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27 mars 2018

Latouche Tréville Des Russes dans la grande-Guerre

Latouche-Tréville la guerre dans tous ses Etats : 

la Russie




En réponse à la chronique de DONEC concernant les Russes et l'alliance avec les Russes, je vais vous parler d'une intervention des troupes russes durant la 1èere guerre mondiale. 

Si on a beaucoup parlé de l'arrivée des troupes américaines en 1917 en Bretagne (Saint-Nazaire et Brest), il na pratiquement pas été évoqué l'arrivée des Troupes Russes à Marseille en 1916 sur le Latouche-Tréville.





Qualifiée de « réservoir d’hommes inépuisable » par Paul Doumer, la Russie doit, dès août 1914, faire face à la demande d’envoi de troupes sur le front occidental par les gouvernements français et britanniques. Obtenant du Tsar la promesse de la constitution d’un corps expéditionnaire russe sur le sol français, les gouvernements alliés fournissent l’armée du Tsar en matériel militaire. Ainsi débute l’histoire de la première brigade russe du général Lokhvitsky, qui, comprenant huit mille hommes, embarque en Mandchourie pour rejoindre le port de Marseille en avril 1916.





















À la suite d'une demande du gouvernement français qui propose à l’Empire russe du matériel de guerre contre l’envoi d’hommes en France l’état-major russe du général Alekseïev forme en janvier 1916 la 1re brigade spéciale d’infanterie, composée de deux régiments1 (fort chacun de trois bataillons), sous le commandement du général-major Nikolaï Alexandrovitch Lokhvitski. 










Par voie ferrée les 8 942 hommes rejoignent Dalian, sur le golfe de Corée, où ils montent à bord de navires français (dont le Latouche-Tréville, L'Himalaya...) qui les emmènent à Marseille qu’ils atteignent le 16 avril 1916.





En juillet 1916 la 2e brigade spéciale d’infanterie, commandée par le général Dieterichs, est envoyée via la France sur le front de Thessalonique.




La 3e brigade spéciale d’infanterie2 fut formée en juin 1916 et envoyée en France au mois d’août via le port d’Arkhangelsk. Elle est commandée par le général V. Marouchevski.




Le 21 avril 1916, le « Latouche-Treville », navire amiral du corps expéditionnaire russe, mouille dans le port de Marseille après un périple de quarante-cinq jours. Débarquant à la tête de ses troupes, le général Lokhvitsky reçoit les honneurs militaires des autorités civiles et militaires de Marseille venues accueillir le chef de la première brigade russe. Acclamant les troupes russes, la population de Marseille assiste au défilé de ces dernières sur les avenues de la cité phocéenne. Conduits au camp Mirabeau, où ils assistent à leur première Pâques russe en territoire français, les hommes de la première brigade russe prennent quelques jours de repos avant de rejoindre le front.




Dans un premier temps cantonnées au camp de Mailly, où elles reçoivent une instruction militaire française, la brigade russe rejoint le front de Champagne. Durant l’été 1916, cette brigade russe s’illustre face aux nombreuses attaques menées par la 242e division d’infanterie allemande. Relevée le 15 octobre 1916 du secteur d’Auberive, la brigade russe connaît d’autres engagements féroces. Dissoute du fait de la Révolution d’Octobre de 1917 et de la signature par la Russie du traité de paix de Brest-Litovsk en mars 1918, la brigade russe est rattachée à la 1re division Marocaine et envoyée sur le front en mars 1918.








Enfin, la 4e brigade spéciale d’infanterie commandé par le général-major Maxime Leontiev fut envoyée en Macédoine, reliant d’abord Brest à bord du paquebot Lorraine et arrivant finalement à Salonique en octobre 1916.








En septembre 1917 eut lieu la mutinerie des soldats russes à La Courtine, réprimée dans le sang. Neuf mutins sont tués par l’artillerie, 81 meneurs sont envoyés à Bordeaux pour être jugés, 549 sont emprisonnés à Bourg-Lastic et à l'Île-d'Aix, et 7 500, désarmés, sont retenus au camp de La Courtine. 

Le nombre de tués est sujet à caution. Entre le chiffre de plusieurs centaines évoqué dans certaines sources fantaisistes et le chiffre officiel de 9, l'historien Rémi Adam en estime le nombre proche de la centaine. Ils furent enterrés « furtivement, de nuit, à l'insu de leurs camarades et de la population »

La Der des Der  DIDIER DAENINCKX, JACQUES TARDI




L’enquête d’Eugène Varlot le mène dans un hôpital qui accueille d’anciens soldats, des gueules cassées dont Alizan, visité de temps en temps par la femme du colonel Fantin et sa fille, démembré et défiguré par un obus, officiellement dans la Somme mais en fait en Creuse, au camp de La Courtine, en 1917.1917, année des mutineries dans les tranchées françaises et année de la Révolution russe ; inquiet d’une contagion des idées révolutionnaires russes dans le contingent français, le commandement militaire français décide de retirer les soldats russes du front puis de les en éloigner. C’est ainsi qu’en juin-juillet 1917 les soldats russes sont envoyés au camp de La Courtine où on leur laisse armes et munitions.Une opposition voit le jour entre deux brigades, l’une « bolcheviks », l’autre loyaliste ; cette dernière quitte alors le camp pour se retrouver à Felletin. Les soldats restants, réclamant leur retour en Russie pour participer à la Révolution, autogèrent le camp et refusent de répondre à la demande des autorités françaises de rendre leurs armes. Cette situation va alors déboucher sur un pilonnage du camp par les troupes françaises et loyalistes russes et par l’assaut du camp par ces derniers.
Sources :

BNF Gallica

ECPA-D

20/4/16, arrivée des troupes russes, Marseille, le Latouche-Trèville : [photographie de presse] / [Agence Rol]

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