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2 août 2014

Ils ont débarqué le 6 juin 1944

D-Day en Normandie

Je désespérais de recevoir les enveloppes envoyées à la Poste de Caen à l'occasion des manifestations anniversaires du D-Day, elles sont revenus ce jour en bon état. Merci à Valérine de la Direction territoriale de l'Enseigne. Et quand ça marche, il faut le dire aussi!




Sainte-Mère-Eglise




Sainte-Mère-Eglise et ses alentours constituent une zone stratégique le long de la route nationale reliant Cherbourg à Paris, au croisement de 5 départementales. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, la 82e Division Aéroportée était en difficulté pour faire sauter les ponts sur la douve et établir la ligne de défense comme prévu. L’inondation à cause des rivières était pire que prévue. Sainte-Mère-Eglise était le point clé d’une ligne de défense le long de la route vers Omaha beach.Lors de ce débarquement en Normandie, 30 hommes se posèrent dans la commune de Ste Mère Eglise, dont 20 sur la place de l’église. Les allemands se précipitèrent et la bataille fit rage pendant deux jours. Les forces américaines furent soumises à rude épreuve. Les alliés furent contraints de défendre plusieurs endroits, notamment aux ponts de la Fière et de Chef-du-Pont. A partir du 7 juin à midi, le renfort de troupes débarquées à Utah Beach était là pour dégager Sainte-Mère-Eglise.
Sainte-Mère-Eglise et le souvenir de John Steed photo JM Bergougniou


Arromanches


Face aux cinq plages, stoppent 6000 navires vers 02h00 ; les hommes descendent dans les embarcations et chaloupes de débarquement à fond plat. La première vague américaine doit toucher les plages d'Utah et d'Omaha à 06h30 ; la première vague britannique, en raison de la présence de récifs dans sa zone, doit atteindre ses trois plages à 07h30 seulement.
L'aube du Jour J va se lever. Sur les deux flancs de ce qui va être la zone de débarquement, depuis 00h15 combattent 18000 américains, canadiens et britanniques contre des soldats allemands surpris.
Ouistreham sur la plage un caisson photo JM Bergougniou
C'est à Utah et à Omaha que les combats s'engagent les premiers.A Utah, la première vague atteint la plage à 06h30 exactement mais à 2 km au sud de la zone prévue. Cette erreur s'avère providentielle : ce secteur est moins bien défendu. Bientôt une sortie de plage, grâce au génie est ouverte, puis une deuxième. La jonction avec les paras de la 101ème est réalisée dans les premières heures de la matinée. A Omaha, le combat est immédiatement très dur et difficile. Les soldats encore à la mer sont pris sous le feu des armes automatiques et des canons des divisions allemandes renforcées fin mai à l'insu des Alliés. La mer monte, laissant aux fantassins américains un espace de plus en plus étroit, battu par les tirs allemands. Coincés entre l'eau et le mur de béton, les unités américaines subissent de lourdes pertes. Jusqu'à midi, la situation reste critique. Dans les blockhaus allemands, les soldats voient leurs munitions s'épuiser sans espoir d'un ravitaillement que la supériorité aérienne alliée interdit. Enfin, à 12h30, des brèches sont ouvertes : Vierville est pris. A la nuit tombante, les soldats allemands qui attendent vainement des renforts depuis l'aube, quittent leur blockhaus.

Ouistreham  maquette du port artificiel photo JM Bergougniou
A mi-distance entre Omaha et Utah, la pointe du Hoc domine la mer de sa falaise verticale. Elle est couronnée par une batterie sous abri bétonné. Il faut s'en emparer pour libérer les plages de la menace qu'elle fait planer sur elles. C'est la mission confiée aux rangers qui réussissent à s'emparer de la pointe en l'escaladant à l'aide d'échelles de pompiers installés sur des chalands et des grappins lançés par fusils et mortiers. Mais les rangers durent subir les contre-attaques allemandes jusqu'au 8 juin avant d'être dégagés.
Sur Sword entre Hermanville et Ouistreham, le débarquement se déroule méthodiquement : des chars-fléaux ouvrent rapidement des brèches et vers 09h30 la progression s'amorce. Les blindés britanniques s'engagent et parviennent à 6km de Caen vers 16h00, mais se trouvent bloqués par la 21ème Panzer division. Entre temps les 177 fusiliers marins français du commandant Kieffer ont rempli efficacement leur mission de nettoyage du casino d'Ouistreham.
Sur Juno, à Courseulles, a abordé la 3ème division canadienne. Les chars-fléaux ouvrent des brèches dans lesquelles s'engouffrent fantassins et blindés. A 09h30, après de durs combats, Bernières-sur-Mer est dégagé. Les canadiens s'élancent vers le sud.
Au centre de la zone de débarquement, Gold, encadrée de falaises abruptes, voit le débarquement de la 50ème division Northumberland anglaise qui détruit progressivement blockhaus et obstacles allemands. En fin de matinée 7 brèches sont ouvertes et les forces anglaises s'emparent de Creully et d'Arromanches où doit être implanté un grand port artificiel.
Bien que ni Bayeux, ni Caen ne soient prises au soir du Jour J, les alliés ont réussi à établir une solide tête de pont sur les côtes normande
Ouistreham la plage et les restes du port artificiel photo JM Bergougniou


Bénouville


Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 à 23 h 16, heure locale, le commando « Oxfordshire and Buckinghamshire Light Infantry » mené par le major John Howard a pris le pont à l’aide de trois planeurs Horsa. Dès lors, le pont a été nommé Pegasus Bridge en raison de l’emblème Pégase porté par les soldats britanniques de la 6ème Airborne.
Le pont originel inauguré en 1857 par Napoléon III en même temps que le canal, était un pont tournant. En 1890 et 1905 il fût agrandi pour faire face au trafic naval, mais très vite il s’avéra trop petit et en 1932 le conseil général décida de le remplacer. Le choix se porta sur un pont basculant de type Scherzer de 25 mètres de portée ; inauguré en 1935, il connut son heure de gloire en 1944.
En 1985, on allongea le tablier, mais déjà la mécanique montrait des faiblesses, son changement devenait inévitable : on reconstruisit le même type de pont, mais en plus grand et il a été mis en service un peu avant juin 1994, date du 50ème anniversaire du débarquement en Normandie.
Depuis 2000, le « pont historique » est désormais exposé au musée Mémorial de Ranville à deux pas de son emplacement initial.

Sainte-Marie-du-Mont


Le 6 juin 1944, dans la nuit, vers 3h du matin, 9 bataillons de la 4e Division d’Infanterie étaient transbordés pour arriver à 18km au large, loin des batteries allemandes. Avec des creux de 12 mètres, les hommes avaient du mal à passer d’un navire à l’autre.
A 4 heures 30, ce même jour, commença le débarquement sur la plage de la Madeleine, à Sainte-Marie-du-Mont. 22000 hommes et 1800 véhicules foulèrent le sol du Cotentin et établirent la liaison entre Utah et Sainte-Mère….
L’heure du débarquement en Normandie était fixée à 6h30, juste après la marée basse pour permettre aux équipes de démolition de nettoyer les plages de tous les obstacles. A 6h30 du matin, le 8ème régiment de la 4ème division du Général Barton, épaulé par des chars amphibies arrivèrent.

Utah Beach photo JM Bergougniou

Derrière Utah, 7 points d’appui allemands et 20 batteries s’étendaient le long de la côte. Leblockaus w5 qui gardait la route vers Sainte-Marie du-Mont essuyait une pluie de bombes. A 300 mètres du rivage, les commandants des unités lancèrent des signaux de fumée pour faire cesser les bombardements alliés. Ce qui sema le trouble et rétablit le calme.

Vers Utah Beach photo JM Bergougniou
A 6h31, 10 péniches déposèrent 300 hommes à 100 mètres des plages. Le calme régnait. Les allemands étaient sous le choc, ils ne s’attendaient pas à un débarquement sur cette zone. Un violent courant avait fait dévier les alliés à 2 km au sud de la zone de débarquement prévue. 12 énormes engins sortaient de l’eau et 16 autres pataugeaient au loin sous le regard abasourdi des allemands. Le blockaus w5 fut détruit par 600 hommes menés par le Général Théodore Roosevelt, fils ainé de l’ancien président et cousin de l’actuel.30 000 hommes et 3500 véhicules débarquèrent sur une zone décalée de 2 km par rapport à la zone prévue. Ils commencèrent ici.


Cimetière de Colleville sur Mer photo JM Bergougniou

Quand les allemands se tournèrent vers cette plage, les choses avaient déjà bien avancé. 1h après les premiers débarquements, le terrain était nettoyé. 2h plus tard, les chars avaient franchi le Mur de l’Atlantique et se développaient sur un front de 3km . Les blockaus tombaient un à un.
A la fin de la journée, 23 250 hommes avaient débarqué en Normandie. Les pertes s’estimaient à 197 morts et 60 portés disparus, soit 10 fois moins que ce que l’on craignait.
Utah Beach photo JM Bergougniou


La Voie de la Liberté à Utah Beach KM zéro Photo JM Bergougniou



Vierville-sur-Mer


Vierville-sur-Mer est une commune littorale du Calvados, localisée à l'ouest du Bessin et distante de 20 kilomètres de Bayeux et de 8 kilomètres de Trévières. Elle est plus particulièrement située le long d'un littoral très touristique et des plages du débarquement : Omaha Beach, la pointe du Hoc, …
La pointe du Hoc prise par les Rangers photo JM Bergougniou

Monument à la pointe du Hoc photo JM Bergougniou


Vierville se trouve à l'extrême ouest d'une plage du débarquement désignée sous le nom tactique d'Omaha dans les sous-secteurs CHARLIE et DOG, lui-même scindé en tranches : white, red, etc.
Le 116e régiment de la 29e division de la Garde nationale des États-Unis a débarqué à basse mer devant Vierville, appuyé par des chars, des Rangers et du Génie.
Un port artificiel Mulberry identique à celui d'Arromanches a été établi pour les troupes américaines, mais il a été partiellement détruit par une tempête au cours du mois de juin. On peut encore voir un unique ponton relié au rivage, sur lequel repose une estacade.

Ranville


Jour J 0h16 : Le clocher de Sainte Honorine la Chardonnerette sert de point de repère aux pilotes des 6 planeurs (Horsa) qui vont se poser les premiers à quelques centaines de mètres des ponts de Bénouville et Ranville. Grâce à l'effet de surprise les ponts sont pris après un violent mais bref combat. Les pertes en homme sont légères. 
Le message "Ham and Jam" (Jambon et confiture) qui signifie la réussite de l'opération est reçu quelques instants plus tard à Londres avec un grand soupir de soulagement: Les ponts de Bénouville et Ranville sont aux mains de Howard et de ses commandos.

Ouistreham le musée photo JM Bergougniou
0h30 : Les premiers parachutistes anglais du 13e bataillon de la 6ème Brigade sont largués sur Ranville. Ils doivent libérer le village choisi pour être le centre de la tête de pont qui rendra impossible toute contre-attaque allemande lors du débarquement des troupes et du matériel sur les plages. Les parachutistes chassent ou font prisonnier les troupes nazies qui stationnent à Ranville. Ils investissent la propriété, occupée aujourd'hui par l'entreprise Blot, afin d'en faire un hôpital de campagne où les premiers blessés seront soignés. Le château de Rohan-Chabot sera le QG de la 5ème brigade et le château du Hom le QG de la 6ème division.
Dans la nuit : Arrivée de planeurs (environ 70) qui apportent des renforts en armes, en jeeps et en hommes. Ils finissent d'occuper Ranville et de chasser les nazis qui, surpris par la soudaineté de l'attaque, se rendent sans trop de problèmes.
Ranville est la première commune de France libérée.
05h30 : Les 6939 navires de l'armada alliée abordent les côtes normandes. Le débarquement va commencer.
Ils arrivent …
13h30 : Les hommes du Major Howard sont relevés par le commando 4 de la 1ère brigade spéciale de Lord Lovat. En tête, un piper franchit le pont au son de "Black bonnet over the border".C'est ainsi que Bill Millin entrera dans la légende du Jour J.La bataille de Normandie ne fait que commencer, elle durera 7 semaines.


Courseulles-sur-Mer



Le village de Courseulles-sur-Mer est défendu par un large mur antichar et par les points d'appui codésWn 29 et Wn 30 composés de soldats du 2ème bataillon du Grenadier-Regiment 736, (716. Infanterie-Division). Le Wn 29 est puissamment armé avec un canon de 88 mm, deux 75 mm et un antichar de 50 mm. Le Wn 30, défend les accès sud de la localité face à Graye-sur-Mer et est ceinturé par un réseau de tranchées.
Les Canadiens de la 3ème division d'infanterie sont chargés de débarquer sur Juno Beach le Jour-J. La 7ème brigade en particulier reçoit comme secteurs de plage "Mike" et "Nan Green" et deux de ses régiments sont chargés de s'emparer de Courseulles-sur-Mer : le Royal Winnipeg Rifles et le Regina Rifles Regiment.
L'assaut sur Courseulles-sur-Mer est précédé, comme sur les autres plages de l'invasion, d'un bombardement aérien puis d'un bombardement naval, deux heures avant le début du débarquement qui est prévu pour 7 heures 35. Mais à l'aube du 6 juin 1944, la mer devant Juno est extrêmement houleuse et les Canadiens débarquent avec dix minutes de retard sur l'horaire prévu. Par ailleurs, les bombardements ont été inefficaces et aussi bien le mur antichar que les défenses allemandes sont encore en place.
Les Canadiens sont fixés avant même de prendre pied sur Juno Beach. Les pertes sont très élevées dans les premières minutes de l'assaut et la situation se détériore rapidement. Peu après 8 heures, les premiers éléments de la compagnie A du Royal Winnipeg Rifles parviennent à franchir le mur antichar sous les tirs des mitrailleuses adverses et s'emparent progressivement des postes de défense le long de la plage.


Sainte-Mère-Eglise le musée Airborn photo JM Bergougniou

A compter de 8 heures 35, les compagnies C et D du Regina Rifles Regiment débarquent sur "Nan Green" et prennent d'assaut à leur tour la commune de Courseulles. Le débarquement des chars amphibies Duplex Drive de l'escadron B du 6th Canadian Armoured Regiment (1st Hussars) permet d'augmenter la puissance de feu des Canadiens : le Wn 29 est progressivement mis hors d'état avec des tirs directs effectués par les chars canadiens.
A l'ouest de Courseulles, le Royal Winnipeg Rifles fait face à une résistance importante d'autant plus qu'il est sous le feu d'un autre point d'appui allemand situé à Graye-sur-Mer, le Wn 31. De nombreux tireurs isolés gênent considérablement la progression dans la localité. La totalité de Courseulles-sur-Mer est sous contrôle canadien en fin d'après-midi.
Pendant la bataille de Normandie, de nombreux officiers supérieurs et hommes politiques alliés transitent par Courseulles-sur-Mer pour visiter le front. C'est notamment le cas du général Montgomery qui y débarque le 8 et le 12 juin 1944, le Field Marshal Jan Christiaan Smuts, Premier ministre de l'Union Sud-Africaine, le 12 juin, le Premier ministre anglais Winston Churchill le 12 juin ainsi que le général de Gaullele 14 juin.




Carentan


La commune de Carentan est située dans les marais et est considérée comme un point de passage unique et très stratégique. C’est pourquoi les alliés ont voulu conquérir Carentan très rapidement.
Le 6 juin 1944, les sirènes, les alarmes, la ronde des avions, les tirs des défenses allemandes laissent peu de répit au carentanais. Peu après minuit, un ronronnement inhabituel se dirigeant vers la baie des Veys se fit entendre. Dans le ciel : des avions transporteurs remorquant des planeurs, des parachutistes se balançant au dessus des marais affolèrent les allemands.
Vers 4h30, les premiers bombardements alliés commencèrent au-dessus de la ville. Le but était de détruire la voie ferrée et tous les ponts, notamment sur la N13. Le 501st régiment de la101ème Airborne avait pris position de l’écluse de la Barquette sous le commandement du colonel JOHNSON, position difficile à tenir.
photo JM Bergougniou


La nuit suivante, de nouveaux bombardements de l’artillerie marine occasionèrent la destruction de plusieurs immeubles auparavant évacués.
La journée du 8 juin 44 fut un peu plus calme mais guère rassurante pour les habitants.
Le 9 juin 1944, l’artillerie américaine arrosa les quartiers du Haut Dick, du port et de l’église. Les canons allemands basés à Rougeval ripostèrent. Il n’y eut pas de victimes car les habitants étaient restés blottis toute la journée dans leurs caves


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