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25 mai 2014

Rochefort Visite au musée de Santé Navale Charente-Maritime Marine nationale Hôpital médecine architecture

Rochefort 
Visite au musée de Santé Navale

C'est certainement le site de Rochefort que je préfère. lieu chargé d'histoire(s), de peines, de souffrance, mais aussi lieu de découvertes, de voyages, de souvenirs. Et la tristesse de voir les bâtiments se dégrader, souffrir du vent, de la pluie, une nouvelle carcasse de navire prête à partir dans le fond d'une vasière ou dans un chantier de démolition en Inde...

photo JM Bergougniou

L'école de médecine navale de Rochefort est fondée en 1722. C'est la première au monde. Pendant plus de 240 ans, elle forme les chirurgiens embarqués à bord des navires de guerre. En 1788, elle s’installe dans un pavillon du nouvel hôpital maritime, alors l’un des plus modernes du Royaume, où elle se trouve toujours. Les officiers de santé de Rochefort participent activement aux voyages d’exploration autour du monde. Les collections d’anatomie humaine, d’ethnographie et d’histoire naturelle ainsi que la bibliothèque s’accroissent et s’organisent sur les trois niveaux du bâtiment.


photo JM Bergougniou


L’école se présente aujourd'hui telle qu'elle était au milieu du XIXe siècle. Lieu fort et émouvant, il ouvre sur une histoire dense où se mêlent science, technique, politique et société.

photo JM Bergougniou








Comme figée dans le temps, imperturbable depuis 100 ans, elle offre une perspective sensible, émouvante et riche sur la science et la marine d’autrefois. Fondée en 1722 – c’est du reste la première école de chirurgie navale au monde-, l’école de Rochefort invente une pédagogie originale et pragmatique pour former les chirurgiens embarqués à bord des navires de guerre. A l’inauguration du nouvel hôpital maritime, en 1788, elle s’installe dans le pavillon conçu spécialement pour elle : elle s’y trouve encore.



photo JM Bergougniou

Au XIXe siècle, les officiers de santé ne jouent pas seulement le rôle de médecins, pharmaciens ou chirurgiens, ils sont des représentants de la science européenne partout dans le monde, à terre comme à bord. En botanique, en zoologie, en géologie, en ethnologie, ils décrivent, dessinent et rapportent des témoignages nouveaux.


photo JM Bergougniou

 Le savoir se veut encore encyclopédique et la science propose un discours global, où toutes les disciplines se répondent. Ces collections prennent place à Rochefort aux côtés des pièces d’anatomie humaine. L’ensemble ainsi constitué par plusieurs générations de médecins de Marine est exposé selon les principes rationnels et esthétiques voulus par les responsables de l’école au milieu du XIXe siècle. 


photo JM Bergougniou

C’est cet ensemble comprenant bibliothèque, collections, mode de présentation, bâtiment que l’on peut découvrir aujourd’hui. Comprendre le corps de l’homme, penser la diversité du monde, voir soi-même et transmettre son savoir, affirmer son prestige aussi : telle est la vision du monde qui s’est ici inscrite dans la pierre, les livres et les collections.




photo JM Bergougniou

L'hôpital maritime ou hôpital de la Marine de Rochefort est un ensemble monumental de bâtiments, de cours et de jardins situés à Rochefort-sur-Mer dans la Charente-Maritime.


photo JM Bergougniou

Construit en 1783 par la Marine nationale, celle-ci a été obligée par le gouvernement Fabius de le fermer en 1985. Vendu aux enchères par les Domaines, il a été acheté en 1990 par un marchand de biens parisien, David Cohn.


L'édifice, construit en une seule campagne à la fin du xviiie siècle, traduit en architecture les derniers développements de la médecine en matière de prophylaxiedes maladies. Il constitue un projet achevé de l'architecture hospitalière pavillonnaire avec un vaste plan en H formé d'un corps central flanqué de quatre pavillons, que complètent en façade deux autres pavillons. Il présente une composition classique symétrique avec un parc ouvrant une large perspective monumentale qui a donné tout son caractère à la ville de Rochefort.

photo JM Bergougniou


Il s'agit d'un ensemble de bâtiments d'une qualité tout à fait exceptionnelle, aussi bien pour son gros œuvre que pour son second œuvre, ses éléments de décor et d'équipement qui ont en partie été conservés. Il comprenait une pharmacie avec ses anciens pots, une bibliothèque, une salle de dissection, des écoles de médecine, de chirurgie, de pharmacie et d'infirmerie.

L'Ancien hôpital de la Marine de Rochefort bénéficie d'une protection au titre de l'inscription aux Monuments Historiques le 14 septembre 1964, en particulier le bâtiment, ses toitures, ses élévations, y compris l'entrée et les pavillons attenants, la chapelle centrale en rotonde et la galerie qui la surmonte, les pavillons, le vestibule, les escaliers.




L'implantation de l'hôpital a d'abord eu lieu de 1673 à 1683, dans le prieuré Saint-Éloi mais, par manque de place, il a été transféré en 1683 à l'intérieur de l'arsenal de Rochefort, dans un bâtiment construit à proximité du magasin à vivres.

Le bâtiment est alors appelée Hôpital-Charente. Il accueillera en 1765 les Acadiens réfugiés.

photo JM Bergougniou



Le 13 janvier 1715, l'Intendant Michel Bégon, administrateur de l'Aunis et de la Marine à Rochefort, adresse un rapport brossant un avenir souhaitable où : « les hôpitaux de la marine deviendraient des asiles pour malades et des écoles pour les jeunes chirurgiens, où ils pourraient s’instruire non seulement sur l’anatomie et les opérations de chirurgie, mais encore acquérir des connaissances sur les maladies internes et sur la composition des remèdes et sur les doses auxquelles on les administre. Il ne suffit pas, en effet, aux chirurgiens-majors des vaisseaux de savoir la pure chirurgie, puisqu’ils sont obligés de servir aussi comme médecins et comme apothicaires. ». Plans et devis seront approuvés le 12 juin 1721 et l’inauguration de l’amphithéâtre a lieu dans les premières semaines du mois de février 1722. Le corps de santé de la Marine vient de prendre un tournant décisif pour son avenir.

photo JM Bergougniou




Par ordonnance royale du 27 septembre 1748, le corps des galères est réuni à celui de la Marine. La chiourme de Marseille, composée de 4 000 forçats, est répartie sur les trois sites où sont créés des bagnes : à Toulon dès 1748, à Brest l’année suivante et à Rochefort en 1752. Un hôpital du bagne est établi que dirige un médecin en chef.

photo JM Bergougniou


L’emploi de jardinier de la Marine est créé afin d’entretenir les plantations et d’enseigner à l’occasion. Ces jardins servent aussi à l’acclimatation des végétaux que les officiers de santé rapportent de leurs campagnes, et fournissent une partie de la matière propre à l’approvisionnement des coffres à médicaments.
photo JM Bergougniou


L'Hôpital-Charente étant devenu trop petit, celui-ci est remplacé par un nouvel hôpital prévu pour recevoir 1 200 malades.Dû à Pierre Toufaire, ingénieur des travaux du port de Rochefort depuis 1774, le nouvel hôpital de Rochefort, construit en une seule campagne de 1783 à 1788, est un établissement hospitalier de structure pavillonnaire. C'est un projet de grande ampleur, avec un vaste plan en H formé d'un corps central flanqué de 4 pavillons, que complètent en façade deux autres pavillons. Ces pavillons sont destinés à regrouper les patients atteints d'un même mal pour en empêcher la contagion.




La ville de Rochefort souffre à cette époque d'un réel problème de manque d'eau potable en raison de l'absence de sources et de possibilité de forer des puits. C'est alors que Pierre Toufaire fait construire une pompe à feu qu'il établit sur le bord de la Charente; celle-ci pouvait donner jusqu'à 8 000 muids d'eau en 24 heures. « L'eau de la rivière doit arriver de deux côtés, par le réservoir revêtu en pierres sèches où elle se clarifiera avant d'être aspirée par la pompe qui la portera ainsi dans des tuyaux de fer jusqu'au nouvel hôpital. Vers le milieu de la distance, on a fait un embranchement pour la distribution de ces eaux dans la ville ».




photo JM Bergougniou


Le bâtiment est inauguré le 8 juin 1788, il est appelé hôpital de la Butte. Un espace y est réservé pour l'école d'anatomie et de chirurgie4.
L'hôpital pendant la période révolutionnaire (1789-1800)

L'hôpital change de nom sous la Révolution et devient l'hôpital de la Fraternité. Les règlements antérieurs sont annulés.



L'anatomie et la chirurgie forment l'école de médecine tandis que les apothicaires deviennent pharmaciens, mais la séparation en deux corps distincts (médecine etpharmacie) ne se fait qu'en 1866 sous Napoléon III.





L'acheteur du bâtiment a-t-il vu trop grand?  Avait-il l'assise financière pour se lancer dans un tel projet? 

Chronique d'une mort annoncée? La Morgue photo JM Bergougniou



Comme le montre les photos, les bâtiments sont dans un état de délabrement avancé, Il existe des accès à certains bâtiments par des fenêtres où des carreaux sont cassés. 


































Visite scénarisée  de la Bibliothèque


Philippe Matthieu, l’administrateur des lieux, explique la genèse.

« Cela correspond à une attente du public. Mais faire intervenir des professionnels coûtait cher. Comme nous disposons de cinq guides, on s’est dit : “pourquoi on ne le ferait pas nous-mêmes ?” L’idée, c’était de faire en sorte que ce soit amusant »
Et c'est Gagné, Bravo. Bon allez on embarque.




La bibliothèque est officiellement instituée en 1798 avec déjà 12 000 volumes, nombre qui atteindra 25 000 deux siècles après lors de sa fermeture.



En septembre 1817, le navire de Sa Majesté l’Uranie, commandé par Freycinet appareille pour un voyage scientifique autour du monde.









A bord, un passager embarqué secrètement, Rose, l’épouse du commandant.


photo JM Bergougniou

La frégate Uranie du capitaine de frégate Desaulses de Freycinet est chargé d'une circumnavigation scientifique organisée par l'académicien François Arago.


photo JM Bergougniou

Du 17 septembre 1817 au 20 novembre 1820 l'équipage de Freycinet effectue le tour du globe avec pour principales étapes : Rio de Janeiro-Le Cap-l'Isle de France-Réunion- la Nouvelle Hollande-Timor- l'île de Guam- les îles Sandwich- l'île Rose (découverte par l'expédition,elle est dénommée ainsi en l'honneur de Madame de Freycinet embarquée clandestinement à bord de l'Uranie) -Port Jackson (Sidney)-cap Horn.












photo JM Bergougniou
L'Uranie s'échoue aux Malouines le 15 février 1819 et est remplacée par un bâtiment de passage rebaptisé La Physicienne qui ramène l'expédition en France le 20 novembre 1820



Pendant les 3 ans et 2 mois que dure l’expédition, elle écrit à sa cousine et livre ses impressions sur les étapes du voyage etsur la vie à bord. Son récit nous entraîne à travers la bibliothèque et les collections de l’école de médecine navale.

photo JM Bergougniou



photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou
En prévision d'une future expédition vers les TAAF, le responsable TAAF de la Marcophilie navale étudie la Faune locale rassemblée à ses pieds






photo JM Bergougniou
Tisanes ou bouillons de onze heures? il fallait parfois ne pas se tromper...

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou
De l'évolution des espèces. La distillation de certains produits peuvent générer la vision de chevaux roses ailés...

photo JM Bergougniou

j'ai aimé, à voir absolument !

photo JM Bergougniou








Sources / 

http://www.musee-marine.fr/content/rochefort-ecole-de-medecine-navale-rose-autour-du-monde-visites-scenarisees

Musée de la Marine
Wikipédia


Journal de Mme Rose de Saulces de Freycinet, Éditons du Gerfaut, 2003

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Merci pour ce reportage car j'ai été frustré de ne pas pouvoir visiter ces bâtiments cet été et de constater leur état.
Une honte pour notre patrimoine.
davidbossard@neuf.fr