdis. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce croiseur anglais avait pour mission d'intercepter le forceur de blocus allemand Münsterland, un cargo de 6 500 tonnes, aux soutes remplies de manganèse, caoutchouc, tungstène et autres métaux précieux. Le bateau anglais fut torpillé en Manche, durant la nuit du 22 au 23 octobre 1943, par l'escorte du Münsterland. Ce qui provoqua la mort de 462 hommes. Certains corps ont été rejetés par la mer sur les côtes bretonnes. La plupart des tombes des marins du HMS Charybdis sont anonymes. 

Étonnamment, la Belgique est également présente dans ce cimetière de Dinard. Ces sépultures rendent hommage à l'aide apportée par les soldats belges, lors de la Première Guerre mondiale.


Une partie de l'équipage les artilleurs

Le HMS Charybdis fut construit au chantier naval Cammell Laird à Birkenhead, au titre du programme de 1938. Il fut mis sur cale le 9 novembre 1938 et lancé le 17 septembre 1940. C'est le cinquième cuirassé d'escadre de la Royal Navy à porter ce nom, à partir de 1909. Il fut mis en service le 9 mars 1942.

Il s'agissait d'un croiseur anti-aérien de la classe Dido qui jaugeait près de 5800 t. à vide. Long de 167 inches, il était monté en 4 tourelles doubles de 8 pom-pom sur deux affûts quadruples, comprenait 8 canons de 20 mm sur l'affût simple et 2 batteries de 3 tubes lance-torpilles. La sécurité aérienne du navire et le contrôle des tirs étaient assurés par deux radars. L'équipage comprenait environ 600 hommes.

Son achèvement fut réduit à quatre canons de 4.5 pouces couplés tout comme son sister-ship, le HMS Scylla, au lieu des cinq de 5.25 pouces prévus.

Déployé dans la Home Fleed par les approches NW, puis en avril 1942, transféré à la Force H, à Gibraltar, avant de rejoindre la Force W et Malte. En novembre 1942, il sert à appuyer les opérations de débarquement en Afrique du Nord (Opération TORCH). En mars 1943, il rejoint la Plymouth Command et patrouille dans le Golfe de Gascogne.
Un seul des musiciens du Charybdis survivra au torpillage

Le 22 octobre 1943, le Charybdis quitte Plymouth avec force 8, est chargé d'intercepter un cargo allemand, le Münsterland. Ce dernier transporte une cargaison hautement stratégique d'alliages spéciaux et l'équipement de plus de vingt divisions pour deux ans. L'équipage comptait 530 hommes.

Journal de Guernesey l'île est occupée par les allemand

Au cours de la nuit du 22 au 23 octobre 1943, deux navires de la Royal navy (le Charybdis et le Limbourne) sont torpillés par la Marine allemande au large de Perros-Guirec (Côtes-d'Armor). Les Anglais tentaient, alors, d'intercepter le cargo Münsterland, en provenance du Japon, chargé de matériaux nécessaires à l'industrie militaire allemande.
T-23 le torpilleur allemand ayant coulé le Charybdis

Sur le pont du Charybdis

En l'espace de dix minutes, les torpilles allemandes percutent les deux bateaux britanniques. Côté anglais, aucune riposte. À bord du Charybdis, c'est le chaos : les explosions, les flammes, la panique. Le navire sombre : 436 des 569 marins embarqués sont tués par la déflagration, la noyade ou le froid des eaux gelées de la Manche. L'équipage du Limbourne s'en sort mieux.

Enterrement des marins dont les dépouilles ont été récupérées sur les côtes de Guernesey 
À l'ombre de l'Union Jack
En ce jour d'automne, la Royal navy essuie une cinglante défaite. Elle est amputée de 504 hommes, dont 30 officiers. Une fois de plus, le Münsterland s'en tire. Il trouve une base de repli au port de Lézardrieux (Côtes-d'Armor). Trois mois plus tard, le cargo sera, finalement, coulé alors qu'il tentait de forcer le blocus du Pas-de-Calais.
En novembre 1943, les corps de cent marins du Charybdis sont repêchés sur le littoral dinardais. Ils sont, aussitôt, inhumés par la Wehrmacht au cimetière de Dinard.



Le site de l'épave du Charybdis est interdit de plongée depuis octobre 2008, par la préfecture des Affaires maritimes, à la demande de la couronne britannique pour éviter les pillages. Le site est classé "tombe de guerre". En effet, l'arrêté préfectoral n° 2008/117 "portant création de zones interdites à la plongée sous-marine en scaphandre autonome" précise "qu'il est nécessaire d'assurer la préservation et le respect des épaves des navires de guerre britanniques HMS Limbourne et HMS Charybdis coulés durant la seconde guerre mondiale" et "que l'attrait potentiel de ces sites, conjugué à leur profondeur, présente des risques particuliers importants en cas de pratique de la plongée sous-marine en scaphandre autonome". Une vidéo sous-marine avec le R.O.V. a été tournée par l'association Archisub qui a découvert l'épave.



Les habitants de Guernesey défilant devant les cercueils des marins du Charybdis. Le foule nombreuse manifeste ainsi sa loyauté à la couronne.




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