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23 août 2014

Jean Gabin un acteur engagé cinéma guerre fusilier marin DBFM Char

Jean Gabin 
et la Marine 




Le 2 février 1941, refusant de tourner pour les Allemands pendant l'occupation, il s'expatrie à Hollywood aux États-Unis où il va retrouver les Français Jean Renoir, Julien Duvivier, Charles Boyer, Jean-Pierre Aumont…



Là-bas, il tourne deux films, La Péniche de l'amour avec Ida Lupino, et L'Imposteur, de Julien Duvivier, long-métrage de propagande gaulliste saluant aussi la bénéfique entrée en guerre des États-Unis. Ce film est produit par le service de propagande américain. Au générique seulement deux français : Julien Duvivier et Jean Gabin.

Durant cette période, il fréquente Ginger Rogers brièvement, puis Marlène Dietrich pendant l'été 1941 jusqu'en février 1947. Le 18 janvier 1943, il divorce de sa deuxième épouse Jeanne Mauchain.




Après l'attaque anglaise sur Mers el-Kébir le 3 juillet 1940, une partie des marins rejoignent la France libre. À Diego-Suarez, des marins sont faits prisonniers par les Britanniques et internés en Angleterre (au camp d'internement no 1 de Grizedale Hall).
Le 8 novembre 1942, les troupes anglo-américaines débarquent en Afrique du Nord ; c’est un nouvel élan qui se présente pour cette poignée de marins 
(45 officiers, 333 officiers mariniers, quartiers-maîtres et matelots) 
qui veulent en découdre avec l’Allemagne. Les hommes emprisonnés indiquent leur désir de rejoindre Alger où ils seront acheminés dans le but de créer un bataillon de fusiliers-marins pour la prise et la tenue des batteries d’artillerie de marine de Bizerte. S'il ne manque pas de marins pour embarquer, nombreux sont ceux qui vont aller combattre à terre, dans la grande tradition des fusiliers-marins.


Déjà très célèbre, il pourrait tenter une carrière d'acteur aux États-Unis, mais ce serait compter sans son ardent patriotisme. Il s'engage en avril 1943 dans les Forces navales françaises libres du général de Gaulle pour libérer son pays. Embarqué comme canonnier chef de pièce sur le pétrolier militaire Elorn, il traverse l'Atlantique en convoi à destination de Casablanca, attaqué au large par les sous-marins et par les avions allemands aux approches de la Méditerranée. 






Jean Gabin est né le 17 mai 1904 à Paris. A l'âge de 20 ans, il effectue son service militaire dans le bataillon de fusiliers marins à Lorient. Afin de pouvoir être aux côtés de sa compagne de l'époque, il l'épouse et se retrouve basé au Ministère de la Marine à Paris.
En 1939, il est rappelé comme quartier-maître et envoyé à Cherbourg. Il divorce et épouse une autre femme.
En 1941, il parvient à quitter la France pour rejoindre les Etats-Unis, en passant par l'Espagne et le Portugal. C'est aux Etats-Unis qu'il fait la rencontre d'une femme qui marquera toute sa vie : Marlène Dietrich.








La France lui manque et il désire se battre pour elle. Il se rend à New-York afin de pouvoir rejoindre les Forces Françaises Libres, ce qui lui est refusé, on préfère le voir au cinéma plutôt que dans des unités combattantes !

Ne baissant pas les bras, il part rencontrer le représentant des Forces Navales Françaises Libres et lui exprime son souhait de rejoindre.






Il embarque sur l'escorteur ELORN, qui accompagne des convois de cargos et de pétroliers jusqu'à Alger. Il est chef de pièce antiaérienne de 40mm. Une fois arrivé à Alger, il souhaite débarquer de l'ELORN pour intégrer une unité de combat. Il rencontre Louis Jacquinot, Ministre de la Marine qui veut le faire entrer au centre artistique de la France Libre d'Alger, il refuse catégoriquement, et émet le souhait de rejoindre le centre Siroco. Il est finalement accepté. Il aura en charge la formation des jeunes recrues, qui se souviendront de son instruction, menée à la dure !

Marlène Dietrich viendra le rencontrer rapidement à Alger, en uniforme de WAF, elle partira ensuite sur le front Italien pour y rencontrer la 1ere DFL.


Jean Moncorgé apprend qu'un bataillon va être transformé pour devenir le Régiment Blindé de Fusiliers Marins, qui sera ensuite rattaché à la 2e Division Blindée du Général Leclerc. Il souhaite rejoindre cette unité en formation, mais trop tard, l'unité part pour l'Angleterre sans lui. Il obtiendra la possibilité de suivre une formation de conducteur de char.

Il embarque alors sur le croiseur GLOIRE à destination de Brest. Une fois arrivé, il rejoint Paris où il y retrouve Marlène Dietrich.



Le Régiment Blindé de Fusiliers-Marins (ou RBFM) est une ancienne unité de la 2e division blindée française. Il appartient aux unités de fusiliers marins qui sont des unités de marine française
Le RBFM est composé à partir de marins français dont les navires sont immobilisés ou détruits, et équipé de matériel américain.


Le 19 septembre 1943, le bataillon Bizerte devient le Régiment blindé de fusiliers-marins, le RBFM (par décision 97 EMG/3 du 19 septembre 1943). Ils sont ensuite acheminés sur Casablanca (Maroc) où ils percevront des tenues américaines et leur futur matériel. 
Ils sont rejoints par de nombreux volontaires (évadés de France, etc.).
C'est à Berkane qu'ils partent afin de se former enfin sur les chasseurs de chars TD M10. Cette instruction se fera auprès du 11e RCA (Régiment de chasseurs d’Afrique). D'abord équipés du vieux matériel du RCA, ils finissent par recevoir du matériel neuf, en vue de leur intégration dans la 2e DB.

Le RBFM était composé de cinq escadrons :
  • Escadron d'état-major : LV Brisset et Carsin
  • Escadron Hors-Rang : LV Ollieu et Mounié
  • Premier Escadron : LV Pauly et Divorne
  • Deuxième Escadron : LV Guillon et Gélinet
  • Troisième Escadron : LV Bonnet
  • Quatrième Escadron : LV Richard
L'Escadron hors-rang comporte un peloton féminin d'ambulancières, les Marinettes, homologue des Rochambelles, commandé par l'EV féminin Carsignol. Ce sont "les filles de la 2e DB" appartenant au 13e Bataillon Médical de la 2e Division Blindée de Leclerc.




Les hommes du RBFM sont des marins, et reprennent donc les grades et couvre-chef de ce corps de troupes. Les officiers portent les casquettes d'officiers de marine et les hommes du rang le bachi (à pompon rouge).
Les ambulancières/infirmières rattachées à ce régiment sont les Marinettes, qui également portent les effets d'uniforme de la Marine.

Au printemps 1945, il participe à la libération de la poche de Royan puis à la campagne d'Allemagne qui le conduira au Nid d'aigle d'Hitler à Berchtesgaden. À la fin de la guerre, il est décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre. En juillet 1945, âgé de 41 ans, le « plus vieux chef de char de la France Libre » est démobilisé et revient au monde du spectacle avec des cheveux blancs. Toute sa vie, il restera très attaché à la marine nationale et proche de celui qui fut son chef, le vice-amiral Gélinet et sa famille.








Jean Gabin s'éteint le 15 novembre 1976. Incinéré, ses cendres seront dispersées au large de Brest depuis le pont de l'aviso DETROYAT.


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