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20 sept. 2019

Donec un portrait de l'amiral Darlan

Donec un portrait de l'amiral Darlan


Bonjour la Compagnie,

Il existe encore aujourd’hui des laudateurs de l’amiral Darlan qui voient en lui, si Bonnier de la Chapelle n’avait pas brutalement interrompu son ascension, l’outsider du général De Gaulle. Oubliant sans doute que si l’Amiral avait vécu les « milices patriotiques du Parti Communiste» lui auraient réglé son compte vers 1945.

Par ailleurs un ami a eu l’excellente idée de me remettre une collection de « la France Libre » revue publiée à Londres pendant la guerre et où écrivaient des personnages d’envergure comme André Labarthe, Raymond Aron, Joseph Kessel ou la très mystérieuse Odette Keun.

En feuilletant ces revues, je découvre des perles. Ainsi cette conversation avec Edouard Herriot, le mythique maire de Lyon. L’échange se passe à Bordeaux le 15 juin 1940 : «L’amiral Darlan vint me voir pour régler, dans ses détails matériels, l’embarquement, à destination de l’Afrique du Nord, des parlementaires qui avaient suivi en grand nombre le gouvernement dans son exode".

Aussitôt qu’il m’aborda, Darlan manifesta la plus vive indignation au sujet de ce qu’il appelait la trahison des chefs militaires. « Pétain et Weygand veulent signer l’armistice. Il est inadmissible de penser que l’armée donne le signal de la capitulation. Mais ma Flotte reste intacte, prête à se battre. Je ne capitulerai pas. Veuillez Monsieur le Président, dire au chef de l’Etat que si l’armistice est signé, je passe en Angleterre avec tous mes équipages ».

Je félicitai l’Amiral et m’empressai de transmettre mon message au chef de l’Etat. Quelle ne fut pas ma stupéfaction lorsque le lendemain j’aperçus au côté de Pétain, qui venait de constituer son premier ministère, l’uniforme de Darlan ».

« Et bien Amiral, lui demandai-je, quand partons-nous pour l’Angleterre ? ».

Un instant gêné, Darlan finit par me répondre : « On ne peut gouverner un pays de l’extérieur. Un gouvernement qui quitte le sol national n’y retourne jamais ».

Le malheureux avait été chambré durant toute la nuit et avait fini par abandonner son courageux projet.

A choisir d’entrer dans l’Histoire par la grande porte ou de recevoir un marocain, ce pauvre amiral avait choisi. De Gaulle ne risquait rien.

A la semaine prochaine

Donec

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