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12 avr. 2017

Charles, Maurice de Talleyrand-Périgord Prince de Bénévent


Charles, Maurice de Talleyrand-Périgord Prince de Bénéven


Continuons à découvrir les ministres de la Marine et des Colonies. Aujourd'hui Talleyrand; qui passa du goupillon à la cuillère à pot par le ministère des affaires extérieures avant de connaître une des carrières politiques les plus complexes.
Talleyrand occupe des postes de pouvoir politique durant la majeure partie de sa vie et sous la plupart des régimes successifs que la France connaît à l'époque : il est notamment agent général du clergé puis député aux États généraux sous l'Ancien Régime, président de l'Assemblée nationale et ambassadeur pendant la Révolution française, ministre des Relations extérieures sous le Directoire, le Consulat puis sous le Premier Empire, président du gouvernement provisoire, ambassadeur, ministre des Affaires étrangères et président du Conseil des ministres sous la Restauration, ambassadeur sous la Monarchie de Juillet.

Il assiste aux couronnements de Louis XVI (1775), Napoléon Ier (1804) et Charles X (1825)

Il fut ministre de la Marine et des Colonies du 7 mars 1799 au 2 juillet 1700



Député en 1789, ministre, pair de France, né à Paris le 2 février 1754, mort à Paris le 17 mai 1838, d'une vieille famille noble du Quercy, deuxième fils de Charles-Daniel comte de Talleyrand-Périgord, lieutenant-général des armées du roi, et d'Alexandrine-Marie-Victoire-Eléonore de Damas d'Antigny, perdit de bonne heure son frère aîné, et fut, selon l'usage des familles nobles, destiné à la carrière des armes.

Un accident, à l'âge de quatre ans, l'avant rendu boiteux pour la vie, on décida qu'il entrerait dans les ordres, et on l'envoya d'abord près de sa bisaïeule, Mme de Chalais, en Périgord, puis au collège d'Harcourt, enfin près de son oncle Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord, qui était coadjuteur de l'archevêque de Reims et sera député du clergé aux états généraux de 1789. Mme de Genlis raconte dans ses Mémoires qu'elle le vit à cette époque chez l'archevêque de Reims : « Déjà en soutane, quoiqu'il n'eut que douze ou treize ans, il boitait un peu, était pâle et silencieux ; mais je lui trouvai un visage très agréable et un air observateur qui me frappa. »









Après un an de séjour à Reims, il entra à Saint-Sulpice ; il ne semble pas y avoir la tristesse profonde qu'il accuse dans ses Mémoires parus récemment : une liaison amoureuse l'occupa quotidiennement pendant deux ans ; il fut ordonné prêtre à 21 ans, fut pourvu de l'abbaye de Saint-Denis au diocèse de Reims, et fut délégué, la même année, par cette province, à l'assemblée générale du clergé. Après l'assemblée, il passa deux ans en Sorbonne, « occupé de tout autre chose, dit-il, que de théologie », eut pour compagnons de plaisirs MM. de Choiseul-Gouffier et Louis de Narbonne, compta de nombreux succès mondains, devint agent général du clergé de France en 1780, se mêla aux intrigues de cour, agiota avec Sainte-Foy, et, après une attente inusitée, motivée par les répugnances et les scrupules de Louis XVI, fut pourvu de l'évêché d'Autun (1er octobre 1788).
Il fit partie de la réunion des notables (1788) qui précéda les états généraux, s'y montra favorable aux idées nouvelles, et fut élu, le 3 avril 1789, député du clergé du bailliage d'Autun aux états généraux.

Le 21 juin, il se réunit aux députés du tiers, demanda la nullité des mandats impératifs, fut un des instigateurs de la suppression des dîmes, devint membre du Comité de constitution et secrétaire de l'Assemblée, proposa d'appliquer les biens du clergé aux besoins de l'Etat (10 octobre), et refusa à son ordre la qualité de propriétaire.

Le clergé du diocèse d'Autun protesta contre les opinions émises par son évêque, mais Talleyrand avait l'appui de la majorité qui, trois jours après cette protestation, le choisit pour président (16 février 1790).


Il intervient fréquemment dans les questions économiques et financières, pour lesquelles son acte le plus fameux est la proposition de nationalisation des biens du clergé. Toutefois, sa renommée provient surtout de sa carrière diplomatique exceptionnelle, dont l'apogée est le congrès de Vienne. Homme des Lumières, libéral convaincu, tant du point de vue politique et institutionnel que social et économique, Talleyrand théorise et cherche à appliquer un « équilibre européen » entre les grandes puissances.



A la messe de la fédération au Champ-de-Mars (14 Juillet 1790), l'évêque d'Autun officia pontificalement; on prétend que passant en habits sacerdotaux auprès de La Fayette, il lui aurait dit : « Ne me faites pas rire. »



Il fit adopter à l'Assemblée un plan d'instruction publique, fut des premiers à prêter serment à la constitution civile du clergé (27 décembre), et, par une lettre du 29, écrivit au clergé de son diocèse pour l'engager à en faire autant : « Ce devoir que j'ai rempli dans toute la sincérité de mon âme, vous le remplirez sûrement aussi dans les mêmes sentiments qui m'ont animé. » A cette date, on lit dans ses Mémoires: « Je ne crains pas de reconnaître, quelque part que j'aie eue dans cette œuvre, que la constitution civile, du clergé a été peut-être la plus grande faute de l'Assemblée constituante. »




Il sacra, en février, les évêques Constitutionnels de l'Aisne et du Finistère, et fut frappé d'excommunication par le pape le mois suivant.



En avril, il fut élu administrateur du département de Paris, à la place de Mirabeau qui venait de mourir, proposa et fit adopter, à la Constituante, le principe du système métrique et la loi qui sert de base à la perception de l'enregistrement, et présenta (10 et 11 septembre 1791) un plan complet d'éducation nationale, qu'on n'eut pas le temps de discuter avant la fin de la session, mais qui servit de point de départ aux projets qui furent élaborés par la suite.












Il s'embarqua pour les Etats-Unis: sa correspondance de Philadelphie avec des banquiers de Londres montre qu'il s'y occupa beaucoup d'affaires financières et industrielles. Sur ses instances, appuyées par Mme de Staël, il obtint que la proscription fût rapportée; il revint en Europe, passa quelque temps à Hambourg, où il connut Mme Grand, jeune Anglaise divorcée, belle, mais sans esprit, à laquelle il s'attacha, et qu'il épousa plus tard, passa à Amsterdam, à Altona, et rentra à Paris en septembre 1796.



L'amitié de Barras, qu'il avait su se ménager par d'habiles condescendances, le fit nommer (16 juillet 1797) ministre des Relations extérieures, en remplacement de Delacroix révoqué, et malgré l'opposition de Carnot et de Barthélemy, deux des cinq Directeurs. Le nouveau titulaire se montra ardent partisan de la paix; il avait rapporté d'Amérique des idées nouvelles sur la puissance de l'effort commercial et industriel d'un peuple, il rêvait de faire de la Méditerranée un lac français, et c'est pour cela qu'il fut favorable à l'occupation de Malte et à l'expédition d'Egypte ; en politique, il légitima dans une circulaire diplomatique le coup d'Etat de fructidor, sans y avoir pris part, et, dès son entrée aux affaires, fit des avances à Bonaparte.



Talleyrand aida, d'autre part, au renversement du pape (février), à la révolution de Suisse, entra en négociations avec les Etats-Unis, avec le sénat de Hambourg, avec le cabinet de Lisbonne, non sans encourir, avec quelque apparence de raison, des reproches de vénalité et de corruption.




Il mourut à quatre-vingt-quatre ans, de vieillesse d'abord, compliquée d'anthrax ou gangrène blanche, après avoir reçu les sacrements de l'Eglise.

M. de Talleyrand était grand-croix de la Légion d'honneur, membre de la Toison d'Or, et décoré de la plupart des ordres étrangers.

sources :

Assemblée nationale :

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