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8 janv. 2012

Pont-Réan Centre formation maritime…Marins d'eau douce sur la Vilaine 1944 1959 Marine nationale Bretagne Ille et Vilaine Guichen

Centre de Formation maritime à Pont-Réan




On est dimanche, je vais vous proposer une promenade en Ille et Vilaine, pas loin de chez moi, au sud de Rennes, en bord de Vilaine.  Je vous emmène sur la commune de GUICHEN. 
Un amiral de Louis XVI portât le nom de Guichen, nom qu'il donnât à 4 bâtiments de la marine. Nous allons visiter aussi le centre de Formation Maritime situé au Chateau de la Massaye. Brest est détruite, il faut rapidement trouver une solution pour former le personnel de la Marine...



L'origine du nom Pont-Réan lieu-dit partagé entre les communes de Bruz et Guichen, demeure imprécise et plusieurs versions différentes sont avancées. P. Banéat précise qu'il doit son nom à un pont dont la construction est attribuée aux Romains. Le péage au pont, institué par les romains pour l'entretien des voies, sous le nom "portorium", fut maintenu par les seigneurs du pays. Une certaine somme leur était "redue", d'où découlerait les termes de "redevance", puis de "réance" et enfin "réan". "Réan" est à rapprocher ici du terme "péan" signifiant "péage", qui a donné son nom à la commune de Pont-Péan situé au sud-est du canton. Une autre hypothèse rapproche le mot "réan" du terme celte "ran" qui signifie "grenouille". "Pont-Réan" signifierait alors "Pont aux grenouilles".





Ce pont compte 9 arches en plein-cintre reposant sur des culées pourvues d'avant-becs s'amortissant en pyramides à gradins. Il est construit en moellon de schiste violet. Il relie, de part et d'autre de la Vilaine, les parties sud et nord du village de Pont-Réan. La limite entre la commune de Bruz et de Guichen se situe au niveau de la cinquième arche du pont.




Selon Paul Banéat, "le pont actuel a été édifié en 1767, à l'époque de la construction de la route de Rennes à Redon ; il remplace un ancien pont, qui était formé de piles de pierre et de travées de bois, près duquel auraient été trouvées de nombreuses monnaies romaines : la voie romaine de Rennes à Rieux (de Condate à Duretie) passait à cet endroit". Au Moyen Age, le pont appartenait au seigneur de Bréal qui y exerçait un droit de coutume et de péage sur les personnes, les marchandises, les attelages, les bestiaux, passant tant sur l'eau que sur le pont. Le pont était déjà un lieu de passage entouré d'auberges : l'Ecu de France, l'Hostellerie des Vieux Amis, l'Auberge de la Planche sur la commune de Guichen, l'Hôtellerie du Général d'Armée sur la commune de Bruz. 



En 1753, le comte de Blossac, propriétaire du pont en tant que seigneur de Bréal, propose de le céder à la Province, à charge pour elle de faire réaliser les travaux de réparation et d'élargissement devenus nécessaires. Les travaux de construction d'un nouveau pont, jugés préférables à une simple réparation, commencèrent en 1767 et coûtèrent 67974 livres. De 1773 à 1787, on dut intervenir à plusieurs reprises pour conforter la base des arches ainsi que l'avant-bec de plusieurs piles, sévèrement endommagées par les crues.




Pont-Réan a été le siège de 1944 à 1959 du Centre de formation maritime (CFM de Pont-Réan) qui assurait aux appelés et engagés de la marine nationale une formation militaire et maritime de deux mois avant d'intégrer une école de spécialité.


LA SECONDE GUERRE MONDIALE (1939-1945

Tant que dura la "drôle de guerre, Pont-Réan a connu la présence anglaise. Un corps de troupes'installa en novembre 1939 au château de la Massaye. Etaient- ils sous la dépendance du capitaine Blanchard qui commandait à Bruz ? Je l'ignore. 


La débâcle française de juin 1940 marqua pour eux, vers le 16 juin, une fuite étalée sur quelques heures seulement.


Quarante huit heures après, les colonnes allemandes traversaient en trombe nos campagnes. Il faudra attendre quelques semaines pour voir les nouveaux "occupants" s'installer par intermittence avec un but de surveillance chez nous. Ils se mirent à dresser un mirador à Saint-Marc, car delà, on découvrait toute la vallée de la Vilaine. Le 2 août 1940, racontent les archives paroissiales, quelques câbles téléphoniques ayant été coupés prés des buttes, l'abbé Luruelle ainsi que monsieur Baron, greffier, furent arrêtés comme otages et conduits à la prison de Rennes, où ils demeurèrent trois semaines mais les coupables ne furent jamais découverts.


Quelle fut la conduite des troupes allemandes successives ?  
Monsieur l'abbé Bourges a mis par écrit ce témoignage : ''Depuis mon arrivée en 1942, les occupants se sont succédé dans le bourg presque sans interruption. La majeure partie des écoles libres a été réquisitionnée. Le presbytère a eu à loger des officiers et des sous-officiers, qui se sont montrés pour la plupart corrects. Mais les sections d'assaut (purs nazis) se conduisent comme des goujats et révèlent par leur attitude leur haine pour la religion". Et monsieur l'abbé Bourges ajoute cette réflexion peu flatteuse pour une certaine population : "la débauche s'est installée dans les ménages, jeunes gens et jeunes filles n'ont en tête que danses et plaisirs, tantôt dans un village, tantôt dans un autre. Je l'écris avec la plus grande tristesse".




Pendant ce temps, 80 prisonniers de Guichen souffraient et se morfondaient dans les camps de concentration en Allemagne.
Le soir du 3 août 1944, on signala un passage des Américains à la Taupinais. Ils allaient prendre à revers la garnison allemande de Rennes qui faisait retraite sur Nantes et Saint Nazaire de l'autre côté de a Vilaine. Le soir même, la Résistance locale opérait un petit coup d'état en installant à la mairie une autre Municipalité.



Le Centre de Formation Maritime de Pont-Réan a été créé en décembre 1944 et dissous en 1959.





Le CFM assurait la formation militaire de base des engagés militaires de la Marine nationale française. D'une durée de deux mois, elle précédait l'intégration d'une école de spécialité.







Les jeunes engagés y pratiquaient notamment la godille, l'aviron sur des baleinières, le matelotage, le tir.





Il existait aussi une flamme qui l'on voit sous le TAD hzxagonal



Il avait un effectif de 1 400 personnes en 1946 et de 2 400 en 1953.



Une agence postale militaire de la marine « PONT-REAN MARINE » fut ouverte 1er janvier 1946 pour le service postal du CFM. Elle était rattachée à la recette principale des postes de Rennes. Elle ferme le 8 octobre 1958






L’AMIRAL DE GUICHEN


Le Lieutenant Général Luc, Urbain de Bouëxic, I'Amérique Comte de GUICHEN, né à Fougères en 1712 fit ses premières armes sous les ordres de Duguay-Trouinau cours d'une croisière dans le levant organisée en 1731 contre les corsaires de Tunis. Au cours de la guerre de succession d'Autriche, il commandait la "Galatée" comme Lieutenant de Vaisseau, lorsqu'il se distingua en sortant de Gravelines malgré la croisière anglaise pour aller prendre  l'escorte d'un convoi du Havre à Brest. Deux ans plus tard en 1748, il fit une brillante campagne aux Antilles et amena un convoi de Saint-Domingue à Brest.
On le retrouve pendant la Guerre de sept ans, Commandant en 1757 "I'Atalante" avec laquelleil prit aux Anglais, quatre corsaires et neuf navires marchands.
Au début de la Révolution, il commandait l'escadre d'évolution -quatre frégates et huit bâtiments plus petits-, assurant les escortes des convois des Antilles. Promu chef d'escadre en 1776, nous le retrouvons sur le "Ville de Paris" à la bataille d'Ouessant livrée le 27 juillet 1778 contre l'escadre britannique de l'Amiral Keppel par l'armée du Comte d'Orvilliers. 




Il fait l'année suivante, sous les ordres de ce dernier comme commandant de l'escadre blanche et bleue d'avant garde, campagne en Manche avec l’armée combinée franco-espagnole assemblée pour une attaque des îles britanniques.
Sitôt l'armée rentrée à Brest, GUICHEN reçoit l'ordre de se préparer à conduire aux Antilles  une escadre de 16 vaisseaux de ligne et de 4 frégates. Il a alors 67 ans, et sert à la mer depuis 50 ans.

Sur le plan de la tactique, il n'a pas un rival dans la brillante marine renaissante de Louis XVI.
A peine arrivé aux Antilles le 22 mars 1780, et renforcé par la devant Sainte-Lucie pour aller provoquer l'Amiral anglais Sir Hyde Parker … qui ne bouge pas ! Le mois suivant, c'est avec Rodney qu'il se mesure, et qu'il met gravement en échec dans le canal de la Dominique le 17 avril. Au cours de l'engagement, Ie vaisseau-amiral de GUICHEN, la "Couronne" de 80 canons, s'est battue pendant une heure et demie avec le Sandwich » de Rodney et l’a si bien
traité, avec le concours de deux autres vaisseaux, que l’Amiral anglais a du transporter sa marque sur un autre vaisseau. « C’est un officier brave et courageux » écrira de lui son adversaire dans une lettre où il reconnaît avec dépit que le pavillon britannique n'a pas été "properly supported", convenablement défendu!

Le 19 mai à la Barbade, GUICHEN marque un nouveau succès et permet ainsi l'heureuse jonction de l'Amiral espagnol Solano amenant un convoi de 12 000 hommes de troupe. Pour finir la campagne, il ramène en Europe une immense flotte marchande.
Il fut moins heureux l'année suivante lorsque avec 19 vaisseaux de ligne escortant un grand convoi pour I'Amérique il fut intercepté le 12 décembre 1781 par l'Amiral Kempenfelt, puis eut ses bâtiments dispersés par la tempête. Par contre en 1782, devant Cadix, avec l'aide de l'Amiral espagnol de Cordova, il captura 18 transports anglais.
Quand il se retira après la paix de 1783, il était âgé de 71 ans, dont il avait passé 55 à la mer. Il mourut à Morlaix en 1790.


QUATRE BATIMENTS DE GUERRE FRANÇAIS ONT PORTE LE NOM DE GUICHEN


1/ Aviso "GUICHEN" 1863-1888




Le premier bâtiment de la Marine française du nom de Guichen fut un aviso de 1ère classe à hélices construit à Rochefort. Commencé en octobre 1863 et lancé le 19 octobre 1865. De 35,75 m de longueur et de 8,5 m de largeur, d’un déplacement de 800 tonnes, il était actionné par une machine de 150 chevaux. Sa coque était en bois, il portait deux canons de 14 cm et deux de 10 cm.Condamné en 1888, il fut employé par le port de Toulon comme charbonnière sous le nom de « Mineur''. Il fut vendu en 1902 pour le prix de 9618F.

2/ Croiseur "GUICHEN", 1897-1922


Le second bâtiment a été un croiseur rapide construit par les chantiers de la Loire, lancé en octobre 1897 à Saint-Nazaire et conduit à Toulon à la fin de l'année 1898 pour y faire ses essais.Bâtiment de 133 mètres de longueur, de 167 m de largeur, d’un déplacement de 8277 tonneaux, son armement comportait deux canons de 164 mm, six de 138 mm et dix de 47 mm.


Sa puissance de 24 000 chevaux et sa vitesse de 23 noeuds au tirage forcé, son équipage était de 625 hommes. Il était complètement éclairé à l'électricité.
Il était destiné comme le "Chateaurenault" du même type, a poursuivre les navires de commerce ennemis, d’où leur nom de "croiseurs-corsaires". On leur avait donné une grande vitesse, au détriment de leur protection et de leur armement. Pendant la guerre de 1914-1918





il fit partie de plusieurs formations. A la fin de 1915, il appartint à la 3éme escadre qui effectuait le blocus de la côte syrienne. Les 12 et 13 septembre 1915 avec trois autres bâtiments de cette escadre il évacua plusieurs milliers d Arméniens catholiques réfugiés dans le massif du Djebel-Moussa où ils luttaient contre les troupes turques.
Ces pauvres gens dénués de tout furent transportés en Egypte. Cette opération avait été préparée par un court bombardement de Souaidieh effectué par le "Besaix" et le "GUICHEN".
Un 1917, comme son frère le "Chateaurenault" qui eut une fin tragique, il participa au  transport des troupes de l'Armée d'Orient, de Tarente à Itéa. Il a été condamné en 1922





3/ Croiseur "GUICHEN", 1939. 



Le nom de "Guichen" devait être porté par un croiseur de 2ème classe de 8000 tonnes du type de "Grasse". Commandé aux chantiers de la Gironde au titre de la tranche 1938bis et dont l'entrée en service était prévue pour 1944. Sa construction n'était pas effectivementcommencée au moment de l'armistice du 25 juin 1940 et fut abandonnée.


4/ Croiseur "GUICHEN" ex-italien "Scipione Africano", 1943

le dernier, l' escorteur d’escadre "Guichen" est l'ancien croiseur léger italien « Sciplone Africano" mis sur cale à Livourne en 1939, lancé en janvier 1941 et entré en service le 18 février 1943.I1 participa quelques mois à la guerre contre les Alliés en Méditerranée sous lecommandement du Capitaine de Vaisseau Pellegrini. Au cours de la campagne de Sicile, il fut attaqué, dans le détroit de Messine, le 17 juillet 1943 par quatre vedettes rapides anglaises dont il évita heureusement les torpilles et parvint à en couler une (M.l.T.B.316). Les trois autres vedettes lancèrent sur lui, sans résultat.Mais au cours de l'engagement, les batteries de côte de Messine et de Reggio de Calabre qui étaient intervenues, faillirent atteindre le "Scipione Africano" qui fut encadré à plusieurs reprises.


Au moment de l'entrée en vigueur de l’armistice italien, le « Scipione Africano » vint se rendre à Malte aux Anglais le 10 septembre 1943. Ce fut l’un des premiers bâtiments italiens à reprendre son activité, après la déclaration de guerre du Gouvernement Badoglio à Allemagne. Il fut désigné le 21 octobre 1943 pour aller ravitailler en munitions la garnison de Letos dans le Dodécanèse où les forces alliées étaient en mauvaise posture du fait de la
prompte réaction allemande.
Jusqu’à la fin des hostilités, le ''Scipione Africano''accomplit 143 missions de transport de matériel et de personnel, et parcourut 56 637 milles.
En exécution du traité de paix avec l'Italie  et après un accord signé le 14 Juillet 1948 avec la marine italienne, le "Scipione Africano" fut livré à la marine française à Toulon le 15 août 1948 en même temps que le contre torpilleur "Legionario".
Par décision du 23 juillet 1948, le nom de Guichen lui avait été attribué.
Déclassé en 1962, il a servi de Bâtiment- Ecole à Lanveoc-Poulmic


Quelques souvenirs de marins trouvés sur le web....

Une arrivée au CFM PONT-REAN ou le centre d'incorporation était appelé "TAHITI" les baraquements portaient le nom de navires découvreurs, LA BOUDEUSE, LA BOUSSOLE, etc... Ce fut le premier contact avec le monde Militaire. L'appel la mise aux normes l'ouverture des valises, éjections des bouteilles vers le caniveau, sourires des gradés et grises mines des contrevenants, habillement, délivrance des couverts, immatriculation de tous nos vêtements, brodequins à clous.



Une semaine bien chargé et le summum le "BINIOU" qui nous appelle tous mon Pays, nous met la boule à zéro disons 1 cm devant et rien derrière. Mais qu'importe nous sommes là et heureux d'y être et comme disent les permanents après TAHITI c'est SAIGON et là ce n'est plus la même chanson mais bon pas le temps de souffler la marche au pas en chantant dans l'allée EST avec un maître de cérémonie ZIMMERMANN d'aucun s'en souviennent encore le passage devant le réfectoire deux fois pour nous apprendre a chanter juste et en cadence enfin presque, surtout le jour des frites !!


La cour d'honneur là où toutes les compagnies, avec son rituel chaque matin, leur gradés devant le château et son état major assistent à l'envoie des couleurs et cela tout au long de notre séjour.


Les séances de tirs, la navigation sur la VILAINE, "qu'elle était belle", l'inspection de sac la semaine de corvée, le lavage du linge, les tours de garde au séchoir avec vérification du matricule de ceux qui venaient récupérer leur linge avec leur plaque d'identité j'en passe et des meilleurs réussir en si peu de temps a former des jeunes à toutes les tâches Militaire Marine et ménagère il faut le faire!



Mais aussi les bons cotés avec une sortie à RENNES le repas au foyer du soldat près de la gare, une virée au bal pince c..., la balade au MAILLE une grande avenue bordée d'arbres fier d'être MARIN.



Et puis à l'intérieur du CFM le foyer avec sa bolée de cidre à cinq francs anciens, l'étang la pêche aux grenouilles avec un bout de pompon rouge les douves du château les courses à la godille et puis les tests d'aptitudes, les piqûres TABDT "aie...!" le choix d'une spécialité et puis la fin La présentation individuelle au Cdt (un test de plus) le Capitaine de Vaisseau PICHEVIN "si ma mémoire est bonne".

sources
Paul Banéat    Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, archéologie, monuments.

Rennes



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