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31 oct. 2014

Humour dans le carré par Donec 31 octobre 2014

il y a 100 ans, la bataille de Coronel


Bonjour à tous,

Octobre 1914, l’amiral Christopher CRADOCK commande la 4ème escadre de croiseurs de la Royal Navy composé de bâtiments vieillissants armés par des équipages de réservistes. Ayant doublé le Cap Horn, il remonte les côtes du Chili alors que l’amiral Allemand Maximilian Von Spee fait route au sud. Ce dernier dispose de navires extrêmement modernes armés par la fine fleur de la marine du Kaiser.




Le pauvre amiral Christopher CRADOCK était traumatisé par la mésaventure arrivée à l’amiral Ernest TROUBRIDGE (Il avait été traduit en cours martiale pour ne pas avoir engagé le Goeben et le Breslau en Méditerranée au début août).

Le 31 octobre 1914, ayant intercepté une communication radio, l’anglais pense pourvoir piéger le Leipzig. Il tente sa chance.



Ce n’était malheureusement pas son jour et en deux heures de temps, le 1er novembre 1914, l’escadre anglaise était rayée de la carte par celle de l’amiral Von SPEE. L’amiral Sir Christopher CRADOCK disparait avec le HMS Good Hope.

( à suivre )

Le ciel vous tienne en joie et à la semaine prochaine

Donec

PS : je ne peux résister au plaisir de joindre la gazette n° 315 de l’ARHAN qui évoque une inoubliable visite au ministère de la Marine


photo © JM Bergougniou


"J'AI ETE AU MINISTERE DE LA MARINE "

ARDHAN - 15 rue de Laborde –CC19- 75008 PARIS www.aeronavale.org 

Paru dans la Gazette de Lann-Bihoué

Repris dans Cols Bleus n°1310 de décembre 1973

J’en connais, et ils sont nombreux, qui n’ont pas hésité à traverser des continents, voire même des mers qui n’ont pas hésité à escalader des montagnes, à prendre place à bord d’appareils de l’Aéronautique navale, à s’exposer aux fièvres quartes.
photo © JM Bergougniou

C’est certes grandement méritoire, mais que l’on me permette de déplorer que bien souvent des gens vont chercher, à l’autre bout du monde, l’aventure qui se trouve à leur porte et plus particulièrement, à celle du Ministère de la Marine, rue Royale.

On m’avait dit : « C’est pas difficile. Vous sortez à « Concorde » et vous voyez un vaste bâtiment avec des arcades, c’est là ».

Le lendemain donc, j’émergeais sur un trottoir de la place du même nom. Stupéfaction. Vous me croirez si vous voulez, le vaste bâtiment avec des arcades, eh bien, il y en a deux. 



Du calme, me dis-je, un Ministère de la Marine ça doit avoir quelques militaires à sa porte, on ne peut pas se tromper.

Hôtel de Crillon

 Justement à la porte du bâtiment de gauche il y avait un homme de belle prestance, vêtu d’un uniforme rutilant et le chef recouvert d’une casquette richement ouvragée. Il était évidemment d’un grade très élevé, mais pour un Ministère, on ne crachait pas sur le décorum et puis les médecins généraux en uniforme interarmées, il faut bien les occuper. 



photo © JM Bergougniou

Ce raisonnement était quelque peu entaché d’erreur ainsi qu’il m’apparut dès le seuil de l’édifice lorsque le médecin général en question m’eut tiré son chapeau et m’eut offert avec affabilité un tour et demi de porte à tambour. (S’il s’était arrêté à un tour je me serais retrouvé dans la rue et on n’en aurait plus parlé, mais cet homme connaissait son métier).

Alors vous voyez ce que c’est. Des gars pliés en deux qui vous appellent « Monsieur », vous parlent à la troisième personne et vous demandent de mettre votre nom sur un registre au-dessous de celui du Duc de Windsor, eh bien, ces gars-là, on n’ose pas leur dire qu’on s’est trompé.



L’hôtel Crillon, puisque ainsi se nomme cet édifice, est cher. Mais il est un fait d’expérience ; c’est que les hôtels et les restaurants les plus chers sont ceux dont la plonge est la plus confortable. Il est vrai qu’on doit y rester plus longtemps pour payer un séjour même court.
photo © JM Bergougniou



Le lendemain, à la suite d’une déduction hardie, je me pointais à la porte du bâtiment à côté qui est bien celle du Ministère de la Marine et qui, malgré son air anodin, est aussi celle de l’aventure. 


photo © JM Bergougniou
D’ailleurs il n’était que de regarder les gens qui en sortaient, ils avaient la peau basanée (il est vrai que ce jour-là on livrait le charbon) et l’oeil fixé sur l’horizon (Maxim’s est en face) et quand on passe devant, vous l’avez certainement remarqué, ça sent le sel, le cordage, le goudron et l’épice. 





Mais permettez-moi de vous distiller les enseignements issus de plusieurs mois d’expérience.

Une recommandation dès l’abord et qui est essentielle : N’allez jamais au Ministère dans un but précis ; pour voir quelqu’un par exemple. Allez-y pour flâner, de cette manière vous ne serez pas déçu et vous aurez beaucoup plus de chance de rencontrer la personne que vous ne venez pas voir. 


photo © JM Bergougniou

Pour entrer sans difficulté, procurez-vous une gabardine bleu-marine convenablement éculée et traversez la voûte d’un air décidé légèrement teinté d’accablement. Que vous soyez agent du Kominform ou de l’Intelligence Service ou encore simple touriste, vous n’aurez, ce faisant, aucun ennui.


photo © JM Bergougniou





Si vous avez, de surcroît, pris la précaution d’orner votre boutonnière d’un mince ruban rouge vous aurez droit de la part du gendarme maritime à un discret signe d’intelligence. (Chez les gendarmes maritimes, les signes d’intelligence sont toujours discrets).





















Par contre, que vous soyez capitaine de vaisseau, médecin chef, ou commissaire général, si vous vous présentez vêtu d’un blue-jean, d’un sweater canari et d’un blouson noir, vous serez refoulé quelque soient vos explications. Il en sera de même si votre tenue est élégante et de bon goût, on vous précisera cependant que Maxim’s, c’est en face.

photo © JM Bergougniou
Il y a enfin un autre cas : Une gabardine trop neuve, les joues roses du type qui arrive de la province, l’oeil écarquillé et vous êtes interpellé par le gendarme qui vous prie de vous adresser aux Renseignements « Premier bureau sous la voûte ». Ce bureau était autrefois au fin fond du Ministère et si on arrivait tôt le matin, on avait une chance de le trouver en fin d’après-midi pour lui demander où était la sortie.
photo © JM Bergougniou
Dans ce bureau donc, un préposé en uniforme civil vous demande d’un air complètement écoeuré d’exhiber de nombreuses pièces d’identité, l’adresse de la personne à prévenir en cas d’accident et une feuille de Sécurité Sociale. Il s’enquiert alors avec commisération de la personne que vous désirez voir puis vous invite à la contemplation d’un plan du Ministère qui ressemble en plus ramassé, à une vue du circuit électrique de la base de Lann Bihoué. Il vous laisse alors partir tout en se signant discrètement.

A suivre…

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