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5 janv. 2017

les canonnières de Madagascar Betsiboka expédition conquête Majunga

les canonnières de Madagascar  Betsiboka

Mon propos aujourd'hui n'est pas de développer l'histoire de la conquête de Madagascar mais de donner quelques éléments sur la politique de la canonnière et les moyens mis en oeuvre par la Marine.



Et puis aussi de rendre hommage à la Petite Reine Ranavalona




Le Betsiboka

Il se jette à Majunga, dans la baie de Bombetoka, qui est en fait son estuaire. Il se distingue par la couleur rouge de ses eaux, causée par les sédiments : le fleuve porte d'énormes quantités de limon orange rougeâtre à la mer. Beaucoup de ce limon se dépose à l'embouchure de la rivière ou dans la baie.




Il se produit un phénomène d'érosion très évident et catastrophique au nord-ouest de Madagascar. La suppression de la forêt au profit de l'agriculture et de l'élevage au cours des 50 dernières années y provoquent aujourd'hui l'effritement de près de 250 tonnes par hectare annuellement dans certaines zones de l'île ; c'est le bilan le plus lourd enregistré dans le monde.



L'ile rouge et le fleuve photo JM Bergougniou


Il est navigable jusqu'à Ambato-Boeny avec des embarcations de 20 tonnes


"La guerre de Madagascar a son origine dans la résistance opposée par le gouvernement hova à l’exécution des clauses du traité du 17 décembre 1885, dans l’impunité assurée aux fréquents attentats commis contre nos nationaux, et enfin dans l’impossibilité pour le résident de France à Tananarive d’obtenir la réparation de ces méfaits."
L'ile rouge et le fleuve Betsiboka photo JM Bergougniou




la chaloupe-canonnière à roue BRAVE du type PRECIEUSE a un déplacement de 40 tonnes et est armée de deux canons de 37 mm.
Construite pour l'expédition de Madagascar de 1894, elle arrive trop tard pour participer aux opérations

"Une première circonstance, également regrettable, mais aussi de force majeure, la gelée de la Seine et celle de la Saône, qui survinrent, en février 1895, juste au moment où les canonnières et les chalands construits aux usines de Saint-Denis et de Chalon allaient être expédiés, par eau, au port d'embarquement, avait déjà fait perdre environ trois semaines, sans qu'il fut possible d'y remédier par l'envoi en chemin de fer, les pièces de ces bâtiments étant de dimensions supérieures au gabarit des tunnels des lignes de l'Ouest et du Paris- Lyon-Méditerranée."

Elle est cédée en 1896 au ministère des colonies.
Elle navigue sur la Betsiboka qui se jette près de la ville de Majunga  lieu de débarquement de l'expédition



Il semble à peine utile de rappeler, ici, les origines de la guerre, si magistralement exposées par M. Hanotaux dans ses discours, à la Chambre des députés et au Sénat, des i3 novembre, 23 novembre et 6 décembre 1894. Elles se résument dans le fait général de la résistance opposée par le gouvernement hova à l'exécution des clauses du traité du 17 décembre i885, fait caractérisé par la persistance de ce gouvernement à dénier au résident général de France le droit d'intervenir dans les questions relatives à la délivrance de l'exequatur aux consuls étrangers, par l'impunité assurée aux fréquents attentats commis contre nos nationaux et par l'impossibilité, pour le représentant de la France, d'en jamais obtenir réparation. Mis ainsi dans la nécessité d'imposer aux Hovas l'application du contrat de i885, le gouvernement de la République, qui répugnait à l'idée d'user de sa force, sans avoir, au préalable, tout tenté pour obtenir une solution pacifique du conflit, chargea encore M. Le Myre de Vilers, ancien résident général de France à Madagascar, d'aller négocier, en personne, à Tananarive, l'établissement d'un modus vivendi plus conforme à nos intérêts politiques et à notre dignité nationale. On sait comment le plénipotentiaire français, arrivé à Tananarive, le 8 octobre 1894, s'y heurta aux plus incroyables prétentions, ne put qu'y organiser, dans des conditions  qui font honneur à sa fermeté et à sa prévoyance, l'exode de nos nationaux et dut en repartir, le 27 octobre suivant, pour se rembarquer, le 26 décembre, après avoir encore inutile- ment attendu, à Tamatave, que Rainilaiarivony témoignât du moindre désir de conciliation.

Rapport sur l'expédition de Madagascar adressé le 25 avril 1896 au Ministre ...


... Ces conclusions ayant été, dans leur ensemble et sous réserve de développements ultérieurs, adoptées par le Gouvernement, en ce qui concerne notamment la ligne d'opérations et l'utilisation de la voie fluviale, le département de la marine dut se préoccuper du matériel à constituer pour cette navigation spéciale. 
Il s'arrêta (vers la fin d'octobre) au principe de la création d'une flottille, qui devait comprendre : 12 canonnières ou remorqueurs de 25 mètres et 50 chalands, tous démontables et de types analogues à ceux des bâtiments de même nature qui avaient été employés avec succès au Dahomey ; plus, 6 canots à vapeur et 4 pontons d'accostage. Disons de suite que, lorsque, vers la mi-novembre, le Gouvernement eut décidé de confier au département de la guerre la direction générale de l'expédition, celui-ci adopta, sans autre modification qu'une faible réduction sur le nombre des chalands, le programme de l'administration de la marine pour la constitution de la flottille...





C'est, comme il vient d'être dit, dans la première quin- zaine de novembre 1894 que le Gouvernement décida de confier au département de la guerre la direction supérieure de l'expédition, en laissant toutefois à celui de la marine le soin de pourvoir aux transports maritimes, ainsi qu'à la di- rection du port de Majunga et celui d'assurer, en même temps que la surveillance des côtes, le commandement des établissements, permanents ou temporaires, créés en dehors de la zone des opérations immédiates du corps expéditionnaire.



Le total du corps expéditionnaire, en y comprenant le personnel du quartier général et celui des divers services, se trouva ainsi fixé aux chiffres ci-après, savoir : 658 officiers et assimilés 14 773 hommes de troupe. 641 chevaux (de selle). 61630 mulets (de trait ou de bât). 56 pièces d'artillerie (30 de 111 de montagne, 12 de 70 mm de campagne, 4 de 120 court. 5 040 voitures Lefebvre. 



L'administration de la marine, qui avait déjà détaché, le 17 novembre 1894, un sous-ingénieur de la marine (M. Revol) auprès de M. le ministre de la guerre, prépara la mise en route successive : d'abord, du personnel ouvrier des constructions navales qui devait procéder au montage des bâtiments de la flottille fluviale ; puis, du personnel de la direction du port de Majunga ; enfin, des états-majors et des équipages des divers bâtiments de la flottille fluviale

le commandant de la division navale s'était préoccupé de réunir, pour l'arrivée de l'avant-garde, quelques moyens spéciaux de débarquement. Deux petits vapeurs, le Sigurd et le Boëni, furent loués à des compagnies françaises établies à Madagascar et on y adjoignit l'Ambohimanga, appartenant aux Hovas et séquestré par nous. On espérait utiliser ces trois bâtiments comme remorqueurs, avec des boutres et des pirogues du pays




Ne disposant pas immédiatement de paquebots appropriés au transport de ces énormes pièces, qui exigent, notamment, de grandes cales, entièrement dégagées, et de vastes panneaux, on traita avec une maison anglaise qui avait déjà soumissionné, pour le compte de la marine, le transport au Dahomey de canonnières du même type. Cette maison engagea, à cet effet, trois paquebots spéciaux, le Brinckburn, le Riverdale et le Collingham. Aux termes du contrat, le Brinckburn, portant 8 canonnières, 1 canot à vapeur et 18 chalands, ainsi que le personnel chargé du montage, devait charger, successivement, au Havre et à la Seyne et arriver à Majunga le 18 avril; les deux autres paquebots, chargés du reliquat du matériel fluvial, qu'ils devaient embarquer à Saint-Nazaire et à Marseille, suivraient, à dix jours d'intervalle, de manière à ne pas amener d'encombrement dans les travaux de montage.


Le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de Sa Majesté la Reine de Madagascar, en vue de mettre fin aux difficultés qui se sont produites entre eux, ont nommé ...

 lesquels, après s'être communiqué leurs pleins pouvoirs, qui ont été reconnus en bonne et due forme, sont convenus de ce qui suit : 

 Article premier. — Le Gouvernement de Sa Majesté la Reine de Madagascar reconnaît et accepte le Protectorat de la France avec toutes ses conséquences.

 Art. 2. — Le Gouvernement de la République française sera représenté, auprès de Sa Majesté la Reine de Madagascar, par un Résident général. 



 Art. 3. — Le Gouvernement de la République française représentera Madagascar dans toutes ses relations extérieures. Le Résident général sera chargé des rapports avec les Agents des Puissances étrangères, ; les questions intéressant les étrangers à Madagascar seront traitées par son entremise. Les Agents diplomatiques et consulaires de la France en pays étranger seront chargés de la protection des sujets et des inté- rêts malgaches. 


 Art. 4- — Le Gouvernement de la République française se réserve de maintenir a Madagascar les forces militaires nécessaires a l'exercice de son protectorat.


Il prend l'engagement de prêter un constant appui à Sa Majesté la Reine de Madagascar contre tout danger qui la menacerait ou qui compromettrait la tranquillité de ses États. 

 Art. 5. — Le Résident général contrôlera l'administration intérieure de l'île. Sa Majesté la Reine de Madagascar s'engage à procéder aux réformes que le Gouvernement français jugera utiles a l'exercice de son protectorat, ainsi qu'au développement économique de l'île et au progrès de la civilisation. 

 Art. 6. — L'ensemble des dépenses de» services publics a Madagascar et le service de la dette seront assurés par les revenus de l'île. Le Gouvernement de Sa Majesté la Reine de Madagascar s'interdit de contracter aucun emprunt sans l'autorisation du Gouvernement de la République française. Le Gouvernement de la République française n'assume aucune responsabilité à raison des engagements, dettes ou concessions que le Gouvernement de Sa Majesté la Reine de Madagascar a pu souscrire avant la signature du présent Traité. Le Gouvernement de la République française prêtera son concours au Gouvernement de Sa Majesté la Reine de Madagascar pour lui faciliter la conversion de l'emprunt du 4 décembre 1886

Art. 7 et dernier. — Il sera procédé, dans le plus bref délai possible, à la délimitation des territoires de Diégo-Suarez. La ligne de démarcation suivra, autant que le permettra la configuration du terrain, le douzième degré quarante-cinq minutes de latitude sud. 



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